Butine - Le Blog

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Cultures de plein champ

La culture de céréales, de graines oléagineuses et de fourrage, voir de tubercules, s'effectue généralement sur de grandes surfaces pour des raisons d'efficacité. On parle alors de "Grandes cultures".

Sur notre ferme, notre vocation n'est pas de produire de la "matière" et nos cultures de plein champ ne sont là que pour subvenir, en partie, à la nourriture de nos animaux. Le terme de "Grandes cultures" n'est donc pas forcément très approprié à nos pratiques artisanales, mais il amuse beaucoup l'ancien citadin que je suis ;-) !

jeudi, 2 décembre 2010

Graines de Noé

Aujourd'hui, j'ai semé mes graines de collection. Une par une. Il y en avait 864...

Oui, je sais, le temps ne s'y prêtait pas particulièrement, mais il m'était trop difficile d'attendre plus de 10 mois avant de retrouver les bonnes conditions climatiques ! Heureusement, j'ai pu profiter de notre tunnel maraîcher, en prélevant une trentaine de m² à nos futurs légumes de printemps, ce qui m'a fourni une terre moins détrempée et une température plus clémente.

Néanmoins, la saison est bien avancée et il me faudra surveiller de près ces semis de conservation pour les protéger si le besoin s'en fait sentir. Mais n'est-ce pas le type même de culture qui nécessite une surveillance régulière ? Quand on sait que j'ai reçu 15 grammes de graines pour chaque variété et que celles-ci sont menacées de disparition, on comprend peut-être mieux l'importance de la chose...

Mais reprenons au début.

Depuis la nuit des temps, le premier travail du paysan (après celui de la récolte annuelle) était de conserver de la semence pour l'année suivante.

Par la suite, dans notre société industrielle, la spécialisation a entrainé l'apparition de semenciers qui n'ont eu de cesse de chercher à améliorer les variétés utilisées. Malheureusement, ce travail nécessaire et utile a trop profité de la technologie (qui permet de gommer les diversités de terroirs et de climats) et a finit par entraîner la réduction drastique des semences disponibles, d'une part, et la dépendance des agriculteurs, d'autre part.

Sans vouloir rentrer dans le détail (les curieux peuvent aller lire notre page sur Les semences fermières), les hybrides F1* sont de plus en plus utilisées parce qu'elles permettent de garantir l'homogénéité de la récolte (graines ou fruits de même taille, de même forme, de même goût, arrivant à maturité à la même période, etc), ce qui simplifie énormément le travail de l'agriculteur (moissonner une céréale quand la maturité des graines s'étale sur plusieurs semaines est délicat, surtout si la hauteurs des épis est complètement aléatoire ;-D !) et de l'industriel (mettre en place des process de fabrication quand la composition des éléments est variable n'est pas simple non plus).

Ceci étant, les hybrides F1 reposent sur des variétés pures dont les gènes ont été sélectionnées pour leurs bonnes interactions avec les produits chimiques de synthèses (engrais, insecticides, fongicides, etc), ce qui permet de cultiver les mêmes variétés quasiment sur tout le globe, simplement en adaptant les pratiques culturales (apport d'eau, traitement des nuisibles, etc).

Si cette spécialisation simplifie le travail de tout le monde, il faut quand même savoir que la descendance directe d'un hybride F1 fait ressurgir les lignées d'origines qui, elles, n'ont pas du tout les avantages de l'hybride (autrement dit, une hybridation est un croisement instable, ce qui explique pourquoi il faut racheter de nouvelles graines tous les ans).

Au final, indépendamment du fait que les semenciers acquièrent rapidement le monopole des variétés, le problème de fond vient surtout que les variétés conservées n'ont plus aucun rapport avec le terroir et les conditions climatiques locales, ce qui en fait de bien piètres candidats à l'adaptation au changement climatique.

C'est pourquoi j'ai souhaité adhérer à la toute nouvelle association bourguignonne "Graines de Noé" qui va essayer de préserver les variétés (plus d'une centaine !) qu'un agriculteur (Merci Bernard !) ressème seul tous les ans depuis de trop nombreuses années.

