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Nouvelles de la ferme

Puisque nous avons l'exceptionnelle chance de pouvoir finaliser notre reconversion en démarrant une activité fermière - qui va nous servir de support pour reconstruire un nouveau monde - il serait dommage de ne pas rendre publiques nos expériences.

Ce carnet de route fait donc office de chronique sur la vie de la ferme, alors que les dossiers de fond sur le projet sont accessible sur Butine - La Ferme.

mercredi, 25 janvier 2012

Vicissitudes administratives

Il y a quelques jours, je souhaitais faire un article pour remercier France Télécom, pardon, l'opérateur historique, de nous avoir privé d'ADSL pendant un bon mois et demi simplement parce qu'un technicien a "oublié" de nous rebrancher après le dégroupage.

Mais la vie continue et l'absence d'accès Internet, les appels téléphoniques -dont les portables- devenus payants, deviennent secondaires quand l'administration vous a à la bonne.

Puisque nous nous sommes installés en tant que JA (Jeune Agriculteur), nous avons bénéficié de certains avantages, qui vont d'une subvention à l'installation à des prêts bancaires aidés (les prêts, exclusivement sur du matériel neuf, sont à 1% pour les JA, l'état prenant en charge le complément). Du coup, nous sommes régulièrement contrôlés pour vérifier que nous ne détournons pas l'argent du contribuable, ce que nous comprenons et acceptons.

Après une visite pour vérifier que les bâtiments agricoles que nous avons acquits en achetant la ferme étaient bien là, nous avons donc accueilli un nouveau contrôleur après l'achat des poulaillers.

Dans notre esprit, comme le plan de développement de l'exploitation - que nous avons élaboré avec feu l'ADASEA en 2009 pour défendre notre projet - le prévoyait, nous ne pouvions profiter du prêt bonifié pour les poulaillers qu'en contractant celui-ci en 2010. À cette époque, nous avions déjà tellement de retard sur nos prévisions que nous n'envisagions pas l'installation des poules avant de nombreux mois, mais rater un taux à 1% nous semblait idiot. Nous avons donc acheté le matériel.

Après avoir obtenu notre permis de construire, nous avions quand même, début 2011, attaqué les premières fondations lors de la visite de l'inspecteur, que j'ai donc sereinement guidé vers nos bâtiments en kit, rangés soigneusement sous une grande bâche. Mais l'homme ne se contenta pas de constater que le prêt avait bien servi à l'achat de poulaillers : ceux-ci auraient dû être fonctionnels !

Comme personne dans l'administration n'a été en mesure de nous donner une date butoir, nous avons rapidement mis cet incident de côté et continué à cultiver nos légumes pour essayer de gagner quelque argent...

Comme je l'ai déjà raconté dans l'article Premier poulailler, la construction n'était toujours pas terminée à la fin de l'année. L'administration étant tenace, elle nous a alors demandé de rembourser les intérêts à sa charge. Pour éviter cette perte sèche et essayer de clore le dossier rapidement pour revenir à nos petites occupations quotidiennes, nous avons anticipé le remboursement du prêt, ce qui a mis fin à l'affaire moyennant un petite dizaine de milliers d'euros.

La nouvelle saison commençait bien...

Mais nous avions aussi été contrôlé sur notre installation. Là, l'inspecteur a vérifié que les prêts utilisés pour l'achat du foncier et du bâti sont bien arrivés sur le compte de l'exploitation. Cela semblerait plus judicieux de le demander à la banque, mais bon, nous sommes bonne poire.

Nous devions aussi fournir, parait-il, le compte-rendu de l'audit que nous nous sommes engagé à subir. Comme convenu, nous nous sommes effectivement soumis à la visite d'une personne accréditée pour vérifier l'avancement de notre installation. Nous en étions même demandeur puisque chaque conseil est important lorsque l'on est pas du métier. Malheureusement, nous n'avons jamais eu le dit compte-rendu...

Là encore, il semblerait plus judicieux de demander à l'organisme qui l'a réalisé de le fournir, mais l'administration est ainsi faite. Laurence a donc fouillé nos archives, contacté les uns et les autres, mais nous n'avons pu que fournir la feuille d'émargement prouvant le passage de l'auditeur (en fait, celui-ci n'est plus en fonction et, à ce jour, le compte-rendu est toujours introuvable).

On nous reproche aussi de n'avoir toujours pas de poulets. Et comme nous avons des chèvres qui n'étaient pas dans les prévisions, le doute s'installe. Mais autant nous avions réussi à argumenter, avec notre interlocuteur lors de l'audit, sur le fait que les chèvres n'étaient là que parce qu'elles valorisent beaucoup plus les ronces que les poulets, et que ceux-ci ne pourraient de toute façon pas être installé tant qu'ils n'avaient ni abris ni parcours, autant il n'y a pas eu de discussion avec notre interlocuteur lors du contrôle...

Après remonté des informations à l'administration centrale par le contrôleur, le service concerné de la DDT (Direction Départementale du Territoire) nous a donc assigné aujourd'hui à rembourser les subventions et les intérêts des emprunts concernés, soit la modique somme d'une trentaine de milliers d'euros.

Pour l'heure, nous ne connaissons pas encore les conséquences qui en découleront au niveau de nos emprunts (le taux passera-t-il de 1% au taux du marché ou devrons-nous tout bonnement les rembourser ?) mais est-il besoin de préciser que si cette décision est confirmée, nous serons dans l'obligation d'arrêter notre projet pour chercher un travail plus rémunérateur ?

Quoi qu'il en soit, nous n'avons actuellement plus aucune motivations pour continuer à investir notre temps et notre argent dans cette entreprise qui ressemble de plus en plus au tonneau des danaïdes...

dimanche, 8 janvier 2012

L'eau, la terre, la Bresse

La Bresse est une zone d'appellation contrôlée située dans une plaine légèrement vallonnées qui occupe la partie Est du bassin moyen de la Saône. Au niveau géologique, le fossé bressan est constitué de limons, de cailloutis calcaires issus de l’érosion des plateaux calcaires et des terrasses alluviales.

Son sol va du sable à l'argile mais sa caractéristique principale est qu'il est à plusieurs dizaines de mètres de la roche mère. Autrement dit, les rochers sont quasiment inexistants dans cette région. Et comme celle-ci est arrosées par les nombreux cours d'eaux qui la traversent, l'accès à l'eau n'a jamais été un problème. Du coup, l'habitat y est très dispersé et les accès nombreux.

Si ces caractéristiques pédoclimatiques favorisent le maintien d'un paysage campagnard, elles compliquent le maillage du territoire, que cela soit au niveau du réseau routier ou de celui d'Internet. C'est pourquoi nous nous démenons comme de beaux diables depuis quasiment 2 mois pour essayer de rester "branchés". Voilà donc les dernières nouvelles, qui se verront agrémenter de quelques photos quand nous auront récupéré un peu de débit !

Nous avons terminé l'année 2011 sur quelques chantiers de fond.

Le plus urgent concernait le verger, car nous souhaitions profiter de l'automne pour planter quelques arbres. Je me suis donc efforcé de finir de dégager notre "allée-verger" avant la sainte Catherine et nous l'avons complétée avec quelques fruitiers. Si l'on tient compte des pertes que nous avons eu, nous possédons maintenant une douzaine d'arbres, qui vont du pommier au cerisier en passant par le pêcher et le néflier. Nous travaillons toujours dans l'esprit fermier sur de petites échelles (petites par rapport aux agriculteurs qui vendent aux grossistes et qui raisonnent "industriel").

Le chantier suivant, et qui est malheureusement loin d'être terminé, concerne l'irrigation. Si nous souhaitons éviter de passer nos soirées à arroser nos plantations au jet d'eau pour économiser nos faibles réserves, nous devons augmenter celles-ci. Du coup, nous travaillons à la mise en place d'une citerne souple de 30m3, que nous alimenterons en eau de pluie.

Au stade actuel, nous avons défini l'emplacement approprié : en hauteur par rapport à la zone à irriguer, au plus près possible de nos emplacements de récupération d'eau (1 existant et 1 à venir) et pas trop loin d'une source ... d'électricité. Pour finir, cet espace de presque 70m² (7x9m) doit être le plus plat possible pour éviter trop de terrassement.

Bien entendu, cet emplacement était déjà occupé puisque nous y avions placé notre séchoir à maïs. Il a donc fallu finir de vider le crib (Loïc et Quentin nous ont bien manqué mais, du coup, il leur reste quelques dizaines de kilos d'épis à égrainer ;-D !) pour pouvoir le déplacer. Pour faire bonne mesure, et profiter de l'espace ainsi dégagé, j'en ai profité pour abattre le sapin qui commençait à nous donner des sueurs froides les jours de grands vents.

Nous sommes encore loin de remplir la citerne, puisqu'il me faut encore découper et déplacer le tronc avant de pouvoir attaquer le terrassement, mais je dois avouer mon extrême satisfaction d'avoir réussi à préserver les lignes électriques et téléphoniques du hameau !

Au niveau des chantiers extérieurs, je travaille aussi sur les clôtures qui nous séparent de nos voisins. Celles-ci sont bien évidemment au milieu des arbres et des ronces, ce qui ne gêne guère les chèvres mais nettement plus leurs chevriers. Pourtant, cela pourrait s'avérer agréable si, après plus de 2 ans, nous pouvions enfin sortir notre troupeau et le laisser sans surveillance...

Le problème c'est que plus je dégage nos limites, plus les animaux (les nôtres mais aussi ceux du voisin) ont tendance à vagabonder. Il me faut donc faire des clôtures temporaires au fur et à mesure que je nettoie les abords de l'ancienne. L'avancée n'est donc pas rapide, surtout que je ne peux pas utiliser d'engins mécaniques, ni pour le défrichage ni pour la mise en place des poteaux, mais j'espère réussir à faire le plus gros avant la fin de l'hiver. Seule une partie très marécageuse restera sans grillages, uniquement protégée par ce qui m'empêche d'y travailler : son sol spongieux.

Heureusement, nous avons aussi des occupations d'intérieures, puisque plus de 1000m² de bâtiments sont à réapprovisionner en eau et en électricité. Le plus urgent étant de voir clair, Laurence a commencé à ré-électrifier la longère et l'étable.

