Butine - Le Blog

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Bienvenue sur le blog de Butine !

Cet espace est dédié aux informations relatives à la vie quotidienne du projet Butine.

  • Pour des explications générales sur le concepte Butine, vous pouvez vous rendre sur Butine - La Vie.
  • Pour des détails sur notre installation physique, allez sur Butine - La ferme.

dimanche, 20 mai 2012

Entracte

Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'année ne se déroule pas comme nous l'avions imaginée. Après 3 ans de travail acharné, sans un seul jour de repos, nous pensions avoir fait le plus difficile et nous abordions 2012 comme une année de consolidation.

La maison d'habitation expose encore fièrement des gaines, des trous et autres fissures, voir quelques tags de ses anciens squats, mais elle est isolée et chauffée, et possède l'eau et l'électricité. En un mot, même s'il faut avoir l'habitude de se faufiler au travers de tout ce qui l'encombre, elle est habitable.

Au niveau de l'exploitation, c'est nettement moins avancé, mais comme il faudra bien une vingtaine d'années de labeur avant d'en voir le bout, il faut relativiser. L'objectif de l'année consistait à stabiliser nos ateliers actuels, à savoir maraîchage et caprin, pour commencer à travailler un peu plus sereinement : on ne peut pas tenir un marathon sur le rythme d'un 100 mètres.

Comme nous n'avons pas les moyens de nous mécaniser, nous ne pouvons gagner du temps que sur la vente. Nous avions donc tout naturellement proposé à notre partenaire, l'AMAP les butineurs, de s'agrandir pour nous permettre d'éviter de continuer à faire des marchés.

Car il faut savoir qu'un marché, en plus d'être nettement plus aléatoire (à cause de la météo ou des vacances), est très contraignant en temps.

En effet, quand vous débutez (et cela dure une bonne année), vous n'avez pas de place attribuée, ce qui vous oblige à venir de bonne heure (la plupart du temps, aux environs de 7h30). Si vous ajoutez le trajet, plus le chargement du véhicule, plus la traite des chèvres et la gestion du lait, vous avez des journées qui commencent à 4h du matin et qui vous bloquent jusqu'à 12h30-13h. Ensuite, retour chez soi, déballage et repas avant d’enchaîner sur le reste des travaux qui se terminent, en période estivale, par l'arrosage des légumes "à la fraîche", à partir de 21h, heure du repas des moustiques.

Nos ambitions étaient modestes, puisque nous souhaitions passer d'une quinzaine de familles à une trentaine. Nous avions limité les places la première année, une AMAP voisine se restructurait et la ville de Chalon est réputée pour son militantisme au niveau du développement durable et de la consommation locale.

Nous avons donc attaqué les travaux d'hiver avec des bouffées d'espoir ! Mais l'hiver a été rude.

C'est l'administration qui a ouvert le bal en remettant en cause les aides que nous avons perçu. Ensuite, c'est le mois de février, avec sa longue période de gel, qui a réduit à néant nos plantations d'automne.

Alors que notre moral faisait le yo-yo, il nous a fallut attaquer des semis d'urgence mais l'année ne s'y prête pas : le temps est pluvieux et froid, et rien ne pousse facilement.

Par contre, nos différentes interventions nous ont permis de faire le point avec l'administration : si nous démontrons que notre ferme peut être rentable en 2014, nous n'aurons pas à rembourser les subventions.

Malheureusement, les consom'acteurs sont introuvables. Malgré le bouche à oreille des membres de l'association, nos courriers aux comités d'entreprise, aux collèges et lycées, nos distributions de prospectus (plus de 600 tracts dans les quartiers avoisinant le lieux de distribution), les demandes ne progressent pas. Du coup, nous devons trouver de nouveaux débouchés en urgence, d'où notre retour sur les marchés et notre participation à des événements du type "Mercredi de Cluny" ou "Les franco-gourmandes" à Tournus.

Mais tout cela prend du temps. Encore plus de temps que l'an dernier...

Et comme la météo continue d'être capricieuse, nous obligeant à redoubler d'efforts pour produire 2 fois moins - comme pour les foins dont la moitié va rester à pourrir dans le pré alors que nous en sommes réduit à essayer de faire sécher le reste dans nos bâtiments - nous finissons par oublier l'essentiel : notre famille.

C'est pourquoi nous avons pris la décision de suspendre nos distributions de légumes pour la semaine à venir, le temps de faire le point sur les chèques de cantine non envoyés, les dossiers d'orientation non réalisés, les déménagements non faits, les assurances habitation non souscrites, etc.

Accessoirement, nous allons aussi faire le point avec notre comptable sur l'état financier de la ferme (voir, éventuellement, rédiger notre déclaration de revenus). Incidemment, si nous arrivons à clarifier tout ça, nous devrions pouvoir débattre de notre avenir avec nos partenaires professionnels que sont la Chambre d'Agriculture et la Direction Départementale des Territoires...

vendredi, 6 avril 2012

Printemps 2012

Avec le retour du printemps, et la monté en puissance de nos travaux, il est temps de faire le point sur nos occupations des derniers mois.

Le plus important concerne naturellement nos vicissitudes administratives...

D'un point de vue purement pratique, pour faire court, une réunion a fini par être organisé entre la Chambre d'Agriculture, la DDT et nous. Devant la particularité de notre cas, l'administration a souhaité être la plus souple possible en suspendant les sanctions et en nous laissant toute latitude au niveau des productions pour proposer un avenant au PDE qui nous permette de devenir viable.

Nous sommes donc tenu de faire un point avec les techniciens spécialisés dans nos productions (maraîchage, chèvres, volailles), de faire un bilan technico-économique et de reconstruire un plan de développement sur les 2 ans qui viennent.

Ceci étant, le principe de base des aides reste le même : l'exploitation doit nous permettre de dégager un SMIC en 2014, sans quoi il nous faudra les rembourser. Prosaïquement, cela signifie que si nous n'arrivons pas à gagner de l'argent, on va nous en réclamer. Le principe est rude mais c'est la même règle pour tous.

Au vu de notre situation actuelle, le défi est donc de taille, mais nous allons le relever.

D'une part parce que plus nous renouons avec la nature, plus nous nous apercevons que notre combat est nécessaire. D'autre part parce que nous avons réunit autour de nous un noyau de personnes qui nous soutient et nous encourage.

Ceci étant, la déprime liée à nos déboires économiques et à notre fatigue n'a réellement pris fin qu'avec l'accueil de notre première filleule*.

Bien que son arrivée un peu précipité nous ait obligé à rénover une nouvelle pièce en urgence, la prise en charge de cette jeune personne, en perdition mais si volontaire, nous a condamné à nous secouer pour lui venir en aide.

Après ce que nous avons vécu avec nos enfants, nous sommes tout à fait capable de comprendre ce que ressentent ces parents qui sont venus nous confier le leur. Mais, cette fois, notre position nous permet d'être actif dans la reconstruction de cette personnalité et nous nous en donnons à cœur joie en essayant d'utiliser nos multiples travaux pour l'aider à se retrouver.

Et ceux-ci ne manquent pas.

Au niveau du maraîchage, nous continuons à travailler sur l'irrigation, point névralgique s'il en est (vous avez vus des giboulées, en mars, vous, cette année ?). Après avoir vidé et déplacé notre crib, abattu le sapin qui nous gênait, terrassé une surface plane, nous avons enfin pût positionner notre citerne souple. Maintenant, nous nous efforçons de la remplir (30m3) en collectant les eaux de pluie et en tirant l'eau du puits.

Reste tout le système d'irrigation des cultures qui est toujours à l'état de projet. Il faut dire que les surfaces à arroser sont encore susceptibles de bouger, que nos ressources en eau sont très limités (nous limiterons donc les arrosages "aériens") et que la science des débits/pressions (malheureusement, je ne parle pas de bières !) en fonction du nombre de tuyaux, de leur longueur, du nombre de goutteurs au m, etc, est assez ésotérique.

Pour nous venger, nous avons attaqué le montage de notre second tunnel. Quelques dizaines de tube à déplacer, à emboiter, à fixer, un peu de Pythagore pour calculer les angles droits (tant qu'à faire, autant que l'extrémité du second tunnel ne finisse pas dans la bâche du premier) et nous voilà partis pour quelques dizaines d'heures de jeux de construction. Notre objectif est de réussir à bâcher avant la plantation des tomates...

Mais avant de repiquer celles-ci, il nous faudra planter les pommes de terre de garde (les pommes de terre nouvelles sont déjà en terre), ce qui m'impose de terminer la préparation de la parcelle que j'ai défriché à l'automne dernier.

La bonne nouvelle, c'est que l'hiver à fait son travail et que la terre est un peu moins compacte. La mauvaise nouvelle est qu'il reste beaucoup trop de racines et que l'accès à la zone est pour le moins délicate dès que le sol est un tant soit peu humide (il a fallut que j'abandonne ma charrue en vrac pour réussir à sauver le tracteur de l'enlisement au passage d'un fossé).

Pour l'heure, j'ai quand même réussi à passer les disques pour aplanir les sillons et j'ai labouré une seconde fois perpendiculairement au premier passage pour essayer de couper un maximum de racines. Maintenant, il va me falloir composer avec la météo pour réussir à obtenir une surface apte à recevoir nos plants de pommes de terre d'ici la fin du mois.

