Butine - Le Blog

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Activité maraîchère

L'activité maraîchère a ceci de particulier qu'elle semble naturelle à mettre en place - n'est-ce pas un potager en "plus grand" ? - alors même qu'elle se heurte à 2 difficultés majeures :

d'une part, c'est une culture intensive (on peut cultiver plusieurs légumes sur une même parcelle la même année), qui va donc nécessiter une gestion rigoureuse de sa terre si l'on ne veut pas épuiser celle-ci,

d'autre part, la variété et la promiscuité des légumes demande une certaine maîtrise technique que l'on ne peut acquérir qu'avec le temps.

C'est pourquoi il est si important de prendre des notes et de faire évoluer celles-ci...

Lien sur la ferme ?

mardi, 1 novembre 2011

Courges 2011

Cette année, Thierry a défriché et labouré un petit bout du terrain pour faire de la place aux courges à côté du maraichage.

Les plants ont bien pris: 20 plants de potimarron, 20 de potiron et 20 de concombre. Mais les mauvaises herbes se sont bien plu aussi: chénopodes, ronces, liserons et orties, c'est chouette!

avant

Mais après quelques heures d'un travail d'arrache-pied ;-) , on y voit un peu plus clair

après

Et puis quelques semaines plus tard, nous avons effectué la récolte qui nous permettra de fournir l'AMAP tout au long de l'hiver.

récolte

jeudi, 15 septembre 2011

Histoire de patates

C'est un brave paysan qui a l'honneur d'avoir un énarque comme voisin. Un jour d'été, ce dernier arrive dans la cour de la ferme et entame la conversation avec l'homme de la terre, dans le dessein d'être utile en proposant ses bras.

Jaugeant l'homme de bureau, le fermier décide de s'amuser un peu et désigne un beau tas de fumier en limite de champ : "Ben, vous pourriez pt'être prendre la fourche qu'est là et étaler l'fumier sur la parcelle."

Une demi-heure plus tard, notre brave homme estime que la blague a assez durée et retourne voir son voisin qu'il trouve, à sa grande surprise, en train de terminer son ouvrage.

Ce dernier, tout heureux d'avoir rendu service, souhaite un autre chantier. Un peu penaud, le paysan lui montre un tas de pommes de terre disposé à l'ombre d'un bâtiment : "Pour finir mollo, j'vous propose de trier l'tas d'patates que v'la. Vous en faites un tas d'petites, un tas d'moyennes et un tas d'grosses."

Après avoir vaqué à ses occupations le reste de l'après-midi, le fermier retourne auprès de l'énarque pour voir comment il occupe son temps. Mais cette fois, l'ouvrage n'a pas progressé et il trouve son hôte en pleine réflexion devant un tubercule : "petite ? moyenne ? grosse ?".

"Ben dites-moi, vous les gens de l'administration, quand il s'agit de répandre la merde autour de vous, vous êtes très fort, mais pour ce qui est de prendre une décision...".

Et oui, à chaque fois que je me retrouve à trier nos pommes de terre, je ne peux m'empêcher de penser à cette blague. Mais le pire, c'est que je ne tiens pas le rôle du paysan !

En fait, je ne cherche pas à les classer par tailles mais en fonction de leur avenir : les plus jolies sont réservées à la ventes et les irrécupérables au tas de fumier. Celles qui ont un bon gabarit serviront de semences au printemps prochain et le reste alimentera la famille et les animaux.

Le jeu ne prend toute sa saveur que quand la récolte n'est pas fameuse, comme cette année. Car si vous ne voulez pas tout jeter, vous devez assouplir vos critères de sélection et vous prenez alors le risque de laisser passer des patates qui feront pourrir votre réserve si laborieusement constituée.

tri patates

Car la pomme de terre est un des aliments de base de l'hiver et il faut donc réussir à en conserver une bonne quantité si l'on souhaite fournir quelques familles. D'où la taille des surfaces cultivées et le travail pour les récolter (pour 5 mois d'hiver, à 2,5kg par semaine, il faut une 1/2 tonne de patates pour 10 familles !).

Et cette année a été assez chaotique.

Tout d'abord au niveau climatique, avec un printemps très chaud et très sec pendant la croissance de la plante, suivi d'un mois de juillet très pluvieux qui a détrempé les tubercules.

Ensuite au niveau organisationnel, puisqu'un indélicat à profité de la nuit et des chénopodes (un jour, il faudra que je parle des plantes sarclées "nettoyantes" !) pour commencer à prélever sa part. Du coup, n'ayant pas la force d'aller planquer en bordure de champ (le soir, à 10h, je ronfle), j'ai décidé d'aller dormir sur place dans le camion pour préserver notre récolte le temps que le terrain devienne praticable pour la récolte.

