Butine - Le Blog

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Nouvelles de la ferme

Puisque nous avons l'exceptionnelle chance de pouvoir finaliser notre reconversion en démarrant une activité fermière - qui va nous servir de support pour reconstruire un nouveau monde - il serait dommage de ne pas rendre publiques nos expériences.

Ce carnet de route fait donc office de chronique sur la vie de la ferme, alors que les dossiers de fond sur le projet sont accessible sur Butine - La Ferme.

dimanche, 17 septembre 2017

Petit point de fin d'été

Après ce long silence, il est temps de donner quelques nouvelles.

Les chèvres vont bien. Neuf mamans en lactation me donnent assez de lait pour continuer à fournir la biocoop de Louhans, les petits marchés de producteur,  et les ventes à la ferme. Avec les jours qui raccourcissent, et le début des chaleur, la production de lait diminue beaucoup.

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Nous sentons arriver la fin de l'été et les pommes de terres de garde sont rentrées (belle récolte cette année), Pour les légumes d'été la fin est proche:Nous nous sommes régalés de melons et tomates. Les potimarrons et courges sont stockés pour l'hiver.

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Le verger a donné enfin ses premiers fruits: des abricots délicieux et des pommes abondantes.

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Le gîte est terminé et labellisé Accueil Paysan.

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Nous mettons l'accent sur l'accueil social, mais nous hébergerons avec plaisir les visiteurs qui souhaitent partager un moment de vie à la ferme lorsque le gite est disponible.

Nous continuons les aménagements : un peu de défrichage, refaire quelques clôtures, (re)mise en état, rénovation,  rythment nos journées.

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C'est la première année que nous avons un peu de temps à consacrer à l'esthétisme de la ferme, rangement, fleurissement...

Cet été, nous avons développé un partenariat avec l'association rollaway, de Dijon.  Deux petits groupes de jeunes sont venus camper à la ferme et ont pu découvrir avec curiosité la traite des chèvres et la fromagerie.

Pour ce qui est des travaux en cours dans la maison, nous avançons lentement.

Difficile de se remettre du coup dur de l'an passé. Les procédures judiciaires sont longues, mais elles évoluent ;)

mardi, 25 octobre 2016

Un pas en avant, deux pas en arrière...on repart.

Pas facile de trouver des solutions.

Suite aux agissements de notre aigrefin, comment reprendre  les travaux? Il est clair que le budget prévu est plus que dépassé.

De plus, nous pouvons faire une croix sur le crédit d'impôt....

Mais nous devons remettre le chauffage en route et pour cela faire les enduits des murs.

Nous avons eu la chance de rencontrer des gens remarquables: M.Michaud, de l'entreprise BIONABAT qui nous a recommandé un artisan de confiance, de l'entreprise Intérieur chanvre.

Alain est venu très vite, nous a fait une devis rapidement et nous avons donc fait confiance à ce nouvel artisan,

(Un autre artisan était venu fin septembre, conscient de l'urgence des travaux....nous attendons toujours le devis).

A ce jour, les enduits sont terminés, et nous n'avons pas encore reçu de facture, même pas payer un acompte, la confiance à double sens....;)

Voici quelques photos

Le début des travaux en avril par notre faisan:

Plafond porteur

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Pose du part-vapeur, qui s'avère n'être qu'un papier kraft en fait, pas adapté et non conforme au matériaux proposé sur le devis.

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Armature bois pour les sous pente et montage des murs en béton de chanvre.

Plusieurs professionnels constatent que les tasseaux utilisés pour les sous-pentes sont d'épaisseur bien trop faible  pour supporter le poids de l'isolant et du parement en lambris.

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Montage du mur en béton de chanvre banché. Ce mur ci, côté sud, est déjà désolidarisé du mur.

Avant de faire l'enduit, il a fallu poser des chevilles.

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Ensuite, tous bois restant dans le mur aurait provoqué des fissure dans l'enduit, d'où la nécessité de poser un maillage sur toute la surface.

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Les conduits de cheminées n'ayant pas été isolés, nous avons dans l'urgence construit une structure métallique et fermé avec des panneaux de fermacell (normes anti feu) puis isolé le conduit avec de la perlite.

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Alain et Sylvain ont posé un gobetis d’accrochage avec trame, puis un enduit chaux chanvre de deux cm d'épaisseur.

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Il faut maintenant attendre le séchage complet pour que le plombier puisse intervenir.

Bientôt...photo après nettoyage ;)

vendredi, 14 octobre 2016

Le Mini Gite

...........................................Article en cours.................................................

Quelques photos de la rénovation du futur gite:

Ca, c'était en 2012: isolation et création de la mezzanine.

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Cette pièce a été longtemps utilisée telle quelle, comme bureau et chambre.

Et depuis l'hiver dernier, nous la transformons en gite:

Installation d'une douche italienne:

Coin cuisine et évacuations:

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La mezzanine devient une chambre: enduit des murs et plancher en chêne et rambarde bien solide;):

Pose du carrelage sol.

Finitions

Électricité.

dimanche, 25 septembre 2016

Un pas en avant, deux pas en arrière

Depuis que nous avons acheté notre ferme, nous avons travaillé dur, fait des sacrifices. Nous nous sommes battus pour un idéal.

Après 6 ans, épuisés et déçus, nous avons décidé de faire une pause. Faire le point sur notre projet. Comment le réorienter pour qu'il devienne un jour viable et vivable.

Nous avons fait le choix d'une nouvelle diversification: l'accueil social.

Nous avons déjà eu quelques expériences d'accueil avec des jeunes hollandais.

Désormais, ce que nous souhaitons développer serait plutôt basé sur des accueils en séjours courts (quelques jours à quelques semaines).

Pour cela, nous avons fait deux choix:

1. Isoler les combles afin d'utiliser l'espace disponible à l'étage et libérer les pièces du rez de chaussée. Ces pièces, seraient destinées à l'accueil de personnes jeunes et/ou dépendantes.

2. Aménager un mini-gite , labellisé Accueil Paysan Social, pour accueillir soit des vacanciers en quête de ressourcement, soit un public "fragilisé" mais autonome, nécessitant une présence ou un accompagnement non permanent.

J'ai délégué les travaux de maraichage à Thierry pour me consacrer aux travaux du gite. Il va bientôt être terminé et je vais profiter de l'hiver pour suivre quelques formations liées à l'accueil social et faire les démarches de labellisation.

Pour l'étage, les choses sont plus compliquées.

Le travail et l'investissement sont importants. Nous avons choisi un artisan "local", travaillant avec des matériaux naturels.

Nous avons signé un devis pour isoler les murs en béton de chanvre, les rampant de toit en fibre de bois, et le plafond en ouate de cellulose. Finition lambrissé (bois du Jura) . Pour moi, la réalisation d'un rêve.

Bien que les travaux aient démarré avec beaucoup de retard, nous aurions du occuper les lieux avant l'été.

Mais d'absences en retards, le chantier a été abandonné en juin.

En juillet, la société s'est déclarée en cessation de paiement, en août en liquidation judiciaire (tout cela sans nous tenir au courant bien sûr!).

D'après le rapport d'expert réalisé le 1er septembre, la société maison naturelle de Bourgogne, dont le gérant est M.Bedel, nous est redevable de 9600 euros! (créance déclarée au liquidateur et acceptée).

Mise à part cette perte d'argent, qui remet en cause nos choix et l'avenir du projet (il va falloir tout faire par nous même), je suis particulièrement blessée par la situation.

Nous avons accordé notre confiance à une personne avec laquelle nous pensions partager des valeurs écologiques et morales et nous réalisons que chaque mot, chaque promesse n'était que mensonge, boniments, manipulation.

Nous sommes impuissants face à la société en liquidation qui n'a pas les moyens de nous rembourser, mais nous ne sommes pas inactifs pour mettre le responsable (qui se débrouille tout de même pour continuer à travailler avec l'association le Queirau) face à ses responsabilités.

Pour la première fois de ma vie j'ai ressenti de la haine. Aujourd'hui la colère me galvanise. ¨Peut être pour plus tard l'apaisement...plus tard.

vendredi, 26 février 2016

Découverte de la vannerie.

Photos réalisées par Claudine lors de la formation:

Écoute, concentration, application....

Et article dans le journal local:

http://www.leprogres.fr/ain/2016/02/20/les-agriculteurs-s-initient-a-la-vannerie

L’Association départementale pour le développement de l’emploi agricole et rural (Addear) organise des formations en réponse aux attentes des paysans.