Au niveau des chèvres, Laurence a finalisé la nouvelle configuration de la chévrerie. Les cornadis sont en place et la traite s'effectue maintenant depuis plusieurs semaines sans trop de problèmes.

Nous ressortons le troupeau régulièrement avec bonheur, maintenant que nous savons que les limites sont totalement grillagées. Reste les séparations de parcelles, qui ne sont encore pas fixes puisque certaines zones sont encore inaccessibles, qu'il faut gérer régulièrement pour éviter que nos animaux les contournent en taillant dans les ronces.

J'ai même eu le temps d'épandre une partie du fumier sur la parcelle maraîchère et de déplacer le reste pour réorganiser nos emplacements de transformation de la litière en compost. Reste les grandes cultures, qui sont quelques peu délaissées.

Les pois n'ont pas survécu au gèle du mois de février mais le mélange d'avoine et d'orge continu de pousser tranquillement. Bientôt reviendra le temps des foins, mais je préfère ne pas trop y penser par avance...

* filleule : nous travaillons avec l'association Clé de voute pour accueillir sur notre ferme de jeunes personnes en rupture sociétale (alcool, drogue, proxénétisme, fugue) pour leur offrir un cadre structurant qui doit leur permettre de se reconstruire.

lundi, 5 mars 2012

Simulations 2012 sur le changement climatique

"La communauté climatique française, réunissant principalement Météo-France, le CNRS, le CEA, l’UMPC et l’UVSQ (notamment à travers le CNRM, le CERFACS* et l’IPSL**) vient de terminer un important exercice de simulations du climat passé et futur à l’échelle globale (CMIP-5). Mis à disposition de la communauté internationale, ce travail sera utilisé par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) pour établir son 5e rapport, dont le premier volet sera publié à la mi-septembre 2013."

lire Changement climatique : les nouvelles simulations françaises pour le GIEC

Pour la première fois, les scientifiques ont réussi à réaliser, non pas une projection climatique sur le 21e siècle, mais une prévision à l'échelle décennale (2010 - 2040).

Concrètement, cela signifie que les modèles numériques utilisés ont été initialisé par les données climatiques de l'année 1960 et ont été capables de redonner la chronologie des années passées, l'exercice se poursuivant jusqu'en 2040.

Ceci étant, il est important de continuer à faire la différence entre la météo et le climat : il est scientifiquement impossible de prévoir le détail des situations météorologiques plus de 10 jours à l'avance ! La science du climat ne peut prédire que des moyennes mais plus celles-ci s'affinent, plus les tendances convergent vers un changement climatique majeur.

Car il faut le répéter encore et toujours : le changement climatique, ce n'est pas qu'une augmentation de la température moyenne !

Effectivement, pour appréhender le phénomène, il faut prendre de la hauteur (allez, disons 1 million de km) pour pouvoir considérer la Terre comme une boule se déplaçant dans le froid du vide de l'espace. À cette échelle, les échanges thermiques sont assez simples puisque notre planète, à part quelques flux thermiques en provenance de son centre, ne reçoit de la chaleur que du soleil.

Comme la Lune, avec un côté brulé par les rayons solaires et un autre glacé par le vide galactique. Heureusement, notre refuge dispose d'une atmosphère qui homogénéise globalement la température, qui avoisine les 15°C à sa surface (moyenne de la température sur toute la surface de la Terre (océans et continents, la surface de ces derniers étant ramenée au niveau de la mer), et sur toute l’année).

Quand les scientifiques nous expliquent que la température aura augmenté au minimum de 2°C en 2100 (avec des politiques drastiques de combats de nos émissions de gaz à effet de serre, ce qui est quand même très mal parti), cela signifie donc que la température moyenne de la Terre sera de 17°C.

Pas de quoi fouetter un chat !

Sauf que la température de notre planète était d'environ 10°C lors de la dernière glaciation. Et à cette époque, la végétation de notre pays était équivalente à celle de la toundra russe actuelle. Ce qui en dit long sur l'importance d'un écart de 5 petits degrés.

Mais le plus affolant concerne la vitesse du changement. Alors que l'évolution des températures a mis environ 15000 ans pour passer de 10°C à 15°C, laissant aux différents habitants de notre petite planète (animaux et végétaux) le temps de s'adapter, nous allons allègrement prendre 3°C en une centaine d'années.

Heureusement, tous les gouvernements travaillent à relancer la croissance...

lundi, 27 février 2012

Enda ouvre le bal

C'était le21 février! Mon Enda était si peu ronde que je doutais de sa gestation. Sa mamelle s’est légèrement développée, ce qui me laissait espérer tout de même un bébé. Mais de là à ce qu'elle soit la première à mette bas!!

Sa petite fille faisait 2,8 kilo à la naissance;

bb enda

bb enda2

Hier, à 5 jours, elle en était à 3,9 kilos!

Isis

Je continue de nommer les chèvres par ordre alphabétique et cette année, je pense garder deux ou trois chevrettes (bonne idée ou pas?? l'avenir le dira.) J'en suis à I, J et K.(désolée papa,bien qu'elle soit née le jour de ton anniversaire, j'ai pas trop envie de l'appeler Raymonde ;-) )

Enda n'ayant jamais été malade, jamais atteinte par les parasites, je suis contente qu’elle ai eu une femelle, de joli gabarit en plus! Je compte sur la transmission héréditaire de cette résistance au maladies. Donc,  si la petite reste en pleine forme et pousse bien, elle sera ISIS.

Les autres mères vont mettre bas d'un jour à l'autre. J'y crois tous les jours, mais elle me font languir. Thierry se moque de moi : à force de dire, "c'est pour aujourd'hui", je vais bien finir par avoir raison!!!

Pour les nom en J, j'ai du mal....j'attends quelques suggestions (un nom pas humain de préférence, à deux syllabes, trois maxi, avec pas trop de I, car il y a déjà Sophie, Fidji, Isis...)

Lundi 27 février

A midi, Enak nous a donné une jolie fille de 3,5kg. Elle est magnifique! très vive, elle se promenait un peu partout le soir même. Enak se porte bien, elle est encore bien rondelette: la gestation n'a pas consommé ses réserves. Et alors , des mamelles! je sens que la petite nouvelle ne va pas manquer!

bb enak

Mardi 28 février

Toujours à l'heure du repas, Bella à mis au monde un mâle et une femelle.
La bonne nouvelle c'est que Hapy est le papa.Comment je le sais? Les règles de la génétique: Bella, maman sans pampille+ papa sans pampille= bébé sans pampille. Or bébé a des pampilles, donc il lui faut un papa à pampille, et il n'y a que Hapy! C'est clair?

Nous pourrons donc nous séparer de Charly et Gheb avec moins d'inquiétude sur ses qualités de reproducteur!

Mercredi 29 février

8h00  Et de cinq. Sophie nous donne encore une jolie fille!
Toutes les naissances se passent à merveille, c'est génial!

bb sophie

14h , c'est le tour de Camille. Naissance un peu difficile. Joli mâle.
Suite à surveiller.

bb camille

Le bébé fait 4,7 kilos; Pas étonnant que ça ai été un peu difficile.

Vendredi 2 mars

Juste avant le départ pour la livraison de légumes à l'AMAP, Chaussette nous donne un mâle et une femelle.
3,5 et 3,7 kilo! pff!! 

Samedi 3 Mars

Ikaré se prépare. Elle est très soucieuse depuis quelques jours, calme, câline comme toujours.
A 14h30, elle gratte le sol, cherche un endroit tranquille (ce qui n'est pas simple avec Gheb et Hapy qui bataillent se cesse et que je dois finalement isoler du reste du troupeau pour avoirun peu de calme).

14h50 bébé 1 : fillette.
14h15 bébé 2: 'tit gars.
Le deuxième loulou ne se présentait pas très bien,  avec une patte repliée vers l'arrière. Il a fallu aller la chercher. Exactement comme ça:

chevrettage(image du site www.fao.org)

Et pour les curieux:

chevrettage2

Bref , nous en sommes à 10 bébés! et il commence à y avoir de l'action.

Il n'y a plus que Nefer (estimée vers le 18 mars) et Fidji, aucune idée, mais pas pour maintenant,.... je crois :-)

Donc, le 5 mars Fidji nous a donné une fille. Puis le 19 juin Nefer a mis au monde deux jolies filles.

A ce jour, 6 avril, nous avons vendu à un particulier deux chevrettes comme animaux de compagnie et trois cabris, qui ne passerons pas Pâques. 

Nous avons donc en ce moment, huit petits qui mangent comme des ogres!

Charly et Gheb ont quitté l'exploitation (j'ai détesté leur départ pour la réforme, mais impossible de les caser dans une famille d'accueil...) . Hapy aura son harem à lui tout seul! il a intérêt à assurer!

Les mamans ont retrouvé le chemin du pré avec plaisir et progressivement. Pour le moment, pas de problème digestif. Je leur trouve un poil un peu terne, et elles sont pour certaines, un peu maigre, mais le grand air va remédier à tout ça. Les toux ont presque disparu...enfin....

mercredi, 25 janvier 2012

Vicissitudes administratives

Il y a quelques jours, je souhaitais faire un article pour remercier France Télécom, pardon, l'opérateur historique, de nous avoir privé d'ADSL pendant un bon mois et demi simplement parce qu'un technicien a "oublié" de nous rebrancher après le dégroupage.

