Quand on démarre une nouvelle activité, il faut faire le choix entre mettre le paquet sans lésiner sur les moyens, ou avancer prudemment en minimisant les dépenses.

Dans le premier cas, on s'épargne bien des efforts en utilisant du matériel adapté et performant, mais on s'impose des résultats budgétaires conséquents. Dans le second, la pression financière est moins élevée mais on est tributaire de ses ressources limitées.

Pour être honnête, je pense que le choix est surtout une affaire de personnalité. Dans notre cas, comme nous avons une vision assez pessimiste de l'avenir du système économique actuel, basé sur une croissance perpétuelle alors que notre monde physique a atteint ses limites, nous préférons ne pas construire notre activité sur une montagne de dettes.

En contre-parti, nous devons accepter la galère qu'implique souvent l'utilisation du matériel d'occasion, comme c'est le cas actuellement.

J'ai déjà parlé des soucis d'étanchéité de notre tractopelle qui ont entrainé la dépose complète de son moteur [Pépinière], ainsi que de mes déboires avec ma charrue et mon semoir monograine lors de ma plantation de féveroles [Laborieux semis], mais la série n'est encore pas terminée.

Après nos semis "grande culture", nous avons enchainé sur la partie maraichère. Comme je n'ai plus de semoir de précision, j'utilise un semoir à main qui fera l'affaire pour démarrer, même s'il risque de nous compliquer la vie lors des séances de désherbage (comme je ne peux semer qu'un rang à la fois et que notre terre est pleine de résidus de racines, mes semis sont loin d'être parallèles ce qui ne va certainement pas nous permettre d'utiliser des outils tractés pour nous débarrasser des mauvaises herbes).

Par contre, lors du plantage de nos premiers plants de pomme de terre (des gelées sont encore à craindre dans les semaines à venir mais les pommes de terre "nouvelles" sont tellement délicieuses que cela mérite bien quelques risques !), nous avons utilisé une butteuse (outil qui sert à recouvrir de terre les plants pour que les tubercules restent toujours enfoui) qui n'a pas résisté à 50 mètres de traction.

Du coup, nous voilà de nouveau en quête d'une nouvelle solution pour pouvoir planter nos variétés plus tardives, dont les quantités ne nous permettent pas de faire le travail "à la main".

Est-il besoin de préciser que c'est dans ces moments là que l'on regrette nos achats d'occasion, surtout quand les prix n'étaient pas spécialement avantageux ?