Nous avons enfin terminer le passage souterrain du câble électrique 5G6 entre le garage et la longère (percement des fondations des bâtiments, tranché-canal à la bressanne), ce qui a permit la pose du tableau électrique qui alimentera tout le secteur. Comme pour le sapin, ce fut un réel bonheur de constater que les 60 mètres de câble en 6mm² qui nous restaient faisaient la jonction entre les 2 tableaux électriques...

À partir de là, Laurence a joué de l'échelle et de la perceuse pour tirer des lignes du tableau jusqu'aux emplacements stratégiques, prévoyant à chaque fois une prise triphasée et des monophasés. Avant la fin 2011, nous avions donc quelques points lumineux pour traverser l'étable sans lampe de poche, mais surtout, nous n'avions plus de rallonges qui traversaient la cour dans tous les sens !

Pour terminer avec une occupation qui est à la limite entre notre vies professionnelle et familiale, quelques nouvelles du plancher. Nous avions donc attaqué en septembre, sous la direction avisée de notre ami François, la pose de bastaings sur les solives pour corriger les 10cm de dénivelée de celui-ci. Dur labeur où il faut positionner les planches avec précision tout en jouant les équilibristes.

Dans la foulée, nous avons isolé avant l'arrivée du froid. Maintenant, nous terminons la pose du plancher proprement dit pour nous permettre de gagner un peu d'espace dans la maison. L'étage ne sera toujours pas à l'abri du froid et de l'humidité, mais si nous nous organisons bien, nous devrions réussir à gagner suffisamment de place au rez-de-chaussée pour délaisser notre caravane et ses nuits froides et bruyantes...

dimanche, 6 novembre 2011

Été indien

Le printemps et l'été ont été rudes, que cela soit au niveau de la météo ou de nos occupations.

Naturellement, au niveau de la ferme, les 2 sont très liés et quand les saisons se détraquent, les travaux ne s'en trouvent pas simplifiés. Mais c'est surtout le défi de notre partenariat avec Les Butineurs qui nous a mis sous pression : fournir chaque semaine des légumes sains et variés à un groupe de famille pendant plus de 6 mois alors que nous sommes loin de maîtriser notre nouveau métier n'est pas une simple gageure.

Du coup, la gestion de l'immédiat ne nous a pas permis de nous investir dans les travaux de fond, comme le défrichage, la pose de nouvelles clôtures, ou tout simplement le curage* de la chévrerie. Et comme les travaux d'automne (seconde coupe de foin, semis de céréales) commençaient à se faire pressant, nous avons décider d'interrompre notre participation au marché du mercredi pour profiter du beau temps du mois de septembre.

N'appréciant pas particulièrement les fenaisons (voir Fenaison 2011), j'ai longtemps hésité à couper le regain, mais nos besoins en fourrage et le beau temps persistant m'ont forcé la main. Je suis donc reparti en quête du matériel (cette fois, Yves m'a carrément proposé de garder sa faneuse et son andaineuse sur la ferme) et j'ai fauché nos 2 parcelles (à celle utilisée pour les foins de mai, et sur laquelle je n'ai pas planté de maïs à cause de la sécheresse, s'ajoute celle où j'avais semé une prairie sous les blés).

trefle

Le bottelage m'a fait beaucoup pesté, car de nombreuses bottes étaient mal ficelées (les ficelles à l'ancienne ne sont pas réputées pour leur homogénéité ni pour leur solidité) et il me fallait repasser le foin à la main, mais je suis quand même venu à bout de l'ouvrage.

Le ramassage s'est fait en effectif réduit, notre benjamine aux commandes du tracteur, Laurence sur la remorque et votre serviteur à ses pieds. Au final, nous avons récolté environ 1 tonne de foin qui permettra à Laurence d'avoir un peu de marge pour cet hiver.

En parallèle, j'ai travaillé la terre de notre troisième parcelle pour réaliser un lit de semences. Sans véritable labour, le résultat n'est pas brillant : bien que les mauvaises herbes aient séché, elles n'ont pas été enseveli et m'ont donc gêné lors du passage des autres outils.

J'ai quand même réussi à semer à peu près correctement mon mélange d'avoine, orge et pois. Il ne reste plus qu'à espérer que les amoncellements provoqués par le passage de la herse ne gêneront pas à la récolte et que je pourrai les enfouir aux prochains labours...

semis à l'ancienne semis

Comme les quelques pluies de septembre n'ont pas rendu le terrain impraticable, j'en ai aussi profité pour défricher une zone pas trop boisée mais difficile d'accès car en contre-bas de notre ferme. L'idée était de parvenir à labourer le terrain avant l'hiver pour que le gel puisse émietter la terre et détruire un maximum de racines.

friche

 friche2

La belle arrière saison m'a été très favorable car le travail de défrichage est plus que long. Il faut commencer par broyer ce qui peut l'être, ce qui se limite aux ronces et aux arbrisseaux avec la puissance de mon tracteur. Ensuite, il faut abattre les arbres à la tronçonneuse, débarder le bois et détruire les branchages.

defrichage

 abattage

Reste les souches à déraciner au tractopelle et les résidus du broyage, qui peut atteindre une bonne dizaine de centimètres d'épaisseur, à pousser en bordure si l'on veut que la charrue puisse pénétrer le sol.

desoucher  nettoyer

Le labour devient alors possible, même si d'innombrables racines obligent des interventions régulières pour dégager les socs.

labourer labour

La surface gagnée avoisine les 20 ares (2000m²) et sera très certainement totalement dédié à la plantation des pommes de terre de garde de la saison prochaine. Elle risque néanmoins d'être insuffisante pour compenser l'augmentation du nombre de familles participant à l'AMAP, à moins que je n'arrive à améliorer mon rendement...

Nous avons profité des travaux de défrichage pour étendre la clôture des chèvres et agrandir leur parcours. À ce stade, notre principal soucis, si l'on omet le problème de la gestion de la pousse de l'herbe sous les fils électriques (en bio, pas de désherbants !), provient des fugues des chèvres quand elles arrivent à nettoyer les limites avec les voisins.

Pour l'heure, nous allons profiter de la trêve hivernale, pendant laquelle les chèvres sortent beaucoup moins, mais le péril demeure. Pour rester sur le sujet des chèvres, notre prochaine priorité consiste à leur aménager, pour cet hiver, un espace temporaire dans l'étable pour nous permettre de nettoyer celui qu'elles utilisent actuellement.

Laurence est à la tâche et je n'interviens que pour l'aider à déplacer les claies et autres barrières, qui font un poids imposant dès qu'elles dépassent les 2 mètres. Quand nous auront dégagé leur enclos permanent, l'idée est de remettre en fonction la chaîne de curage qui équipait la stabulation. Le projet ne sera pas facile car il faut complètement remplacer la chaîne (qui fait 80 mètres de long et qui est loin d'être légère) ainsi que la rampe d'évacuation.

Autrement dit, il faut tout refaire, à part les tranchées en béton, ce qui n'est déjà pas rien. Sans vouloir faire la mauvaise langue, je suis curieux de savoir, entre la chaîne de curage et les poulaillers, quel projet se terminera en premier ;-D !

En attendant, de mon côté et quand la météo le permet, j'essaye d'aménager les abords du maraîchage de manière à pouvoir commencer à mettre en place un système d'irrigation au printemps prochain. Nous avons trop souffert cette année pour ne pas chercher à améliorer la gestion de cette ressource.

Et quand le temps ne le permet pas, je travaille à l'isolation de la maison. L'an dernier, nous nous étions contentés de poser l'isolant sur le plancher du grenier mais depuis que le toit a été refait (tiens, il semblerait que nous n'en avons même pas parlé ?), nous souhaiterions commencer à aménager le dit grenier.

toit1

Malheureusement, la planéité laisse à désirer (plus de 10 cm entre le point haut et le point bas) d'où des travaux quelques peu laborieux : arrachage du vieux plancher, nettoyage de l'espace entre les solives pour y placer l'isolant, fixation des bastaings sur les solives (le bastaing est une planche que l'on accroche sur le flan de la solive de manière à obtenir un nouveau support horizontal), découpe et pose de la laine, le tout en équilibre sur les solives...

grenier1

C'est le prix à payer pour économiser un peu de bois et m'éviter de trop jouer au bucheron. Mais je vais garder les détails de cette autre activité pour un autre article sur le devenir énergétique de notre société ;-)

* curer une étable consiste à enlever la litière qui s'est accumulée au fil des mois sous les animaux.

jeudi, 14 juillet 2011

Grosse fatigue....

Bon, je ne savais pas trop comment je nommerai ce "billet", fatigue, lassitude, épuisement, découragement, démoralisation, abattement...Bref, les mots ne manque pas pour traduire notre état physique et psychologique qui fait plutôt le yoyo ces derniers temps, ou plutôt les montagnes russes avec des remontées de plus en plus difficiles.

Certes, notre filles a eu son bac, c'est la bonne nouvelle. Éric n'est pas accepté, faute de place, dans l'école qu'il souhaitait, c'est moins sympa, mais il le supporte assez bien.
Donc ambiance familiale quand même détendue en ce début de vacances scolaires.

Mais le travail de maraichage nous amène à beaucoup de questions. Malgré un travail acharné et des journées qui n'en finissent pas, nous n'avons pas la récompense de nos efforts.

La sécheresse et la chaleur nous ont fait perdre beaucoup de productions ( épinards en graine, navets et salades qui montent, pois stoppés dans leurs croissances, choux raves rachitiques, fèves...). Mais pas seulement. La chaleur écrasante a aussi puisé dans nos réserves d'énergie, parce qu l'on ne peut pas toujours reporter à un moment plus frais le temps de désherbage ou de semis. Si nous voulons des légumes présentables, il faut cueillir "à la fraiche". Seulement, la fraiche des derniers mois se résume à quelques petites heures tôt le matin. Ou tard le soir, heures consacrées à l'arrosage, suivi par la cueillette de haricots.

J'ai repiqué 200 choux fleurs et 200 choux blancs, qui sont censés être notre stock pour l'hiver. Je dois en mettre encore autant. Les betteraves sont jolies, mais ne rencontrent pas un grand succès auprès du public (à part au près de notre ainée ;-) !)