Hybride F1 : première génération d'un croisement entre deux variétés distinctes pures (homozygotes : qui se reproduisent à l'identique). La variété ainsi créée bénéficie de la vigueur hybride (gain de performances, ou plus exactement annulation des tares des lignées pures, qui résulte du brassage génétique).

jeudi, 7 octobre 2010

Récoltes 2010

En dehors de l'hectare (et quelques) de prairie qui était déjà là à notre arrivée, nous possédons 2 autres parcelles qui ne sont pas recouvertes de bois et que je me suis bien sûr évertué à mettre en culture.

La plus grande, d'environ 90 ares (9000m²), a été coupé en 2 : sur une grosse partie (60 ares), j'ai planté de la féverole (voir Il faut toujours un début) et j'ai réservé le reste pour les pommes de terre (voir Petits bonheurs familiaux). L'autre parcelle, d'une soixantaine d'ares, a été réservé au maïs (culture traditionnelle de la Bresse bourguignogne) que j'ai semé fin avril mais sans prendre le temps d'écrire un article...

Les féveroles, destinées à l'alimentation de nos chèvres et de nos futurs poulets, ont été récolté à la moissoneuse fin juillet, grâce à la gentillesse d'un voisin (merci Philippe) qui a bien voulu pourvoir au désistement de l'agriculteur avec lequel je m'étais entendu en début de saison. Bien que je me sois démené quelque peu contre une invasion de pucerons, que ces végétaux attirent régulièrement, la culture semblait prometteuse. Pourtant, le rendement a été déplorable sans que je sache vraiment pourquoi.

Au niveau des pommes de terre, il semble reconnu que l'année n'a pas été propice (mauvais temps pendant la période de floraison). Chez nous, le rendement n'a effectivement pas été celui attendu mais la récolte ne s'est pas particulièrement bien passée. Il faut dire que le matériel que j'ai utilisé pour sortir les pommes de terre n'était pas adapté à l'écartement de mes rangs, ce qui a entrainé pas mal de pertes. Espérons que notre chambre froide nous permettra de les conserver dans de bonnes conditions.

Reste le maïs, qui m'a beaucoup moins déçu au niveau des quantités récoltés. Je ne suis qu'au 2/3 de la moyenne, mais ce n'est pas si mal compte tenu de l'irrégularité de mes semis (mon semoir d'occasion lache les graines un peu quand il veut, et pas toujours une par une). Ma seconde source de satisfaction provient du fait que j'ai réussi à réaliser la récolte seul en utilisant un corn picker (merci Yves pour m'avoir trouvé ce matériel).

En effet, de nos jours, la récolte du maïs s'effectue avec des moissoneuses qui égrènent directement le grain. Souhaitant conserver la pratique du séchoir, il me fallait m'équiper en conséquence, ce qui s'est fait encore et toujours dans l'urgence, le temps nous faisant encore et toujours défaut. Yves et moi avons récupéré le matériel le dimanche 19 septembre et j'ai récolté le 20. C'est relativement tôt pour la région mais mon maïs n'ayant pas reçu d'engrais, il est arrivé à maturité avant ses voisins. Et comme la récolte en panouille ne doit pas se faire avec un épis trop mûr, qui risque de s'égréner pendant l'effeuillage, le temps pressait.

Du coup, je me suis retrouvé avec du maïs plein ma remorque mais sans séchoir ! Heureusement, Jean-Christophe nous a gentiment fait don d'un petit séchoir qu'il nous a même livré mardi dernier.

Et il était temps, car les épis profitent de l'humidité et de la chaleur de la remorque pour commencer à germer.

Une fois le marché du mercredi terminé, le transfert des 15 quintaux (1,5T) de la remorque au séchoir est donc devenu notre priorité. Pour quelques heures...

mercredi, 7 juillet 2010

La fenaison.

La fenaison est le fauchage et la récolte de foins.

Pour nous, cette première fenaison a été assez laborieuse. La première difficulté a été de trouver le matériel nécessaire.

Nous avons donc épluché les petites annonces, nous nous sommes déplacés pour voir du matériel ancien, à notre dimension, et dont plus personne ne veut, mais qui parfois se vend encore un bon prix!

Finalement, nous avons investi dans un presse basse densité des années 70.

Restaient à trouver, faucheuse, faneuse, andaineuse.

En fin de compte, le voisinage nous a été d'un grand secours.

