Début juin, nous avons estimé que nous commencions à avoir suffisamment de légumes pour démarrer notre activité de vente.

En prévision de ce moment, nous avions fait l'acquisition d'une balance électronique poids/prix ("reconnu conforme" par l'administration), mais notre équipement de vente s'arrêtait là. De la même manière, nous n'avions pas encore statué sur le choix de notre lieu de vente. Le micro-marché (moins de 10 étals) ayant lieu sur la commune de Simandre (à 5 km de chez nous), nous semblait parfaitement adapté pour notre baptême du feu : la place est gratuite et il suffit de prévenir la mairie la veille.

Lundi 7, notre jardin nous proposait des salades qui commençaient à s'étoffer, quelques bottes de radis et carottes primeurs, ainsi que des épinards. Pas grand chose mais il fallait bien commencer à se faire connaître. Malheureusement, le mauvais temps du mardi nous fait hésiter et quand nous téléphonons l'après-midi, la mairie est fermée. Du coup, nous nous orientons sur le marché de Tournus.

Même s'il n'est pas comparable à Louhans, une référence dans la région, le marché de Tournus ne joue pas dans la même catégorie que celui de Simandre, d'où une augmentation soudaine de notre nervosité. Renseignements pris, nous devons nous rendre sur place à 7h45 pour que le placier nous trouve 1 ou 2 mètres de disponible entre 2 stands*...

Nous voilà donc partis avec deux tréteaux et quelques planches, des cagettes en bois récupérées et nos quelques légumes fraichement cueillis du matin (les jours de marché, nous sommes dans notre potager dès que la luminosité le permet, soit à environ 5h30 à l'époque). Nous garons notre utilitaire au petit bonheur la chance et nous rejoignons la petite troupe des journaliers qui vont essayer de se faire attribuer pour la matinée un emplacement pas trop étriqué.

La distribution des places restantes se fait dans une ambiance particulière - pas spécialement agréable - et nous nous retrouvons coincé entre 2 vendeurs de légumes à côté desquels nous frisons le ridicule. Heureusement, notre petit panneau "AB" nous soutient...

Pour essayer de rentabiliser notre attente, je laisse à Laurence le plaisir de la vente et me réserve la joie d'aller disposer nos petits tracts publicitaires sur les véhicules garés aux alentours.

Contrairement à nos espoirs, et malgré des stocks modestes, nos 4 heures de ventes ne nous permettent pas d'écouler toute notre marchandise et nous devons remporter la grande majorité de nos légumes (pour tout dire, nous avons fait un vingtaine d'euros de recette, ce qui correspond à la vente d'une vingtaine de salades).

Heureusement, nous avons quand même eu le plaisir de collecter 2 demandes de paniers. Qui plus est, une vendeuse de volaille bio - Sylvie - est venue nous proposer de nous installer à côté d'elle la prochaine fois, histoire d'être en bonne compagnie et de profiter d'un meilleur emplacement.

C'est ce que nous avons fait et continuons à faire - avec l'accord explicite du placier - d'où des samedi matin beaucoup plus détendus. Et nous commençons même à avoir nos habitués...

* Les places réservées du marché sont attribuées à l'année, au mois de janvier. Ensuite, il faut subir chaque semaine le petit cérémonial de la distribution des "restes", ce qui vous oblige à vous installer après les autres, d'où un déchargement beaucoup plus laborieux, et perte de repère pour votre clientèle...