Depuis que nous avons acheté notre ferme, nous avons travaillé dur, fait des sacrifices. Nous nous sommes battus pour un idéal.

Après 6 ans, épuisés et déçus, nous avons décidé de faire une pause. Faire le point sur notre projet. Comment le réorienter pour qu'il devienne un jour viable et vivable.

Nous avons fait le choix d'une nouvelle diversification: l'accueil social.

Nous avons déjà eu quelques expériences d'accueil avec des jeunes hollandais.

Désormais, ce que nous souhaitons développer serait plutôt basé sur des accueils en séjours courts (quelques jours à quelques semaines).

Pour cela, nous avons fait deux choix:

1. Isoler les combles afin d'utiliser l'espace disponible à l'étage et libérer les pièces du rez de chaussée. Ces pièces, seraient destinées à l'accueil de personnes jeunes et/ou dépendantes.

2. Aménager un mini-gite , labellisé Accueil Paysan Social, pour accueillir soit des vacanciers en quête de ressourcement, soit un public "fragilisé" mais autonome, nécessitant une présence ou un accompagnement non permanent.

J'ai délégué les travaux de maraichage à Thierry pour me consacrer aux travaux du gite. Il va bientôt être terminé et je vais profiter de l'hiver pour suivre quelques formations liées à l'accueil social et faire les démarches de labellisation.

Pour l'étage, les choses sont plus compliquées.

Le travail et l'investissement sont importants. Nous avons choisi un artisan "local", travaillant avec des matériaux naturels.

Nous avons signé un devis pour isoler les murs en béton de chanvre, les rampant de toit en fibre de bois, et le plafond en ouate de cellulose. Finition lambrissé (bois du Jura) . Pour moi, la réalisation d'un rêve.

Bien que les travaux aient démarré avec beaucoup de retard, nous aurions du occuper les lieux avant l'été.

Mais d'absences en retards, le chantier a été abandonné en juin.

En juillet, la société s'est déclarée en cessation de paiement, en août en liquidation judiciaire (tout cela sans nous tenir au courant bien sûr!).

D'après le rapport d'expert réalisé le 1er septembre, la société maison naturelle de Bourgogne, dont le gérant est M.Bedel, nous est redevable de 9600 euros! (créance déclarée au liquidateur et acceptée).

Mise à part cette perte d'argent, qui remet en cause nos choix et l'avenir du projet (il va falloir tout faire par nous même), je suis particulièrement blessée par la situation.

Nous avons accordé notre confiance à une personne avec laquelle nous pensions partager des valeurs écologiques et morales et nous réalisons que chaque mot, chaque promesse n'était que mensonge, boniments, manipulation.

Nous sommes impuissants face à la société en liquidation qui n'a pas les moyens de nous rembourser, mais nous ne sommes pas inactifs pour mettre le responsable (qui se débrouille tout de même pour continuer à travailler avec l'association le Queirau) face à ses responsabilités.

Pour la première fois de ma vie j'ai ressenti de la haine. Aujourd'hui la colère me galvanise. ¨Peut être pour plus tard l'apaisement...plus tard.