Prêt de la faucheuse (merci Christian) et petite séance de démonstration (merci Jean-Yves):

Prêt de la faneuse (merci Yves), qui sert a retourner le foin pour qu'il sèche bien:

Prêt de l'andaineuse (remerci Yves): pour faire des tas de foin en longueur, qui seront ramassés par la presse.

Et enfin, utilisation de notre petite presse, qui n'a jamais voulu lâcher les nœuds et est restée inutilisable ce soir là, malgré la bonne volonté et les compétences de notre mécano préféré!

Pour finir, un autre voisin, de passage ce soir là vers 21h, découvrant notre problème, propose d'aller le soir même botteler notre foin. Un peu gênés de le faire travailler si tard, mais soulagés, nous avons accepté (merci Daniel).

Nous voici donc le lendemain, avec 13 belles bottes rondes de 200 kilos.

Le mécano revient et fini par faire fonctionner la presse, que nous allons aussitôt utiliser sur une petite partie de la parcelle  qui n'a pas été ramassée la veille: 300 bottes de 4-5 kilos. 

Reste maintenant, à ramener toutes ces bottes jusqu'au hangars.

Là encore, un coup de main du voisinage (merci Eric) s'est avéré très utile pour charger les grosses bottes sur la remorque.

Et voilà....encore 4 voyages avec les enfants pour charger les petites bottes et les biques et l' âne sont à l'abri de la disette pour cet hiver.


dimanche, 13 juin 2010

Traitements bio

Il est tellement fréquent, quand on discute des particularités de la bio, que notre interlocuteur s'interroge sur notre façon de travailler sans traitements, que cela mérite bien un petit billet.

Car nous avons tout à fait le droit de traiter nos cultures ! Mais pas avec n'importe quoi...

Effectivement, l'idée forte de l'agriculture biologique est de s'interdire l'utilisation des produits chimiques de synthèse, pour éviter les effets nocifs de ceux-ci (principalement leur rémanence, qui les amène à s'accumuler dans les sols mais aussi dans les organismes). Néanmoins, nous pouvons employer tout ce qui est "naturel", autrement dit, "que l'on trouve en l'état dans la terre, dans le sol, que l'on obtient directement à partir des végétaux ou des animaux; qui n'est pas le résultat d'un traitement industriel".

Pour vous mettre en situation, cela revient à refuser la pharmacopée actuelle pour ne se soigner qu'avec les remèdes d'antan. Assurément, certains ne manquerons pas de souligner - avec raisons, d'ailleurs - qu'il y a bien des cas où le pari est risqué. C'est pourquoi, comme lorsque l'on vous conseille de manger sain, équilibré et de faire du sport pour rester en bonne santé, il est recommandé à l'agriculteur bio de conduire son domaine d'une manière globale, pour chercher à conserver l'équilibre entre la terre, la faune, la flore et les plantes cultivées

Mais revenons aux traitements proprement dit et passons en revue les différentes familles...

Du côté des herbicides (mauvaises herbes), c'est quasiment le désert. On peut peut-être s'orienter vers des solutions acides, comme le vinaigre ou le purin d'ortie très macéré, mais je pense qu'il est beaucoup plus efficace de se concentrer sur les actions mécaniques (labour, piochage, désherbage, paillage) ou thermique (solarisation, brulage).

Pour les fongicides (champignons) et les bactéricides (bactéries), il y a biensûr les remèdes de grand-mère à base de plantes (que je n'ai encore pas pris le temps de tester) mais il est certainement plus efficace d'utiliser du cuivre, comme la bouillie bordelaise (il faut quand même préciser que nous sommes limité à 5kg de cuivre par hectare et par an).

Reste les insecticides. Là aussi il y a le purin d'ortie, que j'ai essayé d'utiliser contre les pucerons (la féverole attire énormément ces petites bêtes), mais sans grand succès. La difficulté réside dans la macération des dites orties, qui dépend de leur concentration, de la durée et de la température. Et comme vous n'obtenez de toute manière pas une mixture qui va éradiquer définitivement ces saletés de bestioles, il n'est pas facile de ce faire un jugement...

Du coup, j'ai acheté une solution toute faite (soit disant à base de consoude et de prêle, mais je n'en sais pas plus sur le contenu, à part qu'il est utilisable en agriculture biologique) histoire de me rassurer (surtout que j'ai quand même 6000m² de féveroles) mais le résultat n'est toujours pas probant. L'invasion s'étend doucement malgré mes traitements répétés - il faut dire qu'il pleut régulièrement - mais sans trop de dommages pour l'instant.

