Butine - Le Blog

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Nouveau monde

Qu'on en soit conscient ou non, qu'on l'admette ou non, la pression que nous exerçons sur notre environnement est telle que nous dégradons notre biosphère de manière irréversible.

Les lois de la physique étant prédominantes sur celles des hommes, nous commençons déjà à subir un dérèglement climatique qu'il va nous falloir affronter avec des ressources par habitant en chute libre.

Le temps des atermoiements ayant tellement duré, nous devons maintenant improviser la mise en place d'un mode de vie soutenable. Incroyable défi que nous sommes obligés de réussir en moins d'une génération si nous voulons donner une petite chance de survie à notre espèce. Alors permettons-nous toutes les utopies, rêvons, imaginons, inventons, mais regroupons-nous et n'arrêtons plus de travailler à ce nouveau monde.

samedi, 31 décembre 2011

2012

2012 sera pour nous une année très particulière...

Tout d'abord en tant que citoyens, puisque toute année d'élection présidentielle est particulière : nous allons à nouveau choisir la personne qui va insuffler le nouvel élan quinquennal à la nation française.

À l'heure où les contraintes systémiques commencent à être ressentis par tous, nous devons nous féliciter de pouvoir encore voter démocratiquement. Combien de temps pourrons-nous continuer à préserver nos acquis devient une question essentielle qui redonne toute son importance au choix du plus haut dignitaire français, même s'il est évident que celui-ci ne pourra pas grand chose contre les lois de la physique car « la maison brûle et nous regardons ailleurs... ».

Et là, c'est le citoyen -militant concerné par la dégradation de son environnement qui voit dans l'année 2012 le vingtième anniversaire du sommet de Rio. 20 ans pendant lesquels les recherches scientifiques n'ont cessé de progresser dans la démonstration que l'humanité détruit de plus en plus vite le seul habitat qu'elle possède, progression inversement proportionnel à celle de l'indignation militante qu'avait réveillé le discours fondateur prononcé à l'époque.

Cette apathie face à une prise de conscience qui devrait être immédiate tellement les faits sont criants me fait souvent penser à la décision qu'a dû prendre mon père en 42 (et oui, déjà 70 ans!) quand il a quitté la protection illusoire de sa maison familiale pour s'enfuir en zone libre.

Seul, il lui a fallut passer la frontière allemande pour rejoindre la France occupée (à cette époque, l'Alsace était annexée, ce qui sous-entend que mon père devait combattre sous l'uniforme allemand), la traverser avant de pouvoir enfin franchir la ligne de démarcation.

Qu'est-ce qui fait que certaines personnes sont capables de bouleverser leur existence dans l'espoir de l'améliorer alors que d'autres préfèrent laisser les choses choisir à leur place ? Cette année, mon père aura 90 ans et ces années difficiles nous semblent bien loin, surtout pour nous qui n'avons connu qu'un monde sécurisé et opulent.

Pourtant, les nuages s'amoncèlent et, comme en 39, il est sûr que nos lendemains seront chahutés. Malheureusement, plus nous restons apathiques, moins nous aurons de chances qu'il y ait un après avec un happy end. La dégradation de notre climat est aussi inéluctable que la disparition de nos réserves d'énergies fossiles et le jour à partir duquel nous n'aurons plus le temps de nous prémunir contre ce changement radical de nos vies est diablement proche.

Et c'est pourquoi nous allons, Laurence et moi, continuer à nous investir dans notre projet fermier même si, malgré 2 années extrêmement dures et éprouvantes, celui-ci est encore très loin d'être viable. Nos forces et nos ressources se sont érodées inexorablement au contact de la réalité et nous n'avons plus l'énergie que procure la foi, mais nous avons le soutien des Butineurs...

dimanche, 24 avril 2011

Les Moaï d'Occident

En ce week-end de Pâques, le travail continue comme à l'accoutumé, ce qui ne me laisse plus le temps d'écrire...

Pourtant, derrière ce labeur quotidien qui envahit nos muscles et nos pensées, nous devons préserver nos idéaux et continuer à réfléchir à l'évolution de notre monde. C'est pourquoi je reprends ce texte, que j'ai écrit courant 2005, sur l'île de Pâques. Bien que cette île n'est aucun rapport avec la fête religieuse, je pense que son histoire est à méditer...