Les courgettes et concombres donnent à profusion, ....au risque de lasser.

Les plants de haricots verts s'épuisent très vite.

Les tomates étaient prometteuses. Afin de palier au aléas climatiques, toutes mes variétés sont réparties sous le tunnel (70 pieds) et en plein air (70 pieds). Mais, après une sécheresse importante, l'apport d'eau brutal des derniers jours ne plait pas beaucoup. Le murissement commence et je jette les tachées très vilaines et immangeables! si les tomates ne donnent pas, je rends mon tablier!

Côté "grande culture", du stress à répétition.

La sécheresse a rendu la prairie (celle où nous avons fait les foins) impossible à travailler, et nous avons pris la décision, face à la pénurie d'eau, de ne pas labourer la parcelle, et de renoncer à planter le maïs.
Conclusion: pas de maïs pour les poules l'année prochaine (et comme il aura mal poussé pour tous les agriculteurs, il sera très cher quand nous en aurons besoin!).
(Et depuis, il pleut régulièrement!!)

Nous espérons faire une deuxième coupe de foin à l'automne. Cela ne suffira pas. J'ai acheté du foin à un éleveur en conversion bio (C2) local. L'année est tellement mauvaise pour tout le monde que j'aurais pu obtenir une dérogation pour acheter du foin en conventionnel, mais j'ai la chance d'en trouver du (bientôt) bio à proximité, et à un prix "convenable" (pour info, 135 euros la tonne, j'en ai acheté 5 tonnes, joli trou dans le budget chèvre!!).

Les féveroles sont récoltées. Petit germe de satisfaction avec un rendement convenable de 19qx/ha. Nous avions planté 0,6 ha, je vous laisse calculer notre stock de féverole. Mais avant le contentement de voir la récolte rentrée, il y a eu la crainte de tout voir anéanti par l'orage alors que le grain était mûr, mais que nous étions dépendants de la personne qui devait moissonner. La pluie que nous attendions tant pour les légumes nous a fait passer une nuit blanche à écouter les trombes d'eau et le vent qui allait tout coucher. Enfin, la catastrophe n'a pas eu lieu.

L'angoisse sera de nouveau au rendez vous dès que le blé sera prêt à être récolté et que là encore, nous attendrons avec tourment la moissonneuse. 

La récolte de pomme de terre est décevante.

Les Belles de Fontenay sont jolies, mais avec 6 kilos pour 30m de plants, cela fait beaucoup de travail pour pas grand chose.
Les cosmos sont jolies et grosses, mais noircissent et ramollissent au bout de quelques jours. Pas vendable, ça!
Les coquines (équivalentes des charlottes) sont de belle grosseur, et bonnes, mais pleines de trous, demandant un épluchage important et donc, pas présentables, pfff.... alors là, il faut le dire, Y'EN A MARRE!!

Pour finir, nos questions:

- Pouvons-nous continuer le marché, prévoir un panier d'hiver pour l'AMAP?  pas de patates qui peuvent tenir la route, des choux on sait pas, des carottes, des navets peut être, des topinambours surement. Les courges et potirons sont beaux, ..pour le moment.

- Est-ce qu'on arrête maintenant pour mieux préparer la saison prochaine: installer système d'arrosage, clôtures fiables, bâtiment d'élevage? Ce serait raisonnable?

Bref, après une année trop mouillée en 2010, une année trop sèche en 2011, pourrons nous compter sur 2012?

Petites annonces familiales: un gros bisou à ma sœurette qui va avoir bientôt son bébé (un garçon après 3 filles!), et pour la première fois, je n'ai pas fait de broderie pour marquer la naissance, et cela m'attriste.
Gros bisous et beaucoup de courage à mon grand frère qui se bat avec détermination contre un cancer et que je ne peux pas aller voir!

mardi, 28 juin 2011

Beaucoup à dire!

Depuis les foins du 8 mai, pas de nouvelles visites de la ferme. Entre les semis, le désherbage, les récoltes de légumes, la traite et la fromagerie, le temps est trop court.

La fromagerie est terminée depuis le mois d'avril. Le travail est très agréable depuis que je suis bien équipée.

av ap1
Je passe une heure à la traite, en général de 6h45 à 7h45, (parfois une interruption de quelques minutes pour vérifier que notre benjamine est prête pour partir à l'école, si Thierry est déjà parti aux patates par exemple, pour le désherbage ou la chasse aux doryphores)  puis une heure en fromagerie, pour démouler et retourner les fromages, mouler le caillé de la veille et emprésurer le lait du jour, et bien-sûr, le moins sympa, faire la vaisselle!!

av2 ap2

Le mercredi, levé à 4h30 pour traire et "fromager" avant de partir au marché. C'est Thierry qui se charge de remplir le camion avec les légumes et les fromages.

Nous avons acheté une vitrine réfrigérée qui nous permet de vendre nos fromages au marché. Au niveau réglementation, ce n'est pas obligatoire, mais je trouve mieux que les fromages ne prennent pas de coups de chaud.

Chaussette est maigre! Elle a perdu du tonus et donne moins de lait.
J'ai donc envoyé 7 prélèvements de crottes (de 7 chèvres différentes bien sûr) au laboratoire pour connaitre le niveau de parasitisme des chèvres. Comme je le craignais, il y a infestation par strongles digestifs, et plus gênant, strongles pulmonaires.
Bizarrement, ce ne sont pas les plus atteintes qui laissent apparaitre le plus de symptômes! Chaussette devrait tousser, se moucher, ce qui n'est pas le cas, d'ailleurs, aucune n'a de symptôme de rhume (les strongles pulmonaires s'installent dans les poumons). Je téléphone donc au labo, qui pour tout conseil me dit "il faut traiter!"
BOF! Oui, mais bon, même celle qui sont en pleine forme ?
Sachant qu'un antiparasitaire va détruire toute le "flore" intestinale de mes biques, j'hésite.... Celle qui n'ont pas de symptômes sont peut être en train de se créer une immunité, et le traitement (s'il est chimique) va tout détruire. Mais si je ne soigne pas, et que leur état empire?

C'est décidé, je soigne en chimique Chaussette, car elle est trop atteinte, et elle souffre visiblement. Cela m'oblige à jeter son lait (2 litres par jour qui, en conventionnel, seraient consommés normalement, soit dit en passant!!)
Pour les autres, J'attends, je demande conseil au GIE Zone verte (Groupement de véto homéopathes, entre autre...) et j’investis dans la phytothérapie (c'est cher, mais bon...) pour stimuler les défenses immunitaires et aider à la lutte contre les parasites.

Des événements familiaux pourraient m'amener à quitter la ferme pour plus d'une journée. Thierry s'est donc relancé dans la traite quelques jours pour découvrir mes "rituels". De la distribution du foin à l'arrivée du lait en fromagerie, beaucoup de gestes sont ordonnancés: de la pose du filtre à lait à la place de chaque bique au cornadis, des petits détails importants pour le bon déroulement de la traite.

Le bébé de Fidji est superbe! Il pousse comme un champignon. je dois surveiller son poids, car s'il était lui aussi parasité, ce qui ne devrait pas louper, sa croissance serait ralentie, voir stoppée. Comme il tête toujours sa mère, j'espère qu'il est un peu protégé (grâce aux anticorps, et aussi à l'acidité qui existe dans sa caillette -un des "estomacs" des ruminants- du fait qu'il boit du vrai lait et non pas du lait en poudre).


Toujours à Chalon sur Saône, le marché est un moment sympathique. Surtout depuis que nous avons un peu plus de variétés et de quantité à proposer. C'est l'occasion de rencontres et d'échanges (recettes de cuisine, par exemple, que je devrais noter!), car même s'il peut arriver qu'il y ai une file d'attente, c'est encore rare.
C'est lors d'un marché que nous avons fait connaissance avec Vincent et ses enfants. Nous le remercions chaleureusement pour nous avoir fait cadeau d'une remorque qui nous sera toujours bien utile!

Notre engagement avec l'AMAP des butineurs a bien pris forme. Depuis plus de deux mois nous amenons nos légumes au port. Malgré les problèmes de sècheresse et de chaleur qui entrainent beaucoup de pertes, nous essayons de maintenir la production.
La maturité des légumes est soit précoce, ce qui nous arrange un peu, soit impossible, ce qui est moins bon! Les salades montent, nous devons arracher et jeter des rangs après avoir soigneusement arrosés les semis, repiqués, désherbés, chouchoutés...
Quelques choux ne sont pas vilains, mais les suivant sont assez catastrophiques. Sur 100 choux fleurs semés, j'en aurai peut être 14 qui arriveront à terme. Bof, pas facile! Heureusement que les tomates ne sont pas vilaines!  Et les potirons et potimarrons sont magnifiques.

Des mésanges ont fait leur nid dans un hangar. Au début, j'ai eu du mal à voir le nid, alors que j'entendais sans cesse des piaillements. J'ai tourné un moment avant de voir ceci:
1    2
qui contenait cela:
3
l'envol a eut lieu quelques jours après la photo.

Et pour finir, nous participons, le 10 juillet, à la journée champêtre organisée par Hélène, à la ferme de la Marlière.

J'ai oublié: Thierry a démonté tout seul le réservoir de son tracteur pour le nettoyer!! bravo le mécano, je suis impressionnée, si!si! (dommage, pas de photos!)

Et aussi, il y a quelques temps, les chèvres se sont évadées et j'ai vu des cornes dans les haricots verts! Là, nous sommes passés près du désastre. J'ai pensé: c'est pas possible, je vais me débarrasser de ces biques! nous ne sommes pas prêts! Mais Thierry a décidé de renforcer les clôtures. Je serai incapable de me séparer de mes biques, mais parfois, le désespoir pourrait être assez fort pour me faire lâcher temporairement l'élevage.

vendredi, 17 juin 2011

Gérer le temps

Gérer le temps qu'il fait nous oblige à réorganiser quotidiennement nos travaux, à allonger nos journées pour travailler à la fraiche et arroser le soir, à refaire ce que le vent, le soleil ou la pluie a détruit, à nous adapter pour compenser ce qui est définitivement perdu...

