Butine - Le Blog

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dimanche, 2 mai 2010

Arrosage

Pour faire professionnel, je devrais utiliser le terme "irrigation", mais les choses étant ce qu'elles sont, il me faut bien me contenter du terme "arrosage". Pourtant, la petite période de sécheresse que nous venons de subir nous a bien fait comprendre la différence technique, si ce n'est lexicale, qu'il y a entre ces 2 mots.

En effet, alors que les premières plantations d'importances (tout est relatif ;-) !) se mettaient en place fin mars début avril, il nous a bien fallut faire face à la bonne vingtaine de jours sans pluie qui a suivi. Profitant de l'existence d'une réserve incendie, nous avons donc installé pompe et tuyaux, ce qui nous a permit de nous replonger avec délectations dans les problèmes de débit et de pression.

Première exercice : comprendre pourquoi la pression à la sortie du tuyau est si faible que l'on ne peut pas faire fonctionner correctement les asperseurs.

Du côté de la pompe, il ne devrait rien avoir à redire, puisque cela fonctionnait correctement dans notre vie antérieure. Par contre, il y a un certain dénivelé entre la réserve d'eau et la zone d'arrosage, qu'il n'est pas facile de juger à cause de la distance. Nous voilà donc parti à simuler un théodolite avec une règle, un niveau à bulle et un escabeau, pour en arriver à la conclusion qu'il y a moins de 4m entre la surface de l'eau et le point le plus haut à arroser. Ce qui semble dérisoire...

Par contre, la centaine de mètres à parcourir semble correspondre, d'après nos recherches, à une dizaine de mètres de hauteur, d'où un total qui n'est, à l'évidence, plus négligeable pour la puissance de la pompe. Et si l'on souhaite utiliser l'eau du puits, il faut encore ajouter 4m, en aspiration cette fois.

Les choses se compliquant, avant de chercher à acheter n'importe quoi, nous avons quand même essayé d'estimer nos besoins en eau. Équipé de mes 2 arrosoirs, me voilà donc parti à mesurer la surface couverte pour en déduire ma consommation : 5 l/m². Cela ne dit pas forcément grand chose, sauf si on le ramène à l'hectare (10 000m²), ce qui donne 50m3. Naturellement, nous n'aurons certainement jamais 1 hectare à arroser, mais prévoir 1/2ha ne semble pas aberrant (les systèmes d'arrosage circulaire obligent à des recouvrements importants), ce qui nous amène à une consommation de 25m3.

Pour vraiment fixer les idées, en 4 jours, nous allons devoir utiliser plus d'eau que celle que nous consommons habituellement dans l'année !

D'où le second exercice : comment garantir une irrigation correcte de nos salades, choux, carottes, radis et autres légumes ?

Première étape, trouver le débit possible de notre puits. Après de trop nombreuses heures à essayer de refaire fonctionner les tuyauteries déjà en place (achat des bons raccords, colmatage des fuites, interrogations sur l'état de la crépine sensée se trouver au fond du puits), nous avons fini par nous décider à suspendre notre pompe dans le vide (ce qui ne facilite pas l'amorçage !). Résultat des courses : nous vidons le puits en moins d'une heure (réserve d'environ 1 m3) et il lui en faut 24 pour se remplir !

Autant dire que c'est une réserve nulle (dans les 2 sens du terme !). Du coup, je suis descendu vérifier l'état du puits, histoire de voir s'il était possible d'améliorer les choses. Peine perdue, tout semble en ordre, ce qui l'élimine définitivement des sources (hihihi !) d'approvisionnement possibles.

Deuxième étape, qu'il me faut remettre à plus tard car ma débroussailleuse thermique est en SAV (Service Après-Vente) et que le terrain ne se prête pas à un travail au tracteur, faire la même chose au niveau d'un second puits, situé dans la friche en contre-bas de nos bâtiments. Sa position semble indiquer un débit plus important, mais certainement pas en correspondance avec nos besoins (s'il a été fait pour abreuver des vaches, même à 100 litres par jour et par vache, on est loin des 25m3).

Comme il ne semble pas y avoir beaucoup d'espoir du côté de la nappe, la troisième et dernière étape consistera certainement à mettre en place des réserves (un réseau semble plus probable qu'un trou de 100m3, pour 4 jours de réserve !) qu'il nous faudra alimenter par un panachage d'eau de source et de pluie.

Encore bien des calculs et des interrogations en perspective, et quelques heures de travail...

mardi, 27 avril 2010

Petits bonheurs familiaux

Un des préalables à notre installation, début septembre 2009, concernait l'installation de nouvelles huisseries pour mettre "hors eau et hors air" notre nouvelle maison d'habitation. Celle-ci a donc été fermé à la mi-août, grâce au travail du menuisier du village, qui avait gentiment accepté de chambouler son planning pour traiter notre demande en urgence.

Le minimum étant fait, nous avons vécu de nombreux mois avec des portes intérieures bricolées (du carton remplaçait les vitres des portes des chambres) ou inexistantes, comme dans le cas des toilettes et de la salle de bains. La maitresse de maison avait bien installé des rideaux opaques, mais l'intimité était toute relative, ce qui indisposait nos enfants quand ils souhaitaient inviter des camarades (surtout que nos wc n'utilise pas d'eau, comme vous l'expliquera prochainement Laurence).

Ayant pris sagement notre place dans la file d'attente, cette fois, c'est début mars que les premières portes intérieures ont été installées, ce qui a permit à nos enfants de pouvoir enfin s'isoler dans leur chambre. Mais il aura fallut attendre la fin de la semaine dernière, soit la mi-avril 2010, pour que les portes des pièces communes (cuisine, SdB, wc), qui avaient la mauvaise idées de ne pas être standard, fassent leur apparition !

Et même si l'intérieur de notre maison est loin d'être terminé, puisque certaines parties n'ont encore pas d'électricité, cela apporte un confort indéniable et une belle touche de finition.

Un bonheur n'arrivant jamais seul, dans la même semaine, notre progéniture a eu aussi le plaisir de découvrir les joies des travaux agricoles en participant à la plantation des pommes de terre : 250 kg de tubercules à trainer et à placer dans des sillons de 200 mètres de long, en plein soleil.