Quand une situation inédite, et inquiétante, se profile à l'horizon, il n'est jamais inutile de chercher à savoir si quelqu'un d'autre ne l'a pas déjà rencontrée. Dans le cas d'un dérèglement climatique, il est manifeste que les exemples ne seront pas légions, aussi étudierons-nous avec soins celui qui nous paraît le plus approchant : l'île de Pâques.

Laissez-moi donc vous conter l'histoire édifiante d'une île minuscule, perdue au milieu de l'océan Pacifique. Pour vous mettre en situation, essayez d'imaginer un morceau de terre triangulaire, de 15 km de côté (environ 165 km², ce qui est 4 fois plus petit que le plus petit département français : le Territoire de Belfort !), couvert d'une végétation luxuriante. En tout cas, c'est ainsi que des polynésiens la découvrir dans les années 500 de notre ère.

Même si ceux-ci étaient forcément de très grands marins (ils avaient déjà réussi à coloniser beaucoup d'îles de la Polynésie), ce fût certainement leur plus bel exploit car il leur avait fallut parcourir plusieurs milliers de kilomètres pour atteindre celle-ci (la terre la plus proche, l'île de Pitcairn, située à 2000 km, n'était pas encore habitée à l'époque). Quoi qu'il en soit, ils furent certainement très heureux d'aborder ce monde, même s'ils n'y trouvèrent aucune source d'eau douce. Heureusement, la pluie y a toujours été abondante, puisqu'il y pleut plus d'un jour sur deux.

Ceci dit, même si les premiers colons l'ont très certainement trouvée paradisiaque, il est indéniable qu'il leurs fallait tenir compte immédiatement de ces ressources limitées (rappelons-nous que l'on peut la parcourir à pied en moins d'une journée !). Heureusement, les nouveaux habitants apportaient aussi avec eux une structure sociale très hiérarchisée, ce qui leur a permit d'y vivre et de s'y développer pendant plus d'un millier d'années sans problèmes. Ils sont même parvenu, selon les estimations, à atteindre les 20000 habitants, ce qui représente une densité de plus de 120 personnes au km2, contre 96 pour la France en 2004 !

Et qui plus est, dans un équilibre stable d'après les archéologues, puisque l'étude des squelettes de l'époque prouve que les indigènes étaient en bien meilleure santé que leurs contemporains continentaux. Sans vouloir entrer dans les détails, leur civilisation était construite autour d'un roi et d'un clergé, la population étant regroupée en plusieurs tribus. Cette centralisation du pouvoir permettait d'orienter les choix et de contrôler la distributions de la nourriture. Leur religion, quant à elle, était axée sur la vénération des ancêtres, dont ils représentaient les plus prestigieux par des statues géantes : les Moaï.

Sur le principe, ces statues sont similaires aux totems indiens, et sont donc là pour protéger le village. Évidemment, quand on dispose d'une carrière à proximité, il semble naturel de chercher à faire une statue en pierre, plutôt qu'en bois, et quand l'incertitude ne peut provenir que du grand large, on aura aussi tendance à la placer entre le village et le rivage, plutôt qu'au centre des habitations.

Quoi qu'il en soit, cette coutume n'aurait certainement pas tant marqué les esprits (qui ne connaît les statues de l'île de Pâques !) si, quand les premiers navigateurs occidentaux ont découvert cette île (des néerlandais en 1722), celle-ci était devenue un rocher nu où pratiquement toute végétation avait disparu ! Trouver quelques indigènes, survivant misérablement au milieu de statues gigantesques (le plus grand atteint les 300 tonnes, pour 21 mètres de long), alors qu'ils ne disposaient ni de madriers ni de cordes dignes de ce nom, a effectivement de quoi frapper les esprits. Qui plus est, la grande majorité de ces Moaï était jetée à terre, comme si un épisode d'une extrême violence avait dévasté l'île.

C'est à partir de ces constations, naturellement, que bien des hypothèses ont vu le jour pour expliquer cette situation. S'il est maintenant clairement établi que ce sont bien les indigènes qui ont taillé ces statuts, puisque les études des pollens et des restes de repas ont démontré que pendant pratiquement 1000 ans la végétation était florissante, ce qui mettait à la disposition du peuple de l'île les ressources nécessaires à ces travaux, on s'interroge toujours sur le brusque dépérissement de cette civilisation, qui correspond de manière si étrange, au renversement des Moaï.