Durant deux jours, sept agriculteurs s’initient à la fabrication de panier en osier des haies, à la Maison de Pays en Bresse, sous la responsabilité de Roger Servignat, entouré de Joseph Calland, Jean Paccard et Joseph Perdrix.

« L’osier se coupe de novembre à janvier, exclusivement en lune dure, pour la conservation des paniers par la suite, sinon les paniers se déliteront en poussière, explique Roger Servignat, passionné de vannerie. L’osier doit être conservé au frais, à l’ombre de la lumière du soleil et de la lune.

En février, l’osier est à point pour être utilisé, tout en ayant séché, il garde sa souplesse pour être tressé sans se casser. C’est cet osier vert que j’utilise pour les stages. Quand je fais un panier, j’utilise souvent de l’osier séché que je recouvre de 5 cm d’eau dans une bassine, pendant un mois en hiver, ou seulement huit jours en été pour le réhydrater avant de le travailler. Les paniers sont alors plus résistants. »

Chaque stagiaire repart avec son propre panier, réalisé en 14 heures de découverte. Le vœu de Roger Servignat ? « Que chacun s’engage à perpétuer les traditions de la vannerie, le soir à la veillée. »

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samedi, 2 janvier 2016

Voeux 2016

Bonne et heureuse année à toutes et à tous :) !

Comme le veut la tradition, Laurence et moi venons vous présenter nos meilleurs vœux pour 2016.

Que cette nouvelle période vous trouve et vous garde en bonne santé, pour vous permettre de profiter pleinement de vos proches et faire progresser les projets qui vous tiennent à cœur.

Quelque soit notre vision du futur, une chose est sûre : le temps nous est compté.

Quid est hoc pro aeternitate ?
(Qu'est-ce que ceci, au regard de l'éternité ?)

Tout au long de mon existence, j'ai été séduite par tout ce qui glisse et fuit d'une fuite éternelle. J'ai été fascinée par tout ce qui, telle l'écume, brille de reflets tentateurs et illusoires. C'est quelque chose, tout de même, que cette formidable énergie que nous déployons pour tenter de remédier au formidable vide, à l'insensé, au manque, en nous livrant corps et âme au flux et reflux du plaisir, dans une fuite perpétuelle hors de nous même ! C'est terrible, parce que c'est vain et voué à l'échec. Telle l'écume, le plaisir disparaît sitôt que son objet est saisi. Ainsi, l'insatisfaction creuse en nous, encore et toujours plus profond, son sillage d'amertume. Tout nous échappe, et nous-même avec, car tous nous allons mourir. Fondamentalement, c'est pour oublier la mort que nous nous divertissons. Nous sommes plongés dans un néant : tout fuit, et nous aussi.

[Sœur Emmanuelle - "Vivre, à quoi ça sert ?" (Flammarion)]

À nous, donc, de rechercher les bonnes perspectives, de nous interroger sur nos échelles de temps et de valeurs, de prendre le recul nécessaire à la bonne interprétation de nos désirs, de réordonner les échelons nécessaires à notre épanouissement et à une certaine plénitude...

Dans une société matérialiste et chronophage - qui nous propose de toujours chercher à avoir plus, et plus vite, sans pour autant nous autoriser à nous sentir enfin rassasiés - il n'est pas facile de réintroduire des espaces de spiritualité dans son quotidien. Pourtant, un peu de lectures, de réflexions, voir de méditations, permet de nous réapproprier le temps qui passe et nous invite à réfléchir à notre rôle dans l'existence.

Sans aller jusqu'à la retraite ou au jeûne, prendre du temps, profiter des jours fériés ou des commémorations pour réinterpréter sa productivité quotidienne au profit de la communauté, ou d’un autre rapport aux autres, redonne un horizon à sa vie...

jeudi, 5 février 2015

Rénovation.

En décembre, je me suis attaquée à la remise en état d'une des pièces de la longère.

Après avoir (presque) vidé quelques années d'accumulation d'un tas de choses plus ou moins utiles, j'ai pu nettoyer.

Les poutres ayant fortement fléchi au cours du temps, nous avons pris des mesures et "redressé" le plafond en fixant de nouveaux chevrons sur les anciens.

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Puis , nous avons choisi de poser un lambris pour faire bien propre (choix qui ne me parait déjà plus très judicieux, car souffre beaucoup de l'humidité ambiante).

Enfin, après brossage des murs, j'ai passé un enduit à la chaux et quelques tasseaux et belles planches ont servi à fabriquer des étagères sur mesure.

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samedi, 3 janvier 2015

Nouvelle étape

Je l'avoue humblement, j'écris de moins en moins souvent ces derniers temps...

Naturellement, je pourrais invoquer de nombreuses excuses - toutes plus vrais les unes que les autres - pour expliquer que notre nouvelle vie est chronophage et que la gestion du vivant, tant animal que végétal, laisse peu de temps aux grandes envolées littéraires.

Mais la vraie raison est plus profonde, et nettement plus alarmante : je vois de moins en moins d'intérêts à témoigner sur des sujets qui sont maintenant bien connus mais inconsciemment occultés.

Si la canicule meurtrière de 2003 m'a bien fait prendre conscience des dérives de notre climat, ce n'est qu'en 2004 que je me suis enfin regardé en face et que j'ai admis que me plaindre ne suffirait pas.

Comme j'ai eu la chance que Laurence se soit rallier à ma vision des choses, nous avons entrepris ensemble les démarches qui devaient nous permettre de transformer le monde. A l'époque, nous estimions que l'inertie du public face aux drames qui s'annoncent n'était due qu'à un manque d'information, et qu'une prise de conscience était imminente !

Le simple fait que le Sommet de la Terre de Rio de Janeiro - qui fait référence ! - se soit déroulé en 1992, soit plus de 10 ans avant notre "réaction" alors que ce n'était pas le premier (voir Sommets de la Terre sur Wikipédia), aurait dû tempérer notre exaltation...

Réflexions sur les dangers qu'engendrent notre civilisation pour notre futur proche, recherches de solutions accessibles pour préserver au mieux nos enfants, choix et construction d'un projet, abandon de nos métiers respectifs et formations agricoles pour Laurence et moi, mise en vente de notre propriété, quête d'une ferme...

Cette première étape nous aura pris 5 ans pour se conclure, en 2009, par notre installation dans une ferme abandonnée depuis plus 18 ans. Toujours porté par notre enthousiasme, nous avons alors baptisé cette ferme "Butine", en référence à la légèreté de l'empreinte écologique que nous voulons lui imposer.

Collision frontale entre notre ancienne vie de famille (déménagement, travaux d'installation, gestion des enfants dans leurs nouvelles écoles) et une exploitation à sortir du néant (achat de matériel, déboisement, rénovation, démarrage des cultures et des élevages, recherche de débouchés, suivi administratif).

5 années de navigation à vue, de gestion de crises, de décisions incertaines quotidiennes. Apprendre un nouveau métier n'est jamais facile, mais quand les productions sont vivantes et qu'elles reposent sur des périodes de travail de plusieurs semaines, voir de plusieurs mois, la moindre erreur est catastrophique.

Avec des investissements importants, sans protection sociale, le rapport au temps et à l'argent se transforme. Et quand on réalise que tous ces efforts ne sont que le préalable à l'acte de vente, qui sera, au final, votre seul gage de réussite, il vaut mieux avoir des ressources...

Après 10 années d'efforts, aucune certitude sur le bien fondé de notre démarche, aucune avancé dans la prise de conscience de nos concitoyens. Juste la satisfaction d'avoir évité l'explosion de notre famille.

Heureusement, notre projet de vie nous a permis de découvrir des hommes et des femmes qui, chacun à sa manière, et avec plus ou moins de réussite, essayent aussi de faire évoluer les choses.

Et puisque nous avons la chance d'être encore en capacité de poursuivre notre projet, qui plus est en étant soutenu par des familles fidèles de l'AMAP Les Butineurs, il me semble important de reprendre un peu plus souvent la plume pour témoigner du combat des Colibris.

Parce que nous le valons bien.

samedi, 1 février 2014

Chronique 2013

Avant de commencer le billet annuel des naissances (plutôt en avance cette année, par rapport aux années passées), je voudrais rappeler un peu le déroulement de l'année passée...

Tout d'abord, nous avons continué d'accueillir des jeunes hollandais, avec plus ou moins de réussite ou de satisfaction...
Pour 2014, nous avons réalisé qu'il était nécessaire pour nous de faire une petite pause dans l'accueil, afin de nous retrouver en famille, de prendre le temps de faire un bilan sur ce qui va ou ne va pas, (de faire quelques travaux dans la maison) et peut-être de mieux nous préparer pour une prochaine fois.