Ne pouvant pas réserver les 3/4 de notre surface maraichère à la culture des pommes de terre (notre surface potagère fait environ 40 ares - 4000m² - et, au total, nous avons planté une trentaine d'ares de patates), ces travaux se sont déroulés sur une parcelle "grande culture", à quelques centaines de mètres de chez nous. Et comme toute notre petite famille était de sortie et que nous possédons quelques friches à proximité, nous avions embarqué notre troupeau caprin dans le Boxer pour l'installer à nos côtés, ce qui lui a permit de profiter de la fraicheur des arbres et de la saveur des jeunes pousses.

Instants de vie particuliers que l'on peut qualifier de différentes façons en fonction de l'état d'esprit du moment mais qui, je l'espère, laisseront des souvenirs heureux. Que nous pourront compléter lors de la récolte ;-D !

lundi, 19 avril 2010

Désherbage des féveroles

Bien que nos parcelles de COP (Céréales, Oléagineux, Protéagineux) soient très modestes, mon manque d'expérience m'oblige à y consacrer pas mal de temps. Samedi dernier était donc consacré au désherbage de notre parcelle de féverole [Ferme Butine].

Après une énième séance de mise en service de "nouveau matériel"*, me voilà prêt à travailler avec Cécile, celle-ci voulant bien m'aider à étrenner cet outil moins rébarbatif que les autres (dans la pratique, il faut croire que l'on s'en lasse vite, puisqu'elle n'a pas participé aux travaux de l'après-midi). Comme on peut le constater sur la photo, cette bineuse peut être dirigée par une personne placée à l'arrière des outils de désherbage, ce qui permet un travail plus précis.

Dans la pratique, et comme c'était prévisible, c'est la partie qui n'a pas été labouré qui a besoin d'être désherbé. Mon inter-rang étant plus large que mes bêches, j'ai essayé d'en mettre 2 dans le même rang mais j'ai été confronté à des problèmes de bourrage, toujours à cause des résidus de la culture précédente.

Je me suis donc contenté d'une seule bêche par inter-rang, ce qui, à l'usage, est bien suffisant, car cela laisse un peu plus de chance de survie à la culture en place ! Tout compte fait, c'est une activité assez pénible, car on craint en permanence de cisailler allégrement les plantes que l'on cherche à protéger...

* ici, le terme "nouveau matériel" fait référence à du matériel d'occasion que je remets en service. Cela sous-entend donc quelques mauvaises surprises car certaines parties sont manquantes ou fortement abimées, et quelques suées quand il faut réussir à dégripper les pièces de réglage gagnées par la rouille.

jeudi, 15 avril 2010

Construire...

Déjà mi-avril ! Pas facile de faire face à la réalité de la vie : nous sommes confronté à une grande horloge qui tourne inexorablement sans se préoccuper le moins du monde de nos petites difficultés...

Sur le plan matériel, nous continuons à faire le grand écart entre l'urgent, le quotidien et l'avenir.

L'urgent est rythmé par Dame Nature qui nous impose une cadence que nous avons bien du mal à suivre. Au niveau des grandes cultures, les féveroles sont en place [Laborieux semis] et semblent se développer normalement, mais nous sommes déjà à la bourre pour les pommes de terre. Après mes déboires avec notre butteuse d'occasion [Que de casse !], j'ai dû commander du matériel neuf que nous attendons toujours. Espérons que nous le recevrons dans les tous prochains jours et que le temps se maintiendra car les plants de pommes de terre bio ne sont ni gratuits, ni éternels, et nous en avons plusieurs centaines de kilos à planter...

Quoiqu'il arrive à nos tubercules, il me reste une petite quinzaine de jours pour me préoccuper de notre maïs : décider de la variété, commander et récupérer les semences, mais surtout, trouver comment les semer ! Est-il judicieux de bricoler mon semoir de précision cassé [Laborieux semis] en le ressoudant (trouver les pièces nécessaires à un montage réglable aussi vite me semble utopique) ou dois-je partir en quête d'un semoir à maïs, voir d'un semeur de maïs ?

Du côté des prairies, c'est la Bérézina : ma tentative de semis manuel réalisée fin octobre sur un tapis de friche déchiqueté n'a rien donné et je n'ai pas eu le temps de faire une nouvelle tentative au printemps. Dame Nature m'oblige donc a attendre l'automne prochain et à espérer qu'il y aura suffisamment de pousses naturelles pour que nous envisagions d'installer des poulets (les chèvres, elles, se régalerons dans la friche).

Le quotidien consiste à nourrir et à abreuver l'âne et les chèvres, à traire ces dernières et à essayer de faire du fromage avec le peu de lait que nous récupérons. Pour l'instant, les tentatives ne sont pas concluantes et désespèrent Laurence. Transformer le lait en fromage demande des conditions et du matériel spécifiques que nous n'avons encore pas, même si la caravane que Laurence a commencé à transformer lui offre une pièce spécifique dans laquelle elle peut maîtriser la température. Il faut maintenant réussir à l'ensemencer pour que les "bonnes" bactéries prennent le pas sur les autres et maîtriser l'acidité pour que la magie de la vie fasse son œuvre...

Le quotidien consiste aussi à ventiler et à arroser nos semis en godets, même si notre manque de temps ne nous permet pas de semer autant de variétés que nous le souhaiterions. D'autant qu'il m'a fallu me lancer dans des travaux de drainage pour essayer de réduire les infiltrations d'eau sous la pépinière. Travail laborieux dans la couche d'argile mise à nue par le terrassement, qu'il est impossible de faire au tractopelle maintenant que la serre est montée...

Heureusement, la pluie a cessé depuis plusieurs jours, ce qui permet de travailler sans avoir d'eau dans la tranché. En contre-partie, il nous faut arroser nos plantations maraîchères de pleine terre alors que nous n'avons encore pas de matériel d'irrigation. J'en suis donc réduit à tenir mon tuyau d'arrosage, comme à l'époque de notre potager (pour éviter d'utiliser de l'eau du robinet, nous pompons l'eau d'une réserve d'eau de pluie).

Pour l'avenir, quand il nous reste un peu de temps, nous essayons de continuer à nous former, à nous équiper, à rénover, et parfois à communiquer (désolé, Joelle ;-D !). Pour l'instant, le garage qui doit devenir mon atelier devient de moins en moins accessible au fur et à mesure que j'y dépose mes nouveaux achats (poste à souder, compresseur, etc), et les travaux pour amener l'eau et l'électricité piétinent. J'ai bien commencé à donner quelques coups de godets pour commencer une tranchée, mais quand j'ai sectionné un ancien tuyau, j'ai levé le pied : il manquerait plus que je coupe l'arrivée d'eau !