L'hypothèse la plus souvent énoncée part du principe que la disparition des forêts serait l'oeuvre des indigènes qui se seraient lancés dans des guerres à outrance, contre des envahisseurs ou pour des raisons religieuses (il est effectivement à noter que la taille des Moaï s'est accru subitement pendant cette période), ce qui aurait causé une déforestation massive, cause de la mort ultérieure de la grande majorité des habitants...

Bien que l'hypothèse suivante me paraisse encore plus vraisemblable, on peut déjà remarquer que, quelqu'en soit la cause, le déséquilibre écologique qu'ils ont vécu a eu des conséquences dramatiques. Or, nous devons garder à l'esprit que, bien que nous ne parlions plus d'une île mais d'une planète toute entière, nous sommes en train de reproduire le même scénario en perturbant notre climat.

Mais revenons à la seconde hypothèse. Les scientifiques, qui étudient depuis de nombreuses années cette île, n'accordent pas beaucoup de crédit à la thèse d'une guerre de possession. Pourquoi les indigènes, qui vivaient en parfaite autarcie depuis un millier d'années, auraient été subitement pris d'un coup de folie et se seraient mis à s'entre tuer ? Dans le cadre d'une attaque extérieure, il aurait fallu que les envahisseurs arrivent en masse, ce qui n'a peu de sens, puisque l'île ne pouvait être découverte que par hasard (qui préméditerait une attaque à plus de 2000 km de chez lui, simplement pour le plaisir de conquérir 165 km² ?).

Ils se sont donc tournés du côté des catastrophes naturelles, ce qui aurait aussi eu le mérite d'expliquer la mise à bas des Moaï. Malheureusement, aucune traces de séisme, d'irruption ou de raz-de-marée. La seule explication rationnelle reste donc une sécheresse dévastatrice (résultant d'une perturbation temporaire du climat, de type El Nino) qui aurait mise à mal la végétation. Effectivement, bien que les terrains volcaniques soient très fertiles, une fois qu'ils sont mis à nu, les vents très violents et la porosité des roches n'aident pas au reboisement (en tout cas, 500 ans plus tard, la végétation n'est toujours pas revenue !).

Certains scientifiques pensent donc que les conditions de vie se sont brusquement détériorées du fait de la déforestation. Les études montrent que, parallèlement à la disparition de l'utilisation du bois dans la cuisson des aliments, les zones de cultures se sont répandues dans des espaces de moins en moins propices, signe d'un besoin impérieux en terme de nourriture. Parallèlement à cette évolution, les indigènes se sont mis à sculpter des Moaï de plus en plus imposants, certainement en quête d'un soutien conséquent de la part de leurs ancêtres.

On peut donc imaginer la situation suivante. Quelques années de dérèglement climatique perturbent la faune et la flore de l'île, entraînant des famines importantes. Pour essayer de faire face aux évènements, la classe dirigeante, qui n'appréhende le monde qu'au travers de sa foi, fait entreprendre les travaux des Moaï géants.

À l'évidence, il est arrivé un moment où les gens du peuple, exténués par ces travaux titanesques alors qu'ils éprouvaient de plus en plus de difficulté à nourrir leur famille, ainsi que la classe dirigeante, finirent par comprendre que les choix qu'on leur imposait n'amenaient qu'à une impasse. Le soulèvement qui s'en suivi ne cherchait donc pas qu'à accéder aux réserves de nourriture, mais surtout à mettre à bas l'ordre établit.

Ce qui me frappe le plus, dans cette seconde hypothèse, c'est toujours cette similitude avec notre époque actuelle. Nous sommes, nous aussi, tout à fait conscient que notre monde est limité, et nous savons pertinemment que nous le dégradons de manière irrémédiable. Nous sommes aussi totalement conscient que nous avons enclenchés un dérèglement climatique, et que la fin des énergies bon marchées (sous 15 ans au mieux) ne va pas nous aider à y faire face. Et pourtant, nous continuons à vénérer nos Moaï dans l'espoir de jours meilleurs !

Malheureusement, nous aurons beau les faire à l'échelle de la planète, ce n'est ni la déesse Croissance, ni la déesse Technologie, qui nous sauveront...

dimanche, 6 février 2011

Petit retour sur les derniers mois.

Heureusement que Thierry est plus assidu que moi à l'écriture!

Je vais essayer de me rattraper un peu ;-).