Molie au salon

Après les mise bas catastrophiques de 2013, avortement, décès, l'année caprine a été plutôt bonne. Pas de malade, pas de problème de parasitage trop important,...

Tara et Molie sont devenues deux très jolies chevrettes en pleine forme.

La production de lait n'est pas énorme (une moyenne de 420 litres par chèvre cette année), mais correcte vu que je travaille toujours en monotraite, de mars à mi-novembre et que je ne les gave pas de concentrés (dans les élevages que j'ai visité, les chèvres ont souvent 900g, voir plus de 1 kg de céréales par jour. Moi, je leur donne 300 à 400g par jour du mélange orge-avoine-pois-maïs-féverolle en deux repas!). Une règle que j'ai retenue d'une formation sur la méthode Obsalim, donnée par le vétérinaire homéopathe Paul Polis: "une chèvre doit manger varié, sans varier, sans avarié"

En mars, réparation pépinière avec collage de rustines:rustine sur pepinière

Changement des bâches des tunnels, mais j'en ai déjà parlé ;-)  http://blog.butine.net/index.php/post/2013/04/Nouveaux-tunnels.

Niveau production de légumes, nous n'avons pas été gâtés par la météo. Comme  tous les producteurs, nous avons pris du retard en début de saison et nous n'avons commencé les livraisons régulières à l'AMAP qu'en juin!

Après des semaines de pluie, de sol détrempé, de tunnels inondés, nous avons enfin pu travailler.
La parcelle "du bas", n'a été accessible sans risquer de s'embourber qu'en juin, mais Thierry, après avoir bien bataillé avec les mauvaises herbes et les racines ( ben, oui, cette parcelle a été défrichée récemment, donc le sol est encore plein de racines qui viennent s'enrouler autour du cultirateau, obligeant Thierry  a se contorsionner pendant un temps fou à la fin de chaque planche pour nettoyer l'outil), donc Thierry a enfin pu planter les carottes, panais, betteraves, haricots cocos, pour la récolte d'hiver, et deux  lignes de maïs blanc (récolté en octobre, mis à sécher à l'ancienne sous le toit, puis dévoré par les souris en un rien de temps!), et enfin, nous avons repiqué les choux et des salades en août.

Après ces saisons très arrosées, nous n'avons pas eu d'eau pendant deux mois, et des grosses chaleurs.

Les orages passaient à quelques kilomètres de chez nous, et nous n'avions pas une gouttes de pluie pour nous faire économiser notre petite réserve d'eau, que Thierry distribuait avec parcimonie aux légumes les plus en danger!

Attaque de piéride sur choux et brocolis, beaucoup de perte, mais j'en ai déjà parlé aussi : http://blog.butine.net/index.php/post/2013/08/flash-back

 L'automne a été de nouveau humide et l'hiver, n'en parlons pas!

Les toit ont été réparés, enfin...une partie des toits. Restent le toit en tuiles de la longère et un morceau de toit au dessus de la fromagerie (travaux qui vont débuter incessamment sous peu ;-)).

En août, la récolte des céréales n'a pas posé trop de problèmes, même si c'est toujours un peu stressant de savoir si l'entreprise qui va moissonner va venir chez nous dans les temps, et que lorsqu'elle est là, la machine tombe en panne!

Nous avons eu le temps de construire les silos de stockages (que Thierry préfère appeler greniers) pour la récolte du mélange et des féverolles, dont les rendements n'ont pas été trop mauvais.
Le maïs de l'an dernier a été égrainé.
Le céréales sont donc bien "rangées", mais malgré cela il est difficile d'être à l’abri des rats et souris!

L'automne nous a laissé un peu de temps pour continuer différentes tâches:
nouveaux aménagements de la chèvrerie: aire d'attente, eau,
Défrichage,
nettoyage du ruisseau,
aménagement du poulailler
électrification du garage

Et ce début d'année, électrification et éclairage d'une partie de la longère qui sera la nurserie cette année.

Nous avons un peu plus le moral en ce début d'année, et grâce à la mobilisation de quelques Amapiens, nous sommes plein d'espoir pour cette année 2014. Malgré une fatigue accumulée que nous avons du mal a effacer, il est motivant de travailler en sachant que nous sommes soutenus.

mardi, 31 décembre 2013

Tempête Dirk

Le 23 décembre 2013, une dépression très creuse (935 hPa) s'est formée au large de l'Irlande. Elle a apporté des pluies importantes et des vents forts (140 km/h) sur l'ouest et le nord de la France.

Le 24 décembre, alors que la tempête Dirk se déplace vers la Scandinavie, les vents remontent dans la vallée du Rhône et de la Saône. Sans avoir la virulence de ceux qui ont touchés la côte la journée précédente, les vents atteignent quand même les 110 km/h dans notre région.

Tempete bois

Tempete bois 2

Du coup, nous avons passé la journée du 24 à courir d'une façade à l'autre pour remettre les bâches emportées par les rafales (les façades sont divisées en 2 : une partie basse, comprenant la porte, construite pour se soulever pendant les grosses chaleurs de l'été, et une partie haute, dénommée "demi-lune", qui a une fâcheuse tendance à "sauter" sous les assauts du vent).

Tempete cours

Vouloir sauver ses bâches est souvent un jeu à quitte ou double : soit le vent ne parvient pas à pénétrer dans les tunnels et vous gagnez, soit il s'engouffre à l'intérieur comme une voiture à pleine vitesse dans un garage. A la différence près que le tunnel n'est pas en béton mais simplement constitué d'armatures métalliques : dans le meilleur des cas, la bâche se déchire, dans le pire des cas, les armatures plient comme du plastique.

Tempete tunnel

Dans notre cas, nous avons sauvé nos bâches que nous venions de remplacer suite à la grêle de l'an dernier, mais la pression a été telle que les fils de soutien ont rompus. Si nous ne voulons pas passer notre temps à vider les poches d'eau qui vont se former à chaque pluie, il va nous falloir en remettre.

Le seul problème c'est que, normalement, on les installe AVANT de mettre la bâche et que nous n'avons pas du tout envie de déterrer celle-ci...

mercredi, 11 décembre 2013

Butine, micro-ferme hyper-diversifiée

Cela fait maintenant de longs mois que je n'ai pas pris la peine de donner des nouvelles...

Quand celles-ci ne sont pas très bonnes, qu'on a l'impression d'avoir galéré des années pour rien, il n'est pas facile d'avoir le courage de se poser derrière son clavier pour faire le point sur sa situation.

Mais puisqu'un certain nombre de personnes continuent de croire en nous et nous soutiennent, il est temps que je fasse un effort :-)

Notre rêve

Même si les graines du rêve avaient commencé à germer bien avant, je pense que l'on peut estimer que c'est la mise en vente de notre maison, courant 2006, qui marque le début de notre aventure.

A l'époque, nous ne nous imaginions pas à la tête d'une exploitation agricole, mais nous voulions déjà travailler au retour d'un monde basé sur la modération. Cependant, s'il est assez facile de déterminer ce qui n'est pas viable, il est plus compliqué de proposer des solutions réalistes et acceptables par le plus grand nombre.

Au fil des réflexions, des argumentaires, des recherches, nous avons estimé que la ferme était l'élément de base des civilisations. L'idée, bien sûr, n'était pas de revenir à l'époque néolithique mais bien de se permettre d'utiliser des outils du XXIe siècle, sans toutefois devenir "agriculteur".

Aux yeux de l'administration (notamment de l'INSEE), l'agriculture est une branche de l'industrie qui doit être organisée selon les mêmes principes: spécialisation, mécanisation, standardisation, diminution de la main d'œuvre, importance du secteur de la finance et du commerce

D'où ce projet de ferme traditionnelle, respectueuse du cycle de vie des végétaux et des animaux, autonome au niveau agronomique et peu émettrice en gaz à effet de serre.

Notre réalité

Je ne reviendrais pas sur l'histoire de notre installation, puisque tout est toujours accessible. Je reprends simplement à partir de nos petits soucis, administratifs (voir Projet Butine) et climatiques (voir Joli glaçon!).

Au fur et à mesure du passage des années, nous avons fait des choix qui, s'ils nous ont permis d'augmenter d'une manière considérable l'ambition de notre projet, nous ont amené aux limites de la viabilité économique.

La question devient donc : notre ferme est-elle viable ?

