Pour faire professionnel, je devrais utiliser le terme "irrigation", mais les choses étant ce qu'elles sont, il me faut bien me contenter du terme "arrosage". Pourtant, la petite période de sécheresse que nous venons de subir nous a bien fait comprendre la différence technique, si ce n'est lexicale, qu'il y a entre ces 2 mots.
En effet, alors que les premières plantations d'importances (tout est relatif ;-) !) se mettaient en place fin mars début avril, il nous a bien fallut faire face à la bonne vingtaine de jours sans pluie qui a suivi. Profitant de l'existence d'une réserve incendie, nous avons donc installé pompe et tuyaux, ce qui nous a permit de nous replonger avec délectations dans les problèmes de débit et de pression.
Première exercice : comprendre pourquoi la pression à la sortie du tuyau est si faible que l'on ne peut pas faire fonctionner correctement les asperseurs.
Du côté de la pompe, il ne devrait rien avoir à redire, puisque cela fonctionnait correctement dans notre vie antérieure. Par contre, il y a un certain dénivelé entre la réserve d'eau et la zone d'arrosage, qu'il n'est pas facile de juger à cause de la distance. Nous voilà donc parti à simuler un théodolite avec une règle, un niveau à bulle et un escabeau, pour en arriver à la conclusion qu'il y a moins de 4m entre la surface de l'eau et le point le plus haut à arroser. Ce qui semble dérisoire...
Par contre, la centaine de mètres à parcourir semble correspondre, d'après nos recherches, à une dizaine de mètres de hauteur, d'où un total qui n'est, à l'évidence, plus négligeable pour la puissance de la pompe. Et si l'on souhaite utiliser l'eau du puits, il faut encore ajouter 4m, en aspiration cette fois.
Les choses se compliquant, avant de chercher à acheter n'importe quoi, nous avons quand même essayé d'estimer nos besoins en eau. Équipé de mes 2 arrosoirs, me voilà donc parti à mesurer la surface couverte pour en déduire ma consommation : 5 l/m². Cela ne dit pas forcément grand chose, sauf si on le ramène à l'hectare (10 000m²), ce qui donne 50m3. Naturellement, nous n'aurons certainement jamais 1 hectare à arroser, mais prévoir 1/2ha ne semble pas aberrant (les systèmes d'arrosage circulaire obligent à des recouvrements importants), ce qui nous amène à une consommation de 25m3.
Pour vraiment fixer les idées, en 4 jours, nous allons devoir utiliser plus d'eau que celle que nous consommons habituellement dans l'année !
D'où le second exercice : comment garantir une irrigation correcte de nos salades, choux, carottes, radis et autres légumes ?
Première étape, trouver le débit possible de notre puits. Après de trop nombreuses heures à essayer de refaire fonctionner les tuyauteries déjà en place (achat des bons raccords, colmatage des fuites, interrogations sur l'état de la crépine sensée se trouver au fond du puits), nous avons fini par nous décider à suspendre notre pompe dans le vide (ce qui ne facilite pas l'amorçage !). Résultat des courses : nous vidons le puits en moins d'une heure (réserve d'environ 1 m3) et il lui en faut 24 pour se remplir !
Autant dire que c'est une réserve nulle (dans les 2 sens du terme !). Du coup, je suis descendu vérifier l'état du puits, histoire de voir s'il était possible d'améliorer les choses. Peine perdue, tout semble en ordre, ce qui l'élimine définitivement des sources (hihihi !) d'approvisionnement possibles.

Deuxième étape, qu'il me faut remettre à plus tard car ma débroussailleuse thermique est en SAV (Service Après-Vente) et que le terrain ne se prête pas à un travail au tracteur, faire la même chose au niveau d'un second puits, situé dans la friche en contre-bas de nos bâtiments. Sa position semble indiquer un débit plus important, mais certainement pas en correspondance avec nos besoins (s'il a été fait pour abreuver des vaches, même à 100 litres par jour et par vache, on est loin des 25m3).
Comme il ne semble pas y avoir beaucoup d'espoir du côté de la nappe, la troisième et dernière étape consistera certainement à mettre en place des réserves (un réseau semble plus probable qu'un trou de 100m3, pour 4 jours de réserve !) qu'il nous faudra alimenter par un panachage d'eau de source et de pluie.
Encore bien des calculs et des interrogations en perspective, et quelques heures de travail...

mais nous sommes déjà à la bourre pour les pommes de terre. Après mes déboires avec notre butteuse d'occasion [
Transformer le lait en fromage demande des conditions et du matériel spécifiques que nous n'avons encore pas, même si la caravane que Laurence a commencé à transformer lui offre une pièce spécifique dans laquelle elle peut maîtriser la température. Il faut maintenant réussir à l'ensemencer pour que les "bonnes" bactéries prennent le pas sur les autres et maîtriser l'acidité pour que la magie de la vie fasse son œuvre...








Nous te souhaitons, Paul, un prompt rétablissement!




