Butine - Le Blog

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Bienvenue sur le blog de Butine !

Cet espace est dédié aux informations relatives à la vie quotidienne du projet Butine.

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dimanche, 25 septembre 2016

Un pas en avant, deux pas en arrière

Depuis que nous avons acheté notre ferme, nous avons travaillé dur, fait des sacrifices. Nous nous sommes battus pour un idéal.

Après 6 ans, épuisés et déçus, nous avons décidé de faire une pause. Faire le point sur notre projet. Comment le réorienter pour qu'il devienne un jour viable et vivable.

Nous avons fait le choix d'une nouvelle diversification: l'accueil social.

Nous avons déjà eu quelques expériences d'accueil avec des jeunes hollandais.

Désormais, ce que nous souhaitons développer serait plutôt basé sur des accueils en séjours courts (quelques jours à quelques semaines).

Pour cela, nous avons fait deux choix:

1. Isoler les combles afin d'utiliser l'espace disponible à l'étage et libérer les pièces du rez de chaussée. Ces pièces, seraient destinées à l'accueil de personnes jeunes et/ou dépendantes.

2. Aménager un mini-gite , labellisé Accueil Paysan Social, pour accueillir soit des vacanciers en quête de ressourcement, soit un public "fragilisé" mais autonome, nécessitant une présence ou un accompagnement non permanent.

J'ai délégué les travaux de maraichage à Thierry pour me consacrer aux travaux du gite. Il va bientôt être terminé et je vais profiter de l'hiver pour suivre quelques formations liées à l'accueil social et faire les démarches de labellisation.

Pour l'étage, les choses sont plus compliquées.

Le travail et l'investissement sont importants. Nous avons choisi un artisan "local", travaillant avec des matériaux naturels.

Nous avons signé un devis pour isoler les murs en béton de chanvre, les rampant de toit en fibre de bois, et le plafond en ouate de cellulose. Finition lambrissé (bois du Jura) . Pour moi, la réalisation d'un rêve.

Bien que les travaux aient démarré avec beaucoup de retard, nous aurions du occuper les lieux avant l'été.

Mais d'absences en retards, le chantier a été abandonné en juin.

En juillet, la société s'est déclarée en cessation de paiement, en août en liquidation judiciaire (tout cela sans nous tenir au courant bien sûr!).

D'après le rapport d'expert réalisé le 1er septembre, la société maison naturelle de Bourgogne, dont le gérant est M.Bedel, nous est redevable de 9600 euros! (créance déclarée au liquidateur et acceptée).

Mise à part cette perte d'argent, qui remet en cause nos choix et l'avenir du projet (il va falloir tout faire par nous même), je suis particulièrement blessée par la situation.

Nous avons accordé notre confiance à une personne avec laquelle nous pensions partager des valeurs écologiques et morales et nous réalisons que chaque mot, chaque promesse n'était que mensonge, boniments, manipulation.

Nous sommes impuissants face à la société en liquidation qui n'a pas les moyens de nous rembourser, mais nous ne sommes pas inactifs pour mettre le responsable (qui se débrouille tout de même pour continuer à travailler avec l'association le Queirau) face à ses responsabilités.

Pour la première fois de ma vie j'ai ressenti de la haine. Aujourd'hui la colère me galvanise. ¨Peut être pour plus tard l'apaisement...plus tard.

lundi, 28 mars 2016

La belle vie....

Juste pour le plaisir, encore quelques photos des biques et des bébés.

vendredi, 26 février 2016

Découverte de la vannerie.

Photos réalisées par Claudine lors de la formation:

Écoute, concentration, application....

Et article dans le journal local:

http://www.leprogres.fr/ain/2016/02/20/les-agriculteurs-s-initient-a-la-vannerie

L’Association départementale pour le développement de l’emploi agricole et rural (Addear) organise des formations en réponse aux attentes des paysans.

Durant deux jours, sept agriculteurs s’initient à la fabrication de panier en osier des haies, à la Maison de Pays en Bresse, sous la responsabilité de Roger Servignat, entouré de Joseph Calland, Jean Paccard et Joseph Perdrix.

« L’osier se coupe de novembre à janvier, exclusivement en lune dure, pour la conservation des paniers par la suite, sinon les paniers se déliteront en poussière, explique Roger Servignat, passionné de vannerie. L’osier doit être conservé au frais, à l’ombre de la lumière du soleil et de la lune.

En février, l’osier est à point pour être utilisé, tout en ayant séché, il garde sa souplesse pour être tressé sans se casser. C’est cet osier vert que j’utilise pour les stages. Quand je fais un panier, j’utilise souvent de l’osier séché que je recouvre de 5 cm d’eau dans une bassine, pendant un mois en hiver, ou seulement huit jours en été pour le réhydrater avant de le travailler. Les paniers sont alors plus résistants. »

Chaque stagiaire repart avec son propre panier, réalisé en 14 heures de découverte. Le vœu de Roger Servignat ? « Que chacun s’engage à perpétuer les traditions de la vannerie, le soir à la veillée. »

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samedi, 20 février 2016

Visites aux cabris

Quelques photos envoyées par nos visiteurs.

mercredi, 17 février 2016

Assemblée générale de l'AMAP les Butineurs

Rendez vous a été pris à maison de quartier jeudi 11 février pour l'AG de l'AMAP.

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Beaucoup d'AMAPiens sont présents pour aborder la nouvelle saison et l'avenir de la ferme.

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 Thierry et moi avons été très touchés par le magnifique panier garni confectionné par l'ensemble des AMAPiens: confitures et gâteaux maison, thé, aromates,vin, jus de fruits, ...

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Wouahou!! Ce geste nous va droit au coeur.

MERCI!

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Un petit article dans le JSL:

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Sauf que, quelques "petites erreurs":

"Vingt adhérents" présents sur les 38 familles,

Jeudi pas vendredi

"Depuis plus d'une dizaine d'année"----> depuis Plus de 6 ans

Distribution le Jeudi et non pas le mardi.

De fin mars à mi Novembre, pas septembre :/

dimanche, 7 février 2016

Naissances 2016

Dimanche 7 février.

Toujours pas de bébé ce soir. Je pensais voir les premiers  dès mercredi, mais pas d'urgence....

Tout le monde va bien, même si certaines commencent à avoir du mal à se lever.

Mardi 9 février.

Première visite à la chèvrerie à 6H00.

Ma Lilou a mis bas depuis peu, car bébé n'est pas encore sec. Je n'ai pas voulu l'ennuyer donc, vite fait, j'ai cru voir une fille.

Je vais chercher un peu de foin frais pour mettre tout le mode au sec, et Thierry me dit:  "il y en a un autre!" non, c'est pas dans la norme ça: une primipare ne doit avoir qu'un bébé. Et ben si!

Numéro 2 ne vient pas facilement: il manque une patte (normalement le bébé sort deux pattes en avant et la tête posée dessus).

Je dois voir comment se positionne la patte.Comme elle a l'air d'être bien dans le prolongement du corps, je tente d'aider Lilou en tirant doucement sur babichou. Et le voilà! Ouf pas besoin de véto.

(Photos au flash, mais naissance à la lampe frontale ;)):

On remarquera l'emprunte génétique de papa! (ici en train de faire le pitre sur le mur de séparation)

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Bonne question Edwige ;) ce sont deux magnifiques petites filles qui tentent déjà les cabrioles!  3,8 kilos et 3,6 kilos ce soir.

Mercredi 10 Février

Les naissances se sont succédées ce matin.

D'abord Molie, à 9 heures. Comme une lettre à la poste, une fille.

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Suivie D'Ikaré, une fille

puis Anouk, avec beaucoup de mal, une grosse fille

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puis Ikaré, son deuxième, le premier mâle de l'année.

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Tous ces petits sont vifs et affamés !!

Je ne prends pas beaucoup de risque en disant que Nefer ne devrait pas tarder:

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Jeudi 11 février

Encore avant le levé du jour, Lucie , une chevrette de l'an dernier, fille de Nefer, a mis au monde 2 bébés (un mâle,une femelle).
La maman a refusé de s'occuper de ses petits, ne les a pas léchés.
Mais maintenant elle commence a accepter la têtée....

Vendredi 12 février

Comme d'habitude, petite visite à la chevrerie à 6h00.
J'arrive juste pour voir Nefer perdre les eaux. J'ai le temps de prendre un petit café avant que les choses commencent.
Retour à la chevrerie, je vois que Bella a perdu les eaux. Alors, je me dis , tiens, je me suis trompée, ce n'était pas Nefer. Bon, à la lampe de poche, j'ai une excuse ;). Je vais donc voir Nefer. Et bien non, je ne me suis pas trompée. La mère et la fille ont décidé de se mettre au travail en même temps !
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Tara semble tourner en rond aussi.

Bon, le jour se lève.

Nefer, Bella et Tara commencent à se mettre à l'écart, à chercher un coin tranquille.