Comme celle-ci n'a pas été construite sur le modèle économique actuel, qui oblige à la spécialisation, au productivisme et, par voie de conséquence, au gigantisme, notre micro-ferme hyper-diversifiée est, de fait, exclut de tous les circuits "classiques" de ventes.

Mais comme nous cherchons à propager une certaine vision du monde, le surplus de temps nécessaire à la vente directe peut devenir alors bénéfique.

A condition, évidemment, de trouver un public.

Car, malgré les alertes répétés des scientifiques, notre société n'a pas pris le virage de la raison, bien au contraire (en fait, sur les différents scénarios envisagés par le GIEC* pour l'évolution de notre monde, nous suivons le pire !). Du coup, la fuite en avant se poursuit et la pression marchande devient de plus en plus forte, vampirisant tous les secteurs de notre vie pour nous entraîner dans la spirale sans fin de la consommation.

L'écume ou l'éternité
(Quid est hoc pro aeternitate ? - Qu'est-ce que ceci, au regard de l'éternité ?)

Tout au long de mon existence, j'ai été séduite par tout ce qui "glisse et fuit d'une fuite éternelle". J'ai été fascinée par tout ce qui, telle l'écume, brille de reflets tentateurs et illusoires. C'est quelque chose, tout de même, que cette formidable énergie que nous déployons pour tenter de remédier au formidable vide, à l'insensé, au manque, en nous livrant corps et âme au flux et reflux du plaisir, dans une fuite perpétuelle hors de nous même !

C'est terrible, parce que c'est vain et voué à l'échec. Telle l'écume, le plaisir disparaît sitôt que son objet est saisi. Ainsi, l'insatisfaction creuse en nous, encore et toujours plus profond, son sillage d'amertume. Tout nous échappe, et nous-même avec, car tous nous allons mourir.

Fondamentalement, c'est pour oublier la mort que nous nous divertissons. Nous sommes plongés dans un néant : tout fuit, et nous aussi.

Sœur Emmanuelle - "Vivre, à quoi ça sert ?" (Flammarion)

Notre futur

Il n'est pas facile d'imaginer le futur de la ferme.

Malgré l'expérience que nous avions acquise au fil du temps dans la première partie de notre vie, nous n'avions pas envisagé que ce projet serait aussi difficile. En réalité, aucun domaine ne nous a épargné, qu'il soit familial, administratif, technique ou commercial.

Et si nous sommes encore en activité aujourd'hui, cela tient vraiment à peu de chose. Malgré tous nos efforts et notre acharnement, nous aurions déjà sombré sans le soutient providentiel de quelques personnes.

Contrairement aux aléas, qui restent d'une remarquable constance, notre marge de manœuvre s'est tellement réduite que notre vision se limite dorénavant aux quelques mois qui viennent.

Mais nous persistons dans nos choix et nous abandonnerons le monde agricole s'il s'avère que notre société n'est déjà plus adaptée à ce type de projet.

Nos objectifs à court terme

Nos priorités sont de 2 ordres :

clôturer les différents dossiers administratifs qui menacent toujours de transformer notre projet en débâcle,

limiter notre fatigue en finalisant nos différents ateliers de production (contention des animaux, accès à l'eau et l'électricité, amélioration de la sécurité et de l'ergonomie de nos activité, etc).

Le tout avec l'espoir que cette stabilité nous permettent enfin d’éclaircir notre horizon.

Mais nos objectifs n'ont pas changés : réduire les dégradations du monde que nous laissons à nos enfants.

 


 

* Le GIEC (Groupe d'Experts Intergouvernnemental sur l'Evolution du Climat) a été créé en 1988 et son rôle est " d'évaluer l'information scientifique, technique et socio-économique qui concerne le risque de changement climatique provoqué par l'homme."

Malgré leur imagination, les scientifiques n'ont pas trouvé de scénario pire que celui que nous suivons actuellement.

Modeled temperature projection to 2100

mardi, 20 août 2013

"flash-back"

Wahou!, pas de nouvelles depuis avril!

C'est toujours comme ça l'été, le temps manque. Petit tour d'horizon en photos.

Février 2013: nettoyage et agrandissement à côté de la  parcelle de maraichage.

defrichage

Ça pousse tranquillement: ici en mai

printemps

En Aout.

En arrière plan, à gauche, la partie nettoyée en février est redevenue bien verte!

Aout

Le tunnel de tomates au début du mois d'aout: 230 pieds. Cette année, paillage et arrosage au goutteur sur chaque pied nous font gagner beaucoup de temps; Reste la taille qui occupe encore bien assez.

tomatestomatesaubergine

Les choux étaient bien partis: Avant l'attaque de piéride

choux

après

chouxchoux

Les nouveaux choux pour l'hiver sont surveillés de près et voilés. Tout comme les 2000 poireaux qui ont été repiqués (pour empêcher les mouches qui vont pondre et nous donner de jolis petits vers).

Les petits plants de salades  sont attaqués par des chenilles minuscules; Il faut recommencer les semis et les voiler aussi.

Nous avons semé, épinards, mâche et jeunes pousses (naménia, roquette,..), radis, navets.

Les pommes de terre ne sont pas encore récoltées, mais c'est pour bientôt.

Les courges sont superbes: nous aurons des rouges vif d'Estampe, des  courges musquées, des butternuts et des potimarons. Bien mieux que l'an dernier!

Bref, malgré une saison qui a débuté très tard(un mois de moins pour vendre!), suivie par une période de très forte chaleur sans une goutte de pluie, on peut dire que la bataille a été rude, mais les résultats pas trop décevants.

Ah, j'oubliais, le récolte de céréale: pas mal du tout. Nous avons fini juste à temps de construire les "greniers" de stokage (normalement, les rongeurs ne passeront pas!)

jeudi, 25 avril 2013

Enfin un nouveau toit.




Dix mois après la grêle de 2012 (voir Joli glaçon), nous avons enfin des nouveaux toits!
Le toit de la maison vient d'être réparé (fini les seaux au grenier) et les hangars sont recouverts.
Quelques photos:

Désamiantage:
désamiantage

amiante

Chèvrerie sous la pluie:

chevrerie

Nouveau toit sans amiante, avec plein de panneaux transparents, on y gagne une grande luminosité!


toit

Seule problème: les ventilations au niveau des faitières ont été oubliées: il faudra que l'entreprise revienne pour arranger ça.

samedi, 30 mars 2013

Quel pied!

Ça y est, je marche presque normalement.

Après une grosse entorse à la cheville le 20 février, j'ai du lever le pied ;-) pendant 25jours, jusqu'au déplâtrage, le 15 mars.

Bien sûr, c'est moins ennuyeux que si cela était arrivé en juillet, mais quand même! en décembre cela aurait été moins frustrant !!

Les travaux de réparation du toit étaient programmés pour le 27 mars et il fallait vider tous les bâtiments concernés. Thierry a du faire tout le boulot seul, en plus du reste et m'assister pour la traite des chèvres, transporter le bidon, distribuer le foin et l'eau. Et finir la construction du poulailler, pour installer nos cocottes encore en pension chez les éleveurs bio qui patientent pour nous. Et rebâcher les tunnels et finir de monter les portes (prochain billet ;-)) et travailler la terre pour commencer les semis (là, la météo nous ralenti bien aussi, y a pas que mon accident qui nous retarde!)....

molie

Sans compter qu'en dehors du boulot, ma mobilité à la maison était bien réduite. Heureusement que nous avons aussi pu compter sur de l'aide amicale et familiale (le frère de Thierry, mes parents) et quelques messages de soutien d' Amapiens (et même des fleurs).

Maintenant que je galope, j'ai pu rejoindre Thierry pour tenter  de rattraper les travaux en retard, mais je crains que nous ne devions courir un moment! 

[Pour info, dans le milieu agricole, une assurance accident du travail est obligatoire, et nous avons choisi ATEXA, à la MSA (Mutualité Sociale Agricole: organisme qui gère toutes les prestations sociales en milieu agricole, équivalent à la Sécurité Sociale, la CAF...).

En cas d'accident de travail, une indemnité  journalière peut être versée, après 7 jours de carences et sous réserve de plus de 30% d'invalidité.]

lundi, 24 septembre 2012

Projet Butine

Comme cela fait maintenant déjà 3 ans que nous avons acheté cette ferme en ruine, il est temps de faire le point sur l'état de notre projet.