Je vous laisse imaginer l'humeur familiale quand, en plus des 70 heures hebdomadaire, je devais découcher pour nous protéger du vol. Seul le chien était content d'avoir le droit de dormir avec moi ;- D !

Heureusement, 2 familles nous ont prêté main forte. En premier lieu, Marie et Vincent, que nous avons rencontré quelques mois plus tôt et qui, pour soutenir notre projet, nous ont fait don d'une belle remorque en bois à 2 essieux. Souhaitant participer à notre première tentative "d'extraction", ils sont venus avec leurs jeunes enfants et leur bonne humeur pour nous redonner du courage.

guihéneuf

Pressez d'en finir avec cette garde ridicule, nous avons attaqué l'arrachage le plus tôt possible mais le terrain détrempé ne supportait pas le tracteur. Nous avons donc travaillé à la bêche, mais le cœur à beau être vaillant, les rangs sont longs. Au final, même si le travail était à peine entamé, notre sourire était revenu, porté par la joie de vivre de cette fratrie.

Même le moral ne fait pas tout et il nous fallait toujours rentrer nos patates. Aussi, dès que notre emploi du temps et le climat nous le permettait, nous retournions au champ. Et c'est lors d'un de ces épisodes que Caroline et Jean-Philippe sont passés nous rendre visite. Comprenant notre infortune, toute la petite famille s'équipa pour venir nous aider.

bailly

La encore, le chantier ne fut pas terminé, mais l'emploi de l'arracheuse de pommes de terre nous facilita la tâche.

Au final, nous avons mis plusieurs semaines pour tout sortir de terre, certaines zones humides restant réfractaires. Mais cela aura permit d'occuper mon beau-père quelques heures ;-D !

dimanche, 13 février 2011

Commencement

Voilà février déjà bien entamé et les premiers travaux de maraichage ont commencé. 

Tout d'abord, nous avons couvert d'un voile de protection les salades plantées à l'automne en pleine terre et qui doivent reprendre leur croissance avec la douceur.  Les épinards vont bientôt nous offrir leurs premières feuilles. La repousse est visible depuis que les poulets ne vont plus les manger! Les salades de la serre sont belles, mais patience.....

Les blettes ont supporté l'hiver dehors, mais je viens de déplacer une vingtaine de pieds dans la serre afin d'accélérer un peu la reprise.

Nous avons semé carottes, épinards et fèves et bientôt les petits pois.  

J'ai appris hier qu'une personne de Chalon plantait à la Saint Valentin, ses plants de pommes de terre sous chassis, pour déguster sa première récolte en avril.
Je suis assez tentée de faire un essai sous tunnel avec quelques plants de Belle de Fontenay, qui est une variété précoce.
Je vais récupérer les plants le week-end prochain et je plante dès que possible.

Pour info, cette année nous plantons: Belle de Fontenay, Coquine (qualité équivalente à la Charlotte), variétés précoce et semi précoces, Safrane et Cosmos, les deux variétés que nous avons récoltés en 2010. Ces pommes de terre de garde sont bien conservées et Thierry sélectionne les plants a repiquer (calibre, germe, non altérée).

Il y a toujours des carottes et des navets en terre. Thierry en a sorti une partie pour les conserver dans du sable.
Elle ne sont plus super belles, mais qu'est-ce qu'elles sont bonnes!

Nous proposons au marché en ce moment: carottes, pommes de terre, navets, topinambours, parfois, doucette, salsifi.

Notre étal est un peu....petit ; Pour avoir le moral, surtout, ne pas se comparer aux voisins, ouh la!!! entre les serres chauffées ou les  producteurs qui sont  plutôt revendeurs! Mais penser aux gens qui nous soutiennent dans nos débuts et nous motivent par leur confiance.

vendredi, 5 novembre 2010

La serre.

Ca y est! c'est fait! enfin...encore quelques détails à régler, mais cette fois, elle ne devrait plus s'envoler.

L'occasion s'est présentée le week end de la toussaint de reposer les bâches, avec ma soeur et son mari (merci Clarisse et Vivien) et Cécile. La pluie nous a trempé jusqu'aux os et a transformé le sol en patinoire boueuse dimanche, mais lundi a été plus clément. Nous avons terminé avec un rayon de soleil.