Tara est la première:une fille.
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Pour la suite, ça se corse.
 Il est plus de 10h, Nefer a de nombreuses contractions, mais le bébé ne veut pas venir. Enfin, des pattes apparaissent, puis une tête....mais malgré les effort, rien de plus.
Je dois aller voir ce qui se passe. Comme pour Tara l'an dernier, les deux bébés se présentent ensemble à la sortie. Je sens un méli mélo de pattes et deux têtes, mais qui est a qui ? Je n'arrive pas à repousser un bébé pour sortir l'autre, donc appel au véto, qui arrive une demi heure plus tard et démêle tout ça en moins de deux minutes =) ! Ouf, ma pauvre maman a été très courageuse et prend soin de ses petits (deux mâles).
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Pour Bella, toujours rien. Nous voyons pointer une tête, sans les pattes. Puisque le vétérinaire est là.....il va travailler encore un peu.
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Finalement: un fille et un garçon.
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Une journée bien remplie...

Lucie et Lilou n'ont pas assez de lait pour leurs deux petits, donc, elles ont un complément au biberon.
Les autres se débrouillent bien.
Il faut nourrir toutes ces jeunes mamans, donner de l'eau dans toutes les loges (petits enclos temporaires pour que chaque maman passe ses premières 24 heures sans être dérangée et qui nous permet de bien voir comment les bébés se portent). Habituellement, les naissances se succèdent, et il n'y a qu'une loge, mais là, nous sommes allés jusqu'à 4 en même temps.

Demain, j'essayerai de prendre le temps de faire des photos un peu plus rigolotes des bouts d'choux qui jouent ensembles.

(Allé, Cyann, à toi de faire les comptes, moi, je suis larguée là! ;)

Samedi 13 Février

Journée mouvementée avec Aude et Bella qui se battent pour retrouver leur place dans la hiérarchie.
Il a fallu les sortir pour qu'elles puissent régler leurs comptes dans plus d'espace et sans risquer de blesser quelqu'un.
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et aussi



Fin de journée, mise bas de Sethi, un mâle, une femelle, pour un total de 15 petits!
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Mise à jour du 15 mai 2016
Nous attendions la dernière mise bas pour le 14 mai. Mais Aude n'était pas bien grosse.
Sa  respiration haletante, et puis sa mamelle qui gonfle un peu,  étaient un bon présage malgré tout. Et puis plus rien.
Aude a avorté hier soir. Le bébé devait être mort depuis plusieurs jours (quand la mamelle a cessé de grossir).
Ma biquette retrouve bon appétit et ne semble pas avoir de complications. A surveiller...

samedi, 2 janvier 2016

Voeux 2016

Bonne et heureuse année à toutes et à tous :) !

Comme le veut la tradition, Laurence et moi venons vous présenter nos meilleurs vœux pour 2016.

Que cette nouvelle période vous trouve et vous garde en bonne santé, pour vous permettre de profiter pleinement de vos proches et faire progresser les projets qui vous tiennent à cœur.

Quelque soit notre vision du futur, une chose est sûre : le temps nous est compté.

Quid est hoc pro aeternitate ?
(Qu'est-ce que ceci, au regard de l'éternité ?)

Tout au long de mon existence, j'ai été séduite par tout ce qui glisse et fuit d'une fuite éternelle. J'ai été fascinée par tout ce qui, telle l'écume, brille de reflets tentateurs et illusoires. C'est quelque chose, tout de même, que cette formidable énergie que nous déployons pour tenter de remédier au formidable vide, à l'insensé, au manque, en nous livrant corps et âme au flux et reflux du plaisir, dans une fuite perpétuelle hors de nous même ! C'est terrible, parce que c'est vain et voué à l'échec. Telle l'écume, le plaisir disparaît sitôt que son objet est saisi. Ainsi, l'insatisfaction creuse en nous, encore et toujours plus profond, son sillage d'amertume. Tout nous échappe, et nous-même avec, car tous nous allons mourir. Fondamentalement, c'est pour oublier la mort que nous nous divertissons. Nous sommes plongés dans un néant : tout fuit, et nous aussi.

[Sœur Emmanuelle - "Vivre, à quoi ça sert ?" (Flammarion)]

À nous, donc, de rechercher les bonnes perspectives, de nous interroger sur nos échelles de temps et de valeurs, de prendre le recul nécessaire à la bonne interprétation de nos désirs, de réordonner les échelons nécessaires à notre épanouissement et à une certaine plénitude...

Dans une société matérialiste et chronophage - qui nous propose de toujours chercher à avoir plus, et plus vite, sans pour autant nous autoriser à nous sentir enfin rassasiés - il n'est pas facile de réintroduire des espaces de spiritualité dans son quotidien. Pourtant, un peu de lectures, de réflexions, voir de méditations, permet de nous réapproprier le temps qui passe et nous invite à réfléchir à notre rôle dans l'existence.

Sans aller jusqu'à la retraite ou au jeûne, prendre du temps, profiter des jours fériés ou des commémorations pour réinterpréter sa productivité quotidienne au profit de la communauté, ou d’un autre rapport aux autres, redonne un horizon à sa vie...

samedi, 10 octobre 2015

COP 21 (messages aux AMAPiens)

[extrait du courrier du 30/08/2015]

Bonjour à toutes et à tous, [...]

En attendant, puisque l'année 2015 semble très très bien partie pour devenir la plus chaude jamais enregistrée, et que nous sommes maintenant à moins de 100 jours du début de la COP21, il me semblerait pertinent de faire un petit état des lieux de la transformation en cours de notre planète. Peut-être à partir de la semaine prochaine ? [...]


[extrait du courrier du 06/09/2015]

Bonjour à toutes et à tous, [...]

Le rafraîchissement de cette semaine nous rappelle que, malgré la sécheresse et la canicule passées, la France n'est pas trop mal lotie (et que je ne dois donc pas trop me plaindre !), comme le montre les prévisions saisonnières de Météo-France ci-dessous :


Figure 2 : Probabilité d'anomalies de température prévues pour le trimestre prochain (septembre-octobre-novembre) par la moyenne des modèles de l'ensemble EUROSIP (Météo-France, Centre Européen de Prévision Météorologique à Moyen Terme, Met Office, National Centers for Environmental Prediction). Du bleu clair au bleu foncé, les zones où les températures devraient être inférieures à la normale. Du jaune au rouge, celles où elles devraient être supérieures à la normale. En blanc, les zones où aucun scénario chaud ou froid ne prédomine (le scénario normal prédomine ou les 3 scénarios sont équiprobables).

Il est fréquent de signaler que les pays en développement seront les premiers touchés par les caprices du climat mais je pense qu'il n'est pas inutile de rappeler que, pour une fois, nous sommes tous égaux face aux retombés planétaires de ces changements.

Je vous ai parlé, il y a déjà quelques semaines, du problème de la sécheresse en Californie et des risques de feu de forêts. Cet état de 424 000 km² (soit les 2/3 de la France) pour 39 millions d'habitants (densité de 92 hab/km² contre 99 pour la France) a vu partir en fumé cette année 29 000 km² (soit la surface de la Bourgogne) et est encore loin de maîtriser les incendies en cours (voir Le Monde : Californie : l'armée appelée en renfort pour combattre les incendies).

Mais la sécheresse n'entraîne pas que des feux de forêts. En se rétractant, le sol commence par occasionner des fissures aux habitations (comme cette année en Côte d'Or) puis, quand les eaux souterraines ont été trop pompées, il s'affaisse, entraînant avec lui les infrastructures comme les routes, autoroutes .... (voir Futura-Sciences : Sécheresse en Californie : les affaissements du sol s'accélèrent)

De quoi motiver un certain intérêt pour la conférence de Paris... [...]


[extrait du courrier du 13/09/2015]

Bonjour à toutes et à tous, [...]

Pour revenir à l'actualité, comme je vous le disais la semaine dernière, la sécheresse ne provoque pas que des feux de forêts1). Un manque d'eau chronique modifie aussi durablement la structure du sol, et son affaissement est d'autant plus préjudiciable à nos infrastructures que celles-ci sont nombreuses.

Mais même si l'augmentation de la température n'entraîne pas une redéfinition locale du cycle des précipitations, quelques degrés supplémentaires font toute la différence entre un sol gelé et de la boue.

Et, là encore, je ne vous parle pas d'une lointaine contrée comme la Sibérie, puisque la chaleur agit déjà en profondeur à toutes les latitudes, comme le montre le délitement de nos jeunes Alpes, bien de chez nous.

"Depuis vingt ans le dégel du permafrost qui lie les Alpes provoque une multiplication des écroulements, et 2015 devrait être une année record."
(Le Monde : Les Alpes menacées par le réchauffement climatique)

Il est donc, à mon sens, plus que temps de faire un point sur la situation, surtout que l'approche de la COP21 va vous permettre de compléter les informations - forcément partiales - que je vous donne.

Commençons donc en douceur en répondant à cette première question :

Au fait, qu'est-ce que la COP 21 ?

  • COP 21 : 21ème session de la Conference Of the Parties

Avec l'augmentation de la fréquence des sécheresses (notamment celle de 1988 en Europe et aux Etats-Unis), les dirigeants mondiaux ont profité du Sommet de la Terre2) de Rio (1992) pour créer la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) dont les pays signataires se rencontrent annuellement depuis 1995.