Pour mémoire, c'est en réaction aux dégradations environnementales* qui détruisent notre planète et hypothèquent sérieusement l'avenir de nos enfants, que nous avons décidé, Laurence et moi, de nous donner les moyens de travailler sur 2 axes en devenant fermiers :

  • un axe écologique tout d'abord, en cherchant à produire grâce à un système agronomiquement autonome - autrement dit, qui ne vit pas sous perfusions permanentes d'apports extérieures qui résultent de la destruction d'autres parties de notre écosystème - qui est la seule façon "d'exploiter durablement" notre monde;
  • un axe socio-économique ensuite, en réactivant les réseaux sociaux et le commerce de proximité par la vente directe, dans l'espoir de tisser les liens humains nécessaires au développement d'une synergie qui nous permettra de mieux affronter les désordres à venir.

Dans la pratique, ces 2 axes sont intimements associés puisque nos travaux quotidiens mélangent allègrement les activités liées aux productions agricoles avec celles qui essayent de nous en faire vivre. Ce qui fait toute la beauté de la chose et explique que nous désespérons régulièrement d'arriver à viabiliser notre projet.

Mais reprenons dans l'ordre.

Après avoir correctement isolé notre habitation, mis en place un chauffage central alimenté par une chaudière à bois déchiqueté (c'est bien le seul intérêt de notre vingtaine d'hectares de bois en friche ;-D !) et installé des toilettes sèches, le principal a été fait à ce niveau.

Pour la ferme, le principe de base consiste à mettre en place un cycle de vie : utiliser le sol pour nourrir les humains (légumes) et les animaux (fourrage et céréales), puis récupérer le fumier pour fertiliser le sol.

Du principe à la pratique il y a un monde, car tout est une question d'équilibre, mais nous cultivons déjà légumes et céréales, et élevons notre petit troupeau de chèvres. En attendant de mettre en place l'atelier de poules pondeuses...

Le tout en bio, évidemment.

Mais tous ces petits travaux prennent du temps et un certain retard a été pris au niveau de la restauration des bâtiments agricoles, qui manquent toujours cruellement des commodités de bases, comme l'eau et l'électricité.

Ne parlons même pas de la réaffectation des espaces de travail, surtout maintenant que la grêle a perforé la toiture en fibrociment (voir Joli glaçon). Avant que nous soyons de nouveau au sec, entre les artisans débordés suite au sinistre et les contraintes administratives sur l'amiante, il va se passer quelques mois compliqués.

Mais il y a encore plus pénible et cela concerne l'axe socio-économique.

De la même manière que nous rencontrons des difficultés dans notre nouveau métier de fermier, nous rencontrons des difficultés au niveau de nos débouchés commerciaux.

Même si nous sommes encore moins vendeurs que fermiers, le problème vient surtout qu'on n'acquière pas une clientèle du jour au lendemain, surtout quand on a aussi peu de temps à lui consacrer.

Comme nous voulons faire de la vente directe, nous nous sommes orientés vers les marchés et le partenariat avec une AMAP (Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne - voir le site national). Naturellement, c'est cette seconde option qui correspond le plus à nos objectifs et nous l'avons donc privilégiée.

Ceci étant, les consomm'acteurs ne sont pas aussi facile à trouver que nous le supposions et le nombre d'adhérents progresse plus lentement qu'escompté.

Les finances ne vont donc pas très fort, mais le plus épuisant, quand vous trimez sans relâche pour essayer de sortir la tête de l'eau, c'est de traîner "une procédure contradictoire relative à un contrôle portant sur les aides à l'investissement", dont la conclusion pourrait être le "remboursement des aides perçues qui s'élève à 28 025€ recouvrement compris" (voir Vicissitudes administratives).

Nous nous sommes donc soumis à une série de suivis technico-économiques qui devait se finaliser par la création d'un avenant à notre PDE (Plan de Développement d'Exploitation, sorte de business plan élaboré lors de notre installation).

Après plus de 6 mois de tractations et d'angoisses, nous venons d'apprendre que notre situation très particulière nécessitait d'attendre nos résultats économiques de 2012 pour statuer sur la viabilité de notre entreprise...

Nous voilà donc repartis pour 6 mois à nous demander en permanence si nous devons continuer à investir ou si nous ne ferions pas mieux d'arrêter les frais.

L'hiver est toujours une période de replis sur soi, de remises en question. A nous de rassembler nos forces, nos soutiens, nos espoirs, pour nous recentrer sur l'essentiel : un avenir pour nos enfants.

* Les dégradations environnementales sont nombreuses mais la plus dramatique, car elle transforme radicalement notre milieu de vie, concerne le dérèglement climatique en cours, qui s'accélère comme le prouve la fonte sans précédent de la banquise arctique cette année (je vous laisse bien évidemment faire vos propres recherches sur Internet, mais voici quelques liens journalistiques français - NouvelObs, LeMonde - et canadiens - LaPresse, LaPieuvre).

La fonte totale de la banquise l'été pourrait survenir d'ici quelques années (alors que le dernier rapport du GIEC** de 2007 la prévoyait entre 2050 et 2100).

Or «L'Arctique agit comme le climatiseur de la planète [..]. L'eau libre absorbe 90% de la chaleur du soleil, mais la glace au contraire reflète 90% de cette chaleur. Si on enlève la glace, c'est comme si on retirait le réfrigérant du climatiseur.»

«Si la fonte de la banquise n'a pas de conséquence sur le niveau de la mer, elle entraîne toutefois des effets néfastes sur le climat. Elle est ainsi à l'origine de modification des courants océaniques et atmosphériques, ainsi que d'un relargage accru de pesticides et autres polluants organiques persistants dans l'atmosphère, qui vont renforcer le réchauffement climatique.»

** "Conscients du problème que pourrait poser le changement climatique à l’échelle du globe, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) ont créé, en 1988, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Le GIEC est un organe intergouvernemental qui est ouvert à tous les pays membres de l’ONU et de l’OMM." Consulter le site du GIEC en français.

vendredi, 3 août 2012

Au revoir

Voilà, Marius est parti.

Il a rejoint sa nouvelle famille dimanche, dans le Morvan et son nouvel ami, Laurel.

Nous sommes heureux de ce placement chez des personnes qui auront plus de temps pour prendre soin de lui, car notre âne adore la compagnie, le travail, mais nous avions peu de temps à lui consacrer.

Marius et Laurel

Le même jour, j'ai vendu quatre de mes chèvres.

Camille, Sophie, Fidji et Enak ont rejoint un petit troupeau de 5 chèvres dans l'Ain. Au dernières nouvelles , elles s'entendent bien. Les personnes qui les ont prises sont habituées à la traite et je leur ai confiés mes biquettes avec un petit serrement au coeur, mais avec la certitudes qu'elles seront bien traitées.

Me voici donc avec un cheptel réduit: Chaussette et sa fille Sethi,  Nefer et Ikaré avec leurs filles Bella et Aude (qui ne donne pas de lait cette année) et la petite Enda, qui va devoir partir aussi et bien sûr le bouc, hapy qui est magnifique.

La traite est plus rapide, plus calme, le travail en fromagerie allégé.

Je pourrais garder des chevrettes l'année prochaine,c'est une petite consolation.

Bref, je pense avoir fait le bon choix, même si je dois les compter deux fois avant de me rappeler qu'elles ne sont plus que 7.

vendredi, 6 avril 2012

Printemps 2012

Avec le retour du printemps, et la monté en puissance de nos travaux, il est temps de faire le point sur nos occupations des derniers mois.

Le plus important concerne naturellement nos vicissitudes administratives...

D'un point de vue purement pratique, pour faire court, une réunion a fini par être organisé entre la Chambre d'Agriculture, la DDT et nous. Devant la particularité de notre cas, l'administration a souhaité être la plus souple possible en suspendant les sanctions et en nous laissant toute latitude au niveau des productions pour proposer un avenant au PDE qui nous permette de devenir viable.

Nous sommes donc tenu de faire un point avec les techniciens spécialisés dans nos productions (maraîchage, chèvres, volailles), de faire un bilan technico-économique et de reconstruire un plan de développement sur les 2 ans qui viennent.

Ceci étant, le principe de base des aides reste le même : l'exploitation doit nous permettre de dégager un SMIC en 2014, sans quoi il nous faudra les rembourser. Prosaïquement, cela signifie que si nous n'arrivons pas à gagner de l'argent, on va nous en réclamer. Le principe est rude mais c'est la même règle pour tous.

Au vu de notre situation actuelle, le défi est donc de taille, mais nous allons le relever.

D'une part parce que plus nous renouons avec la nature, plus nous nous apercevons que notre combat est nécessaire. D'autre part parce que nous avons réunit autour de nous un noyau de personnes qui nous soutient et nous encourage.