J'ai déjà repiqué quelques salades que j'avais semées en godets. Si elles n'ont pas trop souffert, elles seront à déguster au printemps.

samedi, 18 septembre 2010

Second marché

Après plus de deux mois sur le marché de Tournus, il nous a bien fallut nous rendre à l'évidence : nous ne trouvons pas notre public.

A l'évidence, nous avons certainement encore pas mal de progrès à faire au niveau de la vente, en proposant plus de produits de bases (nous avons eu quelques déboires avec nos salades) et de plus grandes quantités (il est vrai que les fins de séries ne sont jamais très vendeuses), mais une constation s'impose : malgré des prix équivalents, voir inférieurs, à ceux proposés par les autres vendeurs de légumes (et oui, les légumes bio en vente directe ne sont pas plus chers que ceux proposés par les revendeurs traditionnels), notre clientèle ne progresse pas...

De la même manière, notre offre de vente par paniers ne rencontre pas un franc succès : quelques voisins sont venus une fois ou deux, mais les potagers sont nombreux et il paraitrait que tout le monde cultive comme les bio ! Du coup, il nous faut chercher d'autres débouchés si nous voulons survivre plus que quelques mois à notre reconversion, surtout que, si nous sommes bien les seuls maraîchers bio du marché, nos futurs productions (poulets, oeufs, fromages de chèvre) sont déjà largement représentées chez nos voisins d'étales.

Nous voilà donc obligé d'élargir notre rayon de vente (qui va donc atteindre les 30 km) et de nous tourner vers Chalon sur Saône pour partir en quête d'un public soucieux de préserver sa santé et celle des autres.

Heureusement, Chalon est largement pourvu en terme de marchés et en propose 3 dédiés à l'alimentaire. Ceux de fin de semaine sont évidement très courus, mais puisque nous sommes déjà pris le samedi à Tournus, nous optons pour celui du mercredi matin qui nous permettra d'étaler nos récoltes.

Le 25 août, nous voilà de nouveau en quête du placier pour la traditionnelle scéance matinale mais, ici, l'installation est plus aisée car les accès sont dégagées et la place de l'Hotel de ville n'est encore pas saturée de marchands. Par contre, nous sommes les quatrièmes producteurs de fruits et légumes bio ! Il en viendra même un cinquième au cours du mois de septembre, à croire que nous ne sommes pas les seuls à chercher des débouchés...

Mais les points important sont qu'il n'y a pas de vendeurs de volailles bio et que les oeufs sont rares. Pour les fromages, il ne faut pas réver, la concurence est déjà là mais comment imaginer un marché alimentaire sans fruits et légumes et sans fromages ?

Cerise sur le gateau, la clientèle est beaucoup plus réceptive aux arguments sanitaires de nos modes de production et nous laisse espérer un potentiel de progression plus important qu'à Tournus. Nous sommes naturellement toujours à la recherche de consom'acteurs qui souhaiteraient devenir nos partenaires dans notre projet de ferme écologique mais nous n'avons encore pas rencontré de représentants d'une telle communauté. Peut-être nous faudra-t-il être acteur dans cette constitution, même si cela ne nous enchante pas beaucoup : en premier lieu parce que nous avons toujours aussi peu de temps, mais surtout parce qu'il sera difficile de faire abstraction de la notion commerciale si nous sommes trop impliqués dans le processus...

Après quelques semaines passées à vendre sur les 2 marchés, nous avons été rattrapé par quelques chantiers en cours, à savoir la récolte du maïs (pour lequel je n'ai encore ni corn picker, ni séchoir), les semis d'automne (trouver les semences bio, préparer la terre et semer, en fonction de la météo) et l'installation du chauffage central (qui nécessite de faire traverser la cour à l'eau et à l'électricité, et de libérer les zones de travail des différents intervenants). Après notre rush sur le ramassage des pommes de terre qui nous a aussi pas mal éloigné de notre jardin, il faut avouer que notre zone maraîchère commence à manquer de soins.

Du coup, pour essayer de finir la saison tout en préservant nos travaux antérieurs, nous avons pris la décision de suspendre notre marché de Tournus. Evidemment, nous risquons de ne pas retrouver notre place au printemps prochain, mais il est grand temps d'arrêter de courir en tout sens et de finaliser ce qui doit l'être avant l'hiver...

lundi, 23 août 2010

Enfin des fraises

Les premières fraises sont mûres!

Les stolons plantés en juin ont l'air de bien aimer le terrain et les plants sont désormais bien beaux. La variété cijosée est une variété remontante, c'est à dire qu'elle produit deux fois dans l'année. Voici sa première production:

 

La prochaine récolte sera réservée à nos abonnés paniers.....

