Déjà mi-avril ! Pas facile de faire face à la réalité de la vie : nous sommes confronté à une grande horloge qui tourne inexorablement sans se préoccuper le moins du monde de nos petites difficultés...

Sur le plan matériel, nous continuons à faire le grand écart entre l'urgent, le quotidien et l'avenir.

L'urgent est rythmé par Dame Nature qui nous impose une cadence que nous avons bien du mal à suivre. Au niveau des grandes cultures, les féveroles sont en place [Laborieux semis] et semblent se développer normalement, mais nous sommes déjà à la bourre pour les pommes de terre. Après mes déboires avec notre butteuse d'occasion [Que de casse !], j'ai dû commander du matériel neuf que nous attendons toujours. Espérons que nous le recevrons dans les tous prochains jours et que le temps se maintiendra car les plants de pommes de terre bio ne sont ni gratuits, ni éternels, et nous en avons plusieurs centaines de kilos à planter...

Quoiqu'il arrive à nos tubercules, il me reste une petite quinzaine de jours pour me préoccuper de notre maïs : décider de la variété, commander et récupérer les semences, mais surtout, trouver comment les semer ! Est-il judicieux de bricoler mon semoir de précision cassé [Laborieux semis] en le ressoudant (trouver les pièces nécessaires à un montage réglable aussi vite me semble utopique) ou dois-je partir en quête d'un semoir à maïs, voir d'un semeur de maïs ?

Du côté des prairies, c'est la Bérézina : ma tentative de semis manuel réalisée fin octobre sur un tapis de friche déchiqueté n'a rien donné et je n'ai pas eu le temps de faire une nouvelle tentative au printemps. Dame Nature m'oblige donc a attendre l'automne prochain et à espérer qu'il y aura suffisamment de pousses naturelles pour que nous envisagions d'installer des poulets (les chèvres, elles, se régalerons dans la friche).

Le quotidien consiste à nourrir et à abreuver l'âne et les chèvres, à traire ces dernières et à essayer de faire du fromage avec le peu de lait que nous récupérons. Pour l'instant, les tentatives ne sont pas concluantes et désespèrent Laurence. Transformer le lait en fromage demande des conditions et du matériel spécifiques que nous n'avons encore pas, même si la caravane que Laurence a commencé à transformer lui offre une pièce spécifique dans laquelle elle peut maîtriser la température. Il faut maintenant réussir à l'ensemencer pour que les "bonnes" bactéries prennent le pas sur les autres et maîtriser l'acidité pour que la magie de la vie fasse son œuvre...

Le quotidien consiste aussi à ventiler et à arroser nos semis en godets, même si notre manque de temps ne nous permet pas de semer autant de variétés que nous le souhaiterions. D'autant qu'il m'a fallu me lancer dans des travaux de drainage pour essayer de réduire les infiltrations d'eau sous la pépinière. Travail laborieux dans la couche d'argile mise à nue par le terrassement, qu'il est impossible de faire au tractopelle maintenant que la serre est montée...

Heureusement, la pluie a cessé depuis plusieurs jours, ce qui permet de travailler sans avoir d'eau dans la tranché. En contre-partie, il nous faut arroser nos plantations maraîchères de pleine terre alors que nous n'avons encore pas de matériel d'irrigation. J'en suis donc réduit à tenir mon tuyau d'arrosage, comme à l'époque de notre potager (pour éviter d'utiliser de l'eau du robinet, nous pompons l'eau d'une réserve d'eau de pluie).

Pour l'avenir, quand il nous reste un peu de temps, nous essayons de continuer à nous former, à nous équiper, à rénover, et parfois à communiquer (désolé, Joelle ;-D !). Pour l'instant, le garage qui doit devenir mon atelier devient de moins en moins accessible au fur et à mesure que j'y dépose mes nouveaux achats (poste à souder, compresseur, etc), et les travaux pour amener l'eau et l'électricité piétinent. J'ai bien commencé à donner quelques coups de godets pour commencer une tranchée, mais quand j'ai sectionné un ancien tuyau, j'ai levé le pied : il manquerait plus que je coupe l'arrivée d'eau !

Il faudrait aussi que nous fassions progresser les travaux dans la maison si nous ne voulons pas nous retrouver dans la même situation l'hiver prochain. Et là aussi les choses sont compliquées si nous voulons organiser la réfection de la toiture, l'isolation, l'installation d'un chauffage central et, à l'occasion, aménager le grenier pour gagner quelques pièces et avoir enfin un bureau où installer tout notre administratif.

Au milieu de tout ça, nous essayons aussi de construire une vie de famille. Nous avons profité des vacances pour scolariser Éric à Louhans. La décision n'a pas été facile et elle est très mal acceptée par notre fils, mais il nous semble important de l'avoir auprès de nous pour l'aider à se reconstruire.

Construire, reconstruire, voilà donc notre quotidien. Et si nous avançons beaucoup plus péniblement que prévu, l'important est que nous continuons d'avancer.