Ceci étant, la déprime liée à nos déboires économiques et à notre fatigue n'a réellement pris fin qu'avec l'accueil de notre première filleule*.

Bien que son arrivée un peu précipité nous ait obligé à rénover une nouvelle pièce en urgence, la prise en charge de cette jeune personne, en perdition mais si volontaire, nous a condamné à nous secouer pour lui venir en aide.

Après ce que nous avons vécu avec nos enfants, nous sommes tout à fait capable de comprendre ce que ressentent ces parents qui sont venus nous confier le leur. Mais, cette fois, notre position nous permet d'être actif dans la reconstruction de cette personnalité et nous nous en donnons à cœur joie en essayant d'utiliser nos multiples travaux pour l'aider à se retrouver.

Et ceux-ci ne manquent pas.

Au niveau du maraîchage, nous continuons à travailler sur l'irrigation, point névralgique s'il en est (vous avez vus des giboulées, en mars, vous, cette année ?). Après avoir vidé et déplacé notre crib, abattu le sapin qui nous gênait, terrassé une surface plane, nous avons enfin pût positionner notre citerne souple. Maintenant, nous nous efforçons de la remplir (30m3) en collectant les eaux de pluie et en tirant l'eau du puits.

Reste tout le système d'irrigation des cultures qui est toujours à l'état de projet. Il faut dire que les surfaces à arroser sont encore susceptibles de bouger, que nos ressources en eau sont très limités (nous limiterons donc les arrosages "aériens") et que la science des débits/pressions (malheureusement, je ne parle pas de bières !) en fonction du nombre de tuyaux, de leur longueur, du nombre de goutteurs au m, etc, est assez ésotérique.

Pour nous venger, nous avons attaqué le montage de notre second tunnel. Quelques dizaines de tube à déplacer, à emboiter, à fixer, un peu de Pythagore pour calculer les angles droits (tant qu'à faire, autant que l'extrémité du second tunnel ne finisse pas dans la bâche du premier) et nous voilà partis pour quelques dizaines d'heures de jeux de construction. Notre objectif est de réussir à bâcher avant la plantation des tomates...

Mais avant de repiquer celles-ci, il nous faudra planter les pommes de terre de garde (les pommes de terre nouvelles sont déjà en terre), ce qui m'impose de terminer la préparation de la parcelle que j'ai défriché à l'automne dernier.

La bonne nouvelle, c'est que l'hiver à fait son travail et que la terre est un peu moins compacte. La mauvaise nouvelle est qu'il reste beaucoup trop de racines et que l'accès à la zone est pour le moins délicate dès que le sol est un tant soit peu humide (il a fallut que j'abandonne ma charrue en vrac pour réussir à sauver le tracteur de l'enlisement au passage d'un fossé).

Pour l'heure, j'ai quand même réussi à passer les disques pour aplanir les sillons et j'ai labouré une seconde fois perpendiculairement au premier passage pour essayer de couper un maximum de racines. Maintenant, il va me falloir composer avec la météo pour réussir à obtenir une surface apte à recevoir nos plants de pommes de terre d'ici la fin du mois.

Au niveau des chèvres, Laurence a finalisé la nouvelle configuration de la chévrerie. Les cornadis sont en place et la traite s'effectue maintenant depuis plusieurs semaines sans trop de problèmes.

Nous ressortons le troupeau régulièrement avec bonheur, maintenant que nous savons que les limites sont totalement grillagées. Reste les séparations de parcelles, qui ne sont encore pas fixes puisque certaines zones sont encore inaccessibles, qu'il faut gérer régulièrement pour éviter que nos animaux les contournent en taillant dans les ronces.

J'ai même eu le temps d'épandre une partie du fumier sur la parcelle maraîchère et de déplacer le reste pour réorganiser nos emplacements de transformation de la litière en compost. Reste les grandes cultures, qui sont quelques peu délaissées.

Les pois n'ont pas survécu au gèle du mois de février mais le mélange d'avoine et d'orge continu de pousser tranquillement. Bientôt reviendra le temps des foins, mais je préfère ne pas trop y penser par avance...

* filleule : nous travaillons avec l'association Clé de voute pour accueillir sur notre ferme de jeunes personnes en rupture sociétale (alcool, drogue, proxénétisme, fugue) pour leur offrir un cadre structurant qui doit leur permettre de se reconstruire.

mercredi, 25 janvier 2012

Vicissitudes administratives

Il y a quelques jours, je souhaitais faire un article pour remercier France Télécom, pardon, l'opérateur historique, de nous avoir privé d'ADSL pendant un bon mois et demi simplement parce qu'un technicien a "oublié" de nous rebrancher après le dégroupage.

Mais la vie continue et l'absence d'accès Internet, les appels téléphoniques -dont les portables- devenus payants, deviennent secondaires quand l'administration vous a à la bonne.

Puisque nous nous sommes installés en tant que JA (Jeune Agriculteur), nous avons bénéficié de certains avantages, qui vont d'une subvention à l'installation à des prêts bancaires aidés (les prêts, exclusivement sur du matériel neuf, sont à 1% pour les JA, l'état prenant en charge le complément). Du coup, nous sommes régulièrement contrôlés pour vérifier que nous ne détournons pas l'argent du contribuable, ce que nous comprenons et acceptons.

Après une visite pour vérifier que les bâtiments agricoles que nous avons acquits en achetant la ferme étaient bien là, nous avons donc accueilli un nouveau contrôleur après l'achat des poulaillers.

Dans notre esprit, comme le plan de développement de l'exploitation - que nous avons élaboré avec feu l'ADASEA en 2009 pour défendre notre projet - le prévoyait, nous ne pouvions profiter du prêt bonifié pour les poulaillers qu'en contractant celui-ci en 2010. À cette époque, nous avions déjà tellement de retard sur nos prévisions que nous n'envisagions pas l'installation des poules avant de nombreux mois, mais rater un taux à 1% nous semblait idiot. Nous avons donc acheté le matériel.

Après avoir obtenu notre permis de construire, nous avions quand même, début 2011, attaqué les premières fondations lors de la visite de l'inspecteur, que j'ai donc sereinement guidé vers nos bâtiments en kit, rangés soigneusement sous une grande bâche. Mais l'homme ne se contenta pas de constater que le prêt avait bien servi à l'achat de poulaillers : ceux-ci auraient dû être fonctionnels !

Comme personne dans l'administration n'a été en mesure de nous donner une date butoir, nous avons rapidement mis cet incident de côté et continué à cultiver nos légumes pour essayer de gagner quelque argent...

Comme je l'ai déjà raconté dans l'article Premier poulailler, la construction n'était toujours pas terminée à la fin de l'année. L'administration étant tenace, elle nous a alors demandé de rembourser les intérêts à sa charge. Pour éviter cette perte sèche et essayer de clore le dossier rapidement pour revenir à nos petites occupations quotidiennes, nous avons anticipé le remboursement du prêt, ce qui a mis fin à l'affaire moyennant un petite dizaine de milliers d'euros.

La nouvelle saison commençait bien...

Mais nous avions aussi été contrôlé sur notre installation. Là, l'inspecteur a vérifié que les prêts utilisés pour l'achat du foncier et du bâti sont bien arrivés sur le compte de l'exploitation. Cela semblerait plus judicieux de le demander à la banque, mais bon, nous sommes bonne poire.

Nous devions aussi fournir, parait-il, le compte-rendu de l'audit que nous nous sommes engagé à subir. Comme convenu, nous nous sommes effectivement soumis à la visite d'une personne accréditée pour vérifier l'avancement de notre installation. Nous en étions même demandeur puisque chaque conseil est important lorsque l'on est pas du métier. Malheureusement, nous n'avons jamais eu le dit compte-rendu...

Là encore, il semblerait plus judicieux de demander à l'organisme qui l'a réalisé de le fournir, mais l'administration est ainsi faite. Laurence a donc fouillé nos archives, contacté les uns et les autres, mais nous n'avons pu que fournir la feuille d'émargement prouvant le passage de l'auditeur (en fait, celui-ci n'est plus en fonction et, à ce jour, le compte-rendu est toujours introuvable).

On nous reproche aussi de n'avoir toujours pas de poulets. Et comme nous avons des chèvres qui n'étaient pas dans les prévisions, le doute s'installe. Mais autant nous avions réussi à argumenter, avec notre interlocuteur lors de l'audit, sur le fait que les chèvres n'étaient là que parce qu'elles valorisent beaucoup plus les ronces que les poulets, et que ceux-ci ne pourraient de toute façon pas être installé tant qu'ils n'avaient ni abris ni parcours, autant il n'y a pas eu de discussion avec notre interlocuteur lors du contrôle...