Il me reste à espérer que mes efforts ne seront pas vain et que la récolte permettra de nourrir les poulets. L'an prochain, en plus de déplacer la culture, j'essayerai de planter à proximité de la phacélie, plante réputée pour attirer les prédateurs des pucerons...

lundi, 19 avril 2010

Désherbage des féveroles

Bien que nos parcelles de COP (Céréales, Oléagineux, Protéagineux) soient très modestes, mon manque d'expérience m'oblige à y consacrer pas mal de temps. Samedi dernier était donc consacré au désherbage de notre parcelle de féverole [Ferme Butine].

Après une énième séance de mise en service de "nouveau matériel"*, me voilà prêt à travailler avec Cécile, celle-ci voulant bien m'aider à étrenner cet outil moins rébarbatif que les autres (dans la pratique, il faut croire que l'on s'en lasse vite, puisqu'elle n'a pas participé aux travaux de l'après-midi). Comme on peut le constater sur la photo, cette bineuse peut être dirigée par une personne placée à l'arrière des outils de désherbage, ce qui permet un travail plus précis.

Dans la pratique, et comme c'était prévisible, c'est la partie qui n'a pas été labouré qui a besoin d'être désherbé. Mon inter-rang étant plus large que mes bêches, j'ai essayé d'en mettre 2 dans le même rang mais j'ai été confronté à des problèmes de bourrage, toujours à cause des résidus de la culture précédente.

Je me suis donc contenté d'une seule bêche par inter-rang, ce qui, à l'usage, est bien suffisant, car cela laisse un peu plus de chance de survie à la culture en place ! Tout compte fait, c'est une activité assez pénible, car on craint en permanence de cisailler allégrement les plantes que l'on cherche à protéger...

* ici, le terme "nouveau matériel" fait référence à du matériel d'occasion que je remets en service. Cela sous-entend donc quelques mauvaises surprises car certaines parties sont manquantes ou fortement abimées, et quelques suées quand il faut réussir à dégripper les pièces de réglage gagnées par la rouille.

dimanche, 21 mars 2010

Laborieux semis

Il est temps de donner l'épilogue de notre première grande plantation...

A la mi-février, j'avais donc décidé que mon premier semis serait de la féverole [Il faut toujours un début...], et qu'il me restait jusqu'au 15 mars pour mettre les graines en terre [références techniques Féveroles].

L'hiver étant ce qu'il est -les terres étaient soit gelées, soit détrempées, autrement dit impraticables- cela m'a laisser le temps de trouver les semences, ainsi que l'agriculteur qui nous fera la récolte aux environs de la mi-août. Heureusement, début mars, le vent s'est mis à la bise (vent du nord) et a suffisamment séché les sols pour que je tente une incursion le 9. Et comme Aude, une amie de Laurence qui cherche à travailler en maraîchage, était chez nous pour quelques jours, je l'ai emmené avec moi pour attaquer le déchaumage*.

Après une petite heure, nous étions rassurés : la terre était capable de porter le tracteur. Retour le lendemain avec quelques moellons pour alourdir le cover-crop [outils à disques] -moellons que j'ai fini par déposer sur le bord du champ car ils avaient trop tendance à glisser et à venir bloquer la rotation des disques- pour une nouvelle séance d'environ 2 heures**.

Au final, la terre est découpée mais il reste de jeunes poussent d'herbes. Et ne parlons pas des restes des épis de maïs ! Mais le plus ennuyeux, à mon sens, c'est que nous ne pénétrons pas assez le sol (les graines de féveroles doivent être enterrées à au moins 5 cm). Je refais donc un passage de 3h le 13, en ayant écarté au maximum les bras de l'engin et en augmentant sensiblement la vitesse de traction, comme me l'a conseillé Yves, mon mécano fétiche.

Du coup, la terre est nettement plus découpée, ce qui semble solutionner l'herbe, mais n'améliore pas la profondeur de travail. Il faudra que je trouve un système de lestage plus efficace si je veux améliorer la chose...

