Traitements bio
Par Thierry le dimanche, 13 juin 2010, 18:00 - Grandes cultures - Lien permanent
Il est tellement fréquent, quand on discute des particularités de la bio, que notre interlocuteur s'interroge sur notre façon de travailler sans traitements, que cela mérite bien un petit billet.
Car nous avons tout à fait le droit de traiter nos cultures ! Mais pas avec n'importe quoi...
Effectivement, l'idée forte de l'agriculture biologique est de s'interdire l'utilisation des produits chimiques de synthèse, pour éviter les effets nocifs de ceux-ci (principalement leur rémanence, qui les amène à s'accumuler dans les sols mais aussi dans les organismes). Néanmoins, nous pouvons employer tout ce qui est "naturel", autrement dit, "que l'on trouve en l'état dans la terre, dans le sol, que l'on obtient directement à partir des végétaux ou des animaux; qui n'est pas le résultat d'un traitement industriel".
Pour vous mettre en situation, cela revient à refuser la pharmacopée actuelle pour ne se soigner qu'avec les remèdes d'antan. Assurément, certains ne manquerons pas de souligner - avec raisons, d'ailleurs - qu'il y a bien des cas où le pari est risqué. C'est pourquoi, comme lorsque l'on vous conseille de manger sain, équilibré et de faire du sport pour rester en bonne santé, il est recommandé à l'agriculteur bio de conduire son domaine d'une manière globale, pour chercher à conserver l'équilibre entre la terre, la faune, la flore et les plantes cultivées
Mais revenons aux traitements proprement dit et passons en revue les différentes familles...
Du côté des herbicides (mauvaises herbes), c'est quasiment le désert. On peut peut-être s'orienter vers des solutions acides, comme le vinaigre ou le purin d'ortie très macéré, mais je pense qu'il est beaucoup plus efficace de se concentrer sur les actions mécaniques (labour, piochage, désherbage, paillage) ou thermique (solarisation, brulage).
Pour les fongicides (champignons) et les bactéricides (bactéries), il y a biensûr les remèdes de grand-mère à base de plantes (que je n'ai encore pas pris le temps de tester) mais il est certainement plus efficace d'utiliser du cuivre, comme la bouillie bordelaise (il faut quand même préciser que nous sommes limité à 5kg de cuivre par hectare et par an).
Reste les insecticides. Là aussi il y a le purin d'ortie, que j'ai essayé d'utiliser contre les pucerons (la féverole attire énormément ces petites bêtes), mais sans grand succès. La difficulté réside dans la macération des dites orties, qui dépend de leur concentration, de la durée et de la température. Et comme vous n'obtenez de toute manière pas une mixture qui va éradiquer définitivement ces saletés de bestioles, il n'est pas facile de ce faire un jugement...
Du coup, j'ai acheté une solution toute faite (soit disant à base de consoude et de prêle, mais je n'en sais pas plus sur le contenu, à part qu'il est utilisable en agriculture biologique) histoire de me rassurer (surtout que j'ai quand même 6000m² de féveroles) mais le résultat n'est toujours pas probant. L'invasion s'étend doucement malgré mes traitements répétés - il faut dire qu'il pleut régulièrement - mais sans trop de dommages pour l'instant.
Il me reste à espérer que mes efforts ne seront pas vain et que la récolte permettra de nourrir les poulets. L'an prochain, en plus de déplacer la culture, j'essayerai de planter à proximité de la phacélie, plante réputée pour attirer les prédateurs des pucerons...