Il faudrait aussi que nous fassions progresser les travaux dans la maison si nous ne voulons pas nous retrouver dans la même situation l'hiver prochain. Et là aussi les choses sont compliquées si nous voulons organiser la réfection de la toiture, l'isolation, l'installation d'un chauffage central et, à l'occasion, aménager le grenier pour gagner quelques pièces et avoir enfin un bureau où installer tout notre administratif.

Au milieu de tout ça, nous essayons aussi de construire une vie de famille. Nous avons profité des vacances pour scolariser Éric à Louhans. La décision n'a pas été facile et elle est très mal acceptée par notre fils, mais il nous semble important de l'avoir auprès de nous pour l'aider à se reconstruire.

Construire, reconstruire, voilà donc notre quotidien. Et si nous avançons beaucoup plus péniblement que prévu, l'important est que nous continuons d'avancer.

vendredi, 2 avril 2010

Que de casse !

Quand on démarre une nouvelle activité, il faut faire le choix entre mettre le paquet sans lésiner sur les moyens, ou avancer prudemment en minimisant les dépenses.

Dans le premier cas, on s'épargne bien des efforts en utilisant du matériel adapté et performant, mais on s'impose des résultats budgétaires conséquents. Dans le second, la pression financière est moins élevée mais on est tributaire de ses ressources limitées.

Pour être honnête, je pense que le choix est surtout une affaire de personnalité. Dans notre cas, comme nous avons une vision assez pessimiste de l'avenir du système économique actuel, basé sur une croissance perpétuelle alors que notre monde physique a atteint ses limites, nous préférons ne pas construire notre activité sur une montagne de dettes.

En contre-parti, nous devons accepter la galère qu'implique souvent l'utilisation du matériel d'occasion, comme c'est le cas actuellement.

J'ai déjà parlé des soucis d'étanchéité de notre tractopelle qui ont entrainé la dépose complète de son moteur [Pépinière], ainsi que de mes déboires avec ma charrue et mon semoir monograine lors de ma plantation de féveroles [Laborieux semis], mais la série n'est encore pas terminée.

Après nos semis "grande culture", nous avons enchainé sur la partie maraichère. Comme je n'ai plus de semoir de précision, j'utilise un semoir à main qui fera l'affaire pour démarrer, même s'il risque de nous compliquer la vie lors des séances de désherbage (comme je ne peux semer qu'un rang à la fois et que notre terre est pleine de résidus de racines, mes semis sont loin d'être parallèles ce qui ne va certainement pas nous permettre d'utiliser des outils tractés pour nous débarrasser des mauvaises herbes).

Par contre, lors du plantage de nos premiers plants de pomme de terre (des gelées sont encore à craindre dans les semaines à venir mais les pommes de terre "nouvelles" sont tellement délicieuses que cela mérite bien quelques risques !), nous avons utilisé une butteuse (outil qui sert à recouvrir de terre les plants pour que les tubercules restent toujours enfoui) qui n'a pas résisté à 50 mètres de traction.

Du coup, nous voilà de nouveau en quête d'une nouvelle solution pour pouvoir planter nos variétés plus tardives, dont les quantités ne nous permettent pas de faire le travail "à la main".

Est-il besoin de préciser que c'est dans ces moments là que l'on regrette nos achats d'occasion, surtout quand les prix n'étaient pas spécialement avantageux ?

vendredi, 26 mars 2010

Aude a la joie

Quand nous avons réalisé, en 2003, que l'Homme n'était pas au dessus des lois de la physique* et que nous avons entamé, quelques mois plus tard, ce long chemin de remise en question qui nous a conduit à devenir fermier, nous ne pensions pas être aussi seuls.

Naturellement, nos personnalités entrent en jeux et il est indéniable que nous sommes plutôt des personnes réservées, privilégiant la vie familiale aux relations sociales. Facteur aggravant, notre interprétation de la gravité et de l'urgence de la situation ne nous permet pas de nous retrouver dans la mouvance du "développement durable", 2 termes que nous considérons comme antinomiques.

Quelles qu'en soient les raisons, nous nous trouvons bien solitaires pour nous débattre avec un quotidien pesant qui n'a de cesse de détruire nos repères. Aussi apprécions-nous à sa juste mesure la quinzaine de jours qu'Aude nous a consacrée, répandant sa gentillesse et sa bonne humeur comme un parfum sous couvert d'une découverte de la vie fermière.

La saison n'était pas très avancée et le froid encore vif, mais nous espérons que les quelques travaux agricoles que nous avons pu réaliser ensemble lui seront profitables. Pour notre part, sa compagnie nous a permit de vivre ces quelques jours différemment et nous espérons que nous aurons l'occasion de l'accueillir de nouveau. Surtout si elle et ses amis, fringants représentant de la nouvelle génération, souhaitent nous faire participer à la création du nouveau monde qu'ils vont créer.

En attendant, comme nous avons eu la chance que les premières naissances se déroulent en sa présence, nous avons choisi de donner son prénom à la première chevrette de notre troupeau : Aude.

* : la canicule de 2003 a tué plusieurs milliers de personnes en Europe.

dimanche, 21 mars 2010

Laborieux semis

Il est temps de donner l'épilogue de notre première grande plantation...

A la mi-février, j'avais donc décidé que mon premier semis serait de la féverole [Il faut toujours un début...], et qu'il me restait jusqu'au 15 mars pour mettre les graines en terre [références techniques Féveroles].

L'hiver étant ce qu'il est -les terres étaient soit gelées, soit détrempées, autrement dit impraticables- cela m'a laisser le temps de trouver les semences, ainsi que l'agriculteur qui nous fera la récolte aux environs de la mi-août. Heureusement, début mars, le vent s'est mis à la bise (vent du nord) et a suffisamment séché les sols pour que je tente une incursion le 9. Et comme Aude, une amie de Laurence qui cherche à travailler en maraîchage, était chez nous pour quelques jours, je l'ai emmené avec moi pour attaquer le déchaumage*.

Après une petite heure, nous étions rassurés : la terre était capable de porter le tracteur. Retour le lendemain avec quelques moellons pour alourdir le cover-crop [outils à disques] -moellons que j'ai fini par déposer sur le bord du champ car ils avaient trop tendance à glisser et à venir bloquer la rotation des disques- pour une nouvelle séance d'environ 2 heures**.