Au mois de septembre, nous avons passé une journée au Centre Eden, dans le cadre de la foire nature. Dans un environnement très agréable, nous avons échangé beaucoup de personnes sur ce que représente le travail en agriculture biologique. Nous avions apporté quelques légumes, comme les salsifis, les topinambours, des courges gravées et des physalis qui ont suscité la curiosité.

Puis à l'automne, nous avons participé à la foire de Chalon sur Saône. Étant donné que ce genre de manifestations a un but uniquement commercial, nous délaissions ces événements en tant que visiteurs, depuis bien longtemps.

Cependant, le conseil régional de Saône et Loire voulant soutenir la "filière courte" et l'agriculture locale, un stand a été mis à disposition de producteurs .
C'est dans ce cadre que nous avons été contacté, et  l'occasion nous a été donnée de faire la promotion de l'agriculture biologique et faire connaitre le projet de la Ferme Butine.

Début novembre, le festival des soupes à Chalon sur Saône nous a procuré une nouvelle occasion de parler de la ferme et de notre volonté de produire des légumes biologiques pour les vendre en direct au consommateur. Nous avons constaté à ce sujet, que la notion de vente directe n'était pas une évidence pour tout le monde.

Au cours de ces rencontres, nous avons recueilli le nom de personnes intéressées par la création d'une AMAP sur Chalon....

En décembre, nous avons arrêté les marchés du mercredi, car la place de l'hôtel de ville était occupée par le marché de noël,  ses chalets d'exposition et ses diverses animations.
(Je suis allée m'y promenée, mais j'ai été déçue de constater que "l'artisan" péruvien vendait des bonnets étiquetés "made in China", et je crois qu'il ne faisait pas exception ;-( , mais c'est une autre histoire).  

C'est donc, le 10 décembre qu'a eu lieu la première rencontre pour la présentation de l'idée d'une nouvelle AMAP sur Chalon sur Saône. Un petit groupe s'est constitué, puis une nouvelle réunion s'est déroulée le 5 février, consolidant les bases et les grands traits du fonctionnement de l'AMAP en gestation.

Je me réjouis du soutien des personnes qui nous accordent leur confiance (certaines depuis un an déjà!), et j'ai bien du mal à réaliser que nos projets commencent à se concrétiser!

vendredi, 31 décembre 2010

Voeux 2011

Tradition ancestrale, le nouvel an nous vient de l'ancienne Égypte, qui l'associait à la crue du Nil.

A cette époque, où la simple succession des jours et des nuits était remise en cause chaque soir*, la notion de cycle était fondamentale. Cette perpétuité supposait un effort continu, nécessitant une collaboration des dieux et des hommes par l'intermédiaire du roi, qui est le garant du respect de Maât* sans laquelle il est impossible d'empêcher la dégradation du monde.

La crue du Nil étant vitale pour les Égyptiens, puisqu'elle déposait sur les terres le limon nécessaire aux cultures, le nouvel an avait une forte connotation de renouveau bénéfique.

De nos jours, où l'inquiétude sur le prochain levé de soleil n'est plus vraiment de mise, nous avons surtout conservé la tradition du renouveau, l'instant magique qui nous fait basculer d'une ancienne année vers une nouvelle. Cette remise à zéro du compteur nous permet d'effacer le passé et de nous tourner vers un futur vierge, dans lequel nos bonnes résolutions nous éviteront les désagréments de l'année écoulée.

Malheureusement, la réalité est tout autre et le monde n'est plus capable de se régénérer d'une année sur l'autre.

[Cette carte représente les anomalies de température de 2010, positives ou négatives, à la surface du globe par rapport aux moyennes des années 1951 à 1980. L'année 2010 est l'année la plus chaude jamais enregistrée.
Image en provenance de la NASA. Un historique de l'évolution de ces anomalies, sous forme de vidéo, est accessible à la fin de cet article]

Dans un tel contexte, que peut-on souhaiter pour la nouvelle année 2011, si ce n'est que l'Homme prenne enfin conscience que ses actes ne sont pas anodins pour le vaisseau Terre ?

Savoir définir ses limites, redécouvrir la mesure et la sobriété, rechercher l'Être plutôt que l'Avoir, font partie des principes qui nous permettront de retrouver un équilibre tant physique que spirituel.

Que 2011 vous offre l'occasion de découvrir les richesses de la vie et vous garde en bonne santé.

* Le mythe égyptien des cycles du soleil décrit le combat que mène Rê chaque nuit contre les « forces du chaos » représenté par le serpent Apophis afin de permettre la réapparition du soleil chaque matin sur le « monde d'en haut ».

