2012
Par Thierry le samedi, 31 décembre 2011, 18:00 - Militantisme - Lien permanent
2012 sera pour nous une année très particulière...
Tout d'abord en tant que citoyens, puisque toute année d'élection présidentielle est particulière : nous allons à nouveau choisir la personne qui va insuffler le nouvel élan quinquennal à la nation française.
À l'heure où les contraintes systémiques commencent à être ressentis par tous, nous devons nous féliciter de pouvoir encore voter démocratiquement. Combien de temps pourrons-nous continuer à préserver nos acquis devient une question essentielle qui redonne toute son importance au choix du plus haut dignitaire français, même s'il est évident que celui-ci ne pourra pas grand chose contre les lois de la physique car « la maison brûle et nous regardons ailleurs... ».
Et là, c'est le citoyen -militant concerné par la dégradation de son environnement qui voit dans l'année 2012 le vingtième anniversaire du sommet de Rio. 20 ans pendant lesquels les recherches scientifiques n'ont cessé de progresser dans la démonstration que l'humanité détruit de plus en plus vite le seul habitat qu'elle possède, progression inversement proportionnel à celle de l'indignation militante qu'avait réveillé le discours fondateur prononcé à l'époque.
Cette apathie face à une prise de conscience qui devrait être immédiate tellement les faits sont criants me fait souvent penser à la décision qu'a dû prendre mon père en 42 (et oui, déjà 70 ans!) quand il a quitté la protection illusoire de sa maison familiale pour s'enfuir en zone libre.
Seul, il lui a fallut passer la frontière allemande pour rejoindre la France occupée (à cette époque, l'Alsace était annexée, ce qui sous-entend que mon père devait combattre sous l'uniforme allemand), la traverser avant de pouvoir enfin franchir la ligne de démarcation.
Qu'est-ce qui fait que certaines personnes sont capables de bouleverser leur existence dans l'espoir de l'améliorer alors que d'autres préfèrent laisser les choses choisir à leur place ? Cette année, mon père aura 90 ans et ces années difficiles nous semblent bien loin, surtout pour nous qui n'avons connu qu'un monde sécurisé et opulent.
Pourtant, les nuages s'amoncèlent et, comme en 39, il est sûr que nos lendemains seront chahutés. Malheureusement, plus nous restons apathiques, moins nous aurons de chances qu'il y ait un après avec un happy end. La dégradation de notre climat est aussi inéluctable que la disparition de nos réserves d'énergies fossiles et le jour à partir duquel nous n'aurons plus le temps de nous prémunir contre ce changement radical de nos vies est diablement proche.
Et c'est pourquoi nous allons, Laurence et moi, continuer à nous investir dans notre projet fermier même si, malgré 2 années extrêmement dures et éprouvantes, celui-ci est encore très loin d'être viable. Nos forces et nos ressources se sont érodées inexorablement au contact de la réalité et nous n'avons plus l'énergie que procure la foi, mais nous avons le soutien des Butineurs...
Commentaires
Il faut croire que la volonté de résister est héréditaire;-)
et je l'espère contagieuse!
Je suis toujours de tout coeur avec vous; peut être encore plus, parce que je sais, de mieux vous connaître, d'abord combien ce que vous avez entrepris est compliqué, éprouvant et ensuite que vous êtes tous les deux des "humains "au vrai sens du terme.
Même si cela est bien peu de choses comparé à votre engagement, vous pouvez compter sur mon soutien et même sur mon amitié ;-)
Bises