195 à l'heure actuelle, les pays signataires décident de ce qui peut être fait pour réduire le réchauffement global et faire face à toute hausse inévitable des températures. Ces pourparlers politiques s'appuient sur les travaux du GIEC pour avoir une vue d'ensemble scientifique de la situation.

L'idée de base est que si l'on parvient à contenir le réchauffement en deçà de 2°C (nous avons déjà dépassé les 0,8°C !), nous aurions 50% de chance que le système se stabilise et que notre nouvel environnement soit encore viable pour nos sociétés modernes.

La COP est l'organe suprême de la CCNUCC et c'est à lui que nous devons le protocole de Kyoto. Sa 21e session aura lieu du 30 novembre au 11 décembre 2015 à Paris, en France.

[...]

1) J'actualise mes informations puisqu'un nouveau feu s'est déclaré il y a quelques jours : la Californie a déjà perdu cette année plus de 74 000 km2 de forêts, soit plus de 17% de la superficie de son territoire...
Lire Le Monde : "Californie : un nouvel incendie ravage des milliers d'hectares"

2) Les sommets de la Terre sont des rencontres décennales entre dirigeants mondiaux organisées depuis 1972 par l'ONU


[extrait du courrier du 20/09/2015]

Bonjour à toutes et à tous,

Gros coup de vent et pluies abondantes cette semaine. Heureusement, pas de grêle, ce qui a sauvé les courges d'hiver.

Quelques dégâts, des arbres étêtés, des voiles arrachés, une porte métallique à redresser, la palissade de concombres couchée et d'autres légumes assez secoués (comme les choux frisés). Cependant les tunnels ont tenu bon. Encore du temps et de l'énergie à investir pour restaurer notre outil de travail mais d'autres ont subi bien pire.

Dégâts causés par une tornade en Charente Maritime mercredi dernier :
Dégâts causés par une tornade
Voir Sud-Ouest

Ces épisodes extrêmes étant liés aux températures des mers et des océans, comme tous les modèles de prévision saisonnière prévoient sur cette fin d'année un phénomène El Niño1) fort, il n'est pas improbable que cet hiver soit chahuté...

Comme nous l'avons vu la semaine dernière, ce sont les événements climatiques anormaux qui ont entraîné, en 1992, la création de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, dont la première conférence (COP 1) a eu lieu en 1995.

Mais, quelques temps auparavant, en 1988, le GIEC avait commencé ses travaux et les gaz à effet de serre étaient déjà montrés du doigt (je reviendrai la semaine prochaine sur le GIEC et le côté scientifique du réchauffement climatique)...

Avec le recul, surtout sur le constat d'impuissance actuel, il est indéniable que la réactivité de l'époque était dans le bon tempo puisque c'est la COP 3 qui, en décembre 1997 à Kyoto (Japon), a mis sur pied le protocole qui visait à réduire d'au moins 5 %, par rapport au niveau de 1990 et à l'échéance 2008/2012, les émissions mondiales de 6 gaz à effet de serre : dioxyde de carbone, méthane, protoxyde d'azote et trois substituts des chlorofluorocarbones.

Prise de conscience en 1992, COP1 en 1995, protocole de Kyoto2) en 1997 avec des objectifs de -5% entre 2008 et 2012 : les premières années sont pleines d'ardeurs...

Malheureusement, nos émissions étant directement liées à notre consommation, les propositions des délégués de la convention-cadre des nations unies se sont rapidement heurtées aux réalités de notre monde moderne. Finalement, après de nombreuses tergiversations (les USA - les plus gros émetteurs de l'époque - avaient signé le protocole mais ne l'ont jamais ratifié), le protocole n'est entré en vigueur qu'en 2005 !

Faut-il préciser que, fin 2012, les émissions mondiales n'avaient pas diminuées de 5% mais avaient augmentées de 50%3) ?

Il faut quand même dire que les pays émergeants (Brésil, Inde, Chine, etc) ont rejoins entre temps notre niveau de "développement", faisant passer les consommateurs d'un petit milliard à plus de 3 !

Les pourparlers n'ont bien entendu pas cessé depuis 1997, essayant de répondre aux résistances des uns et des autres, cherchant à inclure les nouveaux émetteurs, mais l'échec de la COP 15 de Copenhague (Danemark, 2009) a signé l'arrêt de mort du protocole contraignant de Kyoto, qui n'a plus jamais évolué depuis.

À l'heure actuel, le seul "engagement" des 195 pays participants aux négociations, est de rendre leur feuille de route pour limiter le réchauffement climatique à 2°C, étant entendu que chacun utilise les références d'émissions qui l'arrange et que, quoi qu'elle dise, cette feuille de route ne pourra pas être considérée comme un engagement.

Et il est encore loin d'être évident que tout le monde la rende : lire Avant la COP21, quels sont les engagements des Etats pour le climat ? (Le Monde)...

[...]

1) L'expression El Niño (signifiant "l'Enfant Jésus" en espagnol) était utilisé à l'origine par les pêcheurs le long des côtes de l'Équateur et du Pérou et s'appliquait à un courant océanique chaud qui apparaît habituellement au moment de Noël pour ne disparaître que quelques mois plus tard. Les poissons sont alors moins abondants pendant ces intervalles chauds, et les pêcheurs souvent en profitent pour réparer leur équipement de pêche et rester avec leurs familles. Certaines années, cependant, l'eau est particulièrement chaude, et l'arrêt de la saison de pêche s'éternise jusqu'à mai ou quelquefois juin. Avec le temps, l'utilisation de l'expression "El Niño" a été réservée à ces intervalles exceptionnellement chauds et marqués, qui non seulement perturbent les vies de ces pêcheurs sud-américains, mais également, apportent des pluies intenses.
(lire ifre mer : El Niño)

2) Cet accord international, bâti sur la convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, met en place des objectifs légalement contraignants et des délais pour réduire les émissions de gaz à effet de serre des pays industrialisés.
(lire CCNUCC : Le protocole de Kyoto)

3) Voir les données fournies par le ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, page 16 : Repères - Chiffres clés du Climat édition 2013.


[extrait du courrier du 27/09/2015]

Bonjour à toutes et à tous,

Maintenant que nous avons un aperçu de la face politique - ou, devrais-je plutôt dire, humaine - du réchauffement climatique, il est temps de se pencher du côté de la face scientifique.

Et je tiens tout d'abord à insister sur le terme "scientifique".

Dans nos vies d'adultes, nous sommes principalement confrontés à un monde empirique. Que l'on parle d'éducation, de santé, des performances de sa conduite automobile, voir (et surtout !) d'économie, il y a autant d'avis que de personnes ! Et tout le monde peut prétendre avoir raison. Mais, si vous avez encore quelques souvenirs de votre scolarité, il existe des matières - comme les maths, la physique, la chimie - où l'on peut démontrer la véracité de ses affirmations.

Ces sciences dites "exactes", pour bien les différencier des écoles de pensées, ne sont pas figées et peuvent évoluer dans le temps, mais elles ont le gros avantages d'être "démontrables". C'est pourquoi les scientifiques ont mis au point une méthodologie qui leur permet de faire progresser leur domaine en se mettant à l'abri des erreurs : c'est la soumission à l'évaluation par leurs pairs (autrement dit, par les personnes travaillant dans le même domaine).

Pour donner un exemple de raisonnement scientifique, dans cette vidéo, Wolfgang Cramer, directeur scientifique adjoint de l'Institut méditerranéen de biodiversité et d'écologie marine et continentale, explique que les conséquences du changement climatique sur la biodiversité seront « quasiment irréversibles ».
Le réchauffement climatique met la biodiversité en péril

Cette démarche permet à toute personne - et j'insiste sur le terme "toute", en rappelant qu'Einstein n'était qu'un employé de l'office des brevets de Berne quand il a publié sa théorie de la relativité restreinte en 1905 - qui pense pouvoir faire avancer la science, de publier ses travaux (dans des revues spécialisées, pas chez Arlequin !) pour permettre aux autres scientifiques de refaire les expériences et les calculs afin de vérifier les nouveaux apports.

Si ce travail d'auto-censure est très efficace pour repérer rapidement les divagations pseudo-scientifiques, il ne permet pas au néophyte d'y comprendre grand chose. C'est pourquoi, en novembre 1988 et à la demande du G7 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Grande-Bretagne, Canada, Italie), il fut décidé de créer un organisme dédié à la seule synthèse de toutes les connaissances en rapport avec l'évolution du climat.

Cet organisme, c'est le GIEC (Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Évolution du Climat, IPCC - Intergovernmental Panel on Climate Change - en anglais).

Scénarios d'émissions et de réchauffement (GIEC - 2007)

Scénarios du GIEC
(voir IPCC)

Son rôle est d'établir régulièrement une expertise collective scientifique sur le changement climatique, sous forme de 3 rapports : "Les éléments scientifiques", "Conséquences, adaptation, et vulnérabilité" et "L'atténuation du changement climatique" (accessibles ici).

Cerise sur le gâteau, pour être vraiment sûr que les rapports sont impartiaux, le GIEC dépend de 2 organismes de l'ONU : l'Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). Ceci implique que le processus met en réseau des milliers de contributeurs et relecteurs bénévoles en provenance des 195 pays participants à l'ONU !