Autre fruit délicieux, produit en petite quantité: les physalis (encore appellées cerises de terre ou amours en cage).

J'espère en avoir beaucoup plus l'année prochaine, pour en faire profiter nos habitués.

vendredi, 30 juillet 2010

Premier marché

Début juin, nous avons estimé que nous commencions à avoir suffisamment de légumes pour démarrer notre activité de vente.

En prévision de ce moment, nous avions fait l'acquisition d'une balance électronique poids/prix ("reconnu conforme" par l'administration), mais notre équipement de vente s'arrêtait là. De la même manière, nous n'avions pas encore statué sur le choix de notre lieu de vente. Le micro-marché (moins de 10 étals) ayant lieu sur la commune de Simandre (à 5 km de chez nous), nous semblait parfaitement adapté pour notre baptême du feu : la place est gratuite et il suffit de prévenir la mairie la veille.

Lundi 7, notre jardin nous proposait des salades qui commençaient à s'étoffer, quelques bottes de radis et carottes primeurs, ainsi que des épinards. Pas grand chose mais il fallait bien commencer à se faire connaître. Malheureusement, le mauvais temps du mardi nous fait hésiter et quand nous téléphonons l'après-midi, la mairie est fermée. Du coup, nous nous orientons sur le marché de Tournus.

Même s'il n'est pas comparable à Louhans, une référence dans la région, le marché de Tournus ne joue pas dans la même catégorie que celui de Simandre, d'où une augmentation soudaine de notre nervosité. Renseignements pris, nous devons nous rendre sur place à 7h45 pour que le placier nous trouve 1 ou 2 mètres de disponible entre 2 stands*...

Nous voilà donc partis avec deux tréteaux et quelques planches, des cagettes en bois récupérées et nos quelques légumes fraichement cueillis du matin (les jours de marché, nous sommes dans notre potager dès que la luminosité le permet, soit à environ 5h30 à l'époque). Nous garons notre utilitaire au petit bonheur la chance et nous rejoignons la petite troupe des journaliers qui vont essayer de se faire attribuer pour la matinée un emplacement pas trop étriqué.

La distribution des places restantes se fait dans une ambiance particulière - pas spécialement agréable - et nous nous retrouvons coincé entre 2 vendeurs de légumes à côté desquels nous frisons le ridicule. Heureusement, notre petit panneau "AB" nous soutient...

Pour essayer de rentabiliser notre attente, je laisse à Laurence le plaisir de la vente et me réserve la joie d'aller disposer nos petits tracts publicitaires sur les véhicules garés aux alentours.

Contrairement à nos espoirs, et malgré des stocks modestes, nos 4 heures de ventes ne nous permettent pas d'écouler toute notre marchandise et nous devons remporter la grande majorité de nos légumes (pour tout dire, nous avons fait un vingtaine d'euros de recette, ce qui correspond à la vente d'une vingtaine de salades).

Heureusement, nous avons quand même eu le plaisir de collecter 2 demandes de paniers. Qui plus est, une vendeuse de volaille bio - Sylvie - est venue nous proposer de nous installer à côté d'elle la prochaine fois, histoire d'être en bonne compagnie et de profiter d'un meilleur emplacement.

C'est ce que nous avons fait et continuons à faire - avec l'accord explicite du placier - d'où des samedi matin beaucoup plus détendus. Et nous commençons même à avoir nos habitués...

* Les places réservées du marché sont attribuées à l'année, au mois de janvier. Ensuite, il faut subir chaque semaine le petit cérémonial de la distribution des "restes", ce qui vous oblige à vous installer après les autres, d'où un déchargement beaucoup plus laborieux, et perte de repère pour votre clientèle...

jeudi, 13 mai 2010

Au tour du tracteur.

Après le démontage du tractopelle (pépinière), voici notre mécano de retour pour réparer les freins du tracteur.

Nous pouvons enfin l'utiliser sur notre terrain en pente sans avoir peur d'être arrêté par un fossé ou un arbre!

Et puis, pour fixer un outils sur l'attache trois points du tracteur, c'est quand même mieux quand il ne se sauve pas!

Tous les outils de travail de la terre se fixent à l'arrière du tracteur, il faut donc arriver en marche arrière, arrêter l'engin au bon endroit, descendre du tracteur, accrocher l'outil. Thierry devrait un peu moins peiner à cette tâche.