Maât* : « l'ordre juste du monde » est au cœur de la compréhension de la civilisation égyptienne toute entière et elle est le fondement de sa longévité. Lire Maat.

Ce lien donne accès à une rétrospective, proposée par la NASA, de l'évolution des anomalies de température à la surface du globe depuis la fin du XIXe siècle : video anomalies

lundi, 19 juillet 2010

Hérisson

Hier, nous avons trouvé 2 jeunes hérissons dans notre potager et cela m'a fait penser au "hérisson débonnaire" d'une poésie que j'ai écrite il y a déjà quelques années...

"Raconte-moi encore, Papa." - publié le 22/09/04 sur Vie Rurale

Raconte-moi encore, Papa,
Comment c'était en ce temps là,
Où les fleurs étaient si variées,
Que la Terre en était chamarrée,
Où l'herbe recouvrait le sol,
Doux tapis pour vos farandoles,
De son beau manteau vert,
Qui ne disparaissait qu'en hiver.

Raconte-moi encore, Papa,
Comment c'était en ce temps là,
Où les oiseaux venaient chaparder,
Les miettes que vous leur lanciez,
Où le hérisson débonnaire,
Faisait le tour du propriétaire,
Profitant de la fraîcheur du soir,
Qui lui donnait la rosée à boire.

Raconte-moi encore, Papa,
Comment c'était en ce temps là,
Où le gris disparaissait avec la nuit,
Sans ressurgir avec la pluie,
Où les saisons étaient quatre,
Vous réunissant devant l'âtre,
Le temps des cadeaux,
Avant de redevenir beau.

Raconte-moi encore, Papa,
Comment c'était en ce temps là,
Où la vie était si facile,
Que vous l'avez rendu fragile,
Où les enfants pouvaient sortir,
Sans peur de ne pas revenir.
Maintenant, je sais que j'aurai toujours faim,
Mais dit moi, Papa, que ce n'est pas la fin.

samedi, 22 mai 2010

Aéronefs bios

Après notre prise conscience des changements désastreux que le dérèglement climatique commence à imposer à notre environnement physique, nous avons commencé notre combat contre les émissions de gaz à effet de serre.

Celui-ci a commencé par la réduction de nos rejets liés à notre comportement de consommateur, mais comme nous estimons que cela ne suffit pas, nous avons décidé de changer d'échelle. Nous sommes passé de consom'acteur à produc'acteur en devenant agriculteur, ce qui nous permet de continuer d'agir sur nos propres émissions, mais aussi de préserver la terre que nous cultivons tout en cherchant à influer sur l'économie locale.

Naturellement, l'exploitation agricole que nous mettons en place est basée sur une production fermière (petites productions diversifiées en vente directe) respectant l'environnement. Nous sommes donc certifié Bio et je m'investi dans le syndicat des agrobiologistes, ce qui m'a valu d'être contacté par mes pairs pour promouvoir les produits bio locaux à la "fête européenne de l'aviation légère".

Certainement pour soutenir le développement d'aéronefs bios...

vendredi, 26 mars 2010

Aude a la joie

Quand nous avons réalisé, en 2003, que l'Homme n'était pas au dessus des lois de la physique* et que nous avons entamé, quelques mois plus tard, ce long chemin de remise en question qui nous a conduit à devenir fermier, nous ne pensions pas être aussi seuls.

Naturellement, nos personnalités entrent en jeux et il est indéniable que nous sommes plutôt des personnes réservées, privilégiant la vie familiale aux relations sociales. Facteur aggravant, notre interprétation de la gravité et de l'urgence de la situation ne nous permet pas de nous retrouver dans la mouvance du "développement durable", 2 termes que nous considérons comme antinomiques.

Quelles qu'en soient les raisons, nous nous trouvons bien solitaires pour nous débattre avec un quotidien pesant qui n'a de cesse de détruire nos repères. Aussi apprécions-nous à sa juste mesure la quinzaine de jours qu'Aude nous a consacrée, répandant sa gentillesse et sa bonne humeur comme un parfum sous couvert d'une découverte de la vie fermière.

La saison n'était pas très avancée et le froid encore vif, mais nous espérons que les quelques travaux agricoles que nous avons pu réaliser ensemble lui seront profitables. Pour notre part, sa compagnie nous a permit de vivre ces quelques jours différemment et nous espérons que nous aurons l'occasion de l'accueillir de nouveau. Surtout si elle et ses amis, fringants représentant de la nouvelle génération, souhaitent nous faire participer à la création du nouveau monde qu'ils vont créer.