Après remonté des informations à l'administration centrale par le contrôleur, le service concerné de la DDT (Direction Départementale du Territoire) nous a donc assigné aujourd'hui à rembourser les subventions et les intérêts des emprunts concernés, soit la modique somme d'une trentaine de milliers d'euros.

Pour l'heure, nous ne connaissons pas encore les conséquences qui en découleront au niveau de nos emprunts (le taux passera-t-il de 1% au taux du marché ou devrons-nous tout bonnement les rembourser ?) mais est-il besoin de préciser que si cette décision est confirmée, nous serons dans l'obligation d'arrêter notre projet pour chercher un travail plus rémunérateur ?

Quoi qu'il en soit, nous n'avons actuellement plus aucune motivations pour continuer à investir notre temps et notre argent dans cette entreprise qui ressemble de plus en plus au tonneau des danaïdes...

Ajout du 01/03/2012

Nous avons donc eu une réunion à la fin du mois dernier avec 2 représentants de la Chambre d'Agriculture pour faire le point sur notre situation.

Un des rôles de cette institution étant de représenter les agriculteurs auprès des services locaux de l'état, l'idée est de fournir à la DDT un compte-rendu plus étoffé que le courrier que nous avons retourné dans les 10 jours.

Cette réunion nous a déjà permis de mieux comprendre le décalage entre l'administration et nous. Alors qu'au quotidien nous travaillons principalement sur le maraîchage, ce qui le place dans notre esprit, mais aussi d'un point de vue économique, comme notre production principale, la DDT nous perçoit au travers de notre prévisionnel 2014, dans lequel ce sont les poulets qui représentent la production principale...

Par contre, la nouveauté depuis cette annonce de "déclassement total" fin janvier, c'est notre motivation par rapport à cette filière. Là aussi, le travail quotidien explique nos œillères. Alors que nous nous démenions depuis des mois pour voir courir des poulets sur notre propriété, nous ne nous posions plus particulièrement le problème du débouché.

En volaille de Bresse AOP (Appellation d'Origine Protégée), la demande est très forte localement et il n'y a pas de questions à se poser au niveau de la vente. Quand nous avons décidé d'abandonner l'AOP au profit de la bio, nous étions conscient que nous ne bénéficierions plus d'une filière spécifique, mais le message médiatique permanent qui rappel que la demande en bio est soutenue nous a leurré.

Quelle ne fût donc pas notre surprise quand, début février, dans l'optique de préparer cette réunion, nous avons contacté les différents abattoirs du coin (la Saône et Loire possède encore, heureusement, un certain nombre d'abattoirs de volailles) pour leur demander leurs tarifs et leurs contraintes en terme de quantité. Or, dans la région, aucun abattoir n'est intéressé par la filière bio !

Ce qui sous-entend, au delà de la problématique de l'abattage lui même (aujourd'hui, on n'égorge plus les poulets dans sa cuisine !), qu'il n'y a pas de filière de vente de poulets bio dans la région. Autrement dit, qu'il faut réussir à tout vendre en direct au consommateur, ce qui divise au moins par 10 les quantités envisageables, et les revenus correspondants...

Le seul choix restant consiste donc à modifier notre PDE pour remplacer la volaille de chair par des fromages bio et des œufs bio. Encore faut-il que la DDT nous autorise à le faire.

À l'heure actuelle, nous sommes donc dans l'attente :

  1. que les conclusions de cette réunion soient avalisées par la Chambre et qu'un compte-rendu en ce sens soit transmit à la DDT,
  2. que la DDT accepte la proposition et nous donne le temps de construire un nouveau PDE,
  3. que ce nouveau PDE soit accepté.

Tout refus lors de l'une de ces 3 étapes entraînera "le déclassement total" de notre installation et le remboursement des aides, avec les conséquences que l'on sait.

dimanche, 8 janvier 2012

L'eau, la terre, la Bresse

La Bresse est une zone d'appellation contrôlée située dans une plaine légèrement vallonnées qui occupe la partie Est du bassin moyen de la Saône. Au niveau géologique, le fossé bressan est constitué de limons, de cailloutis calcaires issus de l’érosion des plateaux calcaires et des terrasses alluviales.

Son sol va du sable à l'argile mais sa caractéristique principale est qu'il est à plusieurs dizaines de mètres de la roche mère. Autrement dit, les rochers sont quasiment inexistants dans cette région. Et comme celle-ci est arrosées par les nombreux cours d'eaux qui la traversent, l'accès à l'eau n'a jamais été un problème. Du coup, l'habitat y est très dispersé et les accès nombreux.

Si ces caractéristiques pédoclimatiques favorisent le maintien d'un paysage campagnard, elles compliquent le maillage du territoire, que cela soit au niveau du réseau routier ou de celui d'Internet. C'est pourquoi nous nous démenons comme de beaux diables depuis quasiment 2 mois pour essayer de rester "branchés". Voilà donc les dernières nouvelles, qui se verront agrémenter de quelques photos quand nous auront récupéré un peu de débit !

Nous avons terminé l'année 2011 sur quelques chantiers de fond.

Le plus urgent concernait le verger, car nous souhaitions profiter de l'automne pour planter quelques arbres. Je me suis donc efforcé de finir de dégager notre "allée-verger" avant la sainte Catherine et nous l'avons complétée avec quelques fruitiers. Si l'on tient compte des pertes que nous avons eu, nous possédons maintenant une douzaine d'arbres, qui vont du pommier au cerisier en passant par le pêcher et le néflier. Nous travaillons toujours dans l'esprit fermier sur de petites échelles (petites par rapport aux agriculteurs qui vendent aux grossistes et qui raisonnent "industriel").

Le chantier suivant, et qui est malheureusement loin d'être terminé, concerne l'irrigation. Si nous souhaitons éviter de passer nos soirées à arroser nos plantations au jet d'eau pour économiser nos faibles réserves, nous devons augmenter celles-ci. Du coup, nous travaillons à la mise en place d'une citerne souple de 30m3, que nous alimenterons en eau de pluie.

 Au stade actuel, nous avons défini l'emplacement approprié : en hauteur par rapport à la zone à irriguer, au plus près possible de nos emplacements de récupération d'eau (1 existant et 1 à venir) et pas trop loin d'une source ... d'électricité. Pour finir, cet espace de presque 70m² (7x9m) doit être le plus plat possible pour éviter trop de terrassement.

Bien entendu, cet emplacement était déjà occupé puisque nous y avions placé notre séchoir à maïs. Il a donc fallu finir de vider le crib (Loïc et Quentin nous ont bien manqué mais, du coup, il leur reste quelques dizaines de kilos d'épis à égrainer ;-D !) pour pouvoir le déplacer. Pour faire bonne mesure, et profiter de l'espace ainsi dégagé, j'en ai profité pour abattre le sapin qui commençait à nous donner des sueurs froides les jours de grands vents.

faire la place  place

Nous sommes encore loin de remplir la citerne, puisqu'il me faut encore découper et déplacer le tronc avant de pouvoir attaquer le terrassement, mais je dois avouer mon extrême satisfaction d'avoir réussi à préserver les lignes électriques et téléphoniques du hameau !

Au niveau des chantiers extérieurs, je travaille aussi sur les clôtures qui nous séparent de nos voisins. Celles-ci sont bien évidemment au milieu des arbres et des ronces, ce qui ne gêne guère les chèvres mais nettement plus leurs chevriers. Pourtant, cela pourrait s'avérer agréable si, après plus de 2 ans, nous pouvions enfin sortir notre troupeau et le laisser sans surveillance...

cloture avant cloture après

Le problème c'est que plus je dégage nos limites, plus les animaux (les nôtres mais aussi ceux du voisin) ont tendance à vagabonder. Il me faut donc faire des clôtures temporaires au fur et à mesure que je nettoie les abords de l'ancienne. L'avancée n'est donc pas rapide, surtout que je ne peux pas utiliser d'engins mécaniques, ni pour le défrichage ni pour la mise en place des poteaux, mais j'espère réussir à faire le plus gros avant la fin de l'hiver. Seule une partie très marécageuse restera sans grillages, uniquement protégée par ce qui m'empêche d'y travailler : son sol spongieux.

Heureusement, nous avons aussi des occupations d'intérieures, puisque plus de 1000m² de bâtiments sont à réapprovisionner en eau et en électricité. Le plus urgent étant de voir clair, Laurence a commencé à ré-électrifier la longère et l'étable.