Donc, de nouveau les mains dans la graisse, nous avons le loisirs de profiter de ses compétences en matière de matériel agricole: savoir choisir et changer le disque du semoir, réparer la charrue et nous aider à trouver du matériel pour récolter le maïs....

dimanche, 2 mai 2010

Arrosage

Pour faire professionnel, je devrais utiliser le terme "irrigation", mais les choses étant ce qu'elles sont, il me faut bien me contenter du terme "arrosage". Pourtant, la petite période de sécheresse que nous venons de subir nous a bien fait comprendre la différence technique, si ce n'est lexicale, qu'il y a entre ces 2 mots.

En effet, alors que les premières plantations d'importances (tout est relatif ;-) !) se mettaient en place fin mars début avril, il nous a bien fallut faire face à la bonne vingtaine de jours sans pluie qui a suivi. Profitant de l'existence d'une réserve incendie, nous avons donc installé pompe et tuyaux, ce qui nous a permit de nous replonger avec délectations dans les problèmes de débit et de pression.

Première exercice : comprendre pourquoi la pression à la sortie du tuyau est si faible que l'on ne peut pas faire fonctionner correctement les asperseurs.

Du côté de la pompe, il ne devrait rien avoir à redire, puisque cela fonctionnait correctement dans notre vie antérieure. Par contre, il y a un certain dénivelé entre la réserve d'eau et la zone d'arrosage, qu'il n'est pas facile de juger à cause de la distance. Nous voilà donc parti à simuler un théodolite avec une règle, un niveau à bulle et un escabeau, pour en arriver à la conclusion qu'il y a moins de 4m entre la surface de l'eau et le point le plus haut à arroser. Ce qui semble dérisoire...

Par contre, la centaine de mètres à parcourir semble correspondre, d'après nos recherches, à une dizaine de mètres de hauteur, d'où un total qui n'est, à l'évidence, plus négligeable pour la puissance de la pompe. Et si l'on souhaite utiliser l'eau du puits, il faut encore ajouter 4m, en aspiration cette fois.

Les choses se compliquant, avant de chercher à acheter n'importe quoi, nous avons quand même essayé d'estimer nos besoins en eau. Équipé de mes 2 arrosoirs, me voilà donc parti à mesurer la surface couverte pour en déduire ma consommation : 5 l/m². Cela ne dit pas forcément grand chose, sauf si on le ramène à l'hectare (10 000m²), ce qui donne 50m3. Naturellement, nous n'aurons certainement jamais 1 hectare à arroser, mais prévoir 1/2ha ne semble pas aberrant (les systèmes d'arrosage circulaire obligent à des recouvrements importants), ce qui nous amène à une consommation de 25m3.

Pour vraiment fixer les idées, en 4 jours, nous allons devoir utiliser plus d'eau que celle que nous consommons habituellement dans l'année !

D'où le second exercice : comment garantir une irrigation correcte de nos salades, choux, carottes, radis et autres légumes ?

Première étape, trouver le débit possible de notre puits. Après de trop nombreuses heures à essayer de refaire fonctionner les tuyauteries déjà en place (achat des bons raccords, colmatage des fuites, interrogations sur l'état de la crépine sensée se trouver au fond du puits), nous avons fini par nous décider à suspendre notre pompe dans le vide (ce qui ne facilite pas l'amorçage !). Résultat des courses : nous vidons le puits en moins d'une heure (réserve d'environ 1 m3) et il lui en faut 24 pour se remplir !

Autant dire que c'est une réserve nulle (dans les 2 sens du terme !). Du coup, je suis descendu vérifier l'état du puits, histoire de voir s'il était possible d'améliorer les choses. Peine perdue, tout semble en ordre, ce qui l'élimine définitivement des sources (hihihi !) d'approvisionnement possibles.

Deuxième étape, qu'il me faut remettre à plus tard car ma débroussailleuse thermique est en SAV (Service Après-Vente) et que le terrain ne se prête pas à un travail au tracteur, faire la même chose au niveau d'un second puits, situé dans la friche en contre-bas de nos bâtiments. Sa position semble indiquer un débit plus important, mais certainement pas en correspondance avec nos besoins (s'il a été fait pour abreuver des vaches, même à 100 litres par jour et par vache, on est loin des 25m3).

Comme il ne semble pas y avoir beaucoup d'espoir du côté de la nappe, la troisième et dernière étape consistera certainement à mettre en place des réserves (un réseau semble plus probable qu'un trou de 100m3, pour 4 jours de réserve !) qu'il nous faudra alimenter par un panachage d'eau de source et de pluie.

Encore bien des calculs et des interrogations en perspective, et quelques heures de travail...

jeudi, 18 mars 2010

Pépinière..la suite.

La voici presque terminée (il ne manque que les amarres qui sont en commande) , mais déjà opérationnelle.