Gérer le temps qui passe nous oblige à courir après les artisans, les administrations, à assister nos enfants pour le passage du bac et la préparation de leurs vacances, à récolter les légumes qui arrivent à maturité et à semer ceux qui nous nourrirons à la fin de l'année, à nettoyer les étables et réaliser les clôtures...

En ce milieu d'année, les différentes facettes de nos petites vies se télescopent en nous submergeant, ce qui ne nous permet plus d'intervenir sur notre site aussi régulièrement que nous le souhaiterions. Aussi, permettez-moi de vous donner quelques nouvelles, déjà "anciennes", en publiant un message adressé aux "Butineurs"...

Message du 27/05 adressé aux membres de l'AMAP les butineurs.

Bonjour à toutes et à tous,

Oui, je sais, il est un peu tard pour indiquer le contenu du panier mais nous avons toujours autant de mal à maîtriser notre temps... Pour me faire pardonner, je vous donne quelques nouvelles de la ferme et vous livre quelques photos !

Pour commencer avec les légumes, je vous rassure tout de suite : vous n'aurez pas de radis cette semaine ! Nous avons enfin un peu de changement grâce à l'arrivée des petits pois et des choux raves. Ce qui donne un panier composé des légumes de base que sont les salades les pommes de terre et les carottes, les petits nouveaux (pois et choux raves) et les fraises en dessert.

Nous finissons cette semaine les récoltes des plantations précoces du tunnel (carottes et pommes de terre). Les carottes de plein champ sont là pour la succession mais il est plus difficile de juger pour les patates qui n'ont pas été arrosées, contrairement au carottes. En tout cas, la chasse aux doryphores a recommencé, comme tous les ans depuis des générations. Heureusement, les bios ont remis en pratique une technique qui nous vient du moyen-âge malgré son nom très moderne : la posture du Do-kc.

Les fèves se font quelque peu attendre, mais ne devraient plus tarder, comme les betteraves rouges. Le manque d'eau et la chaleur nous ont privé des épinards et des navets, et font déjà monter les salades, mais nous faisons notre possible pour limiter les dégâts. Nous essayons de planter régulièrement pour compenser la faiblesse des rendements mais notre eau et notre temps est limité. Quoi qu'il en soit, voilà l'état de notre jardin en cette fin de mai...

Jardin côté routeJardin côté bois

Du côté des grandes cultures, les semis d'hivers (blé et féveroles) profiteraient bien d'un peu d'eau mais s'en sortent pas trop mal (en tout cas, mon œil de débutant n'a détecté ni maladies ni attaques de ravageurs). Le maïs attend un retour des pluies pour être semé car le travail de la terre est trop difficile pour l'instant. Les foins, eux, sont déjà rentrés, comme le montre la photo ci-dessous.

Foins 2011

Malheureusement, cette année sera très difficile au niveau des fourrages et il faudra peut-être que Laurence réduise sont troupeau si nous ne trouvons pas de quoi le nourrir cet hiver. Encore un choix difficile mais qu'il ne faudra pas tarder à prendre. En attendant, nous essayons de leur fournir des parcours herbeux mais nos clôtures sont loin d'être hermétiques et nous redoutons toujours de les retrouver chez les voisins, ou pire, dans notre potager...

Pour le plaisir, une photo de la dernière mise bas...

Mise bas de Fidji

Bonne journée à tous et à ce soir !

dimanche, 6 février 2011

Défrichage

Quand on achète une exploitation agricole à l'abandon depuis plus d'une quinzaine d'années, on ferait mieux de devenir bucheron plutôt que d'essayer de devenir paysan. En effet, essayer de mettre en place une activité fermière au milieu des friches frise l'utopie tellement l'espace forestier est réfractaire au monde agraire.

À moins de souhaiter vivre de la cueillette, il est nécessaire d'éliminer cette flore pour que les cultures humaines accèdent au sol, à l'eau et à la lumière. S'il n'est pas facile de préserver la biodiversité lorsque l'on défriche, sauf à conserver des couloirs forestiers et des haies, il est quand même assez aisé d'éviter la destruction pure et simple des arbustes, voir des arbres.

Cette valorisation du bois, que l'on pourra utiliser comme BRF (Bois Raméal Fragmenté) pour modifier la structure du sol, comme paillage pour protéger du froid, conserver l'humidité et étouffer les mauvaises herbes, ou plus classiquement comme source de chauffage, aura pour contre-partie du travail et des délais supplémentaires. Du coup, les productions agricoles devront patienter mais c'est le prix à payer pour rationaliser l'utilisation de nos ressources naturelles.

Et en plus, cela permet d'occuper les journées d'hiver où il est si difficile de trouver des occupations extérieures :-D !

Défrichage mode d'emploi :

La première étape consiste à se frayer un chemin à l'intérieure de la friche, histoire de montrer de c'est nous les nouveaux propriétaires (et accessoirement accéder aux arbres).

Les premiers temps, j'ai utilisé une débroussailleuse thermique à main mais il devient vite exténuant de découper en tranches cette muraille végétale (vous avez beau couper les pieds des ronces, celles-ci restent debout, accrochées à celles qui sont derrières). Je me suis donc procuré une débroussailleuse équipée d'un rotor à marteaux, ce qui me permet des pénétration beaucoup plus rapide, même si le tracteur n'apprécie pas toujours mes passages en force au milieu des arbres.

Ensuite, le travail de bucheron proprement dit commence : dégager les abords de l'arbre, couper celui-ci à la tronçonneuse (en laissant une partie de sa base pour aider à l'extraction ultérieure de la souche), l'ébrancher, découper le tronc, et, pour finir, le débarder. À ce stade, on y voit déjà plus clair, surtout après avoir brulé les parties inutilisable sur place.

Malheureusement, le travail est loin d'être fini puisqu'il faut que le sol devienne exploitable. Le tractopelle fait alors une petite apparition, histoire de se mesurer aux souches. Mais il ne faut pas croire que l'entreprise n'est qu'une formalité. Les racines d'un arbre sont tellement ancrées dans le sol qu'un affrontement direct entraîne toujours l'engin dans des glissages spectaculaires. Il est donc nécessaire de dégager les abords immédiat du tronc pour réussir à sectionner les racines et parvenir à l'extraction de la souche.

Au final, vous vous retrouvez avec un gruyère qu'il vous faudra labourer précautionneusement pour parvenir à enlever le plus gros des racines tout en essayant de retrouver une certaine planéité. Ensuite, les travaux culturaux parviendront, petit à petit, à éliminer les repousses de ronces, orties et autres douceurs.

jeudi, 18 novembre 2010

Chauffage central

Encore un nouveau chantier qui se termine ! Enfin, qui est presque terminé puisqu'il semble que nous soyons condamnés à faire 2 fois les choses pour les finaliser réellement (voir Put.. de vent !).

Celui-là aussi à commencé au printemps de cette année. En fait, je ne me préoccupais pas encore du chauffage quand j'ai j'entrepris de réaliser une tranchée entre la maison d'habitation et le garage/hangar. J'étais plutôt en train d'attaquer un autre ouvrage (qui est malheureusement encore loin d'être terminé) : celui de l'électrification de nos bâtiments agricoles.

Quoi qu'il en soit, il aurait été complètement stupide de ne pas profiter de la saignée nécessaire à l'enfouissement de la gaîne électrique pour faire passer les tuyaux d'eau du chauffage. Le seul inconvénient de la chose, c'est que la cour a dû rester coupée en 2 jusqu'à l'intervention du chauffagiste, bien des mois plus tard...

Mais reprenons dans l'ordre.

En avril, donc, dans la foulée du terrassement indispensable à l'installation de notre pépinière (voir Construire...) les premiers coups de godets sont donnés. Malheureusement, je me rends compte rapidement que les pluies s'évertuent à transformer ma tranchée en canal (nous ne sommes pas en Bresse pour rien), aidées, il est vrai, par le délabrement avancé du chéneau du hangar.

Après être parti en quête des câbles électriques nécessaires au triphasé (5G6 et consorts), me voilà aussi obligé de me documenter sur la pose des chéneaux et des gouttières en zinc...

Bien des semaines plus tard, je prends enfin le temps d'équiper une des pentes du toit, ce qui nous permettra d'alimenter la réserve d'eau "incendie" que nous utilisons pour arroser le jardin (voir Arrosage) et me garantira accessoirement une tranchée accessible à tout moment.

L'étude de l'installation du chauffage central et de la chaudière à bois déchiqueté [faire un lien sur la ferme pour détailler ce mode de chauffage] ayant été réalisée entre temps, il m'a fallut creuser un second sillon dans la cour pour que la chaudière, placée dans le garage, dispose d'eau froide sous pression en cas de surchauffe. Essayant de faire progresser mes travaux de manière à ne pas retarder l'équipe de Laurent -notre chauffagiste-, l'eau, l'électricité et le tuyau nécessaire au circuit du chauffage étaient en place fin octobre.

Une fois que tous les raccords de tuyauterie ont été effectué et que la mise en eau a permit de garantir l'étanchéité de l'ensemble, je me suis empressé de remblayer mes saignés pour permettre le passage du camion du livreur de bois.

Samedi 13 novembre, tous les tests possibles sans bois sont réalisés. Démarrage du chauffage prévu lundi 15 au soir, après la livraison du bois déchiqueté en début d'après-midi.

Malheureusement, les journées de dimanche et de lundi sont pluvieuses (plus de 30mm d'eau) et le camion est énorme (35T). Après quelques glissades qui nous font craindre le pire, le véhicule arrive à se présenter face au silo à bois. Nouvelle désillusion. Malgré la hauteur du hangar, la benne n'arrive pas à se redresser suffisamment pour accomplir son déchargement.

Du coup, il n'y a aucun copeau sur l'hélice de chargement au départ du livreur, et il me faudra déplacer une bonne vingtaine de m3 à la main, l'emploi du tractopelle étant très limité à cet endroit. Ce petit exercice m'ayant pris quelques heures, c'est au soir du mardi 16 que Laurent est venu démarrer la chaudière.

 

Malgré nos espoirs (la pression était resté stable dans le circuit depuis la livraison), il s'avère qu'il y a des fuites au niveau de la gaine enterrée quand l'eau chaude la dilate. Le sol détrempé n'a pas réussi à protéger celle-ci des manœuvres du camion.