Concrètement, cela signifie que les rapports majeures (comme les "résumés pour décideurs") sont validés mot à mot en réunion plénière, par un vote des délégations gouvernementales où chaque voix à le même poids. Et il est clair que certaines délégations viennent de pays qui ne souhaitent pas entendre parler du réchauffement climatique !

Si l'on ajoute que les calculs ne prennent pas en compte toutes les émissions (par exemples, celles des transports maritimes et aériens, ou celles liées au dégel du permafrost1)), il est impossible de les qualifier de "catastrophistes" (ils sont plutôt, à mon sens, édulcorés).

Pour conclure, en regroupant les informations en provenance des COP que nous avons vu la semaine dernière (augmentation de 50% des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990) et les scénarios tirés des rapports du GIEC (affichés ci-dessus), on ne peut que constater nous arrivons encore à surprendre les scientifiques du monde entier, puisque notre trajectoire actuelle est au-delà des pires prévisions !

[...]

1) Le permafrost (ou pergélisol) est un terme géologique qui désigne un sol dont la température se maintient en dessous de 0°C pendant plus de deux ans consécutifs. Celui qui nous intéresse concerne l'Alaska et la Sibérie (entre autres), et contient d'énormes quantités de matière organique essentiellement composée de carbone et de méthane. Le processus de dégel contribue à libérer des milliards de tonnes de méthane dans l'atmosphère.
(lire Sciences&Avenir : Climat : des scientifiques alertent sur le dégel du permafrost)


[extrait du courrier du 04/10/2015]

Bonjour à toutes et à tous,

Je suis sûr que vous attendez tous avec impatience la dernière partie de ma prose sur le climat : 2°C de plus, qu'est-ce que ça change pour mon petit confort ?

J'espère que vous nous tiendrez donc pas trop rigueur de reporter ça à la prochaine fois ! En effet, avec l'approche de la fin de saison, vous êtes un certain nombre à vous interroger sur la suite des événements et il semble temps d'en parler. [...]


[extrait du courrier du 11/10/2015]

Bonjour à toutes et à tous, [...]

Au delà des péripéties de la ferme, nous espérons participer avec vous à la diffusion des problématiques environnementales qui s'invitent dans notre quotidien un peu plus chaque jour.

D'où la question de base : 2°C de plus, qu'est-ce que ça change pour mon petit confort ?

Je pourrais commencer par prendre comme exemple les différents événements survenue ces dernières semaines en France pour étayer mes propos, mais mes souvenirs de lycée sont clairs : des exemples ne font pas une démonstration.

Je vais donc essayer de respecter une certaine cohérence et prendre du recul. Avant de nous intéresser à "mon petit confort", qui concerne mon carré de jardin, commençons par nous intéresser au "2°C de plus", qui concerne notre planète.

Car la première chose à bien comprendre, c'est que les 2°C concernent la température moyenne atmosphérique de la planète ENTIÈRE.

Au premier abord, il peut sembler difficile de faire une moyenne à partir de tous les thermomètres du globe, mais ce n'est pas la méthode employée. De la même manière que l'on arrive à calculer des distances sans utiliser de double décimètre (et les différents engins que l'on a envoyés à la rencontre de corps célestes nous montrent que nous ne sommes pas trop mauvais à ce jeu là), il est possible d'obtenir une température sans thermomètre.

Évidemment, obtenir la température d'une étoile (même de notre soleil), ou celle de notre Terre mais il y a quelques centaines de milliers d'années, demande l'intervention de différentes sciences que je ne maîtrise pas et qu'il me serait de toute façon impossible de vous décrire dans ce message. Les lecteurs motivés pourront aller lire cette page de vulgarisation (dans laquelle j'ai récupéré le graphique ci-dessous) du site de Jean-Marc Jancovici (polytechnicien spécialisé dans les bilans carbones), ou consulter ces explications beaucoup plus fournies de Pierre-André Bourque, professeur à l'Université Laval au Canada.

Température de l'Antarctique au cours du temps

Evolution, sur les 400.000 dernières années, de la température moyenne de l'Antarctique. Le 0 de l'axe vertical de droite correspond à la valeur actuelle (cette courbe montre donc les écarts à la valeur actuelle). Cette variation de température est légèrement plus élevée que celle de la planète dans son ensemble. Source : Petit & al., Nature, Juin 1999
Attention ! cette courbe se lit à l'envers : plus on va vers la droite, plus on remonte dans le temps. Le fait que les oscillations soient plus importantes à gauche (donc récemment) tient à la meilleure précision des mesures quand on se rapproche de l'époque contemporaine.

Le graphique ci-dessus montre que notre planète est soumise à des cycles dits de "glaciation" qui dépendent, en première approche, de la position de la Terre par rapport au soleil. Les pics de ce graphique nous montre qu'il existe des variations "violentes" (augmentation de 8°C sur 10 000 ans) de la température environ tous les 100 000 ans.

A l'échelle "humaine" (partie gauche du graphique), on peut voir que nos lointains ancêtres ont effectivement fréquenté les mammouths laineux, il y a environ 20 000 avant notre ère. Dois-je rappeler que l'environnement glacé de l'époque ne permettait aucunes agricultures et que l'humanité était composée de nomades cueilleurs-chasseurs, même si ceux-ci disposaient des mêmes capacités physiques que nous...

En ce moment, ce n'est pas la déformation de l'orbite terrestre au cours des âges qui entre en jeux, mais le deuxième facteur par ordre d'importance : la composition de l'atmosphère terrestre.

Comme le montre ce document du Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l'Environnement de l'Observatoire des Sciences de l'Univers de Grenoble (http://lgge.osug.fr/), il y a une correspondance totale entre les gaz à effets de serre contenu par notre atmosphère et la température de celle-ci.

La problématique est maintenant bien connue, et le consensus semblait atteint avec l'accord de Kyoto puisque celui-ci cherchait à limiter lesdits rejets. Malheureusement, nos émissions explosent et nous sommes sur la route des +4°C pour la fin du siècle.

Autrement dit, nous avons déclenché un changement d'ère climatique qui va transformer notre planète d'une façon aussi radicale que le passage d'une ère glaciaire à une ère interglaciaire, mais sur une échelle de temps de quelques dizaines d'années (de 2015 à 2100) et non de plusieurs millénaires.

Ce qui risque d'impacter assez sérieusement mon petit confort, comme nous le verrons par la suite... [...]


[extrait du courrier du 17/10/2015]

Bonjour à toutes et à tous,

À l'approche de la COP 21, de plus en plus d'articles traitant du réchauffement climatique sont publiés, ce qui me permet d'en profiter pour enrichir ce message et vous proposer d'autres sources de lecture que ma prose personnelle.

Pour faire le point sur ce que nous avons déjà survolé, je vous signale que je récapitule mes différents messages sur notre blog (celui de Butine, pas celui des Butineurs ;) !), histoire de rester cohérent dans mon cheminement. Mais, surtout, puisque nous avons déjà abordé le côté scientifique de la question, je vous invite à lire cet article qui répond aux critiques habituelles sur le sujet : Climat : les erreurs du M. Météo de France 2 (Le Monde).

Puisque nous avons commencé à faire le tour des conséquences de ce phénomène, je vous invite aussi à "feuilleter" ce visuel interactif qui regroupe une douzaine de reportages autour de la planète. Il y a de très belle images et c'est très agréable à lire (tout au moins sur un écran classique) même si le chargement peut être parfois un peu laborieux en Bresse, voir à Granges (lol) : Portraits d'un monde ébranlé par le changement climatique (Le Monde)

Notre monde change, c'est indéniable. Mais peut-être, comme le M. Météo de France 2 le pense, ne sera-t-il pas désagréable d'avoir quelques degrés de plus en hiver ? Pourquoi tout voir en noir et ne pas croire qu'il sortira quelque chose de bon de tout ça ?

Ce qui est clair, c'est que l'histoire de notre planète nous a donnés quelques notions sur les périodes glaciaires, mais rien sur les périodes chaudes. Par contre, ce que nous savons, c'est que le réchauffement climatique que nous avons démarré possède une très forte inertie.

Autrement dit, même si nous arrêtons, ce jour, tous nos rejets, le réchauffement se poursuivra encore un bon moment. Au moins pour 2 raisons. La première, parce que les gaz à effet de serre ont malheureusement une durée de vie très longue, d'une centaine d'année pour le méthane (CH4) à plusieurs millénaires (1000 ans pour le gaz carbonique, CO2). Ensuite, parce que ce n'est pas l'atmosphère mais les océans qui absorbent et stockent l'énergie calorique, à plus de 90%, comme l'eau des radiateurs qui réchauffent votre habitation.

Il y a donc une forte irréversibilité, au moins à notre échelle, à émettre des gaz à effet de serre. Et le faire en conscience, comme le propose M. Météo, se rapproche plus de l'acte foi que de l'optimisme.