Le résultat n'est pas mal.

 

Les premiers semis ont été effectués aujourd'hui en espérant que la météo sera plus clémente maintenant. Je me vois déjà au marché à vendre les salades et tomates que je viens de mettre en godets ; )

jeudi, 11 mars 2010

Pépinière

Notre esprit fermier nous entrainant à mettre en place différentes activités -qui vont de l'élevage au maraîchage, en passant par la culture des céréales- nous avons souvent l'impression de courir plusieurs lièvres à la fois.

Pourtant, nous essayons de privilégier l'activité maraîchère puisque nous estimons que la fourniture de légume est le travail de base de tout fermier. Et dans cette optique, nous avons souhaité utiliser une petite serre (6mx12m) en notre possession pour réaliser une pépinière* couverte. Comme toute pouponnière qui se respecte, cet espace nécessitera une attention permanente et, de ce fait, devra se trouver près de notre maison d'habitation.

Du coup, nous avons décidé de dégager la friche dans laquelle un imposant marronnier a terminé sa vie lors du coup de vent de janvier 2009. L'arbre lui même nous ayant servi de bois de chauffage cet hiver, il ne restait que quelques ronces et des bosquets de pruniers noirs aux épines acérées à nettoyer avant de pouvoir s'attaquer au terrassement.

Malheureusement, les vicissitudes de notre tractopelle étaient loin d'êtres terminées !

Pour mémoire, après sa retraite de quelques semaines dans les boues argileuses de notre région, il ne me restait plus qu'à colmater une fuite d'huile pour le remettre en état. Partant du principe que l'engin avait perdu un bouchon de vidange lors de son extraction, je me suis mis en quête des différents niveaux pour déterminer qui était concerné (en plus de l'huile moteur, nous avons le choix entre l'huile de direction, de transmission, de pont et du circuit hydraulique).

Réaliser un bouchon et refaire le niveau était encore dans mes compétences, mais quand l'huile a commencé sortir par un autre orifice, j'ai jugé qu'il était plus prudent de faire intervenir un professionnel...

Résultat des courses, la fuite provenait du convertisseur** et le trou que j'avais brillamment obturé n'aurait pas du l'être puisqu'il sert de trop plein :-\ !

Du coup, nous voilà parti pour 2 jours de mécanique pendant lesquels nous avons du démonter le train avant, déposé le moteur, avant de pouvoir accéder et remplacer un vulgaire joint, que nous avons quand même eu la délicatesse de ne pas cisailler au remontage...

 

L'intermède m'aura quand même permit de sympathiser avec le mécano -ainsi qu'avec un agriculteur de passage venu admirer notre travail- et apprendre quelques rudiments de maniement du tractopelle. En prime, il m'a aussi trouvé LE ressort nécessaire au mécanisme de verrouillage ancestral de ma charrue réversible***, ce qui m'évitera de descendre du tracteur au bout de chaque rang...

Pour en revenir à notre pépinière, c'est donc avec une machine quasi-neuve que j'ai attaqué le terrassement nécessaire à l'obtention d'une surface à peu près horizontale.

Est-il utile de préciser que ma maigre expérience du tracteur ne m'a été d'aucune utilité pour dompter ce nouveau monstre, qui possède néanmoins un avantage indéniable sur ce dernier, à savoir une cabine qui, sans tenir chaud, permet au moins de s'abriter du vent ! Pour le reste, cela secoue beaucoup plus et cela parcours encore moins de kilomètres à l'heure...

   

Au final, je ne peux pas dire que je sois très fier de moi, mais je suis en tout cas heureux de ne pas avoir fait ce travail avec une pioche et une brouette. Et surtout, je remercie Yves de m'avoir montré comment changer les godets sans trop misérer (un peu quand même !) et comment les utiliser en fonction du travail à réaliser.

Du coup, nous arriverons peut-être à monter notre pépinière avant que les grands froids ne se terminent...

* pépinière : terrain sur lequel on fait pousser de jeunes végétaux en vue du repiquage et de la multiplication.

** convertisseur : mécanisme qui permet d'inverser le sens de déplacement du véhicule, autrement dit de passer de la marche avant à la marche arrière, la transmission se faisant par pression d'huile et non par engrenages.

*** charrue réversible : une charrue permet d'enfouir les mauvaises herbes en "retournant" la terre. Pour rejeter la terre du même côté alors que le tracteur revient en sens inverse, les charrues doivent pouvoir "se retourner" pour présenter les outils dans le bon sens.

mardi, 5 janvier 2010

Plantations.

Courant décembre, nous avons fait nos premières plantations d'arbustes.