Mais la vie continue et l'absence d'accès Internet, les appels téléphoniques -dont les portables- devenus payants, deviennent secondaires quand l'administration vous a à la bonne.

Puisque nous nous sommes installés en tant que JA (Jeune Agriculteur), nous avons bénéficié de certains avantages, qui vont d'une subvention à l'installation à des prêts bancaires aidés (les prêts, exclusivement sur du matériel neuf, sont à 1% pour les JA, l'état prenant en charge le complément). Du coup, nous sommes régulièrement contrôlés pour vérifier que nous ne détournons pas l'argent du contribuable, ce que nous comprenons et acceptons.

Après une visite pour vérifier que les bâtiments agricoles que nous avons acquits en achetant la ferme étaient bien là, nous avons donc accueilli un nouveau contrôleur après l'achat des poulaillers.

Dans notre esprit, comme le plan de développement de l'exploitation - que nous avons élaboré avec feu l'ADASEA en 2009 pour défendre notre projet - le prévoyait, nous ne pouvions profiter du prêt bonifié pour les poulaillers qu'en contractant celui-ci en 2010. À cette époque, nous avions déjà tellement de retard sur nos prévisions que nous n'envisagions pas l'installation des poules avant de nombreux mois, mais rater un taux à 1% nous semblait idiot. Nous avons donc acheté le matériel.

Après avoir obtenu notre permis de construire, nous avions quand même, début 2011, attaqué les premières fondations lors de la visite de l'inspecteur, que j'ai donc sereinement guidé vers nos bâtiments en kit, rangés soigneusement sous une grande bâche. Mais l'homme ne se contenta pas de constater que le prêt avait bien servi à l'achat de poulaillers : ceux-ci auraient dû être fonctionnels !

Comme personne dans l'administration n'a été en mesure de nous donner une date butoir, nous avons rapidement mis cet incident de côté et continué à cultiver nos légumes pour essayer de gagner quelque argent...

Comme je l'ai déjà raconté dans l'article Premier poulailler, la construction n'était toujours pas terminée à la fin de l'année. L'administration étant tenace, elle nous a alors demandé de rembourser les intérêts à sa charge. Pour éviter cette perte sèche et essayer de clore le dossier rapidement pour revenir à nos petites occupations quotidiennes, nous avons anticipé le remboursement du prêt, ce qui a mis fin à l'affaire moyennant un petite dizaine de milliers d'euros.

La nouvelle saison commençait bien...

Mais nous avions aussi été contrôlé sur notre installation. Là, l'inspecteur a vérifié que les prêts utilisés pour l'achat du foncier et du bâti sont bien arrivés sur le compte de l'exploitation. Cela semblerait plus judicieux de le demander à la banque, mais bon, nous sommes bonne poire.

Nous devions aussi fournir, parait-il, le compte-rendu de l'audit que nous nous sommes engagé à subir. Comme convenu, nous nous sommes effectivement soumis à la visite d'une personne accréditée pour vérifier l'avancement de notre installation. Nous en étions même demandeur puisque chaque conseil est important lorsque l'on est pas du métier. Malheureusement, nous n'avons jamais eu le dit compte-rendu...

Là encore, il semblerait plus judicieux de demander à l'organisme qui l'a réalisé de le fournir, mais l'administration est ainsi faite. Laurence a donc fouillé nos archives, contacté les uns et les autres, mais nous n'avons pu que fournir la feuille d'émargement prouvant le passage de l'auditeur (en fait, celui-ci n'est plus en fonction et, à ce jour, le compte-rendu est toujours introuvable).

On nous reproche aussi de n'avoir toujours pas de poulets. Et comme nous avons des chèvres qui n'étaient pas dans les prévisions, le doute s'installe. Mais autant nous avions réussi à argumenter, avec notre interlocuteur lors de l'audit, sur le fait que les chèvres n'étaient là que parce qu'elles valorisent beaucoup plus les ronces que les poulets, et que ceux-ci ne pourraient de toute façon pas être installé tant qu'ils n'avaient ni abris ni parcours, autant il n'y a pas eu de discussion avec notre interlocuteur lors du contrôle...

Après remonté des informations à l'administration centrale par le contrôleur, le service concerné de la DDT (Direction Départementale du Territoire) nous a donc assigné aujourd'hui à rembourser les subventions et les intérêts des emprunts concernés, soit la modique somme d'une trentaine de milliers d'euros.

Pour l'heure, nous ne connaissons pas encore les conséquences qui en découleront au niveau de nos emprunts (le taux passera-t-il de 1% au taux du marché ou devrons-nous tout bonnement les rembourser ?) mais est-il besoin de préciser que si cette décision est confirmée, nous serons dans l'obligation d'arrêter notre projet pour chercher un travail plus rémunérateur ?

Quoi qu'il en soit, nous n'avons actuellement plus aucune motivations pour continuer à investir notre temps et notre argent dans cette entreprise qui ressemble de plus en plus au tonneau des danaïdes...

Ajout du 01/03/2012

Nous avons donc eu une réunion à la fin du mois dernier avec 2 représentants de la Chambre d'Agriculture pour faire le point sur notre situation.

Un des rôles de cette institution étant de représenter les agriculteurs auprès des services locaux de l'état, l'idée est de fournir à la DDT un compte-rendu plus étoffé que le courrier que nous avons retourné dans les 10 jours.

Cette réunion nous a déjà permis de mieux comprendre le décalage entre l'administration et nous. Alors qu'au quotidien nous travaillons principalement sur le maraîchage, ce qui le place dans notre esprit, mais aussi d'un point de vue économique, comme notre production principale, la DDT nous perçoit au travers de notre prévisionnel 2014, dans lequel ce sont les poulets qui représentent la production principale...

Par contre, la nouveauté depuis cette annonce de "déclassement total" fin janvier, c'est notre motivation par rapport à cette filière. Là aussi, le travail quotidien explique nos œillères. Alors que nous nous démenions depuis des mois pour voir courir des poulets sur notre propriété, nous ne nous posions plus particulièrement le problème du débouché.

En volaille de Bresse AOP (Appellation d'Origine Protégée), la demande est très forte localement et il n'y a pas de questions à se poser au niveau de la vente. Quand nous avons décidé d'abandonner l'AOP au profit de la bio, nous étions conscient que nous ne bénéficierions plus d'une filière spécifique, mais le message médiatique permanent qui rappel que la demande en bio est soutenue nous a leurré.

Quelle ne fût donc pas notre surprise quand, début février, dans l'optique de préparer cette réunion, nous avons contacté les différents abattoirs du coin (la Saône et Loire possède encore, heureusement, un certain nombre d'abattoirs de volailles) pour leur demander leurs tarifs et leurs contraintes en terme de quantité. Or, dans la région, aucun abattoir n'est intéressé par la filière bio !

Ce qui sous-entend, au delà de la problématique de l'abattage lui même (aujourd'hui, on n'égorge plus les poulets dans sa cuisine !), qu'il n'y a pas de filière de vente de poulets bio dans la région. Autrement dit, qu'il faut réussir à tout vendre en direct au consommateur, ce qui divise au moins par 10 les quantités envisageables, et les revenus correspondants...

Le seul choix restant consiste donc à modifier notre PDE pour remplacer la volaille de chair par des fromages bio et des œufs bio. Encore faut-il que la DDT nous autorise à le faire.

À l'heure actuelle, nous sommes donc dans l'attente :

  1. que les conclusions de cette réunion soient avalisées par la Chambre et qu'un compte-rendu en ce sens soit transmit à la DDT,
  2. que la DDT accepte la proposition et nous donne le temps de construire un nouveau PDE,
  3. que ce nouveau PDE soit accepté.

Tout refus lors de l'une de ces 3 étapes entraînera "le déclassement total" de notre installation et le remboursement des aides, avec les conséquences que l'on sait.

jeudi, 19 janvier 2012

Restructuration

Au mois de novembre, nous avons changé l'emplacement de la chèvrerie, afin de pouvoir curer la précédente, dont nous n'avions pas eu le temps de nous occuper.
Thierry a donc sorti environ 12 tonnes de fumier à la brouette au mois de décembre. Depuis que c'est propre, j'essaye de réaménager afin d'avoir un  peu plus de confort:
La zone de traite sera plus adaptée, avec un accès des chèvres uniquement pour la traite, ce qui évitera une accumulation de fumier devant les cornadis, et assurera une meilleure hygiène de traite. De plus, grâce à l 'aménagement d'une « aire d'attente » , il y aura plus de places pour les installer aux cornadis ( les constructeurs prévoient 33cm par chèvre, soit 6 chèvres sur deux mètres. Je compte ne faire occuper qu'une place sur deux. Elles auront moins tendance à mordre les oreilles de leurs voisines! )  et je ne serai plus obligée de me faufiler entre les biques qui n'hésitent pas à me faire comprendre que je les dérange pendant leur repas!  

aménagements
Avant qu'elles ne rejoignent leurs quartiers d'été avec leurs bébés, nous prévoyons de remettre en état de marche la chaine de curage. Cela représente encore un long travail, mais une fois fait, cela nous gagnera du temps.