Le temps se maintenant, je me résous à labourer une partie du champ, histoire de pouvoir comparer les 2 modes de culture. Après le premier sillon, je m'aperçois que l'axe de verrouillage des socs s'est rompu (certainement lors du déplacement, pendant lequel la charrue n'aurai pas dû être armée) et que je ne peux plus les inverser !

Du coup, me voilà obligé de changer de méthode de travail et de réaliser un labour en planche. Autrement dit, au lieu de faire des allers et retours sur le même sillon, il faut attaquer aux 2 extrémités et "tourner au tour" de la surface, le travail se terminant au centre. La difficulté apparait quand la forme du champ n'est pas rectangulaire et que les sillons se rencontrent de manière non parallèle au centre : à partir de là, c'est le chaos, le tracteur pouvant se retrouver épisodiquement "à cheval" sur la bande de terre restante ou au contraire retravailler un espace déjà retourné...

Du côté du semoir, j'avais eu quelques interrogations. L'idée était d'utiliser mon semoir de précision de maraîcher (les graines sont prises une à une grâce à des disques possédant des encoches adaptées en taille), mais je n'avais pas réalisé que l'on ne pouvait pas régler la distance inter-rang, les semoirs étant soudés au rail de traction. Je devais donc choisir entre tirer 4 rangs séparés de 25cm, ou 2 à 75cm (en n'utilisant pas les 2 semoirs centraux).

25cm ne permettant pas le binage ultérieur de la culture (trop de chance de couper les pieds de féverole), j'ai opté pour 75cm bien que nous soyons, dans ce cas là, dans la problématique inverse : trop d'espace implique moins d'étouffement des mauvaises herbes par la culture privilégiée et beaucoup plus de surface à sarcler pour l'agriculteur. Le moins mauvais choix étant fait, le semoir était nettoyé, graissé et attelé le 15 au matin.

Mes essais de traction sur béton m'avaient permis de choisir la taille des pignons pour obtenir la bonne densité de graines au m² et il ne me restait plus qu'à décider comment transporter mes 125kg de semences jusqu'au champ. J'optais pour un empilage à la débrouille des 5 sacs sur le tracteur et le semoir pour être le plus tôt possible sur place.

Malheureusement, je n'ai pas eu le temps d'attendre la parcelle que les soudures d'un des semoirs cédaient, m'obligeant à abandonner temporairement une partie de mon chargement. Le semoir perdu étant un des 2 non utilisés, un aller-retour plus tard, j'attaquais le semis.

Nouveau déboire : les roues servant à entrainer le mécanisme de distribution des graines ne tournent pas. Il est vrai que la surface est beaucoup moins plane et beaucoup plus "motteuse" que ma surface d'essai en béton, mais quand même. J'essaye d'augmenter la pression sur les roues en enfonçant plus l'engin mais les mottes font sauter la chaîne d'entrainement...

Après différents essais, tout aussi infructueux, le démontage du cache des pignons me fait comprendre qu'un des semoirs se bloque à chaque tour de roue, ce qui me décide à abandonner la partie (je ne vais quand même pas faire des inter-rangs d'un mètre cinquante !). Le temps de rentrer, de perdre un second semoir pendant le trajet, de revenir en Boxer pour récupérer sacs de graines et semoirs dessoudés, et je peux enfin me défouler sur ma tendre et chère épouse.

Il y a des jours où l'ambiance n'est pas euphorique...

2 jours plus tard, le 17, j'ai enfin réussi à semer ma féverole en utilisant un semoir à céréales (les graines sont nettement plus petites) que j'avais acquis quelques jours plus tôt (merci Philippe !). Après un nettoyage rapide, quelques réglages et des essais de densité, ce semoir ancestral (à la base, il était tiré par un cheval) s'est encore une fois acquitté de sa tâche avec brio.

En conclusion, d'après la surface recouverte, je pense que la densité de semis est bonne. Pour la profondeur, cela doit être à peu près correcte sur la zone labourée, mais nettement insuffisant sur celle simplement "disquée". Le problème ne provenant d'ailleurs pas spécialement de la dureté du sol mais plutôt des résidus de la culture précédente qui ne sont pas enfouis et qui ont tendance, en s'accumulant sous le semoir, à soulever celui-ci.

La zone non labourée cumule donc les handicaps (semis peu profond sur une terre compacte) mais nous allons laisser le temps à Dame Nature et nous ferons un point à la récolte...