Mais surtout, comme le montre régulièrement les événements climatiques, la nature ne suit pas docilement les courbes réalisées par les scientifiques. De la même manière que l'eau de la casserole ne monte pas tranquillement en température mais se met subitement à bouillir à gros bouillons, ou qu'un élastique ne se tend pas indéfiniment mais fini par se rompre, il existe des seuils violents plus ou moins irréversibles.

Nous avons déjà parlé du pergélisol (sol gelé en permanence, permafrost en anglais) de la région arctique qui, en dégelant, libère les tonnes de méthane - provenant de la décomposition des animaux et des végétaux - piégés depuis la nuit des temps par le froid.

Comme le montre cette vidéo, les scientifiques n'avaient pas prévu un dégel aussi précoce dans leurs scénarios. Les quantités de gaz à effet de serre en jeu sont tellement considérables qu'ils estiment qu'il faut revoir le calendrier de réduction de nos émissions avant le point de non retour à partir duquel nous ne maîtriserons plus rien...

Cette vidéo est malheureusement en anglais et, même si les images parlent d'elles-même, je vous invite à lire le texte (en français !) d'où elle est tirée : Réchauffement climatique et dégel du permafrost : la plus grave menace de l'humanité (L'OBS).

Mais la disparition de la calotte glaciaire aura d'autres conséquences.

Comme la modification de son albédo (l'albédo est le pouvoir réfléchissant d'une surface) qui, en passant de 1 à 0 (du blanc de la neige au bleu foncé des océans), indiquera que le pôle absorbe à plein la chaleur de soleil au lieu de la réfléchir.

Il me faut aussi parler des courants marins qui, comme je le signale au début de ce message, redistribuent la chaleur. Ces courants ont des mouvements qui sont très liés à la rotation de la Terre (force de Coriolis) et à la disposition des continents, ce qui, je vous rassure, ne devrait pas changer dans l'immédiat.

Par contre, leurs circulations se font aussi suivant l'axe vertical. et c'est la différence de salinité entre les masses d'eau qui explique que l'une plonge en-dessous de l'autre.

Le courant qui nous concerne le plus, le Gulf stream, est prépondérant dans le climat quotidien de l'Europe (et de la côte est des USA). Or, celui-ci transite par les eaux froides et douces (donc très peu salées) du pôle nord. Du coup, si la calotte glaciaire disparaît, il est indéniable que ce courant en sera affecté d'une manière irréversible, comme le sera nos saisons.

Mais là, certains risquent de me traiter de catastrophiste, comme si le fait d'énoncer à quelqu'un les différents désagréments qu'il connaîtra en vieillissant (myopie, surdité, perte de tonicité musculaire, incontinence, décalcification, etc) transformait un médecin en imposteur. [...]


[extrait du courrier du 25/10/2015]

Bonjour à toutes et à tous,

Nous voilà quasiment à la fin de notre petite escapade sur le climat.

J'espère ne pas avoir été trop rébarbatif dans la description des organismes internationaux qui travaillent sur le sujet, qu'ils soient politiques ou scientifiques. J'espère aussi - et surtout - avoir réussi à vous transmettre le plus clairement possible le message que les chercheurs du monde entier diffusent maintenant depuis plus de 25 ans.

Une fois ces éléments du décor en place, la vision du futur que chacun construit ne peut être que personnelle et les propos que je vais maintenant tenir, même si j'estime ne pas jouer au visionnaire, sont, de fait, discutables. Cependant, je n'irai pas jusqu'à utiliser le conditionnel dans ma formulation puisque ce que je vais décrire ici est déjà en train de se produire.

Quelles vont donc être, selon moi, les conséquences "immédiates" d'un changement d'ère climatique "fulgurant" sur nos vies ?

Comme vous le savez déjà, les conséquences les plus flagrantes proviennent de l'augmentation de la vapeur d'eau dans l'atmosphère. Une température plus élevée entraîne plus d'évaporation, ce qui entraîne forcément plus de précipitations.

Malheureusement, les fluides que sont l'eau et l'air ne se déplacent pas à la même vitesse. Et ils ne transmettent pas l'énergie de la même manière. Ce qui explique tous les événements météorologiques violents (pluies, grêles, inondations, tempêtes, etc) comme les actualités nous le montrent de plus en plus régulièrement.

Les qualifier d'exceptionnels ou non n'est qu'un point de vue statistique.

Une autre conséquence, moins visible mais pourtant bien connue, de l'augmentation de la température, réside dans le déplacement des aires climatiques. Qui n'a entendu parlé de la surmortalité des ours blancs qui se trouvent acculés par la disparition de leur niche biologique.

Ce qui vaut pour les animaux vaut pour les végétaux, à la différence que ces derniers ne se déplacent pas à la même vitesse. Imaginer replanter nos forêts avec des espèces mieux adaptées suppose de connaître les nouvelles conditions, ce qui est impossible tant que la température varie. Et je ne tiens déjà plus compte de la première conséquence que nous venons d'évoquer (redéfinition locale du cycle des précipitations), cause de la mort prématurée de bien des arbres, comme nous le rappelle la Californie.

Ce que l'on perçoit beaucoup moins, par contre, concerne le déplacement des nuisibles. Les agriculteurs sont déjà confrontés à la remontée des insectes qui, non seulement étendent leurs zones de nuisance, mais pullulent littéralement parce que la diminution des périodes froides leur permet d'augmenter le nombre de générations successives dans l'année.

Par exemple, la pyrale (papillon nocturnes principal ravageur du maïs) atteint régulièrement 2 générations en France mais l'espèce est déjà capable d'atteindre les 4 générations aux USA.

Le plus inquiétant, me semble-t-il, provient du déplacement des vecteurs infectieux. Quand j'ai commencé à me renseigner sur les conséquences du réchauffement, en 2003, la maladie de la langue bleue - maladie originaire d'Afrique touchant les ruminants et dénommée fièvre catarrhale ovine dans nos contrées - était déjà présente en Corse depuis le début du siècle.

En 2006, les moucherons piqueurs transmettant le virus se sont implantés au Pays-Bas, plaque tournante de biens des marchés, au gré du transports d'animaux, provoquant une crise sanitaire internationale de plusieurs années. Nos climats ne leur étant plus fatales, ils font maintenant partis de notre faune, ce qui explique la réapparition de la maladie cette année dans l'Allier.

Dans le même ordre d'idée, le moustique tigre, qui transmet la dengue et le chikungunya, est implanté en France depuis 2004 (et a colonisé la Saône et Loire l'an dernier). Il a déjà fait des apparitions à Paris, lieu de passage s'il en est, alors qu'en 2010, 2013 et 2014, plusieurs cas autochtones (autrement dit, qui ne venaient pas de l'extérieur) de dengue et de chikungunya ont été détectés en France métropolitaine...

Pour finir, penchons-nous vers notre besoin quotidien : la nourriture.

Dans notre monde actuel de surconsommation globalisée, où l'on trouve à manger de tout (que cela soit des produits frais - locaux ou des antipodes - ou des produits transformés et enrichis), partout et tous les jours de l'année, il est difficile de ne pas voir la nourriture comme une ressource quelconque.

Pourtant, il y a une différence de taille. Contrairement à l'extraction d'un minerai ou d'une énergie fossile, où l'on peut interrompre le processus pour le reprendre ultérieurement sans encombres, tout arrêt dans la culture d'une céréale comme le blé, le riz ou le maïs (les 3 céréales à la base de l'alimentation humaine), mais aussi la grande majorité des légumes et des fruits, fait perdre la totalité de la récolte.

Et ces cultures se prolongent sur bien des mois et ne sont possibles qu'une fois par an. Si certains peuvent imaginer combattre les nuisibles (insectes, rats, moisissures) à coup de produits chimiques radicaux, que faire contre la grêle, la canicule, les inondations, les tornades...

Nos générations n'ont pas connues de famines, même si certains de nos parents ont connus la faim et les privations, mais il suffit d'une année ou deux de mauvaises récoltes pour générer une situation de manque catastrophique. Évidemment, le commerce mondial compense actuellement les pénuries, mais l'histoire montre qu'en cas de crise importante - et je pense que le réchauffement en est une - il y a toujours un fort repli identitaire qui n'est jamais bon pour le commerce... [...]


[extrait du courrier du 01/11/2015]

Bonjour à toutes et à tous,

N'étant pas du genre à soulever des problèmes sans essayer de leurs trouver des réponses, j'avais prévu de terminer mes messages sur le réchauffement climatique par l'énumération d'un certain nombre d'actions possibles.

Il y a, naturellement, mille et une façons de (ré)agir à la situation, par des actes individuels ou collectifs, quotidiens ou exceptionnels, personnels ou publics.

Cependant, au vu de vos réactions et de vos questionnements, il me semble important de marquer une pause et de vous laisser poursuivre vos réflexions sans plus d'interférences de ma part.

Je laisse donc aux médias (par exemple 21 mots pour comprendre la COP21) le soin de poursuivre ce travail d'information sur le sujet le plus important de notre génération (et des suivantes !), travail pour lequel j'ai pris beaucoup de plaisir à partager avec vous. [...]