Côté santé, je dois batailler depuis plusieurs semaines contre une toux persistante et parfois inquiétante. Enak tousse régulièrement, tandis que Aude, Ikaré, Nefer toussent occasionnellement.
J'ai eu peur que cette toux soit due à une infestation de strongles pulmonaires, mais ce n'est pas le cas. Je penche donc plutôt pour une sensibilité liée à trop de douceur des températures et trop d'humidité! Alors tous les jours, je frictionne les pattes antérieures et le poitrail avec des huiles essentielles: ravintsara, anti-viral, Eucalyptus radié et/ou citronné, anti inflammatoire, romarin et basilic, mucolytiques,... Je pulvérise aussi sur le foin; La toux passe chez l'une, revient chez une autre.... Alternance de découragement et d'espoir.

Au niveau alimentaire, l'équilibre semble assez bon, malgré un excès de sucre dans la « ration »: selon la méthode d'observation OBSALIM, les symptômes d'excès de sucre: crottes sombres, croutes noires aux yeux, comportement légèrement agressif, vives.
Difficile de faire mieux, car j'ai peu d'apports azoté pour rééquilibrer.

Les premières naissances ne devraient pas tarder.
Les gestations se déroulent bien et mes louloutes commencent à être bien dodues! Je crains que deux d'entre elles ne soient pas pleines: Aude et Enda. Pas de rondeurs évidentes, pas encore de mamelles développées.... En plus, Aude (qui va avoir deux ans!)  a l'audace de continuer à téter sa mère, qui la laisse faire! C'est une catastrophe celle-là, mais je l'adore!
La nurserie est presque prête.
Je vais ressortir tout ce qu'il faut pour chauffer le lait, préparer les biberons....

La fromagerie est prête. Tous les joints et raccords sont terminés.
Tout est lavé et prêt à accueillir la nouvelle saison.

dimanche, 8 janvier 2012

L'eau, la terre, la Bresse

La Bresse est une zone d'appellation contrôlée située dans une plaine légèrement vallonnées qui occupe la partie Est du bassin moyen de la Saône. Au niveau géologique, le fossé bressan est constitué de limons, de cailloutis calcaires issus de l’érosion des plateaux calcaires et des terrasses alluviales.

Son sol va du sable à l'argile mais sa caractéristique principale est qu'il est à plusieurs dizaines de mètres de la roche mère. Autrement dit, les rochers sont quasiment inexistants dans cette région. Et comme celle-ci est arrosées par les nombreux cours d'eaux qui la traversent, l'accès à l'eau n'a jamais été un problème. Du coup, l'habitat y est très dispersé et les accès nombreux.

Si ces caractéristiques pédoclimatiques favorisent le maintien d'un paysage campagnard, elles compliquent le maillage du territoire, que cela soit au niveau du réseau routier ou de celui d'Internet. C'est pourquoi nous nous démenons comme de beaux diables depuis quasiment 2 mois pour essayer de rester "branchés". Voilà donc les dernières nouvelles, qui se verront agrémenter de quelques photos quand nous auront récupéré un peu de débit !

Nous avons terminé l'année 2011 sur quelques chantiers de fond.

Le plus urgent concernait le verger, car nous souhaitions profiter de l'automne pour planter quelques arbres. Je me suis donc efforcé de finir de dégager notre "allée-verger" avant la sainte Catherine et nous l'avons complétée avec quelques fruitiers. Si l'on tient compte des pertes que nous avons eu, nous possédons maintenant une douzaine d'arbres, qui vont du pommier au cerisier en passant par le pêcher et le néflier. Nous travaillons toujours dans l'esprit fermier sur de petites échelles (petites par rapport aux agriculteurs qui vendent aux grossistes et qui raisonnent "industriel").

Le chantier suivant, et qui est malheureusement loin d'être terminé, concerne l'irrigation. Si nous souhaitons éviter de passer nos soirées à arroser nos plantations au jet d'eau pour économiser nos faibles réserves, nous devons augmenter celles-ci. Du coup, nous travaillons à la mise en place d'une citerne souple de 30m3, que nous alimenterons en eau de pluie.

 Au stade actuel, nous avons défini l'emplacement approprié : en hauteur par rapport à la zone à irriguer, au plus près possible de nos emplacements de récupération d'eau (1 existant et 1 à venir) et pas trop loin d'une source ... d'électricité. Pour finir, cet espace de presque 70m² (7x9m) doit être le plus plat possible pour éviter trop de terrassement.

Bien entendu, cet emplacement était déjà occupé puisque nous y avions placé notre séchoir à maïs. Il a donc fallu finir de vider le crib (Loïc et Quentin nous ont bien manqué mais, du coup, il leur reste quelques dizaines de kilos d'épis à égrainer ;-D !) pour pouvoir le déplacer. Pour faire bonne mesure, et profiter de l'espace ainsi dégagé, j'en ai profité pour abattre le sapin qui commençait à nous donner des sueurs froides les jours de grands vents.

faire laplace  place

Nous sommes encore loin de remplir la citerne, puisqu'il me faut encore découper et déplacer le tronc avant de pouvoir attaquer le terrassement, mais je dois avouer mon extrême satisfaction d'avoir réussi à préserver les lignes électriques et téléphoniques du hameau !

Au niveau des chantiers extérieurs, je travaille aussi sur les clôtures qui nous séparent de nos voisins. Celles-ci sont bien évidemment au milieu des arbres et des ronces, ce qui ne gêne guère les chèvres mais nettement plus leurs chevriers. Pourtant, cela pourrait s'avérer agréable si, après plus de 2 ans, nous pouvions enfin sortir notre troupeau et le laisser sans surveillance...

cloture avant cloture après

Le problème c'est que plus je dégage nos limites, plus les animaux (les nôtres mais aussi ceux du voisin) ont tendance à vagabonder. Il me faut donc faire des clôtures temporaires au fur et à mesure que je nettoie les abords de l'ancienne. L'avancée n'est donc pas rapide, surtout que je ne peux pas utiliser d'engins mécaniques, ni pour le défrichage ni pour la mise en place des poteaux, mais j'espère réussir à faire le plus gros avant la fin de l'hiver. Seule une partie très marécageuse restera sans grillages, uniquement protégée par ce qui m'empêche d'y travailler : son sol spongieux.

Heureusement, nous avons aussi des occupations d'intérieures, puisque plus de 1000m² de bâtiments sont à réapprovisionner en eau et en électricité. Le plus urgent étant de voir clair, Laurence a commencé à ré-électrifier la longère et l'étable.

Nous avons enfin terminer le passage souterrain du câble électrique 5G6 entre le garage et la longère (percement des fondations des bâtiments, tranché-canal à la bressanne), ce qui a permit la pose du tableau électrique qui alimentera tout le secteur. Comme pour le sapin, ce fut un réel bonheur de constater que les 60 mètres de câble en 6mm² qui nous restaient faisaient la jonction entre les 2 tableaux électriques...

À partir de là, Laurence a joué de l'échelle et de la perceuse pour tirer des lignes du tableau jusqu'aux emplacements stratégiques, prévoyant à chaque fois une prise triphasée et des monophasés. Avant la fin 2011, nous avions donc quelques points lumineux pour traverser l'étable sans lampe de poche, mais surtout, nous n'avions plus de rallonges qui traversaient la cour dans tous les sens !

Pour terminer avec une occupation qui est à la limite entre notre vies professionnelle et familiale, quelques nouvelles du plancher. Nous avions donc attaqué en septembre, sous la direction avisée de notre ami François, la pose de bastaings sur les solives pour corriger les 10cm de dénivelée de celui-ci. Dur labeur où il faut positionner les planches avec précision tout en jouant les équilibristes.

plancher

Dans la foulée, nous avons isolé avant l'arrivée du froid. Maintenant, nous terminons la pose du plancher proprement dit pour nous permettre de gagner un peu d'espace dans la maison. L'étage ne sera toujours pas à l'abri du froid et de l'humidité, mais si nous nous organisons bien, nous devrions réussir à gagner suffisamment de place au rez-de-chaussée pour délaisser notre caravane et ses nuits froides et bruyantes...

samedi, 31 décembre 2011

2012

2012 sera pour nous une année très particulière...

Tout d'abord en tant que citoyens, puisque toute année d'élection présidentielle est particulière : nous allons à nouveau choisir la personne qui va insuffler le nouvel élan quinquennal à la nation française.

À l'heure où les contraintes systémiques commencent à être ressentis par tous, nous devons nous féliciter de pouvoir encore voter démocratiquement. Combien de temps pourrons-nous continuer à préserver nos acquis devient une question essentielle qui redonne toute son importance au choix du plus haut dignitaire français, même s'il est évident que celui-ci ne pourra pas grand chose contre les lois de la physique car « la maison brûle et nous regardons ailleurs... ».

Et là, c'est le citoyen -militant concerné par la dégradation de son environnement qui voit dans l'année 2012 le vingtième anniversaire du sommet de Rio. 20 ans pendant lesquels les recherches scientifiques n'ont cessé de progresser dans la démonstration que l'humanité détruit de plus en plus vite le seul habitat qu'elle possède, progression inversement proportionnel à celle de l'indignation militante qu'avait réveillé le discours fondateur prononcé à l'époque.