Moralité, il va nous falloir prévoir le déblaiement de la gaine et son remplacement dès que nous le pourrons (en fonction des assurances et des disponibilités du chauffagiste), ce qui nous enchante particulièrement. Heureusement, nous arrivons quand même à chauffer l'habitation (nous devons juste remettre un peu d'eau dans le circuit régulièrement), ce qui va nous permettre de l'assainir quelque peu.

Nous pouvons donc maintenant nous attaquer au lessivage des plafonds (à l'éponge) et des vêtements (à la machine) qui sont gagnés par la moisissure...

samedi, 30 octobre 2010

Put.. de vent !

Grosse déprime hier matin : nous pensions être enfin arrivés au bout d'un gros chantier, le montage de notre premier tunnel, et le vent nous a tout débâché...

La semaine a été rude, avec le passage de l'équipe du chauffagiste qui nous a installé les radiateurs dans la maison, ce qui a encore réduit drastiquement notre si petit espace de vie alors que les enfants sont à la maison. Nous avons donc essayé de travailler à l'extérieur malgré le froid, nous partageant entre l'électricité liée à l'installation de la chaudière (triphasé) et le montage du tunnel (30 mètres de long).

Pour ce dernier chantier, le travail est pénible car nous ne sommes que 2 pour manier des éléments assez lours et volumineux et il n'est pas rare que nous nous trompions dans l'assemblage de la structure. Malgré tout, nous en avions terminé avec celle-ci, son amarrage et le montage du filet anti-grêle : restait les bâches, dont une d'une douzaine de mètres.

Nous avons donc profité du passage éclair d'anciens voisins de Quémigny (merci Agnès, Nicole et Guy) et d'un temps clément pour nous atteler au chantier. La journée était déjà bien entamée puisque nous avions fait le marché du mercredi matin, quand nos amis sont arrivés mais, à leur départ, nous avions réussi à poser les 2/3 des plastiques, que nous avons lesté de notre mieux.

Le lendemain, j'ai dû aller ramasser le maïs d'un voisin qui voulait profiter de mon corn picker, ce qui m'a encore amené aux environs des 14 heures. Nous nous sommes donc empressés de terminer le montage des bâches, à 2 cette fois. L'entreprise fut rude, mais nous avions même réussi un chevauchement correcte des plastiques. Par contre, l'approche du soir et notre fatigue persistante ne nous a pas permis d'arrimer l'ensemble, que nous avons encore une fois lesté de notre mieux.

Malheureusement, vendredi matin, j'ai fait le choix d'aller chercher les 3 tonnes de sables nécessaires au remblaiement de nos tranchés avant de m'atteler au dur travail que représente la fixation des bâches, qu'il faut réussir à tendre correctement avant d'immobiliser. J'ai donc attelé la remorque et suis partis jusqu'au marchand de matériaux le plus proche, ce qui me demande pas loin de 2 heures, mon brave tracteur étant assez poussif.

Du coup, la journée était suffisamment avancée pour que le vent se lève, nous prodiguant des rafales de près de 50km/h, qui n'ont fait qu'une bouchée de nos misérables lests. Après avoir essayé de lutter pour garder les plastiques en place, nous avons décidé d'aller dans le sens du vent pour éviter la destruction de ceux-ci, voir du filet anti-grêle...

Il nous reste maintenant plus qu'à profiter du week-end de la Toussaint pour retrouver un peu d'énergie en honorant nos aïeux et en fêtant l'anniversaire de Laurence, puis à espérer que la météo nous redonnera l'occasion de terminer ce chantier avant les grands froids.

mercredi, 1 septembre 2010

Fin du 1er round

Septembre 2009.

Après les quelques mois de folie nécessaire à la réalisation des dossiers administratifs et à la mise "hors eau et hors air" de la maison d'habitation, nous parvenions à faire la rentrée des classes à La Frette. Le confort était inexistant et la famille n'était pas au complet mais nous étions sur place pour commencer à construire notre nouvel avenir.

Nous sommes donc montés sur le ring avec entrain et des projets plein la tête. Même si notre vécu tempérait nos actions dans l'optique de tenir la distance, nous avons attaqué sur tous les fronts : maison d'habitation, maraichage, élevage, grandes cultures.

Septembre 2010.

Un an après, nous sommes toujours debout, mais dans quel état. Nous nous levons le matin dans l'espoir de faire l'essentiel de l'urgent et nous nous couchons le soir en ayant remis des choses à demain. Heureusement, nous avons préservé l'essentiel : l'unité de notre famille.

Nous pouvons donc nous préparer pour le second round, même si nous devrons remettre certains projets à plus tard, le temps de terminer ceux en cours : bâcher le tunnel, remplacer la chaine de curage, amener l'eau et l'électricité aux étables, récolter et stocker le maïs, faire installer le chauffage central...

lundi, 16 août 2010

Quoi de neuf?

Tous les jours, je me dis que les journées sont trop courtes pour tout ce qu'il y a à faire, mais bon, je suis contente tout de même, quand elles se terminent.

Je dois m'obliger des "pauses" pour ordonner un peu la paperasse, rencontrer le comptable et ne pas oublier de factures...mais le temps me rattrape. Alors, je reporte sans cesse à plus tard le moment d'écrire un article sur les événements de la ferme. 

Nos semaines sont désormais ponctuées de cueillettes, désherbage et marché.

Depuis le mois de juillet, nous avons eu pas mal de visites amicales et familiales, cela nous a permis de lever un peu le pied (mais pas trop) et de faire le point sur le chemin parcouru et celui qui reste à faire.

Je dois avouer que je suis souvent découragée ces temps ci, mais cela s'explique surtout par la fatigue accumulée et tout est tellement long à mettre en place que pour une impatiente comme moi, c'est dur!

Je pense que l'événement principal pour ce mois de juillet a été l'installation de la chambre froide.  Élément indispensable et gros budget que j'avais complètement oublié dans le montage du projet!
Nous l'avons faite installer dans le hangars pour des raisons de facilité d'accès et de chargement après avoir coulé une dalle en béton pour avoir une surface horizontale (avec l'aide de mon papa) . Nous avons travaillé le soir pour fuir la chaleur, mais avons du finir le lendemain. Le frigoriste, qui espérait une surface plus lisse et une horizontalité plus parfaite, a du se contenter de notre imparfaite structure.

Restait à amener l'électricité jusque là. C'est chose faite, avec une ligne temporaire mais sécurisée. Afin d'avoir une surface lisse plus facile à entretenir, nous avons fait un ragréage.
Actuellement, nous nous levons toujours de bonne heure pour cueillir les derniers légumes, qui arrivent sur le marché on ne peut plus frais (salades, côtes de blettes, carottes), mais nous pouvons stocker dans de bonnes conditions, les pommes de terres, haricots verts...qui demandent à être cueillis plus souvent.

Autre événement important: la récolte des féveroles. Il était prévu qu'un agriculteur passe avec sa moissonneuse sur notre parcelle après avoir fait ses récoltes de blé. Mais cette année, la féverole est arrivée à maturité en même temps que le blé, du coup, il a été nécessaire de trouver un autre intervenant. Finalement, les fèves étaient bien sèches au moment du ramassage.

La déception vient du rendement: 12qx/ha, ce qui fait assez peu. Le côté positif, c'est que nous n'avons pas eu de problème de place pour le stockage!

  

Le 30 juillet les poulaillers sont arrivés, en kit...Nous avons encore fait appel à notre voisin Éric pour le déchargement.

Nous ne savons pas quand nous aurons le temps de creuser les fondations, mais il faut de toutes façon que l'on s'occupe des permis de construire avant d'installer les poulaillers et j'ai bien du mal à me mettre à un bureau.

Et les chèvres nous occupent toujours autant. Nous avons une petite nouvelle: Fidji, qui s'est bien intégrée au groupe des petites.

Les chevrettes ne grandissent pas assez, elles ont été perturbées par des parasites (strongles intestinaux). Il n'y en pas beaucoup qui seront prêtes pour la période de reproduction.
Les mères ont été aussi atteintes et ont maigri, avec une baisse phénoménale de la production de lait.
Comme , en plus, elles ne se contentent plus de leur hectare de bois, mais trouvent plus sympa de manger l'herbe du voisin, les voilà confinées à la chèvrerie jusqu'à ce que nous ayons le temps de refaire des clôtures.

vendredi, 7 mai 2010

Ça continue !

Le 7 mai 2009 la commission SAFER* de Bourgogne nous attribuait la ferme qui est maintenant devenue notre lieu de vie : quel bilan en tirer après un an ?

Sur le plan professionnel, l'exploitation se met en place doucement. J'aurai bien envie de dire "trop doucement", mais comment faire la part des choses ?

Si l'on se réfère au PDE* que nous avons élaboré avant le début des hostilités, il faut bien admettre que nous sommes déjà hors des clous. Ce qui peut inquiéter à juste titre, puisque le dit PDE est justement là pour donner une vision économique de l'avenir du projet. Mais, avec le recul, j'estime que le notre ne prenait pas en compte 2 éléments fondamentaux : la maison d'habitation et l'état de délabrement de l'exploitation.

La maison d'habitation ne faisant pas partie "techniquement" de l'exploitation, il est tout à fait normal qu'il n'en ait pas été tenu compte lors de l'étude. Les candidats à l'installation doivent néanmoins avoir à l'esprit que la situation familiale (enfants en bas-âge ou à naître, rénovation ou construction de la maison d'habitation, déplacements importants) influe fortement sur les disponibilités et les ressources (financières mais aussi physiques) que l'on pourra consacrer à l'exploitation. Car, contrairement à ce qui se passe sur le papier, devenir son propre patron implique forcément la disparition des frontières entre sa vie personnelle et sa vie professionnelle...

De la même manière, en ce qui concerne l'influence de l'état initial de l'exploitation (terrains inexploitables, bâtiments sans eau ni électricité) sur le développement des activités fermières, nous aurions dû être plus vigilant. En effet, à force de chercher à chiffrer des investissements et des résultats, on oublie quelque peu qu'il faut du temps et une certaine chronologie pour faire les choses.