[extrait du courrier du 08/11/2015]

Bonjour à toutes et à tous,

Bon, je sais, j'avais promis d'arrêter pour la saison mais avec le temps estival du week-end, on a presqu'envie de glaçons, voir d'eau fraîche :)

Josh Haner
Rivière de fonte au Groenland. © Josh Haner.

De plus les images sont si impressionnantes (visualisez tout le document !) - et c'est un article du célèbre The New York Times - que, même sans parler anglais, cela mérite vraiment de prendre 2 minutes : Fonte du Groenland. [...]

samedi, 15 août 2015

Bizareries

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Croqueur de tomates

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Voici l'état d'un grand nombre de tomates!

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Il n'aura pas fallu longtemps pour identifier le(s) coupable(s), grâce à ses petits "cadeaux"

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Nous avons la chance d’héberger quelques hérissons.

dimanche, 12 juillet 2015

Climat 2015

Si l'on sait que cette aventure a commencé à cause de la canicule de 2003, quoi de plus normal que de faire le point pendant la canicule de 2015 ? Surtout que c'est cette année que la France accueille la COP 21* !

Comment a donc évolué le monde depuis 2003 ?

Le premier constat que l'on peut faire concerne l'évolution du climat : celle-ci est en totale adéquation avec les prévisions du GIEC*, sauf peut-être sur le rythme qui semble être bien plus rapide que prévu.

Mais qu'importe les détails. Quand on parle d'un changement d'ère climatique, il parait bien dérisoire de chercher à les déterminer. Cela revient, face à une avalanche, à chercher à découvrir comment évolue en chaque point la température et la masse de la neige qui se précipite vers vous.

Concentrons-nous plutôt sur les moyens mis en œuvre pour éviter, atténuer et se protéger du phénomène, même si, là aussi, le constat est rapide.

En 2003, les lignes bougeaient. Oh, pas très vite, mais l'espoir existait. La prise de conscience avait eu lieu en 1992, au sommet de la terre de Rio, et le protocole de Kyoto - qui devait mettre en place des mécanismes contraignant de réduction des émissions des gaz à effet de serre - avait été signé fin 1997.

Malgré bien des réticences et des atermoiements, 13 ans après Rio, le protocole entrait en vigueur début 2005, même si c'était sans les USA, les plus gros émetteurs . À partir de ce moment là, la balance a oscillé régulièrement, parfois entrainée par l'écologie, parfois par l'économie. Mais, au fur et à mesure que le nombre de pollueurs augmentaient, les choses se compliquaient et le fragile assemblage a commencé à se déliter.

Le protocole est mort de sa belle mort en 2012 et, aujourd'hui, la seule ambition de la COP 21 est de réussir à obtenir que chaque pays donne la feuille de route qu'il souhaite suivre pour limiter le réchauffement climatique à 2°C.

Étant entendu que chacun utilise les références d'émissions qui l'arrange et que, quoi qu'elle dise, cette feuille de route ne pourra pas être considérée comme un engagement...

Mais peut-on blâmer les politiciens quand leurs électeurs ne réclament qu'une seule chose : plus de pouvoir d'achat ?

Or, le pouvoir d'achat ne peut croitre que si la croissance croît. Autrement dit, tant que notre premier objectif sera d'augmenter notre consommation, nous continuerons d'augmenter nos dégradations.

Au bout de 25 ans, il est clair que les arguments scientifiques n'ont pas réussi à déclencher une prise de conscience citoyenne salvatrice. Et nous en sommes réduit à demander aux religieux de prendre le relais. Un comble pour un phénomène aussi cartésien...

Et notre projet, que devient-il depuis 2003 ?

Pour être précis, nous n'avions pas de projet en 2003. L'inquiétude de l'époque a simplement entraîné des interrogations qui ont, petit à petit, amené à une prise de conscience.

Ensuite, différents modes d'actions ont été essayé, repensé, amélioré, jusqu'en 2007 où nous avons fini par décider qu'il fallait forcément passer à la vitesse supérieure. Nous avons donc abandonné maison et boulot pour essayer de réaliser le projet qui, à notre niveau, nous semblait le plus apte à protéger l'avenir de nos enfants.

Là encore, malgré l'urgence de la situation, les choses prennent du temps.

Il nous aura fallu 2 ans pour nous former et obtenir une ferme, malheureusement dévastée par 18 ans d'abandon. Mais qu'espérer de mieux ?

Après 6 années, nous vivons toujours dans une maison faite de bric et de broc, les exigences de la ferme ne nous laissant guère le loisir de l'améliorer. Heureusement, nos 3 enfants ont pris leur envol entre temps.

6 ans qui nous auront permis de repousser quelque peu l'étreinte des arbres qui entourent la ferme, de mettre en place la culture de quelques céréales et de nombreux légumes, d'accueillir et de faire vivre notre petit troupeau de chèvres (qui permet à Laurence de fabriquer ses si délicieux fromages) et d'installer nos poules pondeuses.

Le tout en bio, évidemment.

Malheureusement, comme le prouve l'évolution du monde, construire une ferme bio est totalement à contre-courant. Aussi bien au niveau technique - travail naturel artisanal et manuel contre spécialisation mécano-chimique - qu'au niveau économique : les consommateurs consacrent de moins en moins d'argent à la nourriture et sont plus intéressés par les prix que par le respect des meilleurs pratiques environnementales qui soient.

Au final, cela veut dire que, si vous n'avez pas la chance d'être soutenu par un public militant, vous ne pourrez pas vivre de vos modes de production engagés.

Heureusement, le mouvement des AMAP (Associations pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne) est construit pour donner de la visibilité au producteur grâce au partenariat producteur/consommateur. Mais, là encore, le passage des années n'a pas l'air d'être accompagné par une prise de conscience militante...

* COP 21 : 21ème session de la Conference of the Parties (Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques)
* GIEC : Groupe Intergouvernemental d'Experts sur l'évolution du Climat (a pour mandat d’évaluer, sans parti pris et de manière méthodique et objective, l’information scientifique, technique et socio-économique disponible en rapport avec la question du changement du climat : changements climatiques 2007 - rapport de synthèse)

jeudi, 9 juillet 2015

Jour 8

Après huit jours de canicule et malgré l'arrosage, les légumes ont souffert.

Photos:

Artichaut, un seul tout petit, mais bon c'est un premier essai et on n'est pas en Bretagne...

Gombo, quelques fruits après un démarrage long et beaucoup de pertes.

Kiwano: quelques fruits qui doivent encore murir.

Cardon: j'ai laissé monter à graine les cardons de l'an passé pour profiter de jolies fleurs et récupérer les graines.

(le cardon ressemble beaucoup à l'artichaut)

Les courges et courgettes perdent leurs fruits, se dessèchent:

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Plus de 150 salades ont monté, c'est quatre livraisons qui partent au composte :(

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Après avoir pris du retard à cause de la pluie, les  pommes de terre se dessèchent, les rendements seront sûrement très faibles.

Les haricots ont fourni laborieusement  15 kilos pas bien beaux, au lieu de 40.

Les courges pour l'hiver ont l'air de tenir le choc, mais il n'y a pas encore assez de fruits et ils sont mûrs bien trop tôt!

Bref, quand on pense que ce genre de climat sera normal dans quelques années, je m'inquiète.

vendredi, 19 juin 2015

Mais y sont où ?

mes pt'its poireaux???

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AH! ils sont toujours là!

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samedi, 13 juin 2015

En communion avec la nature....ou pas.

----4 mai---

La nature! ah! la nature!

Dans ce petit billet, je vais peut être paraître un peu sans-cœur, mais parfois la nature, je l'aime pas!

Bien sûr, les petits oiseaux qui chantent le matin au levé du soleil, les papillons virevoltant, la mignonne petite souris, les fleurs qui poussent, les mûres sauvages. Bref, tout ceci est bien beau, il est vrai. Et j'apprécie le spectacle à sa juste valeur.

MAIS, pas tous les jours!!!

Par exemple, dans la pépinière, les semis ravagés:

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J'ai pensé que des oiseaux étaient venus faire un festin...donc, je ressème tout ce qui a été dévoré et je voile.

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Mais voilà, ce ne sont pas les oiseaux qui sont responsables, mais des souris. Ce que je comprends, deux jours plus tard en retrouvant à nouveau les graines grignotées!

Je peste, mais je n'ai perdu que quelques jours.

Les plants de tomates et choux subissent des pertes à cause des limaces, et malgré la chasse il en reste toujours une pour festoyer la nuit.

Cette année est bien compliquée pour les semis: quand la germination se fait un peu trop attendre, je gratte un peu dans le pot et je retrouve les graine pourries. Je ne fais pourtant pas différemment des années précédentes. Bon,...va comprendre, je recommence.

Nous avons fini de planter les pommes de terre pour l'hiver prochain. Les pluies qui sont tombées ces derniers jours ont provoqué un ravinement impressionnant et nous avons retrouvé les pommes de terre en dehors de leur sillon, certaines ont fait un beau voyage!

Les essais d'endives n'ont pas été trop décevants. J'avais planté l'année dernière des graines de chicorées endives. Puis en septembre, mis a sécher les chicons, puis placé en bacs à l'abri de la lumière, puis récolté quelques endives pendant l'hiver. En  avril, la repousse est prometteuse et juste quand j'estimais le moment venu de cueillir, toute a été dévoré par des souris (elles avaient du finir le stock de noix (plus de 15 kilos) qu'elles nous avaient piqué pendant l'hiver!!)