Des cassissiers: 3 x Andega et 3x blackdown
Des groseilliers: 3 x  Redlake et 3 x Randon
Des framboisiers
1 Caseille
1 vigne cardinale

Et pour l'esthétisme et le parfum:

 2 Budleias,
 2 Chèvrefeuilles,
 2 Seringats

Les arbres fruitiers sont en jauge en attendant de leur trouver un endroit approprié:

 Abricot (polonais)
Pêchers (Flavorcrest et pêche de vigne)
Pommiers (Rouge de Villefort, Belle de Booskop, Winter banana)
Cerisier
Chataignier (Dorée de Lyon)
Néflier
Figuier

Il a fallu protéger nos plantations de l'assaut du chien qui a pris l'habitude de creuser et d'arracher les racines de ronces.

fruitiers

Nos "fournisseurs", Sophie et Denis Rauzier travaillent en bio-dynamie.

jeudi, 31 décembre 2009

Montage de la première serre.

C'était au mois de novembre !! Je viens de réaliser que je n'ai toujours pas mis de photos.

Pour commencer: répartition et repérage des éléments:

repérage

Le montage du premier arceau:

1er arceau

Le deuxième arceau:

PICT0187.jpg

Le troisième, quatrième......, le quinzième...et dernier.

fin

Elle fait donc 30 m sur 8 m de large.

samedi, 26 décembre 2009

Post-labours

2 mois après mes premiers labours, que c'est-il passé du côté de notre installation maraîchère ?

En faite, pas grand chose de visible. Dans la foulée des labours, nous avons démonté et ramené le second tunnel mais il nous a fallut nous consacrer à l'évacuation de notre ancienne propriété [C'est une page qui se tourne...], ce qui nous a pris plusieurs semaines. Entre 2 trajets, nous avons quand même réussi à trouver un tractopelle d'occasion et à acheter une débroussailleuse pour le tracteur.

Je n'ai cependant pas eu le temps de les utiliser avant l'arrivée des chèvres [Charlie Chaussette et Cie], qui nous ont obligé à un minimum de préparations pour les accueillir. Ensuite, j'ai profité d'un ressuyage temporaire des terres (les températures de fin d'année sont clémentes mais elles s'accompagnent de beaucoup de pluie) pour les retravailler avant le montage des tunnels.

L'idée était d'obtenir une surface un peu plus plane que la succession de tranchés laissé par les socs de charrue (et les pneus étroits du tracteur !). J'ai donc passé la herse puis les disques et nous avons attaqué le remontage du premier tunnel, qui tient tout juste dans le maigre espace que nous avons gagné sur la friche. Les arceaux se dressent maintenant fièrement au milieu de nos 40 ares (4000m²) mais vont devoir attendre que nous achetions le reste du petit matériel (fils métalliques de maintien, tirefond, films). Ce qui risque de prendre un certain temps car il va nous falloir encore faire un dossier si nous voulons bénéficier d'un prêt...

L'hiver se profilant sérieusement, j'essaye de regrouper l'activité "recherche de bois de chauffage" avec celle de "défrichage". Dans mon esprit, il serait en effet dommage d'être obligé d'acheter du bois alors que nos parcelles en sont recouvertes. Malheureusement, le bois de chauffage doit avoir séché au moins une saison avant d'être brulé, ce qui m'oblige à me tourner vers les arbres morts. Défrichage du voisinage du tronc, tronçonnage, fendage, débardage, sont donc au programme dès que le temps est clément.

La morte saison est aussi synonyme de propositions de réunions d'information de la part des acteurs de la filière maraîchère. Filière balbutiante pour le moins, le maraîchage n'étant pas une activité très développée dans notre région. Heureusement, l'engouement pour le bio incite même la Chambre d'Agriculture à s'intéresser aux petits exploitants que nous sommes, ce qui nous permettra peut-être de bénéficier de conseils techniques dans notre domaine.

En attendant, le SEDARB (Service d'Eco-Développement Agrobiologique et Rural de Bourgogne), instance locale mise en place par les GAB (Groupements d'Agriculteurs Biologiques) [voir Réseau bio en Bourgogne], s'étoffe et essaye de répondre aux besoins si spécifique de ce mode d'agriculture. Espérons que, parallèlement à la structuration des services "salariés", un réseau d'échange entre fermier se mettra en place...

mardi, 20 octobre 2009

Labours

Ce mardi 20 octobre 2009 a-t-il fait de moi un vrai paysan ? En tout cas, c'est le jour où j'ai effectué mes premiers labours.