Par exemple, si vous voulez remplacer une friche par une prairie, il vous faudra tout d'abord vous débarrasser des végétaux, à commencer par les ronces, puis les arbres et, pour finir, les souches. Ces travaux nécessitent bien sûr des outils différents mais surtout, il ne peuvent pas se faire n'importe quand (pour utiliser un tracteur ou un tracto-pelle, il faut que le sol soit portant). Ensuite, il vous faudra attendre le printemps, ou mieux, l'automne, pour travailler le sol et semer votre prairie. Et quelques mois plus tard, vous aurez peut-être de l'herbe...

Pareillement, si vous souhaitez équiper un bâtiment, il vaut mieux commencer par distribuer l'eau et l'électricité. Ce qui implique de faire des tranchés dans la cour. Du coup, il peut être intéressant d'essayer de trouver comment pouvoir fournir 100m3 d'eau sur une semaine (soit l'équivalent d'un an de consommation d'une famille !) à votre zone de maraîchage. Le tout sans rendre la dite cour inutilisable...

Concrètement, nous aurons très certainement un an de retard sur nos prévisions, mais nous pouvons le supporter. Le plus important, à mon sens, c'est que nos organismes arrivent à endurer la rudesse de ce nouveau mode de vie (si l'on omet quelques tendinites persistantes :-) !). Et que nous sommes même assez fier de nos premiers travaux agricoles !

Sur le plan humain, les choses se mettent en place tout aussi doucement.

Au niveau du voisinage, tout se passe au mieux. La région est restée suffisamment rurale pour conserver une certaine chaleur humaine, alors que son dynamisme nous permet quand même de nous fondre dans le décor. Nous bénéficions aussi d'un tissu économique encore très adapté à notre profession et d'une politique des pays très orientée sur le bio et la vente directe.

Bien que nous n'ayons pas encore spécialement cherché à trouver des clients, puisque nous n'avons toujours rien à vendre, nous avons eu quelques contacts qui nous ont rassurés. La clientèle existe et si nous arrivons à répondre à ses attentes tout en respectant nos engagements, nous ne devrions pas avoir de problèmes pour écouler notre marchandise.

Reste notre petite famille, qui continue à chercher ses marques au milieu de l'urgence et qui peine à maintenir son cap dans la mouvance d'un quotidien peuplé de nouveautés. Notre énergie physique et mentale est souvent mise à mal mais notre cohésion familiale nous évite d'exploser...

* : Sociétés d'Aménagement Foncier et d'Établissement Rural (SAFER). Les SAFER sont des organismes d'intervention sur le marché foncier rural dont la mission est de contribuer à l'amélioration des structures foncières du secteur agricole.

* : Plan de Développement de l'Exploitation. Dossier que certain pourraient dénommer "business plan", qui décrit l'évolution financière de l'exploitation et qui permet de convaincre vos partenaires financiers de soutenir votre projet.

jeudi, 15 avril 2010

Construire...

Déjà mi-avril ! Pas facile de faire face à la réalité de la vie : nous sommes confronté à une grande horloge qui tourne inexorablement sans se préoccuper le moins du monde de nos petites difficultés...

Sur le plan matériel, nous continuons à faire le grand écart entre l'urgent, le quotidien et l'avenir.

L'urgent est rythmé par Dame Nature qui nous impose une cadence que nous avons bien du mal à suivre. Au niveau des grandes cultures, les féveroles sont en place [Laborieux semis] et semblent se développer normalement, mais nous sommes déjà à la bourre pour les pommes de terre. Après mes déboires avec notre butteuse d'occasion [Que de casse !], j'ai dû commander du matériel neuf que nous attendons toujours. Espérons que nous le recevrons dans les tous prochains jours et que le temps se maintiendra car les plants de pommes de terre bio ne sont ni gratuits, ni éternels, et nous en avons plusieurs centaines de kilos à planter...

Quoiqu'il arrive à nos tubercules, il me reste une petite quinzaine de jours pour me préoccuper de notre maïs : décider de la variété, commander et récupérer les semences, mais surtout, trouver comment les semer ! Est-il judicieux de bricoler mon semoir de précision cassé [Laborieux semis] en le ressoudant (trouver les pièces nécessaires à un montage réglable aussi vite me semble utopique) ou dois-je partir en quête d'un semoir à maïs, voir d'un semeur de maïs ?

Du côté des prairies, c'est la Bérézina : ma tentative de semis manuel réalisée fin octobre sur un tapis de friche déchiqueté n'a rien donné et je n'ai pas eu le temps de faire une nouvelle tentative au printemps. Dame Nature m'oblige donc a attendre l'automne prochain et à espérer qu'il y aura suffisamment de pousses naturelles pour que nous envisagions d'installer des poulets (les chèvres, elles, se régalerons dans la friche).

Le quotidien consiste à nourrir et à abreuver l'âne et les chèvres, à traire ces dernières et à essayer de faire du fromage avec le peu de lait que nous récupérons. Pour l'instant, les tentatives ne sont pas concluantes et désespèrent Laurence. Transformer le lait en fromage demande des conditions et du matériel spécifiques que nous n'avons encore pas, même si la caravane que Laurence a commencé à transformer lui offre une pièce spécifique dans laquelle elle peut maîtriser la température. Il faut maintenant réussir à l'ensemencer pour que les "bonnes" bactéries prennent le pas sur les autres et maîtriser l'acidité pour que la magie de la vie fasse son œuvre...

Le quotidien consiste aussi à ventiler et à arroser nos semis en godets, même si notre manque de temps ne nous permet pas de semer autant de variétés que nous le souhaiterions. D'autant qu'il m'a fallu me lancer dans des travaux de drainage pour essayer de réduire les infiltrations d'eau sous la pépinière. Travail laborieux dans la couche d'argile mise à nue par le terrassement, qu'il est impossible de faire au tractopelle maintenant que la serre est montée...

Heureusement, la pluie a cessé depuis plusieurs jours, ce qui permet de travailler sans avoir d'eau dans la tranché. En contre-partie, il nous faut arroser nos plantations maraîchères de pleine terre alors que nous n'avons encore pas de matériel d'irrigation. J'en suis donc réduit à tenir mon tuyau d'arrosage, comme à l'époque de notre potager (pour éviter d'utiliser de l'eau du robinet, nous pompons l'eau d'une réserve d'eau de pluie).

Pour l'avenir, quand il nous reste un peu de temps, nous essayons de continuer à nous former, à nous équiper, à rénover, et parfois à communiquer (désolé, Joelle ;-D !). Pour l'instant, le garage qui doit devenir mon atelier devient de moins en moins accessible au fur et à mesure que j'y dépose mes nouveaux achats (poste à souder, compresseur, etc), et les travaux pour amener l'eau et l'électricité piétinent. J'ai bien commencé à donner quelques coups de godets pour commencer une tranchée, mais quand j'ai sectionné un ancien tuyau, j'ai levé le pied : il manquerait plus que je coupe l'arrivée d'eau !

Il faudrait aussi que nous fassions progresser les travaux dans la maison si nous ne voulons pas nous retrouver dans la même situation l'hiver prochain. Et là aussi les choses sont compliquées si nous voulons organiser la réfection de la toiture, l'isolation, l'installation d'un chauffage central et, à l'occasion, aménager le grenier pour gagner quelques pièces et avoir enfin un bureau où installer tout notre administratif.

Au milieu de tout ça, nous essayons aussi de construire une vie de famille. Nous avons profité des vacances pour scolariser Éric à Louhans. La décision n'a pas été facile et elle est très mal acceptée par notre fils, mais il nous semble important de l'avoir auprès de nous pour l'aider à se reconstruire.

Construire, reconstruire, voilà donc notre quotidien. Et si nous avançons beaucoup plus péniblement que prévu, l'important est que nous continuons d'avancer.

vendredi, 2 avril 2010

Que de casse !

Quand on démarre une nouvelle activité, il faut faire le choix entre mettre le paquet sans lésiner sur les moyens, ou avancer prudemment en minimisant les dépenses.

Dans le premier cas, on s'épargne bien des efforts en utilisant du matériel adapté et performant, mais on s'impose des résultats budgétaires conséquents. Dans le second, la pression financière est moins élevée mais on est tributaire de ses ressources limitées.

Pour être honnête, je pense que le choix est surtout une affaire de personnalité. Dans notre cas, comme nous avons une vision assez pessimiste de l'avenir du système économique actuel, basé sur une croissance perpétuelle alors que notre monde physique a atteint ses limites, nous préférons ne pas construire notre activité sur une montagne de dettes.

En contre-parti, nous devons accepter la galère qu'implique souvent l'utilisation du matériel d'occasion, comme c'est le cas actuellement.

J'ai déjà parlé des soucis d'étanchéité de notre tractopelle qui ont entrainé la dépose complète de son moteur [Pépinière], ainsi que de mes déboires avec ma charrue et mon semoir monograine lors de ma plantation de féveroles [Laborieux semis], mais la série n'est encore pas terminée.

Après nos semis "grande culture", nous avons enchainé sur la partie maraichère. Comme je n'ai plus de semoir de précision, j'utilise un semoir à main qui fera l'affaire pour démarrer, même s'il risque de nous compliquer la vie lors des séances de désherbage (comme je ne peux semer qu'un rang à la fois et que notre terre est pleine de résidus de racines, mes semis sont loin d'être parallèles ce qui ne va certainement pas nous permettre d'utiliser des outils tractés pour nous débarrasser des mauvaises herbes).

Par contre, lors du plantage de nos premiers plants de pomme de terre (des gelées sont encore à craindre dans les semaines à venir mais les pommes de terre "nouvelles" sont tellement délicieuses que cela mérite bien quelques risques !), nous avons utilisé une butteuse (outil qui sert à recouvrir de terre les plants pour que les tubercules restent toujours enfoui) qui n'a pas résisté à 50 mètres de traction.

Du coup, nous voilà de nouveau en quête d'une nouvelle solution pour pouvoir planter nos variétés plus tardives, dont les quantités ne nous permettent pas de faire le travail "à la main".

