Pause...
Après 2 semaines de vacances, où nous avons dû gérer les enfants (trajets à la gare, visites médicales, recherche d'un nouvel hébergement et déménagement pour le garçon -encore un grand merci à Marie et Xavier-, etc) alors que Laurence est à l'extérieure 3 jours par semaine pour sa formation "Volailles de Bresse" et que les animaux (et le poêle !) doivent toujours être alimenté quotidiennement, il est temps que j'essaye de prendre 1 ou 2 heures pour faire le point et consigner toutes les recherches que nous avons faites...
Car, en début d'année, il faut se préparer aux semis.
Et cela demande réflexion, surtout pour les grandes cultures où le choix doit être restreint, contrairement aux cultures maraîchères pour lesquelles on utilise plusieurs dizaines d'espèces végétales dans l'année...
En agriculture biologique, le principe consiste à prévenir plutôt qu'à guérir (il faut quand même bien avouer que notre pharmacopée est tellement limitée qu'il vaut mieux ne pas avoir à guérir !). Et, au niveau des cultures, cela repose sur la rotation de celles-ci.
Il faut donc, en fonction des ses objectifs (vente, autoconsommation) et des possibilités pédoclimatiques* locales, choisir un ensemble d'espèces végétales (céréales, légumineuses, etc) que l'on alternera dans le temps (rotation) et dans l'espace (assolement). Pour compliquer encore un petit peu, il faut aussi tenir compte de la période de semis (par exemple, j'aurai bien voulu me faire la main sur du triticale, espèce plutôt rustique et pas trop chère, mais elle ne se plante qu'à l'automne) et du matériel que vous possédez pour semer, élever, récolter, voir stocker !.
À notre niveau, nous allons devoir improviser pour le matériel puisque nous n'avons ni les moyens ni le temps d'acheter tout ce qu'il faudrait. Nous essayerons aussi d'utiliser le travail à façon, mais nous risquons d'être pas mal limité par notre appellation Bio, qui nous oblige à garantir la traçabilité de la semence à la récolte, ce que ne permet pas les travaux "groupés" quand tous vos voisins sont en conventionnel !
Mais puisqu'il faut bien avancé, des choix doivent être fait et ma première "grande culture" sera la féverole (la fève que l'on plante dans son potager est une variété de féverole à grosses graines).
En effet, elle se plante au printemps (il existe cependant des variétés d'hiver), elle est riche en protéines (ce qui nous permettra de l'inclure dans l'alimentation de nos chèvres et de nos poulets) et elle fixe l'azote naturellement (aliment chimique de base pour la croissance des végétaux) ce qui nous évitera de fertiliser.
Que demander de plus ? Un prix de semence pas trop élevé (là, c'est raté puisque cela coûte aux environs de 230€ par hectare), l'utilisation d'un semoir en ma possession (semoir "graine à graine" utilisé en maraîchage) même s'il ne fait que 2 mètres de large, ainsi que la possibilité de combattre les adventices (mauvaises herbes) par buttage (retournement de la terre) si le semis est assez large.
Pour la récolte (qui se fait à la moissonneuse-batteuse) et le stockage, repoussons le problème à plus tard...
Le choix étant fait, il n'y a plus qu'à trouver les semences (ce qui n'a pas été aussi simple que ça car ce n'est pas une culture très répandue dans notre région), préparer le lit de semence (dès que le temps le permettra) et à planter : fin du chantier prévu à la mi-mars.
* pédoclimatique : qui concerne la nature du sol et les conditions climatiques locales.
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