Je suis naturellement tout à fait au courant des arguments contre le labour, mais je dois avouer que le spectacle de la charrue ouvrant son sillon a quelque chose de magique. Associe-t-on intuitivement des promesses de nourriture, voire d'abondance, à cette terre qui se découvre à nous ?

Quoi qu'il en soit, cet acte signifie pour moi que nous avons enfin un peu de terre à cultiver, même si celle-ci nécessitera encore pas mal de travail avant de nous offrir un lit de semence parfait. Il est effectivement bien tard pour combattre les racines qui mettront la pagaille dans nos cultures maraîchères au printemps prochain, mais je suis heureux d'avoir réussi à acquérir le matériel nécessaire à cette tâche.

Ce dernier n'est malheureusement pas adapté pour travailler nos parcelles "grandes cultures", qui devront donc patienter jusqu'à l'an prochain (je dois avouer que je n'ai pas encore décidé de ce que nous allons y planter), mais je pense que vouloir aller plus vite ne nous est pas possible. Nous avons encore pas mal de chose à mettre en place avant de pouvoir démarrer notre production de légumes, comme les chambres froides ou les tunnels.

Pour ces derniers, nous avons la satisfaction d'en avoir trouvé 2 d'occasion pas trop loin de chez nous (neuf, un tunnel de 8m sur 40 coute dans les 10000€), ce qui nous a permit de demander de l'aide à 2 amis Côte-d'Oriens - François et Xavier -  pour le démontage. Avec la participation de Laurence et de Raymond, le vendeur, il nous a quand même fallut la journée à 5 pour en démonter une. J'en profite d'ailleurs pour remercier encore tout ce petit monde, sans oublier Françoise et Evelyne.

On ne dira jamais assez comme il est agréable de se sentir soutenu !

samedi, 12 septembre 2009

Solidarité Bio

Catherine et Éric se sont installés l'an dernier comme maraîcher bio sur la commune d'Auxonne*. Ce type d'activité étant déjà, par essence, très gourmande en temps, on peut facilement imaginer l'énergie dépensée la première année quand il faut, en plus, gérer sa reconversion.

Pour les "hors cadre familiaux", comprenez les personnes dont la famille proche n'a pas d'exploitation agricole, l'installation de Catherine, réalisée pendant l'année de notre formation commune, était un modèle. C'est donc avec joie et fierté que je lui ai annoncé que nous suivions le même chemin, précisant que Laurence avait besoin de la liste et les prix du matériel nécessaire à la culture maraîchère pour construire son PDE.

Éric s'est alors empressé de nous fournir les informations, en précisant qu'il avait quelques outils disponibles. La distance entre nos différents sites, l'urgence des dossiers à réaliser et l'organisation de notre déménagement ne nous ayant pas permit de finaliser un accord, je dois avouer ma surprise quand j'ai compris qu'Éric avait continué de nous récupérer et de nous réparer le matériel nécessaire au démarrage de notre activité.

Cerise sur le gâteau, Il nous a consacré le temps nécessaire à la livraison du matériel (2 chargements Boxer + remorque !), m'évitant ainsi de montrer mon inexpérience en la matière.

Et si nous sommes actuellement les heureux propriétaires des quelques tonnes de tôles qui encombrent maintenant notre hangar, c'est grâce à eux et je les en remercie chaleureusement.

Voulant, moi aussi, œuvrer à l'extension des cultures bio, je profite de cet article pour apporter mon soutien au collectif "Urgence Bio 21"** en signant leur pétition. Il ne me reste plus qu'à espérer que cette motivation gagnera la Saône et Loire...

* Auxonne est une ancienne ville frontière entre la Bourgogne et la Franche Comté. Elle est située sur le département de la Côte d'Or (21), dans le Val de Saône, d'où sa tradition maraîchère (les zones en bordure du lit de la Saône profitent des sédiments déposés par les crues et les déplacements de la rivière).

** Urgence Bio 21 : Confédération Paysanne 21, Quetigny Environnement, Bioconsom’acteur, Greenpeace Dijon, les Amis de la Conf’, ATTAC 21, les Amis de l’Eldorado, les Verts 21, Slow Food Dijon Côte d’Or, ARDEAR Bourgogne, Terre de Liens, Artisans du Monde, Association KIR, GAB 21, Nature et Progrès Côte d’Or, AMAP Bio de Plombières, Les paniers de la vallée, Plombières Environnement, Les Colporteurs, dijon-écolo, AMAP Bio Les Jardins de Virgile, AMAP Bio des Pieds Bleu, les Faucheurs Volontaires, Association Sun Festival.