Au final, la terre est découpée mais il reste de jeunes poussent d'herbes. Et ne parlons pas des restes des épis de maïs ! Mais le plus ennuyeux, à mon sens, c'est que nous ne pénétrons pas assez le sol (les graines de féveroles doivent être enterrées à au moins 5 cm). Je refais donc un passage de 3h le 13, en ayant écarté au maximum les bras de l'engin et en augmentant sensiblement la vitesse de traction, comme me l'a conseillé Yves, mon mécano fétiche.

Du coup, la terre est nettement plus découpée, ce qui semble solutionner l'herbe, mais n'améliore pas la profondeur de travail. Il faudra que je trouve un système de lestage plus efficace si je veux améliorer la chose...

Le temps se maintenant, je me résous à labourer une partie du champ, histoire de pouvoir comparer les 2 modes de culture. Après le premier sillon, je m'aperçois que l'axe de verrouillage des socs s'est rompu (certainement lors du déplacement, pendant lequel la charrue n'aurai pas dû être armée) et que je ne peux plus les inverser !

Du coup, me voilà obligé de changer de méthode de travail et de réaliser un labour en planche. Autrement dit, au lieu de faire des allers et retours sur le même sillon, il faut attaquer aux 2 extrémités et "tourner au tour" de la surface, le travail se terminant au centre. La difficulté apparait quand la forme du champ n'est pas rectangulaire et que les sillons se rencontrent de manière non parallèle au centre : à partir de là, c'est le chaos, le tracteur pouvant se retrouver épisodiquement "à cheval" sur la bande de terre restante ou au contraire retravailler un espace déjà retourné...

Du côté du semoir, j'avais eu quelques interrogations. L'idée était d'utiliser mon semoir de précision de maraîcher (les graines sont prises une à une grâce à des disques possédant des encoches adaptées en taille), mais je n'avais pas réalisé que l'on ne pouvait pas régler la distance inter-rang, les semoirs étant soudés au rail de traction. Je devais donc choisir entre tirer 4 rangs séparés de 25cm, ou 2 à 75cm (en n'utilisant pas les 2 semoirs centraux).

25cm ne permettant pas le binage ultérieur de la culture (trop de chance de couper les pieds de féverole), j'ai opté pour 75cm bien que nous soyons, dans ce cas là, dans la problématique inverse : trop d'espace implique moins d'étouffement des mauvaises herbes par la culture privilégiée et beaucoup plus de surface à sarcler pour l'agriculteur. Le moins mauvais choix étant fait, le semoir était nettoyé, graissé et attelé le 15 au matin.

Mes essais de traction sur béton m'avaient permis de choisir la taille des pignons pour obtenir la bonne densité de graines au m² et il ne me restait plus qu'à décider comment transporter mes 125kg de semences jusqu'au champ. J'optais pour un empilage à la débrouille des 5 sacs sur le tracteur et le semoir pour être le plus tôt possible sur place.

Malheureusement, je n'ai pas eu le temps d'attendre la parcelle que les soudures d'un des semoirs cédaient, m'obligeant à abandonner temporairement une partie de mon chargement. Le semoir perdu étant un des 2 non utilisés, un aller-retour plus tard, j'attaquais le semis.

Nouveau déboire : les roues servant à entrainer le mécanisme de distribution des graines ne tournent pas. Il est vrai que la surface est beaucoup moins plane et beaucoup plus "motteuse" que ma surface d'essai en béton, mais quand même. J'essaye d'augmenter la pression sur les roues en enfonçant plus l'engin mais les mottes font sauter la chaîne d'entrainement...

Après différents essais, tout aussi infructueux, le démontage du cache des pignons me fait comprendre qu'un des semoirs se bloque à chaque tour de roue, ce qui me décide à abandonner la partie (je ne vais quand même pas faire des inter-rangs d'un mètre cinquante !). Le temps de rentrer, de perdre un second semoir pendant le trajet, de revenir en Boxer pour récupérer sacs de graines et semoirs dessoudés, et je peux enfin me défouler sur ma tendre et chère épouse.

Il y a des jours où l'ambiance n'est pas euphorique...

2 jours plus tard, le 17, j'ai enfin réussi à semer ma féverole en utilisant un semoir à céréales (les graines sont nettement plus petites) que j'avais acquis quelques jours plus tôt (merci Philippe !). Après un nettoyage rapide, quelques réglages et des essais de densité, ce semoir ancestral (à la base, il était tiré par un cheval) s'est encore une fois acquitté de sa tâche avec brio.

En conclusion, d'après la surface recouverte, je pense que la densité de semis est bonne. Pour la profondeur, cela doit être à peu près correcte sur la zone labourée, mais nettement insuffisant sur celle simplement "disquée". Le problème ne provenant d'ailleurs pas spécialement de la dureté du sol mais plutôt des résidus de la culture précédente qui ne sont pas enfouis et qui ont tendance, en s'accumulant sous le semoir, à soulever celui-ci.

La zone non labourée cumule donc les handicaps (semis peu profond sur une terre compacte) mais nous allons laisser le temps à Dame Nature et nous ferons un point à la récolte...

* déchaumage : opération superficielle de préparation du sol qui consiste à arracher et enfouir les plantes levées, les graines tombées au sol et les chaumes d'une jachère, d'une friche, d'une culture intermédiaire ou de la culture précédente.

* je donne des temps de travail au champ, ce qui masque donc la préparation et le déplacement du matériel, pour une surface d'environ 90 ares (9000m²). Mon tracteur est un Massey Fergusson 158 des années 70, d'une puissance de 58ch (à l'origine !), 2 roues motrices (je suis monté en roues étroites, ce qui n'aide pas à la traction), et comme je débute, je ne suis pas un fana de la vitesse...

jeudi, 18 mars 2010

Pépinière..la suite.

La voici presque terminée (il ne manque que les amarres qui sont en commande) , mais déjà opérationnelle.

Le résultat n'est pas mal.

 

Les premiers semis ont été effectués aujourd'hui en espérant que la météo sera plus clémente maintenant. Je me vois déjà au marché à vendre les salades et tomates que je viens de mettre en godets ; )

Dernière naissance.

Enak a mis bas dimanche matin tôt.

