Le printemps et l'été ont été rudes, que cela soit au niveau de la météo ou de nos occupations.

Naturellement, au niveau de la ferme, les 2 sont très liés et quand les saisons se détraquent, les travaux ne s'en trouvent pas simplifiés. Mais c'est surtout le défi de notre partenariat avec Les Butineurs qui nous a mis sous pression : fournir chaque semaine des légumes sains et variés à un groupe de famille pendant plus de 6 mois alors que nous sommes loin de maîtriser notre nouveau métier n'est pas une simple gageure.

Du coup, la gestion de l'immédiat ne nous a pas permis de nous investir dans les travaux de fond, comme le défrichage, la pose de nouvelles clôtures, ou tout simplement le curage* de la chévrerie. Et comme les travaux d'automne (seconde coupe de foin, semis de céréales) commençaient à se faire pressant, nous avons décider d'interrompre notre participation au marché du mercredi pour profiter du beau temps du mois de septembre.

N'appréciant pas particulièrement les fenaisons (voir Fenaison 2011), j'ai longtemps hésité à couper le regain, mais nos besoins en fourrage et le beau temps persistant m'ont forcé la main. Je suis donc reparti en quête du matériel (cette fois, Yves m'a carrément proposé de garder sa faneuse et son andaineuse sur la ferme) et j'ai fauché nos 2 parcelles (à celle utilisée pour les foins de mai, et sur laquelle je n'ai pas planté de maïs à cause de la sécheresse, s'ajoute celle où j'avais semé une prairie sous les blés).

trefle

Le bottelage m'a fait beaucoup pesté, car de nombreuses bottes étaient mal ficelées (les ficelles à l'ancienne ne sont pas réputées pour leur homogénéité ni pour leur solidité) et il me fallait repasser le foin à la main, mais je suis quand même venu à bout de l'ouvrage.

Le ramassage s'est fait en effectif réduit, notre benjamine aux commandes du tracteur, Laurence sur la remorque et votre serviteur à ses pieds. Au final, nous avons récolté environ 1 tonne de foin qui permettra à Laurence d'avoir un peu de marge pour cet hiver.

En parallèle, j'ai travaillé la terre de notre troisième parcelle pour réaliser un lit de semences. Sans véritable labour, le résultat n'est pas brillant : bien que les mauvaises herbes aient séché, elles n'ont pas été enseveli et m'ont donc gêné lors du passage des autres outils.

J'ai quand même réussi à semer à peu près correctement mon mélange d'avoine, orge et pois. Il ne reste plus qu'à espérer que les amoncellements provoqués par le passage de la herse ne gêneront pas à la récolte et que je pourrai les enfouir aux prochains labours...

semis à l'ancienne semis

Comme les quelques pluies de septembre n'ont pas rendu le terrain impraticable, j'en ai aussi profité pour défricher une zone pas trop boisée mais difficile d'accès car en contre-bas de notre ferme. L'idée était de parvenir à labourer le terrain avant l'hiver pour que le gel puisse émietter la terre et détruire un maximum de racines.

friche

 friche2

La belle arrière saison m'a été très favorable car le travail de défrichage est plus que long. Il faut commencer par broyer ce qui peut l'être, ce qui se limite aux ronces et aux arbrisseaux avec la puissance de mon tracteur. Ensuite, il faut abattre les arbres à la tronçonneuse, débarder le bois et détruire les branchages.

defrichage

 abattage

Reste les souches à déraciner au tractopelle et les résidus du broyage, qui peut atteindre une bonne dizaine de centimètres d'épaisseur, à pousser en bordure si l'on veut que la charrue puisse pénétrer le sol.

desoucher  nettoyer

Le labour devient alors possible, même si d'innombrables racines obligent des interventions régulières pour dégager les socs.

labourer labour

La surface gagnée avoisine les 20 ares (2000m²) et sera très certainement totalement dédié à la plantation des pommes de terre de garde de la saison prochaine. Elle risque néanmoins d'être insuffisante pour compenser l'augmentation du nombre de familles participant à l'AMAP, à moins que je n'arrive à améliorer mon rendement...

Nous avons profité des travaux de défrichage pour étendre la clôture des chèvres et agrandir leur parcours. À ce stade, notre principal soucis, si l'on omet le problème de la gestion de la pousse de l'herbe sous les fils électriques (en bio, pas de désherbants !), provient des fugues des chèvres quand elles arrivent à nettoyer les limites avec les voisins.

Pour l'heure, nous allons profiter de la trêve hivernale, pendant laquelle les chèvres sortent beaucoup moins, mais le péril demeure. Pour rester sur le sujet des chèvres, notre prochaine priorité consiste à leur aménager, pour cet hiver, un espace temporaire dans l'étable pour nous permettre de nettoyer celui qu'elles utilisent actuellement.

Laurence est à la tâche et je n'interviens que pour l'aider à déplacer les claies et autres barrières, qui font un poids imposant dès qu'elles dépassent les 2 mètres. Quand nous auront dégagé leur enclos permanent, l'idée est de remettre en fonction la chaîne de curage qui équipait la stabulation. Le projet ne sera pas facile car il faut complètement remplacer la chaîne (qui fait 80 mètres de long et qui est loin d'être légère) ainsi que la rampe d'évacuation.

Autrement dit, il faut tout refaire, à part les tranchées en béton, ce qui n'est déjà pas rien. Sans vouloir faire la mauvaise langue, je suis curieux de savoir, entre la chaîne de curage et les poulaillers, quel projet se terminera en premier ;-D !

En attendant, de mon côté et quand la météo le permet, j'essaye d'aménager les abords du maraîchage de manière à pouvoir commencer à mettre en place un système d'irrigation au printemps prochain. Nous avons trop souffert cette année pour ne pas chercher à améliorer la gestion de cette ressource.

Et quand le temps ne le permet pas, je travaille à l'isolation de la maison. L'an dernier, nous nous étions contentés de poser l'isolant sur le plancher du grenier mais depuis que le toit a été refait (tiens, il semblerait que nous n'en avons même pas parlé ?), nous souhaiterions commencer à aménager le dit grenier.

toit1

Malheureusement, la planéité laisse à désirer (plus de 10 cm entre le point haut et le point bas) d'où des travaux quelques peu laborieux : arrachage du vieux plancher, nettoyage de l'espace entre les solives pour y placer l'isolant, fixation des bastaings sur les solives (le bastaing est une planche que l'on accroche sur le flan de la solive de manière à obtenir un nouveau support horizontal), découpe et pose de la laine, le tout en équilibre sur les solives...

grenier1

C'est le prix à payer pour économiser un peu de bois et m'éviter de trop jouer au bucheron. Mais je vais garder les détails de cette autre activité pour un autre article sur le devenir énergétique de notre société ;-)

* curer une étable consiste à enlever la litière qui s'est accumulée au fil des mois sous les animaux.