En attendant, comme nous avons eu la chance que les premières naissances se déroulent en sa présence, nous avons choisi de donner son prénom à la première chevrette de notre troupeau : Aude.

* : la canicule de 2003 a tué plusieurs milliers de personnes en Europe.

mardi, 9 février 2010

De la Bio à la planète

Comme les travaux agricoles sont quand même relativement limités en période hivernal, les différents OPA (Organismes Professionnels Agricoles) en profitent pour proposer leurs services. L'exploitant un peu motivé à donc tout le loisir de participer à des actions de formation ou de s'investir dans les activités de son choix.

Pour ma part, j'ai décidé de m'impliquer dans le monde agricole Bio et j'ai profité de l'AG (Assemblé Générale) du GABSEL (Groupement des Agriculteurs Biologiques de Saône Et Loire) pour devenir Administrateur. Je vais donc participer à "l'étude, le développement et la défense des intérêts économiques, matériels et sociaux de la profession d'agriculteurs biologiques".

N'étant pas spécialement porté sur la politique*, je laisserai la partie syndicale à mes coéquipiers pour me concentrer sur la dynamisation de la communauté locale, encore largement apathique. J'espère, en effet, y trouver le terreau qui accueillera les racines d'une société non basée sur le consumérisme.

Mais la route est encore longue, car je ne suis pas du milieu, et semée d'embuches, car le développement à "marche forcée" de la Bio s'accompagnera forcément d'industrialisation capitalistique, aussi il me faut croire que j'aurai la chance d'obtenir le soutien de quelques agriculteurs, voir de quelques citoyens...

* Politique : relatif à l'État, à ces affaires et à leur conduite.

mardi, 5 janvier 2010

Vœux 2010

C'est avec un plaisir certain que Laurence et moi même venons vous présenter nos meilleurs vœux pour cette nouvelle année 2010. Nous espérons que celle-ci vous a trouvé en bonne santé et avec des projets plein la tête ! Puisque que les premières années du XXIe siècle sont maintenant largement derrières nous, il est plus que temps que nous relevions enfin les défis que celui-ci nous impose.

De notre côté, notre ferme nous permet de retrouver le plaisir des choses simples, comme celui de rejoindre une pièce éclairée et chauffée quand la nuit et le froid hivernal vous entoure. Être privé d'un confort que beaucoup qualifieraient d'indispensable permet de se souvenir que rien n'est jamais acquis et que la bulle technologique qui nous protège des petits désagréments de notre biotope est bien mince.

Et comme celle-ci se fendille sous l'effet conjugué de la disparition de nos ressources énergétiques et de la transformation inéluctable du climat terrestre, nous serons bien inspirés de doter notre exploitation d'outils rustiques et sobres. Cultiver sans utiliser de produits chimiques et en minimisant l'emploi des énergies fossiles ne semble pas aller de soi dans notre monde occidental, mais c'est pourtant le quotidien de bien des agriculteurs à travers le monde.

Est-ce revenir en arrière que de chercher à s'adapter au futur ? Est-ce complètement stupide que de chercher à partager ses ressources avec ses enfants ? Est-ce totalement impossible de dissocier nécessaire et superflu, bonheur et divertissement ?

Alors que l'échec total du sommet de Copenhague nous montre que la destruction de notre biosphère est encore loin d'être la priorité de l'électorat de nos représentants politiques, il ne me reste plus qu'à souhaiter que celle nouvelle décennie ne nous réveillera pas trop brutalement.

samedi, 19 décembre 2009

Copenhague

Alors que le sommet de Copenhague vient de nous démontrer que la grande majorité des hommes n'a toujours pas pris la mesure des périls climatiques qui nous attendent, il me semble important de réagir en créant cette nouvelle rubrique.

Pourtant, à l'heure où j'écris ces quelques lignes, je dois avouer que je ne sais pas encore comment je vais organiser celle-ci. Il faut dire que j'ai déjà réalisé, il y a maintenant plus de 5 ans, un dossier conséquent sur le dérèglement climatique et que j'estime en avoir assez fait. Ceci dit, ne pas réagir publiquement à la catastrophe que nous venons de vivre alors que j'en ai la possibilité, même modeste, me donnerai l'impression de ne pas aller au bout de mon combat...