Nous avons enfin terminer le passage souterrain du câble électrique 5G6 entre le garage et la longère (percement des fondations des bâtiments, tranché-canal à la bressanne), ce qui a permit la pose du tableau électrique qui alimentera tout le secteur. Comme pour le sapin, ce fut un réel bonheur de constater que les 60 mètres de câble en 6mm² qui nous restaient faisaient la jonction entre les 2 tableaux électriques...

À partir de là, Laurence a joué de l'échelle et de la perceuse pour tirer des lignes du tableau jusqu'aux emplacements stratégiques, prévoyant à chaque fois une prise triphasée et des monophasés. Avant la fin 2011, nous avions donc quelques points lumineux pour traverser l'étable sans lampe de poche, mais surtout, nous n'avions plus de rallonges qui traversaient la cour dans tous les sens !

Pour terminer avec une occupation qui est à la limite entre notre vies professionnelle et familiale, quelques nouvelles du plancher. Nous avions donc attaqué en septembre, sous la direction avisée de notre ami François, la pose de bastaings sur les solives pour corriger les 10cm de dénivelée de celui-ci. Dur labeur où il faut positionner les planches avec précision tout en jouant les équilibristes.

plancher

Dans la foulée, nous avons isolé avant l'arrivée du froid. Maintenant, nous terminons la pose du plancher proprement dit pour nous permettre de gagner un peu d'espace dans la maison. L'étage ne sera toujours pas à l'abri du froid et de l'humidité, mais si nous nous organisons bien, nous devrions réussir à gagner suffisamment de place au rez-de-chaussée pour délaisser notre caravane et ses nuits froides et bruyantes...

dimanche, 6 novembre 2011

Été indien

Le printemps et l'été ont été rudes, que cela soit au niveau de la météo ou de nos occupations.

Naturellement, au niveau de la ferme, les 2 sont très liés et quand les saisons se détraquent, les travaux ne s'en trouvent pas simplifiés. Mais c'est surtout le défi de notre partenariat avec Les Butineurs qui nous a mis sous pression : fournir chaque semaine des légumes sains et variés à un groupe de famille pendant plus de 6 mois alors que nous sommes loin de maîtriser notre nouveau métier n'est pas une simple gageure.

Du coup, la gestion de l'immédiat ne nous a pas permis de nous investir dans les travaux de fond, comme le défrichage, la pose de nouvelles clôtures, ou tout simplement le curage* de la chévrerie. Et comme les travaux d'automne (seconde coupe de foin, semis de céréales) commençaient à se faire pressant, nous avons décider d'interrompre notre participation au marché du mercredi pour profiter du beau temps du mois de septembre.

N'appréciant pas particulièrement les fenaisons (voir Fenaison 2011), j'ai longtemps hésité à couper le regain, mais nos besoins en fourrage et le beau temps persistant m'ont forcé la main. Je suis donc reparti en quête du matériel (cette fois, Yves m'a carrément proposé de garder sa faneuse et son andaineuse sur la ferme) et j'ai fauché nos 2 parcelles (à celle utilisée pour les foins de mai, et sur laquelle je n'ai pas planté de maïs à cause de la sécheresse, s'ajoute celle où j'avais semé une prairie sous les blés).

trefle

Le bottelage m'a fait beaucoup pesté, car de nombreuses bottes étaient mal ficelées (les ficelles à l'ancienne ne sont pas réputées pour leur homogénéité ni pour leur solidité) et il me fallait repasser le foin à la main, mais je suis quand même venu à bout de l'ouvrage.

Le ramassage s'est fait en effectif réduit, notre benjamine aux commandes du tracteur, Laurence sur la remorque et votre serviteur à ses pieds. Au final, nous avons récolté environ 1 tonne de foin qui permettra à Laurence d'avoir un peu de marge pour cet hiver.

En parallèle, j'ai travaillé la terre de notre troisième parcelle pour réaliser un lit de semences. Sans véritable labour, le résultat n'est pas brillant : bien que les mauvaises herbes aient séché, elles n'ont pas été enseveli et m'ont donc gêné lors du passage des autres outils.

J'ai quand même réussi à semer à peu près correctement mon mélange d'avoine, orge et pois. Il ne reste plus qu'à espérer que les amoncellements provoqués par le passage de la herse ne gêneront pas à la récolte et que je pourrai les enfouir aux prochains labours...

semis à l'ancienne semis

Comme les quelques pluies de septembre n'ont pas rendu le terrain impraticable, j'en ai aussi profité pour défricher une zone pas trop boisée mais difficile d'accès car en contre-bas de notre ferme. L'idée était de parvenir à labourer le terrain avant l'hiver pour que le gel puisse émietter la terre et détruire un maximum de racines.

friche

 friche2

La belle arrière saison m'a été très favorable car le travail de défrichage est plus que long. Il faut commencer par broyer ce qui peut l'être, ce qui se limite aux ronces et aux arbrisseaux avec la puissance de mon tracteur. Ensuite, il faut abattre les arbres à la tronçonneuse, débarder le bois et détruire les branchages.

defrichage

 abattage

Reste les souches à déraciner au tractopelle et les résidus du broyage, qui peut atteindre une bonne dizaine de centimètres d'épaisseur, à pousser en bordure si l'on veut que la charrue puisse pénétrer le sol.

desoucher  nettoyer

Le labour devient alors possible, même si d'innombrables racines obligent des interventions régulières pour dégager les socs.

labourer labour

La surface gagnée avoisine les 20 ares (2000m²) et sera très certainement totalement dédié à la plantation des pommes de terre de garde de la saison prochaine. Elle risque néanmoins d'être insuffisante pour compenser l'augmentation du nombre de familles participant à l'AMAP, à moins que je n'arrive à améliorer mon rendement...

Nous avons profité des travaux de défrichage pour étendre la clôture des chèvres et agrandir leur parcours. À ce stade, notre principal soucis, si l'on omet le problème de la gestion de la pousse de l'herbe sous les fils électriques (en bio, pas de désherbants !), provient des fugues des chèvres quand elles arrivent à nettoyer les limites avec les voisins.

Pour l'heure, nous allons profiter de la trêve hivernale, pendant laquelle les chèvres sortent beaucoup moins, mais le péril demeure. Pour rester sur le sujet des chèvres, notre prochaine priorité consiste à leur aménager, pour cet hiver, un espace temporaire dans l'étable pour nous permettre de nettoyer celui qu'elles utilisent actuellement.

Laurence est à la tâche et je n'interviens que pour l'aider à déplacer les claies et autres barrières, qui font un poids imposant dès qu'elles dépassent les 2 mètres. Quand nous auront dégagé leur enclos permanent, l'idée est de remettre en fonction la chaîne de curage qui équipait la stabulation. Le projet ne sera pas facile car il faut complètement remplacer la chaîne (qui fait 80 mètres de long et qui est loin d'être légère) ainsi que la rampe d'évacuation.

Autrement dit, il faut tout refaire, à part les tranchées en béton, ce qui n'est déjà pas rien. Sans vouloir faire la mauvaise langue, je suis curieux de savoir, entre la chaîne de curage et les poulaillers, quel projet se terminera en premier ;-D !

En attendant, de mon côté et quand la météo le permet, j'essaye d'aménager les abords du maraîchage de manière à pouvoir commencer à mettre en place un système d'irrigation au printemps prochain. Nous avons trop souffert cette année pour ne pas chercher à améliorer la gestion de cette ressource.

Et quand le temps ne le permet pas, je travaille à l'isolation de la maison. L'an dernier, nous nous étions contentés de poser l'isolant sur le plancher du grenier mais depuis que le toit a été refait (tiens, il semblerait que nous n'en avons même pas parlé ?), nous souhaiterions commencer à aménager le dit grenier.

toit1

Malheureusement, la planéité laisse à désirer (plus de 10 cm entre le point haut et le point bas) d'où des travaux quelques peu laborieux : arrachage du vieux plancher, nettoyage de l'espace entre les solives pour y placer l'isolant, fixation des bastaings sur les solives (le bastaing est une planche que l'on accroche sur le flan de la solive de manière à obtenir un nouveau support horizontal), découpe et pose de la laine, le tout en équilibre sur les solives...

grenier1

C'est le prix à payer pour économiser un peu de bois et m'éviter de trop jouer au bucheron. Mais je vais garder les détails de cette autre activité pour un autre article sur le devenir énergétique de notre société ;-)

* curer une étable consiste à enlever la litière qui s'est accumulée au fil des mois sous les animaux.

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