Bon, je ne savais pas trop comment je nommerai ce "billet", fatigue, lassitude, épuisement, découragement, démoralisation, abattement...Bref, les mots ne manque pas pour traduire notre état physique et psychologique qui fait plutôt le yoyo ces derniers temps, ou plutôt les montagnes russes avec des remontées de plus en plus difficiles.

Certes, notre filles a eu son bac, c'est la bonne nouvelle. Éric n'est pas accepté, faute de place, dans l'école qu'il souhaitait, c'est moins sympa, mais il le supporte assez bien.
Donc ambiance familiale quand même détendue en ce début de vacances scolaires.

Mais le travail de maraichage nous amène à beaucoup de questions. Malgré un travail acharné et des journées qui n'en finissent pas, nous n'avons pas la récompense de nos efforts.

La sécheresse et la chaleur nous ont fait perdre beaucoup de productions ( épinards en graine, navets et salades qui montent, pois stoppés dans leurs croissances, choux raves rachitiques, fèves...). Mais pas seulement. La chaleur écrasante a aussi puisé dans nos réserves d'énergie, parce qu l'on ne peut pas toujours reporter à un moment plus frais le temps de désherbage ou de semis. Si nous voulons des légumes présentables, il faut cueillir "à la fraiche". Seulement, la fraiche des derniers mois se résume à quelques petites heures tôt le matin. Ou tard le soir, heures consacrées à l'arrosage, suivi par la cueillette de haricots.

J'ai repiqué 200 choux fleurs et 200 choux blancs, qui sont censés être notre stock pour l'hiver. Je dois en mettre encore autant. Les betteraves sont jolies, mais ne rencontrent pas un grand succès auprès du public (à part au près de notre ainée ;-) !)

Les courgettes et concombres donnent à profusion, ....au risque de lasser.

Les plants de haricots verts s'épuisent très vite.

Les tomates étaient prometteuses. Afin de palier au aléas climatiques, toutes mes variétés sont réparties sous le tunnel (70 pieds) et en plein air (70 pieds). Mais, après une sécheresse importante, l'apport d'eau brutal des derniers jours ne plait pas beaucoup. Le murissement commence et je jette les tachées très vilaines et immangeables! si les tomates ne donnent pas, je rends mon tablier!

Côté "grande culture", du stress à répétition.

La sécheresse a rendu la prairie (celle où nous avons fait les foins) impossible à travailler, et nous avons pris la décision, face à la pénurie d'eau, de ne pas labourer la parcelle, et de renoncer à planter le maïs.
Conclusion: pas de maïs pour les poules l'année prochaine (et comme il aura mal poussé pour tous les agriculteurs, il sera très cher quand nous en aurons besoin!).
(Et depuis, il pleut régulièrement!!)

Nous espérons faire une deuxième coupe de foin à l'automne. Cela ne suffira pas. J'ai acheté du foin à un éleveur en conversion bio (C2) local. L'année est tellement mauvaise pour tout le monde que j'aurais pu obtenir une dérogation pour acheter du foin en conventionnel, mais j'ai la chance d'en trouver du (bientôt) bio à proximité, et à un prix "convenable" (pour info, 135 euros la tonne, j'en ai acheté 5 tonnes, joli trou dans le budget chèvre!!).

Les féveroles sont récoltées. Petit germe de satisfaction avec un rendement convenable de 19qx/ha. Nous avions planté 0,6 ha, je vous laisse calculer notre stock de féverole. Mais avant le contentement de voir la récolte rentrée, il y a eu la crainte de tout voir anéanti par l'orage alors que le grain était mûr, mais que nous étions dépendants de la personne qui devait moissonner. La pluie que nous attendions tant pour les légumes nous a fait passer une nuit blanche à écouter les trombes d'eau et le vent qui allait tout coucher. Enfin, la catastrophe n'a pas eu lieu.

L'angoisse sera de nouveau au rendez vous dès que le blé sera prêt à être récolté et que là encore, nous attendrons avec tourment la moissonneuse. 

La récolte de pomme de terre est décevante.

Les Belles de Fontenay sont jolies, mais avec 6 kilos pour 30m de plants, cela fait beaucoup de travail pour pas grand chose.
Les cosmos sont jolies et grosses, mais noircissent et ramollissent au bout de quelques jours. Pas vendable, ça!
Les coquines (équivalentes des charlottes) sont de belle grosseur, et bonnes, mais pleines de trous, demandant un épluchage important et donc, pas présentables, pfff.... alors là, il faut le dire, Y'EN A MARRE!!

Pour finir, nos questions:

- Pouvons-nous continuer le marché, prévoir un panier d'hiver pour l'AMAP?  pas de patates qui peuvent tenir la route, des choux on sait pas, des carottes, des navets peut être, des topinambours surement. Les courges et potirons sont beaux, ..pour le moment.

- Est-ce qu'on arrête maintenant pour mieux préparer la saison prochaine: installer système d'arrosage, clôtures fiables, bâtiment d'élevage? Ce serait raisonnable?

Bref, après une année trop mouillée en 2010, une année trop sèche en 2011, pourrons nous compter sur 2012?

Petites annonces familiales: un gros bisou à ma sœurette qui va avoir bientôt son bébé (un garçon après 3 filles!), et pour la première fois, je n'ai pas fait de broderie pour marquer la naissance, et cela m'attriste.
Gros bisous et beaucoup de courage à mon grand frère qui se bat avec détermination contre un cancer et que je ne peux pas aller voir!