Cette apathie face à une prise de conscience qui devrait être immédiate tellement les faits sont criants me fait souvent penser à la décision qu'a dû prendre mon père en 42 (et oui, déjà 70 ans!) quand il a quitté la protection illusoire de sa maison familiale pour s'enfuir en zone libre.

Seul, il lui a fallut passer la frontière allemande pour rejoindre la France occupée (à cette époque, l'Alsace était annexée, ce qui sous-entend que mon père devait combattre sous l'uniforme allemand), la traverser avant de pouvoir enfin franchir la ligne de démarcation.

Qu'est-ce qui fait que certaines personnes sont capables de bouleverser leur existence dans l'espoir de l'améliorer alors que d'autres préfèrent laisser les choses choisir à leur place ? Cette année, mon père aura 90 ans et ces années difficiles nous semblent bien loin, surtout pour nous qui n'avons connu qu'un monde sécurisé et opulent.

Pourtant, les nuages s'amoncèlent et, comme en 39, il est sûr que nos lendemains seront chahutés. Malheureusement, plus nous restons apathiques, moins nous aurons de chances qu'il y ait un après avec un happy end. La dégradation de notre climat est aussi inéluctable que la disparition de nos réserves d'énergies fossiles et le jour à partir duquel nous n'aurons plus le temps de nous prémunir contre ce changement radical de nos vies est diablement proche.

Et c'est pourquoi nous allons, Laurence et moi, continuer à nous investir dans notre projet fermier même si, malgré 2 années extrêmement dures et éprouvantes, celui-ci est encore très loin d'être viable. Nos forces et nos ressources se sont érodées inexorablement au contact de la réalité et nous n'avons plus l'énergie que procure la foi, mais nous avons le soutien des Butineurs...

lundi, 14 novembre 2011

Atelier fromagerie

Ceux qui me connaissent un peu savent que je pourrais être intarissable quand on me lance sur le sujet des chèvres ou de la fromagerie. Alors, c'est avec beaucoup de plaisir que j'ai proposé (sur un suggestion d'Edwige) une découverte de "la fromagerie" aux Amapiens qui le souhaitaient.


tenues

Rendez-vous était donné à 10 heures et les volontaires ont été ponctuels!

Après un petit passage à la chèvrerie, nous nous parons des tenues "règlementaires" .

Lavage soigneux des mains , puis le travail peut commencer.

Démoulage, retournement, moulage,....mes apprentis sont habiles et intéressés.

moulerdémouler

La matinée s'est terminée avec une petite dégustation des fromages.

Un bon moment.....

Et pour les plus jeunes, interro/révision: après démoulage on laisse le fromage à la fromagerie 24h pour que se développe le ...? ;-)

dimanche, 6 novembre 2011

Été indien

Le printemps et l'été ont été rudes, que cela soit au niveau de la météo ou de nos occupations.

Naturellement, au niveau de la ferme, les 2 sont très liés et quand les saisons se détraquent, les travaux ne s'en trouvent pas simplifiés. Mais c'est surtout le défi de notre partenariat avec Les Butineurs qui nous a mis sous pression : fournir chaque semaine des légumes sains et variés à un groupe de famille pendant plus de 6 mois alors que nous sommes loin de maîtriser notre nouveau métier n'est pas une simple gageure.

Du coup, la gestion de l'immédiat ne nous a pas permis de nous investir dans les travaux de fond, comme le défrichage, la pose de nouvelles clôtures, ou tout simplement le curage* de la chévrerie. Et comme les travaux d'automne (seconde coupe de foin, semis de céréales) commençaient à se faire pressant, nous avons décider d'interrompre notre participation au marché du mercredi pour profiter du beau temps du mois de septembre.

N'appréciant pas particulièrement les fenaisons (voir Fenaison 2011), j'ai longtemps hésité à couper le regain, mais nos besoins en fourrage et le beau temps persistant m'ont forcé la main. Je suis donc reparti en quête du matériel (cette fois, Yves m'a carrément proposé de garder sa faneuse et son andaineuse sur la ferme) et j'ai fauché nos 2 parcelles (à celle utilisée pour les foins de mai, et sur laquelle je n'ai pas planté de maïs à cause de la sécheresse, s'ajoute celle où j'avais semé une prairie sous les blés).

trefle

Le bottelage m'a fait beaucoup pesté, car de nombreuses bottes étaient mal ficelées (les ficelles à l'ancienne ne sont pas réputées pour leur homogénéité ni pour leur solidité) et il me fallait repasser le foin à la main, mais je suis quand même venu à bout de l'ouvrage.

Le ramassage s'est fait en effectif réduit, notre benjamine aux commandes du tracteur, Laurence sur la remorque et votre serviteur à ses pieds. Au final, nous avons récolté environ 1 tonne de foin qui permettra à Laurence d'avoir un peu de marge pour cet hiver.

En parallèle, j'ai travaillé la terre de notre troisième parcelle pour réaliser un lit de semences. Sans véritable labour, le résultat n'est pas brillant : bien que les mauvaises herbes aient séché, elles n'ont pas été enseveli et m'ont donc gêné lors du passage des autres outils.

J'ai quand même réussi à semer à peu près correctement mon mélange d'avoine, orge et pois. Il ne reste plus qu'à espérer que les amoncellements provoqués par le passage de la herse ne gêneront pas à la récolte et que je pourrai les enfouir aux prochains labours...

semis à l'ancienne semis

Comme les quelques pluies de septembre n'ont pas rendu le terrain impraticable, j'en ai aussi profité pour défricher une zone pas trop boisée mais difficile d'accès car en contre-bas de notre ferme. L'idée était de parvenir à labourer le terrain avant l'hiver pour que le gel puisse émietter la terre et détruire un maximum de racines.

friche

 friche2

La belle arrière saison m'a été très favorable car le travail de défrichage est plus que long. Il faut commencer par broyer ce qui peut l'être, ce qui se limite aux ronces et aux arbrisseaux avec la puissance de mon tracteur. Ensuite, il faut abattre les arbres à la tronçonneuse, débarder le bois et détruire les branchages.

defrichage

 abattage

Reste les souches à déraciner au tractopelle et les résidus du broyage, qui peut atteindre une bonne dizaine de centimètres d'épaisseur, à pousser en bordure si l'on veut que la charrue puisse pénétrer le sol.

desoucher  nettoyer

Le labour devient alors possible, même si d'innombrables racines obligent des interventions régulières pour dégager les socs.

labourer labour

La surface gagnée avoisine les 20 ares (2000m²) et sera très certainement totalement dédié à la plantation des pommes de terre de garde de la saison prochaine. Elle risque néanmoins d'être insuffisante pour compenser l'augmentation du nombre de familles participant à l'AMAP, à moins que je n'arrive à améliorer mon rendement...

Nous avons profité des travaux de défrichage pour étendre la clôture des chèvres et agrandir leur parcours. À ce stade, notre principal soucis, si l'on omet le problème de la gestion de la pousse de l'herbe sous les fils électriques (en bio, pas de désherbants !), provient des fugues des chèvres quand elles arrivent à nettoyer les limites avec les voisins.

Pour l'heure, nous allons profiter de la trêve hivernale, pendant laquelle les chèvres sortent beaucoup moins, mais le péril demeure. Pour rester sur le sujet des chèvres, notre prochaine priorité consiste à leur aménager, pour cet hiver, un espace temporaire dans l'étable pour nous permettre de nettoyer celui qu'elles utilisent actuellement.

Laurence est à la tâche et je n'interviens que pour l'aider à déplacer les claies et autres barrières, qui font un poids imposant dès qu'elles dépassent les 2 mètres. Quand nous auront dégagé leur enclos permanent, l'idée est de remettre en fonction la chaîne de curage qui équipait la stabulation. Le projet ne sera pas facile car il faut complètement remplacer la chaîne (qui fait 80 mètres de long et qui est loin d'être légère) ainsi que la rampe d'évacuation.

Autrement dit, il faut tout refaire, à part les tranchées en béton, ce qui n'est déjà pas rien. Sans vouloir faire la mauvaise langue, je suis curieux de savoir, entre la chaîne de curage et les poulaillers, quel projet se terminera en premier ;-D !

En attendant, de mon côté et quand la météo le permet, j'essaye d'aménager les abords du maraîchage de manière à pouvoir commencer à mettre en place un système d'irrigation au printemps prochain. Nous avons trop souffert cette année pour ne pas chercher à améliorer la gestion de cette ressource.