Encore un garçon! Tout petit garçon. Il a un peu plus de mal à pousser que les autres cabris. Enak est une bonne maman mais n'a pas énormément de lait!

J'ai séparé les autres mâles de leurs mères lundi pour qu'il apprennent à boire seuls. Ils doivent savoir se nourrir au "seau" avant de partir à l'engraissement.

Ce matin,première tentative de fromage: un peu plus d'un litre dans la petite fromagère familiale, avec une semence prélevée sur un fromage blanc et pas de présure, car j'aimerai réussir un fromage dont les végétariens peuvent profiter. Résultat dans 24 heures.....

Il faudra que je mesure l'acidité de "mon" lait, car cela garantie le développement des bonnes bactéries et la réussite des fromages.

samedi, 13 mars 2010

Nurserie.

Enfin les premiers cabris sont arrivés!

Pour reprendre les évènements dans l'ordre, il faut remonter au 16 février.

J'étais en formation volaille ce jour là et c'est Thierry qui a trouvé à la chèvrerie deux petits cabris mort-nés. C'est Chaussette qui a avorté.  Grosse déception, mais surtout, inquiétude car 10 heures après l'avortement, Chaussette n'avait toujours pas délivré (c'est à dire expulsé le placenta), événement qui doit suivre quelques heures seulement une mise bas normale. 

Je suis donc allée demander conseil à mon voisin, propriétaire de chèvres. Il m'a donné 2 ampoules d'un remède homéopathique  destiné à favoriser la délivrance. Je lui ai aussi donné, le lendemain, du Cantharis 9CH ( non délivrance suite à expulsion de foetus mort nés).

J'ai pris sa température tous les jours afin de surveiller une éventuelle infection. Ce qui était rassurant, c'est qu'elle mangeait bien,buvait et était vive. Donc après ces premiers jours, nos craintes se sont estompées.

A à peu près 1 mois de la date de mise-bas prévue, et sachant que Chaussette était une bonne laitière l'an passé, j'ai décidé de la traire dans l'espoir de lancer la lactation.

Après 7 jours de traite pendant lesquels j'ai stocké le colostrum au congélateur, nous avons pu déguster notre premier verre de lait maison.

Malheureusement, il semble que sa production reste limitée à 200 ml par jour sur deux traites!

Mardi 9 mars, en entrant dans la chèvrerie, j'ai eu la surprise de découvrir notre premier bébé vivant, mis au monde tôt le matin par Ikaré. Nous devons la "bloquer" pur qu'elle laisse sa fille la téter. Ikaré ne semble pas "au petit soin" pour sa petite.

Il fait 0°C dans la chèvrerie! d'où la couverture pour bébé, qui ne reste jamais bien longtemps en place.

Deux jours plus tard, jeudi 11, Blanchette nous a donné deux petits mâles.

Mise bas sans problème....

Suivie une heure plus tard par Nefer, un garçon et une fille en pleine forme, debout moins d'une demi heure après leur naissance.

Aujourd'hui, il ne reste plus qu' Enak qui n'a pas encore mis bas. J'espère qu'elle aura une fille, car pour le moment, le troupeau ne s'agrandie pas beaucoup. 

jeudi, 11 mars 2010

Pépinière

Notre esprit fermier nous entrainant à mettre en place différentes activités -qui vont de l'élevage au maraîchage, en passant par la culture des céréales- nous avons souvent l'impression de courir plusieurs lièvres à la fois.

Pourtant, nous essayons de privilégier l'activité maraîchère puisque nous estimons que la fourniture de légume est le travail de base de tout fermier. Et dans cette optique, nous avons souhaité utiliser une petite serre (6mx12m) en notre possession pour réaliser une pépinière* couverte. Comme toute pouponnière qui se respecte, cet espace nécessitera une attention permanente et, de ce fait, devra se trouver près de notre maison d'habitation.

Du coup, nous avons décidé de dégager la friche dans laquelle un imposant marronnier a terminé sa vie lors du coup de vent de janvier 2009. L'arbre lui même nous ayant servi de bois de chauffage cet hiver, il ne restait que quelques ronces et des bosquets de pruniers noirs aux épines acérées à nettoyer avant de pouvoir s'attaquer au terrassement.

Malheureusement, les vicissitudes de notre tractopelle étaient loin d'êtres terminées !

Pour mémoire, après sa retraite de quelques semaines dans les boues argileuses de notre région, il ne me restait plus qu'à colmater une fuite d'huile pour le remettre en état. Partant du principe que l'engin avait perdu un bouchon de vidange lors de son extraction, je me suis mis en quête des différents niveaux pour déterminer qui était concerné (en plus de l'huile moteur, nous avons le choix entre l'huile de direction, de transmission, de pont et du circuit hydraulique).

Réaliser un bouchon et refaire le niveau était encore dans mes compétences, mais quand l'huile a commencé sortir par un autre orifice, j'ai jugé qu'il était plus prudent de faire intervenir un professionnel...

Résultat des courses, la fuite provenait du convertisseur** et le trou que j'avais brillamment obturé n'aurait pas du l'être puisqu'il sert de trop plein :-\ !

Du coup, nous voilà parti pour 2 jours de mécanique pendant lesquels nous avons du démonter le train avant, déposé le moteur, avant de pouvoir accéder et remplacer un vulgaire joint, que nous avons quand même eu la délicatesse de ne pas cisailler au remontage...

 

L'intermède m'aura quand même permit de sympathiser avec le mécano -ainsi qu'avec un agriculteur de passage venu admirer notre travail- et apprendre quelques rudiments de maniement du tractopelle. En prime, il m'a aussi trouvé LE ressort nécessaire au mécanisme de verrouillage ancestral de ma charrue réversible***, ce qui m'évitera de descendre du tracteur au bout de chaque rang...

Pour en revenir à notre pépinière, c'est donc avec une machine quasi-neuve que j'ai attaqué le terrassement nécessaire à l'obtention d'une surface à peu près horizontale.

Est-il utile de préciser que ma maigre expérience du tracteur ne m'a été d'aucune utilité pour dompter ce nouveau monstre, qui possède néanmoins un avantage indéniable sur ce dernier, à savoir une cabine qui, sans tenir chaud, permet au moins de s'abriter du vent ! Pour le reste, cela secoue beaucoup plus et cela parcours encore moins de kilomètres à l'heure...