Est-il besoin de préciser que c'est dans ces moments là que l'on regrette nos achats d'occasion, surtout quand les prix n'étaient pas spécialement avantageux ?

vendredi, 29 janvier 2010

Bilan 2009

Quel meilleur moment que le mois de janvier pour faire le bilan de l'année passée et dresser des plans pour l'année à venir ? Pourtant, l'exercice n'est pas facile, car il doit être impartial alors que les sautes d'humeurs font pencher la bouteille du vide au plein - et inversement - un peu trop fréquemment à mon gout en ce moment.

Pourtant, aucun regrets : nous sommes toujours totalement conscient de l'énorme chance que nous avons eu d'obtenir cette ancienne ferme. Et nous sommes tout aussi conscient de l'état dans laquelle nous l'avons eu, et des efforts que nous allons devoir fournir pour qu'elle retrouve son éclat d'antan.

Assurément, l'exercice n'est pas facile car nous manquons cruellement d'expérience dans un demi-milliers de domaines (gestion d'entreprise/vente, agronomie/travail du sol, culture/conservation des végétaux, élevage/transformation, machinisme/soudure, etc.) mais le plus important n'est-il pas d'apprendre ?
(Même s'il est plus valorisant de dire à ses voisins "j'ai fait 80 quintaux"* que "j'ai compris pourquoi il ne faut pas passer la herse-étrille n'importe quand"** ;-D !)

Pour être honnête, nous souffrons quand même du regard des autres - même si celui-ci est le plus souvent bienveillant, au pire indifférent - car nous nous sentons bien seul dans notre combat pour préparer l'avenir. Mais cela n'est pas la cause principale de nos sautes d'humeur.

En fait, nous sommes physiquement et mentalement exténués.

Naturellement, nous n'errons pas, du matin jusqu'au soir, l'œil hagard, à travers la maison. Nous sommes encore capable de vaquer à nos occupations, au combien variées, mais nous n'avons plus la réserve d'énergie qui permet d'encaisser les contrariétés sans réagir de manière disproportionnée.

La goutte d'eau qui nous a saturé, si j'omets nos problèmes familiaux qui n'intéressent personne mais qui mettent nos nerfs à rude épreuve et qui grève notre budget temps de manière conséquente, c'est le froid. Quand la température extérieure avoisine les -10°C, ce qui arrive un peu trop fréquemment à mon gout cet hiver, nous sommes obligés d'alimenter le poêle régulièrement pendant la nuit pour empêcher que celle de la cuisine ne descende en-dessous de 12°C.

À ce stade, vous cumulez la fatigue liée au manque de sommeil avec celle résultant des efforts de votre organisme pour lutter contre le froid, ce qui érode rapidement vos réserves. Les travaux quotidiens vous épuisent alors immédiatement et vous ne supportez plus rien. Ce qui est peut-être mal vécu par le chien, qui n'a toujours pas compris qu'il ne doit pas déchiqueter tout ce qu'il arrive à attraper, ou par les chats, qui sont capables de vous débarrasser une table en une seule course-poursuite, mais surtout par les autres membres de la famille...

Du coup, le reste n'a pas beaucoup d'importance. Évidemment, d'ici début mars, il va falloir :

  • semer les céréales de l'année, ce qui sous-entend labourer, herser ou disquer suivant ce qui fonctionnera le mieux, et semer (à la main sauf si j'arrive à trouver un semoir d'ici là),
  • commencer les semis maraichers, d'où la création d'une pépinière (espace protégé du froid mais à la lumière, pour entreposer nos pots de semis) et la nécessité de terminer le montage des tunnels,
  • préparer la naissance des cabris, en construisant un enclos digne de ce nom dans lequel nous pourrons soigner et nourrir "correctement" les chèvres et leurs petits,
  • et, pour Laurence, suivre la formation obligatoire sur l'élevage du poulet de bresse, soit quelques jours de cours, un stage d'une dizaine de jours et un nouveau dossier à réaliser...

Il serait bien, aussi, que :

  • je tire une ligne triphasé jusqu'aux points stratégiques des bâtiments d'exploitation,
  • que nous entreposions correctement meubles, vêtements et autres babioles qui prennent encore l'humidité dans les étables,
  • que je m'organise un atelier pour les travaux "professionnels",
  • que nous construisions un vrai bureau pour pouvoir accéder à toutes les documentations techniques collectées au cours du temps,

et j'en passe.

Pas sûr que nous arriverons à faire tout ça dans les temps....

* Dans notre région, obtenir 80 quintaux (8 tonnes) de blé par hectare correspond à une bonne maitrise (et une bonne année).
(En conventionnel, bien sûr. En bio, réussir 40 quintaux est déjà un bel exploit)

** La herse-étrille est un outil composé de tiges d'acier (de l'épaisseur d'un crayon) montées sur ressorts, que l'on tire derrière le tracteur pour désherber. Le but du jeu est d'arracher la mauvaise herbe sans toucher à la plante cultivée, ce qui est beaucoup plus aventureux que d'épandre un désherbant...

dimanche, 24 janvier 2010

Plaisirs mécaniques

Après avoir fait défricher quelques arpents de terres, nous avons vite compris qu'il nous fallait prendre une décision : soit nous persistons à utiliser les services d'une entreprise et, dans ce cas, il faut passer au niveau supérieur - ce qui sous-entend des coûts de l'ordre de 4000€/ha -, soit nous achetons du matériel et nous nous débrouillons nous même.

La seconde solution étant plus dans notre logique, j'ai acheté un broyeur monorotor et un tractopelle.

Première chez nous, le broyeur est neuf. En effet, notre friche est si dense qu'il est impensable de faire passer le tracteur au travers, d'où l'utilisation d'un broyeur réversible pour me permettre de travailler en reculant. L'idée, quand on utilise un outil d'aujourd'hui alors que l'on possède un tracteur des années 70 (58ch quelques peu poussifs), c'est qu'il faut modérer ses ambitions. Malgré l'achat du plus petit modèle, non seulement le poids est limite, ce qui pose des problèmes d'adhérence des roues avant, mais le moteur souffre aussi quand il doit mettre en rotation le rouleau. Heureusement, la mécanique est efficace et j'arrive assez facilement à pénétrer la broussaille.

Reste à gérer les arbres : d'où une bonne tronçonneuse et le tracto. Naturellement, comme pour le tracteur que je n'ai conduit que 10 minutes avant de tomber en panne (désamorçage du circuit de carburant), j'ai embourbé le dit tracto dès que j'ai voulu lui faire faire le tour des bâtiments.

Il va falloir que je m'habitue au terrain et que je repère les zones spongieuses...

Du coup, j'ai attendu les gelés suivantes mais, cette fois, c'est la batterie qui m'a fait défaut ! Et je n'étais pas en possession d'un chargeur capable d'alimenter une batterie aussi puissante (135ah).

À la tentative suivante, je me suis assez vite aperçu que de tirer sur toutes les manettes secouait énormément l'engin et lui donnait des inclinaisons qui ne m'inspiraient guère. J'ai donc opté pour la prudence et remis l'extraction à plus tard, me contentant d'avoir éclaté un tuyau du circuit hydraulique ...

Il aura donc fallu le passage de Catherine et d'Éric pour que ce dernier, au bout d'une heure et demi d'un combat acharné, arrive à nous déposer le tractopelle sur la terre ferme (en fait, une aire en béton).

Il ne me reste plus, maintenant, qu'à colmater la fuite d'huile du pont (la trappe de vidange n'a pas du apprécier qu'on la prenne pour un soc de charrue), refaire le plein d'huile, et je pourrais enfin m'entrainer au dessouchage !

samedi, 21 novembre 2009

Achèvement

Dans le petit monde qui est le notre, le mois de novembre 2009 restera celui de la transition.

Tout d'abord parce que Laurence a eu ses 40 ans.

Sans vouloir préjuger de sa destinée, on peut raisonnablement penser que cet âge est une époque charnière de sa vie. En tout cas, c'est la limite administrative qui sépare les "jeunes" agriculteurs des autres, ce qui a conféré à notre installation ce niveau d'adrénaline qui permet de vivre des journées plus intenses.

Du coup, nous avons traversé ces 6 derniers mois dans un état de tension quasi-permanent, obnubilé par cette date butoir avant laquelle nous devions absolument avoir répondu aux multiples critères imposés par la législation. Cet anniversaire aura donc toujours un gout particulier, même si nous ne l'avons pas fêté comme il aurait dû l'être.

Ensuite, parce que nous n'en avions encore pas fini avec les derniers documents à rendre pour la veille, que nous devions entreprendre de vider notre ancienne propriété.

La bonne nouvelle, c'est que la maison est vendue, ce qui tranquillise notre partenaire financier (c'est vrai que ça sonne mieux que banquier, n'est-ce pas Olivier ;-D ?) et nous permet de ne plus nous préoccuper de rentabiliser ce bien (trouver un locataire ou en faire un gîte). La mauvaise nouvelle, c'est qu'il nous a fallut vider plus de 300m² d'habitation (caves et greniers inclus) et peut-être autant de dépendances. Et quand vous en avez entassé depuis une bonne quinzaine d'années (au départ, nous pensions transmettre tout ça à nos enfants), au final cela donne plusieurs dizaines de tonnes à déplacer et bien des souvenirs à remuer...

A l'heure actuelle, il ne nous reste donc plus grand chose de notre vie précédente, si ce n'est le regret qu'elle n'ait pas été viable. Il est donc grand temps que nous nous consacrions à la construction d'un monde soutenable, sans attendre celui que nos gouvernements mettront en place. Car le temps n'attend pas et il nous faudra bientôt affronter les conséquences de nos dérives passées.

Heureusement, nous sommes déjà entrés en résistance : nous avons planté des topinambours !

vendredi, 23 octobre 2009

Cuisine

Il nous aura donc fallut plus de 2 mois, à partir de nos premiers travaux de plomberie - qui consistait à raccorder l'ancienne arrivée d'eau de la maison au compteur du réseau - pour que l'eau arrive dans la cuisine...

Après avoir nettoyer et replâtré le mur accueillant les meubles et ustensiles de cuisines, défini la position de ces derniers, construit le circuit d'eau pour le lave-vaisselle, le chauffe-eau sous évier et l'évier lui même, tiré les lignes électriques pour alimenter tout ce petit monde, nous avons enfin réussi à installer l'ensemble lave-vaisselle/évier. Quel bonheur de ne plus être obligé d'aller faire la vaisselle dans le bac à douche ou de pouvoir laver des légumes sans aller dans le lavabo !

