La Bresse est une zone d'appellation contrôlée située dans une plaine légèrement vallonnées qui occupe la partie Est du bassin moyen de la Saône. Au niveau géologique, le fossé bressan est constitué de limons, de cailloutis calcaires issus de l’érosion des plateaux calcaires et des terrasses alluviales.

Son sol va du sable à l'argile mais sa caractéristique principale est qu'il est à plusieurs dizaines de mètres de la roche mère. Autrement dit, les rochers sont quasiment inexistants dans cette région. Et comme celle-ci est arrosées par les nombreux cours d'eaux qui la traversent, l'accès à l'eau n'a jamais été un problème. Du coup, l'habitat y est très dispersé et les accès nombreux.

Si ces caractéristiques pédoclimatiques favorisent le maintien d'un paysage campagnard, elles compliquent le maillage du territoire, que cela soit au niveau du réseau routier ou de celui d'Internet. C'est pourquoi nous nous démenons comme de beaux diables depuis quasiment 2 mois pour essayer de rester "branchés". Voilà donc les dernières nouvelles, qui se verront agrémenter de quelques photos quand nous auront récupéré un peu de débit !

Nous avons terminé l'année 2011 sur quelques chantiers de fond.

Le plus urgent concernait le verger, car nous souhaitions profiter de l'automne pour planter quelques arbres. Je me suis donc efforcé de finir de dégager notre "allée-verger" avant la sainte Catherine et nous l'avons complétée avec quelques fruitiers. Si l'on tient compte des pertes que nous avons eu, nous possédons maintenant une douzaine d'arbres, qui vont du pommier au cerisier en passant par le pêcher et le néflier. Nous travaillons toujours dans l'esprit fermier sur de petites échelles (petites par rapport aux agriculteurs qui vendent aux grossistes et qui raisonnent "industriel").

Le chantier suivant, et qui est malheureusement loin d'être terminé, concerne l'irrigation. Si nous souhaitons éviter de passer nos soirées à arroser nos plantations au jet d'eau pour économiser nos faibles réserves, nous devons augmenter celles-ci. Du coup, nous travaillons à la mise en place d'une citerne souple de 30m3, que nous alimenterons en eau de pluie.

Au stade actuel, nous avons défini l'emplacement approprié : en hauteur par rapport à la zone à irriguer, au plus près possible de nos emplacements de récupération d'eau (1 existant et 1 à venir) et pas trop loin d'une source ... d'électricité. Pour finir, cet espace de presque 70m² (7x9m) doit être le plus plat possible pour éviter trop de terrassement.

Bien entendu, cet emplacement était déjà occupé puisque nous y avions placé notre séchoir à maïs. Il a donc fallu finir de vider le crib (Loïc et Quentin nous ont bien manqué mais, du coup, il leur reste quelques dizaines de kilos d'épis à égrainer ;-D !) pour pouvoir le déplacer. Pour faire bonne mesure, et profiter de l'espace ainsi dégagé, j'en ai profité pour abattre le sapin qui commençait à nous donner des sueurs froides les jours de grands vents.

Nous sommes encore loin de remplir la citerne, puisqu'il me faut encore découper et déplacer le tronc avant de pouvoir attaquer le terrassement, mais je dois avouer mon extrême satisfaction d'avoir réussi à préserver les lignes électriques et téléphoniques du hameau !

Au niveau des chantiers extérieurs, je travaille aussi sur les clôtures qui nous séparent de nos voisins. Celles-ci sont bien évidemment au milieu des arbres et des ronces, ce qui ne gêne guère les chèvres mais nettement plus leurs chevriers. Pourtant, cela pourrait s'avérer agréable si, après plus de 2 ans, nous pouvions enfin sortir notre troupeau et le laisser sans surveillance...

Le problème c'est que plus je dégage nos limites, plus les animaux (les nôtres mais aussi ceux du voisin) ont tendance à vagabonder. Il me faut donc faire des clôtures temporaires au fur et à mesure que je nettoie les abords de l'ancienne. L'avancée n'est donc pas rapide, surtout que je ne peux pas utiliser d'engins mécaniques, ni pour le défrichage ni pour la mise en place des poteaux, mais j'espère réussir à faire le plus gros avant la fin de l'hiver. Seule une partie très marécageuse restera sans grillages, uniquement protégée par ce qui m'empêche d'y travailler : son sol spongieux.

Heureusement, nous avons aussi des occupations d'intérieures, puisque plus de 1000m² de bâtiments sont à réapprovisionner en eau et en électricité. Le plus urgent étant de voir clair, Laurence a commencé à ré-électrifier la longère et l'étable.

Nous avons enfin terminer le passage souterrain du câble électrique 5G6 entre le garage et la longère (percement des fondations des bâtiments, tranché-canal à la bressanne), ce qui a permit la pose du tableau électrique qui alimentera tout le secteur. Comme pour le sapin, ce fut un réel bonheur de constater que les 60 mètres de câble en 6mm² qui nous restaient faisaient la jonction entre les 2 tableaux électriques...

À partir de là, Laurence a joué de l'échelle et de la perceuse pour tirer des lignes du tableau jusqu'aux emplacements stratégiques, prévoyant à chaque fois une prise triphasée et des monophasés. Avant la fin 2011, nous avions donc quelques points lumineux pour traverser l'étable sans lampe de poche, mais surtout, nous n'avions plus de rallonges qui traversaient la cour dans tous les sens !

Pour terminer avec une occupation qui est à la limite entre notre vies professionnelle et familiale, quelques nouvelles du plancher. Nous avions donc attaqué en septembre, sous la direction avisée de notre ami François, la pose de bastaings sur les solives pour corriger les 10cm de dénivelée de celui-ci. Dur labeur où il faut positionner les planches avec précision tout en jouant les équilibristes.

Dans la foulée, nous avons isolé avant l'arrivée du froid. Maintenant, nous terminons la pose du plancher proprement dit pour nous permettre de gagner un peu d'espace dans la maison. L'étage ne sera toujours pas à l'abri du froid et de l'humidité, mais si nous nous organisons bien, nous devrions réussir à gagner suffisamment de place au rez-de-chaussée pour délaisser notre caravane et ses nuits froides et bruyantes...