Notre esprit fermier nous entrainant à mettre en place différentes activités -qui vont de l'élevage au maraîchage, en passant par la culture des céréales- nous avons souvent l'impression de courir plusieurs lièvres à la fois.

Pourtant, nous essayons de privilégier l'activité maraîchère puisque nous estimons que la fourniture de légume est le travail de base de tout fermier. Et dans cette optique, nous avons souhaité utiliser une petite serre (6mx12m) en notre possession pour réaliser une pépinière* couverte. Comme toute pouponnière qui se respecte, cet espace nécessitera une attention permanente et, de ce fait, devra se trouver près de notre maison d'habitation.

Du coup, nous avons décidé de dégager la friche dans laquelle un imposant marronnier a terminé sa vie lors du coup de vent de janvier 2009. L'arbre lui même nous ayant servi de bois de chauffage cet hiver, il ne restait que quelques ronces et des bosquets de pruniers noirs aux épines acérées à nettoyer avant de pouvoir s'attaquer au terrassement.

Malheureusement, les vicissitudes de notre tractopelle étaient loin d'êtres terminées !

Pour mémoire, après sa retraite de quelques semaines dans les boues argileuses de notre région, il ne me restait plus qu'à colmater une fuite d'huile pour le remettre en état. Partant du principe que l'engin avait perdu un bouchon de vidange lors de son extraction, je me suis mis en quête des différents niveaux pour déterminer qui était concerné (en plus de l'huile moteur, nous avons le choix entre l'huile de direction, de transmission, de pont et du circuit hydraulique).

Réaliser un bouchon et refaire le niveau était encore dans mes compétences, mais quand l'huile a commencé sortir par un autre orifice, j'ai jugé qu'il était plus prudent de faire intervenir un professionnel...

Résultat des courses, la fuite provenait du convertisseur** et le trou que j'avais brillamment obturé n'aurait pas du l'être puisqu'il sert de trop plein :-\ !

Du coup, nous voilà parti pour 2 jours de mécanique pendant lesquels nous avons du démonter le train avant, déposé le moteur, avant de pouvoir accéder et remplacer un vulgaire joint, que nous avons quand même eu la délicatesse de ne pas cisailler au remontage...

 

L'intermède m'aura quand même permit de sympathiser avec le mécano -ainsi qu'avec un agriculteur de passage venu admirer notre travail- et apprendre quelques rudiments de maniement du tractopelle. En prime, il m'a aussi trouvé LE ressort nécessaire au mécanisme de verrouillage ancestral de ma charrue réversible***, ce qui m'évitera de descendre du tracteur au bout de chaque rang...

Pour en revenir à notre pépinière, c'est donc avec une machine quasi-neuve que j'ai attaqué le terrassement nécessaire à l'obtention d'une surface à peu près horizontale.

Est-il utile de préciser que ma maigre expérience du tracteur ne m'a été d'aucune utilité pour dompter ce nouveau monstre, qui possède néanmoins un avantage indéniable sur ce dernier, à savoir une cabine qui, sans tenir chaud, permet au moins de s'abriter du vent ! Pour le reste, cela secoue beaucoup plus et cela parcours encore moins de kilomètres à l'heure...

   

Au final, je ne peux pas dire que je sois très fier de moi, mais je suis en tout cas heureux de ne pas avoir fait ce travail avec une pioche et une brouette. Et surtout, je remercie Yves de m'avoir montré comment changer les godets sans trop misérer (un peu quand même !) et comment les utiliser en fonction du travail à réaliser.

Du coup, nous arriverons peut-être à monter notre pépinière avant que les grands froids ne se terminent...

* pépinière : terrain sur lequel on fait pousser de jeunes végétaux en vue du repiquage et de la multiplication.

** convertisseur : mécanisme qui permet d'inverser le sens de déplacement du véhicule, autrement dit de passer de la marche avant à la marche arrière, la transmission se faisant par pression d'huile et non par engrenages.

*** charrue réversible : une charrue permet d'enfouir les mauvaises herbes en "retournant" la terre. Pour rejeter la terre du même côté alors que le tracteur revient en sens inverse, les charrues doivent pouvoir "se retourner" pour présenter les outils dans le bon sens.