Et quand le temps ne le permet pas, je travaille à l'isolation de la maison. L'an dernier, nous nous étions contentés de poser l'isolant sur le plancher du grenier mais depuis que le toit a été refait (tiens, il semblerait que nous n'en avons même pas parlé ?), nous souhaiterions commencer à aménager le dit grenier.

toit1

Malheureusement, la planéité laisse à désirer (plus de 10 cm entre le point haut et le point bas) d'où des travaux quelques peu laborieux : arrachage du vieux plancher, nettoyage de l'espace entre les solives pour y placer l'isolant, fixation des bastaings sur les solives (le bastaing est une planche que l'on accroche sur le flan de la solive de manière à obtenir un nouveau support horizontal), découpe et pose de la laine, le tout en équilibre sur les solives...

grenier1

C'est le prix à payer pour économiser un peu de bois et m'éviter de trop jouer au bucheron. Mais je vais garder les détails de cette autre activité pour un autre article sur le devenir énergétique de notre société ;-)

* curer une étable consiste à enlever la litière qui s'est accumulée au fil des mois sous les animaux.

jeudi, 3 novembre 2011

journée spéciale

Comme je te sais fidèle au blog:

BON ANNIVERSAIRE JOËLLE

fleurs

mardi, 1 novembre 2011

Courges 2011

Cette année, Thierry a défriché et labouré un petit bout du terrain pour faire de la place aux courges à côté du maraichage.

Les plants ont bien pris: 20 plants de potimarron, 20 de potiron et 20 de concombre. Mais les mauvaises herbes se sont bien plu aussi: chénopodes, ronces, liserons et orties, c'est chouette!

avant

Mais après quelques heures d'un travail d'arrache-pied ;-) , on y voit un peu plus clair

après

Et puis quelques semaines plus tard, nous avons effectué la récolte qui nous permettra de fournir l'AMAP tout au long de l'hiver.

récolte

lundi, 26 septembre 2011

Premier poulailler

Au départ, quand nous avons dû construire un plan de développement de l'exploitation - il y a maintenant très très longtemps si nous nous fions à la profusions des événements que nous avons vécus depuis notre changement de vie, à peine 2 ans et demi si nous en croyons le calendrier - nous avons tablé sur la mise en place de 2 productions : le maraîchage et les poulets de chairs.

Comme nous n'avions ni les capacités financières ni les capacités techniques pour espérer acquérir un bien agricole contemporain, j'ai toujours cherché à collecter le plus d'informations possible sur les petits ateliers fermiers. Du coup, j'étais en contact avec la filière des poulets de Bresse - qui fait référence en terme d'élevages avicoles - au moment de notre installation, ce qui me permettait d'imaginer que nous aurions du poulet à vendre pour les fêtes de fin d'année 2009. Comme quoi on peut toujours croire au Père Noël même après la quarantaine.

Dans la vrai vie, c'est au cours de l'été 2010 que nous avons commandé 2 poulaillers pour essayer de respecter nos prévisions de développement. En fait, nous avions déjà fort à faire pour nous occuper de nos chèvres, de nos cultures céréalières et de nos légumes. À l'entrée de la trêve hivernale, pendant laquelle nous avons continué à faire les marchés, nous pensions monter les dits poulaillers.

Las, entre le froid et la boue, nous avions juste réussi à aplanir l'emplacement et à construire les piliers de soutènement d'une des structures à la sortie de l'hiver...

fondations

Emportés par le quotidien, et par la construction de la fromagerie, c'est bien des semaines plus tard que nous avons repris le chantier. Profitant d'une paire de bras supplémentaire - essayer d'assembler les fermes métalliques d'un bâtiment à 2 est tout bonnement impossible - nous avons réussi à mettre en place la structure, fermes et toit, avant que les urgences de la ferme - traites, semis, récoltes, ventes - nous accaparent de nouveau.

poules1 poules2

Pour ne pas abandonner complètement, nous avons décidé, avec des volontaires AMAPiens, de continuer le chantier pendant le premier week-end de septembre. Voilà donc quelques photos de la journée, gaie mais rude, qui a fait progresser notre poulailler et qui nous a mis sur les genoux pour le reste de la semaine (il faut dire que nous n'avons plus beaucoup de réserves).

ensemble

ensemble2

pause

pare vent

ensemble3

Il reste encore pas mal à faire (soubassements, pignons, équipements) avant que des poules puissent y trouver refuge, mais sans le dynamisme et l'expérience de nos amis bricoleurs, le bâtiment servirait encore d'abri aux chèvres.

Et même s'il y a fort à parier que nos activités vont nous entraîner à nouveau vers d'autres travaux, nous aurons quand même apporté une nouvelle pierre à l'édifice...

jeudi, 15 septembre 2011

Histoire de patates

C'est un brave paysan qui a l'honneur d'avoir un énarque comme voisin. Un jour d'été, ce dernier arrive dans la cour de la ferme et entame la conversation avec l'homme de la terre, dans le dessein d'être utile en proposant ses bras.

Jaugeant l'homme de bureau, le fermier décide de s'amuser un peu et désigne un beau tas de fumier en limite de champ : "Ben, vous pourriez pt'être prendre la fourche qu'est là et étaler l'fumier sur la parcelle."

Une demi-heure plus tard, notre brave homme estime que la blague a assez durée et retourne voir son voisin qu'il trouve, à sa grande surprise, en train de terminer son ouvrage.

Ce dernier, tout heureux d'avoir rendu service, souhaite un autre chantier. Un peu penaud, le paysan lui montre un tas de pommes de terre disposé à l'ombre d'un bâtiment : "Pour finir mollo, j'vous propose de trier l'tas d'patates que v'la. Vous en faites un tas d'petites, un tas d'moyennes et un tas d'grosses."

Après avoir vaqué à ses occupations le reste de l'après-midi, le fermier retourne auprès de l'énarque pour voir comment il occupe son temps. Mais cette fois, l'ouvrage n'a pas progressé et il trouve son hôte en pleine réflexion devant un tubercule : "petite ? moyenne ? grosse ?".

"Ben dites-moi, vous les gens de l'administration, quand il s'agit de répandre la merde autour de vous, vous êtes très fort, mais pour ce qui est de prendre une décision...".

Et oui, à chaque fois que je me retrouve à trier nos pommes de terre, je ne peux m'empêcher de penser à cette blague. Mais le pire, c'est que je ne tiens pas le rôle du paysan !

En fait, je ne cherche pas à les classer par tailles mais en fonction de leur avenir : les plus jolies sont réservées à la ventes et les irrécupérables au tas de fumier. Celles qui ont un bon gabarit serviront de semences au printemps prochain et le reste alimentera la famille et les animaux.

Le jeu ne prend toute sa saveur que quand la récolte n'est pas fameuse, comme cette année. Car si vous ne voulez pas tout jeter, vous devez assouplir vos critères de sélection et vous prenez alors le risque de laisser passer des patates qui feront pourrir votre réserve si laborieusement constituée.

tri patates

Car la pomme de terre est un des aliments de base de l'hiver et il faut donc réussir à en conserver une bonne quantité si l'on souhaite fournir quelques familles. D'où la taille des surfaces cultivées et le travail pour les récolter (pour 5 mois d'hiver, à 2,5kg par semaine, il faut une 1/2 tonne de patates pour 10 familles !).

Et cette année a été assez chaotique.

Tout d'abord au niveau climatique, avec un printemps très chaud et très sec pendant la croissance de la plante, suivi d'un mois de juillet très pluvieux qui a détrempé les tubercules.

Ensuite au niveau organisationnel, puisqu'un indélicat à profité de la nuit et des chénopodes (un jour, il faudra que je parle des plantes sarclées "nettoyantes" !) pour commencer à prélever sa part. Du coup, n'ayant pas la force d'aller planquer en bordure de champ (le soir, à 10h, je ronfle), j'ai décidé d'aller dormir sur place dans le camion pour préserver notre récolte le temps que le terrain devienne praticable pour la récolte.

Je vous laisse imaginer l'humeur familiale quand, en plus des 70 heures hebdomadaire, je devais découcher pour nous protéger du vol. Seul le chien était content d'avoir le droit de dormir avec moi ;- D !

Heureusement, 2 familles nous ont prêté main forte. En premier lieu, Marie et Vincent, que nous avons rencontré quelques mois plus tôt et qui, pour soutenir notre projet, nous ont fait don d'une belle remorque en bois à 2 essieux. Souhaitant participer à notre première tentative "d'extraction", ils sont venus avec leurs jeunes enfants et leur bonne humeur pour nous redonner du courage.

guihéneuf

Pressez d'en finir avec cette garde ridicule, nous avons attaqué l'arrachage le plus tôt possible mais le terrain détrempé ne supportait pas le tracteur. Nous avons donc travaillé à la bêche, mais le cœur à beau être vaillant, les rangs sont longs. Au final, même si le travail était à peine entamé, notre sourire était revenu, porté par la joie de vivre de cette fratrie.

Même le moral ne fait pas tout et il nous fallait toujours rentrer nos patates. Aussi, dès que notre emploi du temps et le climat nous le permettait, nous retournions au champ. Et c'est lors d'un de ces épisodes que Caroline et Jean-Philippe sont passés nous rendre visite. Comprenant notre infortune, toute la petite famille s'équipa pour venir nous aider.

bailly

La encore, le chantier ne fut pas terminé, mais l'emploi de l'arracheuse de pommes de terre nous facilita la tâche.

Au final, nous avons mis plusieurs semaines pour tout sortir de terre, certaines zones humides restant réfractaires. Mais cela aura permit d'occuper mon beau-père quelques heures ;-D !

samedi, 20 août 2011

Sous les étoiles

Quand, dans les années 90, nous avons quitté la ville pour nous installer dans un petit village rural, j'ai découvert avec émerveillement que le ciel était rempli d'étoiles !