   

Au final, je ne peux pas dire que je sois très fier de moi, mais je suis en tout cas heureux de ne pas avoir fait ce travail avec une pioche et une brouette. Et surtout, je remercie Yves de m'avoir montré comment changer les godets sans trop misérer (un peu quand même !) et comment les utiliser en fonction du travail à réaliser.

Du coup, nous arriverons peut-être à monter notre pépinière avant que les grands froids ne se terminent...

* pépinière : terrain sur lequel on fait pousser de jeunes végétaux en vue du repiquage et de la multiplication.

** convertisseur : mécanisme qui permet d'inverser le sens de déplacement du véhicule, autrement dit de passer de la marche avant à la marche arrière, la transmission se faisant par pression d'huile et non par engrenages.

*** charrue réversible : une charrue permet d'enfouir les mauvaises herbes en "retournant" la terre. Pour rejeter la terre du même côté alors que le tracteur revient en sens inverse, les charrues doivent pouvoir "se retourner" pour présenter les outils dans le bon sens.

vendredi, 19 février 2010

Il faut toujours un début...

Pause...

Après 2 semaines de vacances, où nous avons dû gérer les enfants (trajets à la gare, visites médicales, recherche d'un nouvel hébergement et déménagement pour le garçon -encore un grand merci à Marie et Xavier-, etc) alors que Laurence est à l'extérieure 3 jours par semaine pour sa formation "Volailles de Bresse" et que les animaux (et le poêle !) doivent toujours être alimenté quotidiennement, il est temps que j'essaye de prendre 1 ou 2 heures pour faire le point et consigner toutes les recherches que nous avons faites...

Car, en début d'année, il faut se préparer aux semis.

Et cela demande réflexion, surtout pour les grandes cultures où le choix doit être restreint, contrairement aux cultures maraîchères pour lesquelles on utilise plusieurs dizaines d'espèces végétales dans l'année...

En agriculture biologique, le principe consiste à prévenir plutôt qu'à guérir (il faut quand même bien avouer que notre pharmacopée est tellement limitée qu'il vaut mieux ne pas avoir à guérir !). Et, au niveau des cultures, cela repose sur la rotation de celles-ci.

Il faut donc, en fonction des ses objectifs (vente, autoconsommation) et des possibilités pédoclimatiques* locales, choisir un ensemble d'espèces végétales (céréales, légumineuses, etc) que l'on alternera dans le temps (rotation) et dans l'espace (assolement). Pour compliquer encore un petit peu, il faut aussi tenir compte de la période de semis (par exemple, j'aurai bien voulu me faire la main sur du triticale, espèce plutôt rustique et pas trop chère, mais elle ne se plante qu'à l'automne) et du matériel que vous possédez pour semer, élever, récolter, voir stocker !.

À notre niveau, nous allons devoir improviser pour le matériel puisque nous n'avons ni les moyens ni le temps d'acheter tout ce qu'il faudrait. Nous essayerons aussi d'utiliser le travail à façon, mais nous risquons d'être pas mal limité par notre appellation Bio, qui nous oblige à garantir la traçabilité de la semence à la récolte, ce que ne permet pas les travaux "groupés" quand tous vos voisins sont en conventionnel !

Mais puisqu'il faut bien avancé, des choix doivent être fait et ma première "grande culture" sera la féverole (la fève que l'on plante dans son potager est une variété de féverole à grosses graines).

En effet, elle se plante au printemps (il existe cependant des variétés d'hiver), elle est riche en protéines (ce qui nous permettra de l'inclure dans l'alimentation de nos chèvres et de nos poulets) et elle fixe l'azote naturellement (aliment chimique de base pour la croissance des végétaux) ce qui nous évitera de fertiliser.

Que demander de plus ? Un prix de semence pas trop élevé (là, c'est raté puisque cela coûte aux environs de 230€ par hectare), l'utilisation d'un semoir en ma possession (semoir "graine à graine" utilisé en maraîchage) même s'il ne fait que 2 mètres de large, ainsi que la possibilité de combattre les adventices (mauvaises herbes) par buttage (retournement de la terre) si le semis est assez large.

Pour la récolte (qui se fait à la moissonneuse-batteuse) et le stockage, repoussons le problème à plus tard...

Le choix étant fait, il n'y a plus qu'à trouver les semences (ce qui n'a pas été aussi simple que ça car ce n'est pas une culture très répandue dans notre région), préparer le lit de semence (dès que le temps le permettra) et à planter : fin du chantier prévu à la mi-mars.

* pédoclimatique : qui concerne la nature du sol et les conditions climatiques locales.

mardi, 9 février 2010

De la Bio à la planète

Comme les travaux agricoles sont quand même relativement limités en période hivernal, les différents OPA (Organismes Professionnels Agricoles) en profitent pour proposer leurs services. L'exploitant un peu motivé à donc tout le loisir de participer à des actions de formation ou de s'investir dans les activités de son choix.

Pour ma part, j'ai décidé de m'impliquer dans le monde agricole Bio et j'ai profité de l'AG (Assemblé Générale) du GABSEL (Groupement des Agriculteurs Biologiques de Saône Et Loire) pour devenir Administrateur. Je vais donc participer à "l'étude, le développement et la défense des intérêts économiques, matériels et sociaux de la profession d'agriculteurs biologiques".

N'étant pas spécialement porté sur la politique*, je laisserai la partie syndicale à mes coéquipiers pour me concentrer sur la dynamisation de la communauté locale, encore largement apathique. J'espère, en effet, y trouver le terreau qui accueillera les racines d'une société non basée sur le consumérisme.

Mais la route est encore longue, car je ne suis pas du milieu, et semée d'embuches, car le développement à "marche forcée" de la Bio s'accompagnera forcément d'industrialisation capitalistique, aussi il me faut croire que j'aurai la chance d'obtenir le soutien de quelques agriculteurs, voir de quelques citoyens...

* Politique : relatif à l'État, à ces affaires et à leur conduite.

dimanche, 7 février 2010

Virée en Côte d'Or

Petit tour dans les Hautes-Côtes jeudi dernier, pour régler quelques problèmes administratifs...

Nous en avons profité pour faire un tour dans notre ancienne commune. Nous n'avons pas eu le temps de voir beaucoup de monde. Peut être une autre fois??

Merci Joëlle et Paul de nous avoir offert un moment de détente en nous invitant à manger.

Nous te souhaitons, Paul, un prompt rétablissement!