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13 juin 2015....

Je reprends ce billet commencé le 4 mai...

Pas facile de trouver soit le moment soit le courage d'écrire. Et en ce moment, c'est un peu le ras le bol qui domine!

Après les semis laborieux, nous n'avons pas d'excellent résultats pour les autres plantations.

Les haricots poussent....puis disparaissent.

Les petits pois poussent....puis disparaissent.

Les épinards poussent, ....puis jaunissent et montent à graine avant de pouvoir être récoltés.

Les blettes sont attaquées et flétrissent.

Les mauvaises herbes se portent à merveille!

Le plus grave, c'est quand même la perte de la quasi totalité des plants de pomme de terre. Tout a pourri à cause des pluies trop abondantes.

Bien sûr, il est impossible de trouver de nouveaux plants bio à cette époque de l'année (nous les réservons en décembre), donc, nous retravaillons le sol, récupérons toutes les vieilles patates ratatinées qui restent dans la chambre froide et nous nous remettons au travail avec l'espoir qu'elle nous donnerons quelques kilos par trop vilains.

Ce soir, nouvelle découverte: les larves de doryphores commencent a déguster allègrement les jeunes feuilles que nous attendions avec impatience.

GRRR!! yenamare et remare!

Côté chèvre, après le départ de Kimi, j’espérais être tranquille. Mais Nebty continuait à fuguer et j'ai du me séparer d'elle avant qu'elle n’entraîne sa fille en vadrouille, dangereusement proche de la parcelle maraîchère.

Je n'ai plus que 9 chèvres en lactation, et les trois chevrettes de l'année: Lilou, Luce et Zola, et bien sûr Hapy.

J'ai beaucoup de mal a trouver un bon équilibre cette année. Mes louloutes ne sont pas très belles, ont un pelage terne, et il est temps qu'elle reprennent un peu de poids. Hapy ne va pas fort. Il  été vermifugé, mais il reste en petite forme.

Hier Anouk s'est blessée. Elle a du faire une vilaine chute, car l'antérieur droit est très enflé. Je la soigne en la massant avec des huiles essentielles. Elle me laisse faire gentiment et semble soulagée. Je vais attendre un peu avant de décider s'il faut aller chez le vétérinaire.

Ça l'a quand même bien secouée la pauvre!

Enfin, les tomates grossissent et nous avons récolté les premières courgettes.

Les concombres semblent avoir enfin démarré et les choux ne sont pas complètement dévorés par les altises, larves de piérides et autres beautés de la nature.

Les premières courges pour l'hiver commencent à se former.

Voilà, bon c'est pas bien folichon tout ça! Pas facile de rester optimiste car la suite de la saison culturale s'annonce très compliquée et décourageante.

Ah tiens, si, au fait: le 10 mai a eu lieu le pique nique des Amapiens à la ferme. Super beau temps, beaucoup de monde, super conte pour les enfants et les adultes, bon petits plats préparés par chacun: au moins une très belle journée!:)

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jeudi, 5 mars 2015

Kimi à la lilouterie.

Comme je l'avais déjà annoncé, il fallait que je me sépare de Kimi.

Bien gentille et bien belle, mais toujours malmenée par les autres chèvres, elle passait son temps à esquiver les coups.

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En extérieur, elle peut vivre tranquillement et faire des cabrioles avec les autres bébés, mais à la chèvrerie , sa vie n'est pas drôle.

Donc, j'ai passé une annonce pour lui trouver une famille d’accueil et tout s'est passé assez vite.

Elle est partie vendredi pour le nord de l'Yonne, à la Lilouterie, où elle a fait connaissance avec d'autres chèvres ...plus petites qu'elle, naines et mini.

Tout se passe bien. Elle est chouchoutée, dorlotée, baladée....

Voici des extraits de nouvelles que je reçois "de Kimi":

le 01/03:

Bonjour les copines ! Je vous donne quelques nouvelles. Je suis bien arrivée et j'ai rencontré mes nouvelles compagnes. Et j'en ai peur, je préfère la compagnie des humains, que je suis partout !

Mais aujourd'hui ça va mieux qu'hier, j'ai même sauté une barrière pour les rejoindre (nous étions séparées pour que je mange un peu, car pour le moment, je ne veux pas des compléments qu'on me donne, je grignote à peine et les autres auraient tout volé en 30 secondes).

Ma famille a construit ce matin des ré-hausses de barrières de pré car je sautais par-dessus pour rester avec eux. Je ne peux plus maintenant que passer d'un paddock à l'autre, c’est-à-dire rejoindre mes compagnes si c'est fermé entre nous.[...]

J'ai fait connaissance avec la grande chienne (vu que je me sauve, je vais dans la cour avec tout le monde), elle est gentille avec moi, on pourrait devenir copines, toutes les deux.


Le 12/03

Bonjour les copines !

Quelques nouvelles d'ici. Je me fais à ma nouvelle vie.
Je mange maintenant très volontiers mon mélange orge/avoine/maïs et ma lactation augmente tranquillement. J'étais descendue à 350ml par jour, je suis à 600 environ (hier 635 par exemple) maintenant.

Je n'ai plus trop peur des cochons nains, qui passent leur journée avec nous.
Le printemps arrive, nous allons régulièrement nous promener pour nous rendre dans les petites forêts qui sont autour. Aujourd'hui, je me suis promenée avec Mam'humaine, sa voisine et sa petite chienne, dans le petit bois au bord du petit cours d'eau qui passe juste en bas de notre pré, c'était très agréable !
Je ravage les ronces et le lierre !

Notre chèvrerie est quasi finie, nous avons maintenant une belle porte double qui ferme bien (pour les humains), et notre accès chèvres avec trappe coulissante à ma taille ! Il reste à mettre les lamelles de PVC souples qui servent à protéger le passage de l'entrée de pluie ou de vent et ajouter des râteliers muraux, que tout le monde soit tranquille pour manger, sans la pression des dominantes.

Un bonjour à chacune, et particulièrement à mon joli petit.

Kimy


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vendredi, 20 février 2015

Naissances 2015



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Première naissance lundi 2 février, au matin, avec notre jeune Anoukis, fille d'Aude, fille d'Ikaré ;)

Un petit gars vigoureux, qui se balade déjà dans toute la chêvrerie.

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Ce matin, Tara, fille d'Aude, fille d'Ikaré, était en plein travail quand je suis arrivée. Malheureusement, le bébé était "bloqué".

Après un examen rapide, j'ai compris que les deux bébés se présentaient en même temps: la tête de l'un et les pieds de l'autre!

Panique à bord. Direction véto à Louhans. Les poules attendront un peu et le chien aussi. Le vétérinaire a réussi à "démêler" tout ça en repoussant numéro 2 et tirant Numéro 1 (moins de deux minutes! J'espère acquérir ces compétences un jour, même si j'espère ne pas en avoir besoin souvent!).

OUF! retour à la maison: petit biberon du colostrum de maman afin d'aider à se remettre de ces émotions et repos.

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Ma Tara va bien. Les deux bébés sont vivants. La femelle, N°1,  qui est restée la tête coincée pendant assez longtemps a plus souffert et montre un œdème impressionnant qui devrait se résorber. Le mâle, N°2, était un peu faiblard mais semble reprendre des forces assez vite.

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Vendredi soir, Nebty a mis au monde une petite fille. Il faisait nuit quand je l'ai vue (à la lampe de poche, car nous n'avons pas encore d'éclairage partout ;) ), déjà debout et en train de boire.

Le petit d'Anoukis a pris 1 kg en 4 jours pour atteindre les 5 kilos! Anouk a de petites mamelles, toutirikiki maouss kosto!

La petite de Tara a presque retrouvé une tête normale, elle a une couleur superbe!

J'attends le levé du jour pour aller voir si tout le monde va bien.

Aujourd’hui, samedi, le soleil est au rendez vous. Les chèvres sont contente de sortir sur un sol enfin solide.

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Pendant ce temps, les petits font la sieste. Il n'ont pas encore le droit de sortir.

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Et de retour de balade, les retrouvailles:

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Ajout du mardi 10 février:

Hier fin de matinée, notre petite Molie nous a donné un petit Mâle. 2,4 kilos, c'est pas énorme. Un peu faiblard, pas encore debout après plus d'une heure. Maman pas trop motivée pour la toilette. Pour une fois, j'ai fini de le sécher et j'ai trait un peu Molie pour nourrir Monsieur. Hier soir, ça avait l'air d'aller bien.

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Ajout du mercredi 11 février:

Ce matin au levé du jour, ma Kimi montre des signes de travail.

C'est parti! Ce bébé là doit faire trois tonnes, car il ne semble pas vouloir passer par la petite ouverture que sa maman lui propose.

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Le temps semble long et bébé ne vient pas plus loin que le bout des pattes. C'est décidé, elle a besoin d'aide. Il va falloir tirer un peu pendant les contractions. Ma pauvre louloute commence à lécher son petit avant qu'il ai fini de naitre, et enfin le voilà.