Depuis, j'apprécie ces moments magiques où, dans la nuit noire, je prends le temps de m’arrêter pour observer le ciel. Être écrasé par la voie Lactée permet de relativiser l'omnipotence de l'Homme et entraine à réfléchir avec humilité...

Inviter les AMAPiens et leurs enfants à venir profiter du spectacle me paraissait tout indiqué et nous avons donc décidé d'organisé un atelier Butine pour la circonstance. La mi-août étant la période où notre ciel offre le plus d'étoiles filantes - suite à la traversé de l'essaim des Perséides par notre belle planète - nous avons arrêté notre choix sur le samedi 13.

Comme il aurait été dommage de ne pas profiter des bras vaillants de nos invités, nous avons pensé ramasser les pommes de terre de garde pour nous éviter un travail toujours assez éreintant (plantation sur 2000m²). Malheureusement, un prédateur à 2 pattes utilisant un 4x4 s'attaqua inopinément à nos tubercules, ce qui nous obligea à prendre des dispositions de sauvegarde qui ne nous facilitèrent pas la tâche mais dont je reparlerai dans un autre article.

Du coup, notre atelier ramassage de pommes de terre se transforma en égrainage de maïs, ce qui permit à chacun d'apprendre quelques mots nouveaux, comme crib ou panouille, mais surtout d'apprécier les bienfaits de la technologie qui évitent bien des ampoules...

egrainage

mécanique

Confortablement installés à l'ombre, nous avons donc remplis quelques sacs de grains, qui nous permettrons d'alimenter nos poules et nos chèvres, avant d'enchainer sur une soirée "patates à la braise/étoiles filantes".

Je ne me permettrais pas de parler à la place des AMAPiens mais, pour ma part, cette soirée m'a pris aux tripes ;-D !


jeudi, 28 juillet 2011

Naissance

Pas de nouvelle mise bas, non!!

Mais juste nos félicitations à la famille désormais plus que grande de ma petite sœur.

Bisous, bécots et poutous  aux trois filles et bienvenue à Gwenlann.

jeudi, 14 juillet 2011

Grosse fatigue....

Bon, je ne savais pas trop comment je nommerai ce "billet", fatigue, lassitude, épuisement, découragement, démoralisation, abattement...Bref, les mots ne manque pas pour traduire notre état physique et psychologique qui fait plutôt le yoyo ces derniers temps, ou plutôt les montagnes russes avec des remontées de plus en plus difficiles.

Certes, notre filles a eu son bac, c'est la bonne nouvelle. Éric n'est pas accepté, faute de place, dans l'école qu'il souhaitait, c'est moins sympa, mais il le supporte assez bien.
Donc ambiance familiale quand même détendue en ce début de vacances scolaires.

Mais le travail de maraichage nous amène à beaucoup de questions. Malgré un travail acharné et des journées qui n'en finissent pas, nous n'avons pas la récompense de nos efforts.

La sécheresse et la chaleur nous ont fait perdre beaucoup de productions ( épinards en graine, navets et salades qui montent, pois stoppés dans leurs croissances, choux raves rachitiques, fèves...). Mais pas seulement. La chaleur écrasante a aussi puisé dans nos réserves d'énergie, parce qu l'on ne peut pas toujours reporter à un moment plus frais le temps de désherbage ou de semis. Si nous voulons des légumes présentables, il faut cueillir "à la fraiche". Seulement, la fraiche des derniers mois se résume à quelques petites heures tôt le matin. Ou tard le soir, heures consacrées à l'arrosage, suivi par la cueillette de haricots.

J'ai repiqué 200 choux fleurs et 200 choux blancs, qui sont censés être notre stock pour l'hiver. Je dois en mettre encore autant. Les betteraves sont jolies, mais ne rencontrent pas un grand succès auprès du public (à part au près de notre ainée ;-) !)

Les courgettes et concombres donnent à profusion, ....au risque de lasser.

Les plants de haricots verts s'épuisent très vite.

Les tomates étaient prometteuses. Afin de palier au aléas climatiques, toutes mes variétés sont réparties sous le tunnel (70 pieds) et en plein air (70 pieds). Mais, après une sécheresse importante, l'apport d'eau brutal des derniers jours ne plait pas beaucoup. Le murissement commence et je jette les tachées très vilaines et immangeables! si les tomates ne donnent pas, je rends mon tablier!

Côté "grande culture", du stress à répétition.

La sécheresse a rendu la prairie (celle où nous avons fait les foins) impossible à travailler, et nous avons pris la décision, face à la pénurie d'eau, de ne pas labourer la parcelle, et de renoncer à planter le maïs.
Conclusion: pas de maïs pour les poules l'année prochaine (et comme il aura mal poussé pour tous les agriculteurs, il sera très cher quand nous en aurons besoin!).
(Et depuis, il pleut régulièrement!!)

Nous espérons faire une deuxième coupe de foin à l'automne. Cela ne suffira pas. J'ai acheté du foin à un éleveur en conversion bio (C2) local. L'année est tellement mauvaise pour tout le monde que j'aurais pu obtenir une dérogation pour acheter du foin en conventionnel, mais j'ai la chance d'en trouver du (bientôt) bio à proximité, et à un prix "convenable" (pour info, 135 euros la tonne, j'en ai acheté 5 tonnes, joli trou dans le budget chèvre!!).

Les féveroles sont récoltées. Petit germe de satisfaction avec un rendement convenable de 19qx/ha. Nous avions planté 0,6 ha, je vous laisse calculer notre stock de féverole. Mais avant le contentement de voir la récolte rentrée, il y a eu la crainte de tout voir anéanti par l'orage alors que le grain était mûr, mais que nous étions dépendants de la personne qui devait moissonner. La pluie que nous attendions tant pour les légumes nous a fait passer une nuit blanche à écouter les trombes d'eau et le vent qui allait tout coucher. Enfin, la catastrophe n'a pas eu lieu.

L'angoisse sera de nouveau au rendez vous dès que le blé sera prêt à être récolté et que là encore, nous attendrons avec tourment la moissonneuse. 

La récolte de pomme de terre est décevante.

Les Belles de Fontenay sont jolies, mais avec 6 kilos pour 30m de plants, cela fait beaucoup de travail pour pas grand chose.
Les cosmos sont jolies et grosses, mais noircissent et ramollissent au bout de quelques jours. Pas vendable, ça!
Les coquines (équivalentes des charlottes) sont de belle grosseur, et bonnes, mais pleines de trous, demandant un épluchage important et donc, pas présentables, pfff.... alors là, il faut le dire, Y'EN A MARRE!!

Pour finir, nos questions:

- Pouvons-nous continuer le marché, prévoir un panier d'hiver pour l'AMAP?  pas de patates qui peuvent tenir la route, des choux on sait pas, des carottes, des navets peut être, des topinambours surement. Les courges et potirons sont beaux, ..pour le moment.

- Est-ce qu'on arrête maintenant pour mieux préparer la saison prochaine: installer système d'arrosage, clôtures fiables, bâtiment d'élevage? Ce serait raisonnable?

Bref, après une année trop mouillée en 2010, une année trop sèche en 2011, pourrons nous compter sur 2012?

Petites annonces familiales: un gros bisou à ma sœurette qui va avoir bientôt son bébé (un garçon après 3 filles!), et pour la première fois, je n'ai pas fait de broderie pour marquer la naissance, et cela m'attriste.
Gros bisous et beaucoup de courage à mon grand frère qui se bat avec détermination contre un cancer et que je ne peux pas aller voir!

mardi, 28 juin 2011

Beaucoup à dire!

Depuis les foins du 8 mai, pas de nouvelles visites de la ferme. Entre les semis, le désherbage, les récoltes de légumes, la traite et la fromagerie, le temps est trop court.

La fromagerie est terminée depuis le mois d'avril. Le travail est très agréable depuis que je suis bien équipée.

av ap1
Je passe une heure à la traite, en général de 6h45 à 7h45, (parfois une interruption de quelques minutes pour vérifier que notre benjamine est prête pour partir à l'école, si Thierry est déjà parti aux patates par exemple, pour le désherbage ou la chasse aux doryphores)  puis une heure en fromagerie, pour démouler et retourner les fromages, mouler le caillé de la veille et emprésurer le lait du jour, et bien-sûr, le moins sympa, faire la vaisselle!!

av2 ap2

Le mercredi, levé à 4h30 pour traire et "fromager" avant de partir au marché. C'est Thierry qui se charge de remplir le camion avec les légumes et les fromages.

Nous avons acheté une vitrine réfrigérée qui nous permet de vendre nos fromages au marché. Au niveau réglementation, ce n'est pas obligatoire, mais je trouve mieux que les fromages ne prennent pas de coups de chaud.