Formation Volaille

Le 2 février, j'ai effectué mon premier jour de formation "Réussir son installation en Volaille de Bresse" au CIVB (Comité Interprofessionnel de la Volaille de Bresse)  de Branges.

Au programme du jour, découverte de la filière, historique de l'AOC, présentation des projets et visite d'exploitation.

Et vendredi, j'ai fais mon premier jour de stage chez un éleveur de Bantanges, (à 10 minutes de chez nous).

Cet éleveur produit 10 000 volailles par an, dont 400 chapons et 800 poulardes. La moitié de la production  est écoulée pour les fêtes de fin d'année.(Le chapon ne peut être vendu que pendant cette période). L'abattage est effectué à la ferme (abattoir aux nouvelles normes CE).

Une centaine de poulets avaient été ramassés la veille au soir (les poulets sont ramassés pendant la nuit, car ils dorment). J'ai eu pour tâche de couper les ongles et mettre les poulets en épinette.

Précision: l'appellation "poulets" (de Bresse ou non) s'applique indifféremment aux mâles et femelles jusqu'à 4 mois.

L'épinette est une cage en bois dans laquelle les poulets vont passer une 12e de jours. Après trois mois et demi de liberté, les poulets musclés vont se reposer et engraisser un peu. 

L'après midi, j'ai aidé au nettoyage des salles d'épinettes (une pour les poulets et une pour les chapons). Cela demande un peu de muscles. Il s'agit certainement d'une des tâches les plus ingrates, mais cela fait partie du métier!

vendredi, 29 janvier 2010

Bilan 2009

Quel meilleur moment que le mois de janvier pour faire le bilan de l'année passée et dresser des plans pour l'année à venir ? Pourtant, l'exercice n'est pas facile, car il doit être impartial alors que les sautes d'humeurs font pencher la bouteille du vide au plein - et inversement - un peu trop fréquemment à mon gout en ce moment.

Pourtant, aucun regrets : nous sommes toujours totalement conscient de l'énorme chance que nous avons eu d'obtenir cette ancienne ferme. Et nous sommes tout aussi conscient de l'état dans laquelle nous l'avons eu, et des efforts que nous allons devoir fournir pour qu'elle retrouve son éclat d'antan.

Assurément, l'exercice n'est pas facile car nous manquons cruellement d'expérience dans un demi-milliers de domaines (gestion d'entreprise/vente, agronomie/travail du sol, culture/conservation des végétaux, élevage/transformation, machinisme/soudure, etc.) mais le plus important n'est-il pas d'apprendre ?
(Même s'il est plus valorisant de dire à ses voisins "j'ai fait 80 quintaux"* que "j'ai compris pourquoi il ne faut pas passer la herse-étrille n'importe quand"** ;-D !)

Pour être honnête, nous souffrons quand même du regard des autres - même si celui-ci est le plus souvent bienveillant, au pire indifférent - car nous nous sentons bien seul dans notre combat pour préparer l'avenir. Mais cela n'est pas la cause principale de nos sautes d'humeur.

En fait, nous sommes physiquement et mentalement exténués.

Naturellement, nous n'errons pas, du matin jusqu'au soir, l'œil hagard, à travers la maison. Nous sommes encore capable de vaquer à nos occupations, au combien variées, mais nous n'avons plus la réserve d'énergie qui permet d'encaisser les contrariétés sans réagir de manière disproportionnée.

La goutte d'eau qui nous a saturé, si j'omets nos problèmes familiaux qui n'intéressent personne mais qui mettent nos nerfs à rude épreuve et qui grève notre budget temps de manière conséquente, c'est le froid. Quand la température extérieure avoisine les -10°C, ce qui arrive un peu trop fréquemment à mon gout cet hiver, nous sommes obligés d'alimenter le poêle régulièrement pendant la nuit pour empêcher que celle de la cuisine ne descende en-dessous de 12°C.

À ce stade, vous cumulez la fatigue liée au manque de sommeil avec celle résultant des efforts de votre organisme pour lutter contre le froid, ce qui érode rapidement vos réserves. Les travaux quotidiens vous épuisent alors immédiatement et vous ne supportez plus rien. Ce qui est peut-être mal vécu par le chien, qui n'a toujours pas compris qu'il ne doit pas déchiqueter tout ce qu'il arrive à attraper, ou par les chats, qui sont capables de vous débarrasser une table en une seule course-poursuite, mais surtout par les autres membres de la famille...

Du coup, le reste n'a pas beaucoup d'importance. Évidemment, d'ici début mars, il va falloir :

  • semer les céréales de l'année, ce qui sous-entend labourer, herser ou disquer suivant ce qui fonctionnera le mieux, et semer (à la main sauf si j'arrive à trouver un semoir d'ici là),
  • commencer les semis maraichers, d'où la création d'une pépinière (espace protégé du froid mais à la lumière, pour entreposer nos pots de semis) et la nécessité de terminer le montage des tunnels,
  • préparer la naissance des cabris, en construisant un enclos digne de ce nom dans lequel nous pourrons soigner et nourrir "correctement" les chèvres et leurs petits,
  • et, pour Laurence, suivre la formation obligatoire sur l'élevage du poulet de bresse, soit quelques jours de cours, un stage d'une dizaine de jours et un nouveau dossier à réaliser...

Il serait bien, aussi, que :

  • je tire une ligne triphasé jusqu'aux points stratégiques des bâtiments d'exploitation,
  • que nous entreposions correctement meubles, vêtements et autres babioles qui prennent encore l'humidité dans les étables,
  • que je m'organise un atelier pour les travaux "professionnels",
  • que nous construisions un vrai bureau pour pouvoir accéder à toutes les documentations techniques collectées au cours du temps,

et j'en passe.

Pas sûr que nous arriverons à faire tout ça dans les temps....

* Dans notre région, obtenir 80 quintaux (8 tonnes) de blé par hectare correspond à une bonne maitrise (et une bonne année).
(En conventionnel, bien sûr. En bio, réussir 40 quintaux est déjà un bel exploit)

** La herse-étrille est un outil composé de tiges d'acier (de l'épaisseur d'un crayon) montées sur ressorts, que l'on tire derrière le tracteur pour désherber. Le but du jeu est d'arracher la mauvaise herbe sans toucher à la plante cultivée, ce qui est beaucoup plus aventureux que d'épandre un désherbant...

dimanche, 24 janvier 2010

Plaisirs mécaniques

Après avoir fait défricher quelques arpents de terres, nous avons vite compris qu'il nous fallait prendre une décision : soit nous persistons à utiliser les services d'une entreprise et, dans ce cas, il faut passer au niveau supérieur - ce qui sous-entend des coûts de l'ordre de 4000€/ha -, soit nous achetons du matériel et nous nous débrouillons nous même.