* déchaumage : opération superficielle de préparation du sol qui consiste à arracher et enfouir les plantes levées, les graines tombées au sol et les chaumes d'une jachère, d'une friche, d'une culture intermédiaire ou de la culture précédente.

* je donne des temps de travail au champ, ce qui masque donc la préparation et le déplacement du matériel, pour une surface d'environ 90 ares (9000m²). Mon tracteur est un Massey Fergusson 158 des années 70, d'une puissance de 58ch (à l'origine !), 2 roues motrices (je suis monté en roues étroites, ce qui n'aide pas à la traction), et comme je débute, je ne suis pas un fana de la vitesse...

vendredi, 19 février 2010

Il faut toujours un début...

Pause...

Après 2 semaines de vacances, où nous avons dû gérer les enfants (trajets à la gare, visites médicales, recherche d'un nouvel hébergement et déménagement pour le garçon -encore un grand merci à Marie et Xavier-, etc) alors que Laurence est à l'extérieure 3 jours par semaine pour sa formation "Volailles de Bresse" et que les animaux (et le poêle !) doivent toujours être alimenté quotidiennement, il est temps que j'essaye de prendre 1 ou 2 heures pour faire le point et consigner toutes les recherches que nous avons faites...

Car, en début d'année, il faut se préparer aux semis.

Et cela demande réflexion, surtout pour les grandes cultures où le choix doit être restreint, contrairement aux cultures maraîchères pour lesquelles on utilise plusieurs dizaines d'espèces végétales dans l'année...

En agriculture biologique, le principe consiste à prévenir plutôt qu'à guérir (il faut quand même bien avouer que notre pharmacopée est tellement limitée qu'il vaut mieux ne pas avoir à guérir !). Et, au niveau des cultures, cela repose sur la rotation de celles-ci.

Il faut donc, en fonction des ses objectifs (vente, autoconsommation) et des possibilités pédoclimatiques* locales, choisir un ensemble d'espèces végétales (céréales, légumineuses, etc) que l'on alternera dans le temps (rotation) et dans l'espace (assolement). Pour compliquer encore un petit peu, il faut aussi tenir compte de la période de semis (par exemple, j'aurai bien voulu me faire la main sur du triticale, espèce plutôt rustique et pas trop chère, mais elle ne se plante qu'à l'automne) et du matériel que vous possédez pour semer, élever, récolter, voir stocker !.

À notre niveau, nous allons devoir improviser pour le matériel puisque nous n'avons ni les moyens ni le temps d'acheter tout ce qu'il faudrait. Nous essayerons aussi d'utiliser le travail à façon, mais nous risquons d'être pas mal limité par notre appellation Bio, qui nous oblige à garantir la traçabilité de la semence à la récolte, ce que ne permet pas les travaux "groupés" quand tous vos voisins sont en conventionnel !

Mais puisqu'il faut bien avancé, des choix doivent être fait et ma première "grande culture" sera la féverole (la fève que l'on plante dans son potager est une variété de féverole à grosses graines).

En effet, elle se plante au printemps (il existe cependant des variétés d'hiver), elle est riche en protéines (ce qui nous permettra de l'inclure dans l'alimentation de nos chèvres et de nos poulets) et elle fixe l'azote naturellement (aliment chimique de base pour la croissance des végétaux) ce qui nous évitera de fertiliser.

Que demander de plus ? Un prix de semence pas trop élevé (là, c'est raté puisque cela coûte aux environs de 230€ par hectare), l'utilisation d'un semoir en ma possession (semoir "graine à graine" utilisé en maraîchage) même s'il ne fait que 2 mètres de large, ainsi que la possibilité de combattre les adventices (mauvaises herbes) par buttage (retournement de la terre) si le semis est assez large.

Pour la récolte (qui se fait à la moissonneuse-batteuse) et le stockage, repoussons le problème à plus tard...

Le choix étant fait, il n'y a plus qu'à trouver les semences (ce qui n'a pas été aussi simple que ça car ce n'est pas une culture très répandue dans notre région), préparer le lit de semence (dès que le temps le permettra) et à planter : fin du chantier prévu à la mi-mars.

* pédoclimatique : qui concerne la nature du sol et les conditions climatiques locales.