Beaucoup à dire!
Par Laurence le mardi, 28 juin 2011, 05:20 - Carnet de route - Lien permanent
Depuis les foins du 8 mai, pas de nouvelles visites de la ferme. Entre les semis, le désherbage, les récoltes de légumes, la traite et la fromagerie, le temps est trop court.
La fromagerie est terminée depuis le mois d'avril. Le travail est très agréable depuis que je suis bien équipée.

Je passe une heure à la traite, en général de 6h45 à 7h45, (parfois une interruption de quelques minutes pour vérifier que notre benjamine est prête pour partir à l'école, si Thierry est déjà parti aux patates par exemple, pour le désherbage ou la chasse aux doryphores) puis une heure en fromagerie, pour démouler et retourner les fromages, mouler le caillé de la veille et emprésurer le lait du jour, et bien-sûr, le moins sympa, faire la vaisselle!!

Le mercredi, levé à 4h30 pour traire et "fromager" avant de partir au marché. C'est Thierry qui se charge de remplir le camion avec les légumes et les fromages.
Nous avons acheté une vitrine réfrigérée qui nous permet de vendre nos fromages au marché. Au niveau réglementation, ce n'est pas obligatoire, mais je trouve mieux que les fromages ne prennent pas de coups de chaud.
Chaussette est maigre! Elle a perdu du tonus et donne moins de lait.
J'ai donc envoyé 7 prélèvements de crottes (de 7 chèvres différentes bien sûr) au laboratoire pour connaitre le niveau de parasitisme des chèvres. Comme je le craignais, il y a infestation par strongles digestifs, et plus gênant, strongles pulmonaires.
Bizarrement, ce ne sont pas les plus atteintes qui laissent apparaitre le plus de symptômes! Chaussette devrait tousser, se moucher, ce qui n'est pas le cas, d'ailleurs, aucune n'a de symptôme de rhume (les strongles pulmonaires s'installent dans les poumons). Je téléphone donc au labo, qui pour tout conseil me dit "il faut traiter!"
BOF! Oui, mais bon, même celle qui sont en pleine forme ?
Sachant qu'un antiparasitaire va détruire toute le "flore" intestinale de mes biques, j'hésite.... Celle qui n'ont pas de symptômes sont peut être en train de se créer une immunité, et le traitement (s'il est chimique) va tout détruire. Mais si je ne soigne pas, et que leur état empire?
C'est décidé, je soigne en chimique Chaussette, car elle est trop atteinte, et elle souffre visiblement. Cela m'oblige à jeter son lait (2 litres par jour qui, en conventionnel, seraient consommés normalement, soit dit en passant!!)
Pour les autres, J'attends, je demande conseil au GIE Zone verte (Groupement de véto homéopathes, entre autre...) et j’investis dans la phytothérapie (c'est cher, mais bon...) pour stimuler les défenses immunitaires et aider à la lutte contre les parasites.
Des événements familiaux pourraient m'amener à quitter la ferme pour plus d'une journée. Thierry s'est donc relancé dans la traite quelques jours pour découvrir mes "rituels". De la distribution du foin à l'arrivée du lait en fromagerie, beaucoup de gestes sont ordonnancés: de la pose du filtre à lait à la place de chaque bique au cornadis, des petits détails importants pour le bon déroulement de la traite.
Le bébé de Fidji est superbe! Il pousse comme un champignon. je dois surveiller son poids, car s'il était lui aussi parasité, ce qui ne devrait pas louper, sa croissance serait ralentie, voir stoppée. Comme il tête toujours sa mère, j'espère qu'il est un peu protégé (grâce aux anticorps, et aussi à l'acidité qui existe dans sa caillette -un des "estomacs" des ruminants- du fait qu'il boit du vrai lait et non pas du lait en poudre).
Toujours à Chalon sur Saône, le marché est un moment sympathique. Surtout depuis que nous avons un peu plus de variétés et de quantité à proposer. C'est l'occasion de rencontres et d'échanges (recettes de cuisine, par exemple, que je devrais noter!), car même s'il peut arriver qu'il y ai une file d'attente, c'est encore rare.
C'est lors d'un marché que nous avons fait connaissance avec Vincent et ses enfants. Nous le remercions chaleureusement pour nous avoir fait cadeau d'une remorque qui nous sera toujours bien utile!
Notre engagement avec l'AMAP des butineurs a bien pris forme. Depuis plus de deux mois nous amenons nos légumes au port. Malgré les problèmes de sècheresse et de chaleur qui entrainent beaucoup de pertes, nous essayons de maintenir la production.
La maturité des légumes est soit précoce, ce qui nous arrange un peu, soit impossible, ce qui est moins bon! Les salades montent, nous devons arracher et jeter des rangs après avoir soigneusement arrosés les semis, repiqués, désherbés, chouchoutés...
Quelques choux ne sont pas vilains, mais les suivant sont assez catastrophiques. Sur 100 choux fleurs semés, j'en aurai peut être 14 qui arriveront à terme. Bof, pas facile! Heureusement que les tomates ne sont pas vilaines! Et les potirons et potimarrons sont magnifiques.

qui contenait cela:

l'envol a eut lieu quelques jours après la photo.
Et pour finir, nous participons, le 10 juillet, à la journée champêtre organisée par Hélène, à la ferme de la Marlière.
J'ai oublié: Thierry a démonté tout seul le réservoir de son tracteur pour le nettoyer!! bravo le mécano, je suis impressionnée, si!si! (dommage, pas de photos!)
Et aussi, il y a quelques temps, les chèvres se sont évadées et j'ai vu des cornes dans les haricots verts! Là, nous sommes passés près du désastre. J'ai pensé: c'est pas possible, je vais me débarrasser de ces biques! nous ne sommes pas prêts! Mais Thierry a décidé de renforcer les clôtures. Je serai incapable de me séparer de mes biques, mais parfois, le désespoir pourrait être assez fort pour me faire lâcher temporairement l'élevage.