La seconde solution étant plus dans notre logique, j'ai acheté un broyeur monorotor et un tractopelle.

Première chez nous, le broyeur est neuf. En effet, notre friche est si dense qu'il est impensable de faire passer le tracteur au travers, d'où l'utilisation d'un broyeur réversible pour me permettre de travailler en reculant. L'idée, quand on utilise un outil d'aujourd'hui alors que l'on possède un tracteur des années 70 (58ch quelques peu poussifs), c'est qu'il faut modérer ses ambitions. Malgré l'achat du plus petit modèle, non seulement le poids est limite, ce qui pose des problèmes d'adhérence des roues avant, mais le moteur souffre aussi quand il doit mettre en rotation le rouleau. Heureusement, la mécanique est efficace et j'arrive assez facilement à pénétrer la broussaille.

Reste à gérer les arbres : d'où une bonne tronçonneuse et le tracto. Naturellement, comme pour le tracteur que je n'ai conduit que 10 minutes avant de tomber en panne (désamorçage du circuit de carburant), j'ai embourbé le dit tracto dès que j'ai voulu lui faire faire le tour des bâtiments.

Il va falloir que je m'habitue au terrain et que je repère les zones spongieuses...

Du coup, j'ai attendu les gelés suivantes mais, cette fois, c'est la batterie qui m'a fait défaut ! Et je n'étais pas en possession d'un chargeur capable d'alimenter une batterie aussi puissante (135ah).

À la tentative suivante, je me suis assez vite aperçu que de tirer sur toutes les manettes secouait énormément l'engin et lui donnait des inclinaisons qui ne m'inspiraient guère. J'ai donc opté pour la prudence et remis l'extraction à plus tard, me contentant d'avoir éclaté un tuyau du circuit hydraulique ...

Il aura donc fallu le passage de Catherine et d'Éric pour que ce dernier, au bout d'une heure et demi d'un combat acharné, arrive à nous déposer le tractopelle sur la terre ferme (en fait, une aire en béton).

Il ne me reste plus, maintenant, qu'à colmater la fuite d'huile du pont (la trappe de vidange n'a pas du apprécier qu'on la prenne pour un soc de charrue), refaire le plein d'huile, et je pourrais enfin m'entrainer au dessouchage !

jeudi, 21 janvier 2010

Visites au paradis

Régulièrement, entre les journées glaciales se glissent quelques journées plus douces et sans vent . Les chèvres peuvent mettre le nez dehors quelques heures. Je les emmène jusqu'à la partie de parcelle qui n'est pas encore défrichée et dont les ronces sont encore couvertes de verdure dont elle raffolent. Le problème c'est qu'elles ont atteint les limites de la parcelle et se sont retrouvée chez le voisin, alors nous devons les surveiller. Elles sortent pendant que Thierry nettoie un chemin à travers "bois" qui nous permettra de poser une clôture pour les chèvre et les poules.

Quand la météo n'est pas favorable, nous leur apportons des ronces à la chèvrerie. Mais ce n'est pas aussi bien, cela engendre plus de bousculades et de coups. J'espère recevoir bientôt les barrières et cornadis pour faire leur "enclos". La distribution pourra alors être plus équitable.

nefer ikare

ronces au chaud

mardi, 5 janvier 2010

Vœux 2010

C'est avec un plaisir certain que Laurence et moi même venons vous présenter nos meilleurs vœux pour cette nouvelle année 2010. Nous espérons que celle-ci vous a trouvé en bonne santé et avec des projets plein la tête ! Puisque que les premières années du XXIe siècle sont maintenant largement derrières nous, il est plus que temps que nous relevions enfin les défis que celui-ci nous impose.

De notre côté, notre ferme nous permet de retrouver le plaisir des choses simples, comme celui de rejoindre une pièce éclairée et chauffée quand la nuit et le froid hivernal vous entoure. Être privé d'un confort que beaucoup qualifieraient d'indispensable permet de se souvenir que rien n'est jamais acquis et que la bulle technologique qui nous protège des petits désagréments de notre biotope est bien mince.

Et comme celle-ci se fendille sous l'effet conjugué de la disparition de nos ressources énergétiques et de la transformation inéluctable du climat terrestre, nous serons bien inspirés de doter notre exploitation d'outils rustiques et sobres. Cultiver sans utiliser de produits chimiques et en minimisant l'emploi des énergies fossiles ne semble pas aller de soi dans notre monde occidental, mais c'est pourtant le quotidien de bien des agriculteurs à travers le monde.

Est-ce revenir en arrière que de chercher à s'adapter au futur ? Est-ce complètement stupide que de chercher à partager ses ressources avec ses enfants ? Est-ce totalement impossible de dissocier nécessaire et superflu, bonheur et divertissement ?

Alors que l'échec total du sommet de Copenhague nous montre que la destruction de notre biosphère est encore loin d'être la priorité de l'électorat de nos représentants politiques, il ne me reste plus qu'à souhaiter que celle nouvelle décennie ne nous réveillera pas trop brutalement.

Plantations.

Courant décembre, nous avons fait nos premières plantations d'arbustes.

Des cassissiers: 3 x Andega et 3x blackdown
Des groseilliers: 3 x  Redlake et 3 x Randon
Des framboisiers
1 Caseille
1 vigne cardinale

Et pour l'esthétisme et le parfum:

 2 Budleias,
 2 Chèvrefeuilles,
 2 Seringats

Les arbres fruitiers sont en jauge en attendant de leur trouver un endroit approprié:

 Abricot (polonais)
Pêchers (Flavorcrest et pêche de vigne)
Pommiers (Rouge de Villefort, Belle de Booskop, Winter banana)
Cerisier
Chataignier (Dorée de Lyon)
Néflier
Figuier

Il a fallu protéger nos plantations de l'assaut du chien qui a pris l'habitude de creuser et d'arracher les racines de ronces.

fruitiers

Nos "fournisseurs", Sophie et Denis Rauzier travaillent en bio-dynamie.

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