Chaussette est maigre! Elle a perdu du tonus et donne moins de lait.
J'ai donc envoyé 7 prélèvements de crottes (de 7 chèvres différentes bien sûr) au laboratoire pour connaitre le niveau de parasitisme des chèvres. Comme je le craignais, il y a infestation par strongles digestifs, et plus gênant, strongles pulmonaires.
Bizarrement, ce ne sont pas les plus atteintes qui laissent apparaitre le plus de symptômes! Chaussette devrait tousser, se moucher, ce qui n'est pas le cas, d'ailleurs, aucune n'a de symptôme de rhume (les strongles pulmonaires s'installent dans les poumons). Je téléphone donc au labo, qui pour tout conseil me dit "il faut traiter!"
BOF! Oui, mais bon, même celle qui sont en pleine forme ?
Sachant qu'un antiparasitaire va détruire toute le "flore" intestinale de mes biques, j'hésite.... Celle qui n'ont pas de symptômes sont peut être en train de se créer une immunité, et le traitement (s'il est chimique) va tout détruire. Mais si je ne soigne pas, et que leur état empire?

C'est décidé, je soigne en chimique Chaussette, car elle est trop atteinte, et elle souffre visiblement. Cela m'oblige à jeter son lait (2 litres par jour qui, en conventionnel, seraient consommés normalement, soit dit en passant!!)
Pour les autres, J'attends, je demande conseil au GIE Zone verte (Groupement de véto homéopathes, entre autre...) et j’investis dans la phytothérapie (c'est cher, mais bon...) pour stimuler les défenses immunitaires et aider à la lutte contre les parasites.

Des événements familiaux pourraient m'amener à quitter la ferme pour plus d'une journée. Thierry s'est donc relancé dans la traite quelques jours pour découvrir mes "rituels". De la distribution du foin à l'arrivée du lait en fromagerie, beaucoup de gestes sont ordonnancés: de la pose du filtre à lait à la place de chaque bique au cornadis, des petits détails importants pour le bon déroulement de la traite.

Le bébé de Fidji est superbe! Il pousse comme un champignon. je dois surveiller son poids, car s'il était lui aussi parasité, ce qui ne devrait pas louper, sa croissance serait ralentie, voir stoppée. Comme il tête toujours sa mère, j'espère qu'il est un peu protégé (grâce aux anticorps, et aussi à l'acidité qui existe dans sa caillette -un des "estomacs" des ruminants- du fait qu'il boit du vrai lait et non pas du lait en poudre).


Toujours à Chalon sur Saône, le marché est un moment sympathique. Surtout depuis que nous avons un peu plus de variétés et de quantité à proposer. C'est l'occasion de rencontres et d'échanges (recettes de cuisine, par exemple, que je devrais noter!), car même s'il peut arriver qu'il y ai une file d'attente, c'est encore rare.
C'est lors d'un marché que nous avons fait connaissance avec Vincent et ses enfants. Nous le remercions chaleureusement pour nous avoir fait cadeau d'une remorque qui nous sera toujours bien utile!

Notre engagement avec l'AMAP des butineurs a bien pris forme. Depuis plus de deux mois nous amenons nos légumes au port. Malgré les problèmes de sècheresse et de chaleur qui entrainent beaucoup de pertes, nous essayons de maintenir la production.
La maturité des légumes est soit précoce, ce qui nous arrange un peu, soit impossible, ce qui est moins bon! Les salades montent, nous devons arracher et jeter des rangs après avoir soigneusement arrosés les semis, repiqués, désherbés, chouchoutés...
Quelques choux ne sont pas vilains, mais les suivant sont assez catastrophiques. Sur 100 choux fleurs semés, j'en aurai peut être 14 qui arriveront à terme. Bof, pas facile! Heureusement que les tomates ne sont pas vilaines!  Et les potirons et potimarrons sont magnifiques.

Des mésanges ont fait leur nid dans un hangar. Au début, j'ai eu du mal à voir le nid, alors que j'entendais sans cesse des piaillements. J'ai tourné un moment avant de voir ceci:
1    2
qui contenait cela:
3
l'envol a eut lieu quelques jours après la photo.

Et pour finir, nous participons, le 10 juillet, à la journée champêtre organisée par Hélène, à la ferme de la Marlière.

J'ai oublié: Thierry a démonté tout seul le réservoir de son tracteur pour le nettoyer!! bravo le mécano, je suis impressionnée, si!si! (dommage, pas de photos!)

Et aussi, il y a quelques temps, les chèvres se sont évadées et j'ai vu des cornes dans les haricots verts! Là, nous sommes passés près du désastre. J'ai pensé: c'est pas possible, je vais me débarrasser de ces biques! nous ne sommes pas prêts! Mais Thierry a décidé de renforcer les clôtures. Je serai incapable de me séparer de mes biques, mais parfois, le désespoir pourrait être assez fort pour me faire lâcher temporairement l'élevage.

vendredi, 17 juin 2011

Gérer le temps

Gérer le temps qu'il fait nous oblige à réorganiser quotidiennement nos travaux, à allonger nos journées pour travailler à la fraiche et arroser le soir, à refaire ce que le vent, le soleil ou la pluie a détruit, à nous adapter pour compenser ce qui est définitivement perdu...

Gérer le temps qui passe nous oblige à courir après les artisans, les administrations, à assister nos enfants pour le passage du bac et la préparation de leurs vacances, à récolter les légumes qui arrivent à maturité et à semer ceux qui nous nourrirons à la fin de l'année, à nettoyer les étables et réaliser les clôtures...

En ce milieu d'année, les différentes facettes de nos petites vies se télescopent en nous submergeant, ce qui ne nous permet plus d'intervenir sur notre site aussi régulièrement que nous le souhaiterions. Aussi, permettez-moi de vous donner quelques nouvelles, déjà "anciennes", en publiant un message adressé aux "Butineurs"...

Message du 27/05 adressé aux membres de l'AMAP les butineurs.

Bonjour à toutes et à tous,

Oui, je sais, il est un peu tard pour indiquer le contenu du panier mais nous avons toujours autant de mal à maîtriser notre temps... Pour me faire pardonner, je vous donne quelques nouvelles de la ferme et vous livre quelques photos !

Pour commencer avec les légumes, je vous rassure tout de suite : vous n'aurez pas de radis cette semaine ! Nous avons enfin un peu de changement grâce à l'arrivée des petits pois et des choux raves. Ce qui donne un panier composé des légumes de base que sont les salades les pommes de terre et les carottes, les petits nouveaux (pois et choux raves) et les fraises en dessert.

Nous finissons cette semaine les récoltes des plantations précoces du tunnel (carottes et pommes de terre). Les carottes de plein champ sont là pour la succession mais il est plus difficile de juger pour les patates qui n'ont pas été arrosées, contrairement au carottes. En tout cas, la chasse aux doryphores a recommencé, comme tous les ans depuis des générations. Heureusement, les bios ont remis en pratique une technique qui nous vient du moyen-âge malgré son nom très moderne : la posture du Do-kc.

Les fèves se font quelque peu attendre, mais ne devraient plus tarder, comme les betteraves rouges. Le manque d'eau et la chaleur nous ont privé des épinards et des navets, et font déjà monter les salades, mais nous faisons notre possible pour limiter les dégâts. Nous essayons de planter régulièrement pour compenser la faiblesse des rendements mais notre eau et notre temps est limité. Quoi qu'il en soit, voilà l'état de notre jardin en cette fin de mai...

Jardin côté routeJardin côté bois

Du côté des grandes cultures, les semis d'hivers (blé et féveroles) profiteraient bien d'un peu d'eau mais s'en sortent pas trop mal (en tout cas, mon œil de débutant n'a détecté ni maladies ni attaques de ravageurs). Le maïs attend un retour des pluies pour être semé car le travail de la terre est trop difficile pour l'instant. Les foins, eux, sont déjà rentrés, comme le montre la photo ci-dessous.

Foins 2011

Malheureusement, cette année sera très difficile au niveau des fourrages et il faudra peut-être que Laurence réduise sont troupeau si nous ne trouvons pas de quoi le nourrir cet hiver. Encore un choix difficile mais qu'il ne faudra pas tarder à prendre. En attendant, nous essayons de leur fournir des parcours herbeux mais nos clôtures sont loin d'être hermétiques et nous redoutons toujours de les retrouver chez les voisins, ou pire, dans notre potager...

Pour le plaisir, une photo de la dernière mise bas...

Mise bas de Fidji

Bonne journée à tous et à ce soir !

samedi, 14 mai 2011

Le dernier né

Notre petite Fidji à mis au monde son bébé ce matin. Il était prévu pour aujourd'hui et l'horloge biologique a été parfaite.

Nous avions fait le choix de garder ce petit dernier si c'était une fille, car ce 14 mai, notre Jeanne fête ses 18 ans et elle serait devenue en quelques sortes sa "marraine".

Quelle déception quand j'ai constaté que le bébé avait ce qu'il faut pour faire un beau mâle!!

Enfin, c'est la vie. La question est: qu'allons nous faire de lui ?

Au fait, il pèse 3150g, il est magnifique, (comme tous les autres!) et Fidji est une maman très attentionnée.

Ajout du 17 mars : Mise bas de Fidji en photos:

Après deux heures de travail durant lesquelles Fidji tourne en rond, bêle, geint, apparition des pattes avants et de la tête:

Tout de suite après la naissance, Fidji dégage le bébé de la poche des eaux et le lèche un long moment pour le sécher.

Depuis hier, le petit fait des cabrioles, se sauve , ce qui met sa maman bien en soucis !! elle pleure dès qu'elle ne le voit plus.

Ça va être dur de lui retirer quand il le faudra!!

- page 1 de 7