    

Évidemment, immédiatement après en avoir terminé avec la plomberie (Laurence est totalement autonome sur la maçonnerie ou l'électricité, mais ne s'est pas encore lancée dans la soudure), j'ai délaissé ce chantier pour travailler nos terres. Je laisse donc à ma chère et tendre épouse le soin de finir les prises et de mettre en place les meubles que nous possédons (forcément, il nous en manque), alors qu'elle était en formation 2 jours cette semaine, que nous devons absolument retourner en Côte d'Or ce week-end et que les enfants sont en vacances ce soir...

D'ailleurs, nous allons bientôt savoir si notre petite famille est capable de supporter la promiscuité (nous n'avons toujours pas de portes digne de ce nom - biensûr, elle ne sont pas standards - pour isoler les chambres) sur une dizaine de jours... Qui plus est, les quelques jours de froid pendant lesquels le thermomètre a atteint les -10°C nous ont démontré que le poêle de la cuisine, tout aussi performant qu'il soit, n'arrive pas à réchauffer les chambres. Il va donc nous falloir encore plancher sur ce problème rapidement si nous voulons que nos enfants puissent profiter d'un peu d'intimité.

Ma défection m'aura quand même permis de trouver le temps d'enlever la couche de bois déchiqueté qui recouvrait les futurs parcours des poulets. Il faut dire que le nettoyage de la zone maraîchère m'a montré quel outil était efficace pour gérer les déchets laissés par le débroussaillage et que, les volailles étant beaucoup moins incommodées par les arbres que les légumes, je n'avais pas de souches à enlever.

La pluie s'invitant, je n'ai pas eu le loisir de gratter le sol (pour les parcours, je ne vais pas labourer, en espérant que les chèvres s'occuperont des repousses de ronce) mais j'ai quand même souhaité profiter du redoux et de l'humidité pour semer un peu de prairie. Cela me permettra toujours de faire des comparaisons entre les différentes conduites de remise en herbe...

vendredi, 25 septembre 2009

Faits divers

De la carte au terrain.

Quand vous achetez une propriété, surtout quand elle fait plusieurs hectares et que ceux-ci sont recouvert d'une friche impénétrable, vous ne pouvez en appréhender les limites que par le biais d'une carte parcellaire. Du coup, la forme et la surface du terrain sont connues avec précision et il est facile de prévoir l'implantation du maraichage et des parcours de volailles. Quelques règles de trois vous permettent même de convaincre le banquier que vous avez de quoi le rembourser.

Mais la carte n'est pas le terrain, et quand vous commencez à vous inquiéter des raisons pour lesquelles le défrichage ne se poursuit pas, on vous informe que certaines zones sont pas accessibles, que cela soit à cause de la grosseur des arbres ou de la pente du sol. Évidemment, je n'avait pas choisi le devis "terrain nu" qui dépassait allègrement les 2000€ par hectare...

Du coup, au lieu des 4 hectares escomptés pour le démarrage de nos activités, me voilà avec seulement 1 hectare et demi de terres recouvertes de déchets de ronces (vive le BRF* !). Étant donné qu'il me faut maintenant dégager le sol et le dessoucher pour que mes outils puissent le travailler, la partie consacrée au maraîchage devra se contenter d'une petite moitié d'hectare, le reste étant consacré aux animaux...

Des peluches aux chats

Nous avons eu la chance de pouvoir acquérir, à la naissance de notre premier enfant, une maison située dans un petit village rural. Notre souhait était de pouvoir leur fournir un espace extérieur dans lequel ils pourraient aller s'épanouir sans pour autant quitter l'espace protecteur de la propriété.

Nous y avons élevé quelques moutons, des poules et des canards, nous possédons encore un âne, mais nous n'avons jamais voulu avoir d'animaux d'intérieurs, à part quelques rongeurs et des poissons. Bien évidemment, les enfants nous ont souvent réclamé un chat ou un chien mais nous estimions que nous avions déjà suffisamment de travail pour ne pas chercher à agrandir encore notre famille...

Du coup, quand nous avons eu la certitude que nous allions enfin pouvoir démarrer une activité fermière, nous avons chercher à compenser le déracinement prévisible du déménagement en acquérant chat et chien [Nouveau pensionnaire]. N'allions nous pas avoir besoin, de toute façon, de ses collaborateurs pour nous aider à maîtriser la future faune, domestique ou non, de notre ferme ?

Pour notre gardien de troupeau, nous avons imposé une règle stricte dès le départ : il ne rentre pas dans la maison. Mais nous ne pouvions pas imposer ce traitement aux chatons qui sont vites devenus les animaux de compagnie de nos 2 filles.

La périodes étant aux allés et venues incessantes entre notre maison et la ferme, les chattes ne sortaient quasiment pas, surtout qu'elles tombaient inévitablement sur le chien dès qu'elles mettaient le nez dehors !

Nos projets n'étant pas d'en faire des animaux d'intérieur, nous avons pris le parti de les laisser sortir dès que notre résidence principale est devenue la ferme. Et elle se sont fait tuées toutes les 2 en moins d'une semaine...



Des AMAPiens aux voisins

En tant que citadin préparant mon retour à la terre, je ne pouvais qu'être très réceptif au principe des AMAP [Recherche consom'acteurs].

Savoir qu'il existe près de chez soi des personnes cherchant à préserver le même type de société que celui pour lequel on se bat, ne pouvait que me rassurer dans ma démarche. J'ai donc rapidement essayé de prendre contact avec ces associations, non pas pour écouler une production que je suis à l'heure actuel encore bien incapable de semer, mais pour y trouver le soutien humain qui nous fait tant défaut depuis que nous avons remis en cause cette course à la consommation qui détruit notre planète.

Mais il n'est pas facile de nouer des contacts rapidement quand on change de région, alors j'ai travaillé sur tous les secteurs. Sur Internet bien sûr, mais aussi du côté de la profession, en prenant contact avec des agriculteurs ou des organismes professionnels (syndicat, pays du chalonnais ou de la Bresse bourguignonne), et du voisinage, en faisant travailler les artisans et entrepreneurs locaux.

Sur Internet, on trouve beaucoup d'informations générales, quelques informations locales qui vous laissent penser que les associations croulent sous les listes d'attentes, mais je n'ai pas réussi à établir de contact. Du côté de la profession, les 2 maraîchers de ma région fournissant des AMAP que j'ai rencontré n'ont pas réagit à ma situation de néorural.

J'ai quand même réussi à obtenir 2 noms de " responsables " d'AMAP sur Tournus (1 sur un site Internet, l'autre par les personnes oeuvrant à la promotion du Bio), que j'ai contacté téléphoniquement. Je n'ai toujours pas eu de retour, alors que plusieurs semaines ont passé...

Heureusement, du côté du voisinage, les choses se passent plutôt bien. Naturellement, je n'y ai pas trouvé de consom'acteurs mais des gens simples très chaleureux, prêts à rendre service et à accueillir ces écolos de la ville qui espèrent cultiver et élever des animaux sans produits chimiques.

(Source Imagehttp://www.lejsl.com/fr/permalien/article/2003607/La-Frette.html)

* BRF : Bois Raméal Fragmenté [Méthodes agricoles particulières]

mardi, 1 septembre 2009

Enménagement

À quelques heures de la rentrée scolaire, il est temps de faire un point sur la situation...

Au niveau familiale, je pense que l'ambiance ne pourrait pas être meilleure. L'ainée fait son possible pour aider dans les tâches ménagères et essaye de prendre possession de sa future chambre. Et cela ne doit pas être facile car elle passe d'une chambre isolée sous les combles de plus de 20m² à une pièce sans porte de 9m²...

Le garçon, même s'il reste assez inaccessible (c'est un geek* passionné d'informatique), a proposé de passer le week-end dernier avec nous à la ferme. Pour la première fois, nous avons donc dormi tous les 5 sur le site - les enfants dans la maison, les parents dans le camion - et vécu quelques moments que j'apprécie à leur juste valeur.

Du côté de la benjamine, bien qu'elle ait encore un peu de mal à quitter le monde de l'enfance (mais il est vrai qu'elle n'a encore pas 12 ans), des larmes apparaissent à l'approche de la rentrée. On dirait que la perte de ses amies commence à se faire sentir...

Sur un plan plus matériel, la situation n'est pas brillante, mais il faudra bien faire avec. Les chambres des enfants ont toutes l'électricité (plafonnier et prises de courant), et même si les finissions laissent à désirer (plâtre, portes), elles devraient être "habitables" d'ici la fin de la semaine. Pour le reste, l'électrification se fera en même temps que la plomberie, qui devient prioritaire si nous voulons éviter d'aller chercher l'eau au puits et prendre des douches dans la cour.

Avec la rentrée des classes, nous devrions pouvoir passer un peu plus de temps à travailler et j'espère que la situation sera "vivable" d'ici une dizaine de jours, si l'on a pas de mauvaise surprise du côté de l'évacuation des eaux usées...

Au niveau professionnel, c'est encore plus critique. Nous n'avons encore entamé aucun travaux dans les bâtiments agricoles et le débroussaillage vient juste de commencer. Ceci dit, on peut voir les choses sous un autre angle et considérer que nous ne sommes propriétaires que depuis peu (moins de 10 jours !).

Nous avons quand même progressé du côté du matériel et nous devrions réussir à avoir un petit Massey Ferguson de 58ch, avec quelques outils pour travailler la terre, dans la première quinzaine de septembre.
Notre combat contre les ronces va donc pouvoir commencer et j'espère prendre rapidement la mesure du terrain qui entoure nos bâtiments, car il faut absolument prendre des décisions au niveau des productions [lien sur la ferme] : zone de maraîchage, parcours pour les poules et espaces pour les animaux de ferme (notre âne Marius, les futures poules pondeuses, etc).

Mais ceci est encore une autre histoire, dans laquelle je préfère ne pas me projeter tant que le nid qui doit accueillir notre famille n'est pas salubre.

* geek : individu qui investit beaucoup de temps dans sa passion, sans pour autant être nolife (sans vie sociale). Pour les parents intéressés, lire l'article de Wikipédia sur le sujet.

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