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Un beau gros tout beau comme sa mère, et j'espère qu'elle n'a pas souffert tout ça pour un mâle...mais SI !! crotte! Zut! (restons poli pour les jeunes lecteurs ;) mais j'avoue je ne me suis pas contentée de flute!) 4,7 kilos, le record de la ferme!

Suite de mise bas très bien.Petit bout faisait des cabrioles dès cet après midi!

ET puis cet après midi, la surprise du chef: ma Nefer décide que c'est aussi son jour et revient du pré.

Pour rappel, il y a deux ans, elle avait avorté, et l'année dernière, elle a subi une césarienne. Donc, beaucoup d'angoisse cette année.

Donc Thierry découvre notre grosse grosse grosse Nefer avec un premier mini bébé sur le sol et le deuxième en chemin.
Il se présente par les pattes arrières, chose pas anormale pour des jumeaux. Tout se passe bien, super! (surtout que nous avons la visite de petites nièces).
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P1040152.jpgP1040153.jpgJ'avais promis à Nefer, que si elle avait une petite fille en bonne santé, je la garderai, donc, chose promise.....

Je surveille de près Aude et Bella....

Ajout du vendredi 13;
Bella a bien mis bas hier matin, encore un mâle!
Ce qui mets les compteurs à 6 M contre 3 F.

Le bébé de Molie reste faible (il passe ses journées à dormir, ne cours pas avec les autres) et prend peu de poids. Je vais voir s'il faut le prendre à la maison pour le nourrir plus souvent....de toutes façon il devra quitter sa mère, mais pour moi ça veut dire début de la traite (pluri)quotidienne...
La petite de Nefer ne fait que 2,2 kilos, trop petite pour être gardée en chevrette de renouvellement, normalement, mais...

Aude est très bagarreuse et entre en conflit avec Nefer, Bella, Sethi... Hier soir, je l'ai mise "en isolement" dans le local prévu pour les cabris, pour éviter un accident, mais elle a quand même reçu un coup dans la mamelle qui l'a blessée :(.
J'espère qu'elle va bientôt faire ses bébés et que cela va la calmer.

Vendredi midi:
C'est chose faite: un seul GROS Mâle:5,2Kg!! Nouveau record battu!
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Soir: Aude a rejoint le groupe, mais reste encore dans une loge à part.
Ça commence à vraiment faire du monde là dedans  =)

samedi 14 février;
Tout début d'après midi, une naissance se prépare chez Sethi: encore deux gros mâles! Décidément, je ne vais pas avoir beaucoup de choix pour les chevrettes à garder.
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Plus que deux mises bas attendues: Thya (sous peu) et Ikaré (plutôt fin de mois).

Ajout du 20 février:
Thya a eu deux bébés le mardi 17, tôt le matin.
Elle a négligé sa fille dès la toilette, et j'ai du sécher la petite. Par contre petit gars, ça va. Le lendemain, après la balade au pré, elle pleure pour retrouver ses petits. Je lui apporte la fille, qu'elle refuse de nourrir et continue à chercher le mâle, qu'elle accepte à la tétée.
Je dois donc lui retirer sa fille pour la nourrir au biberon avant qu'elle ne soit trop faible.

Depuis dimanche, les grands gaillards sont à la nurserie.
 Il faut dire que la séparation a été un peu précipitée car, entre les bagarres de mères, les petits qui sortent de l'enclos, ceux qui reçoivent des coups de la part des autres mamans, Kimi, qui se sauvent sans cesse (ou bien va se réfugier dans l'enclos de bébés et les tape :( ) et .....cerise sur le gâteau, une éleveuse estropiée par la chute d'une bouteille de gaz sur le pied....La gestion était devenue très compliquée.

Bref, je trait les mamans, donne le lait au bébé, mais j'espère remettre la fromagerie en route dès la semaine prochaine ;)

Kimi ne s'intègre pas au troupeau, je dois m'en séparer, bien sûr à contre coeur, mais elle est vraiment trop difficile à gérer. Je lui cherche donc une famille d'adoption où elle sera plus heureuse comme "fille unique" .

Ajout du 1er Mars
Ikaré a eu son bébé hier. Encore un beau gaillard de plus de 4 kilos!
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Tout le monde va bien.


jeudi, 5 février 2015

Rénovation.

En décembre, je me suis attaquée à la remise en état d'une des pièces de la longère.

Après avoir (presque) vidé quelques années d'accumulation d'un tas de choses plus ou moins utiles, j'ai pu nettoyer.

Les poutres ayant fortement fléchi au cours du temps, nous avons pris des mesures et "redressé" le plafond en fixant de nouveaux chevrons sur les anciens.

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Puis , nous avons choisi de poser un lambris pour faire bien propre (choix qui ne me parait déjà plus très judicieux, car souffre beaucoup de l'humidité ambiante).

Enfin, après brossage des murs, j'ai passé un enduit à la chaux et quelques tasseaux et belles planches ont servi à fabriquer des étagères sur mesure.

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dimanche, 4 janvier 2015

La vérité est ailleurs

Comme je l'ai expliqué dans mon billet précédent (Nouvelle étape), notre projet de vie semble se construire sur des périodes qui durent environ 5 ans.

Et même si, avec le recul, je ne pense pas que nous aurions pu aller plus vite, le décompte des années commence à m'inquiéter, car nous sommes engagés dans une course contre la montre qui semble s'accélérer.

Aussi, pour vérifier le chemin parcouru, mais aussi et surtout pour valider sa direction et sa raison d'être, nous avons passé en revue les raisons qui nous ont amenés à bouleverser notre vie. Et dans ce retour aux sources, nous avons retrouvé un texte que j'avais écrit au début de l'année 2005 (je l'ai publié le 8 mai 2005 sur VieRurale - mon premier site - parce que cette date a une signification particulière pour nous).

Bien que ce document ait quelque peu vieilli, je ne trouve pas ridicule de le publier de nouveau.
(les liens de la fin du document ne sont naturellement plus actifs)

La vérité est ailleurs [08/05/05]

Préambule

Soyons clair : mon jeune âge (la quarantaine au moment où j'ai commencé à écrire ces lignes), couplé à ma formation scientifique, ne fait pas de moi un spécialiste de la question sociale. Il ne faut donc voir, dans mes propos, que le résultat des réflexions d'un père de famille qui s'interroge sur l'orientation à donner à sa vie, dans une société qui ne semble pas en avoir. Le seul privilège que je me permettrais d'avancer, mais qui a quand même son importance, est celui d'être heureux...

Car ce qu'il y a de remarquable dans notre société moderne, c'est que malgré tous les avantages qu'elle nous procure, nous vivons en permanence avec un sentiment d'insatisfaction, voir de frustration. À un point tel qu'il n'est plus possible d'avoir une discussion à bâtons-rompus, sans que votre interlocuteur ne se désole de quelque chose. Et si vous orientez la conversation sur les vacances, sujet on ne peut plus réjouissant, on a l'impression que ce sont les seuls moments qui méritent d'être vécus. À croire que notre vie quotidienne est devenue tellement rebutante, qu'il faille la fuir régulièrement pour la supporter.

Le paradoxe

Pourtant, quand on essaye de faire un point objectif sur l'état de nos acquis, on ne peut que constater que ceux-ci n'ont jamais été aussi important. En effet, si nous revenons à nos fondamentaux, il est dans la nature des choses que chaque être humain gagne sa nourriture à la sueur de son front.

Nos ancêtres ont donc, depuis la nuit des temps, travaillé quotidiennement pour satisfaire leurs besoins immédiat, sans parvenir réellement à se mettre à l'abri des mauvais jours. Réussir à travailler moins est donc une indication importante de l'amélioration de notre condition.

Or, notre temps de travail s'est énormément réduit ces dernières générations ! S'il a été stable pendant des siècles, à tel point qu'il ne venait à personne l'idée de le quantifier, la révolution industrielle (XIXième siècle) a modifié de façon radicale notre façon de vivre. En effet, c'est avec elle qu'est née la notion d'horaires de travail (les ouvriers ont moins de contraintes liées aux conditions météorologiques), qui étaient approximativement de 12 à 14 heures par jour, 6 jours sur 7, au début des années 1800.

À cette époque, les choses évoluent peu puisqu'il faut attendre 1900 pour qu'une loi limitant la journée de travail à 10 heures soit promulguée (les semaines comptent toujours 6 jours travaillés). C'est même seulement en 1906 que le repos dominical entre dans les textes, et il faut attendre 1936 pour que 2 semaines de congés soient accordées.

Si nous faisons une rapide comparaison, un ouvrier de 1900 travaillait donc 313 jours par an (365 jours - 52 dimanches), soit 3130 heures, alors qu'aujourd'hui nous en sommes à 1645 heures (52 semaines - 5 semaines de congés, à 35 heures), soit pratiquement la moitié !

Toujours dans l'optique de quantifier nos avantages acquis, on peut aussi s'amuser à comparer notre espérance de vie. Or, celle-ci est passée de 40 à 74 ans (pour les hommes) en à peu près un siècle, ce qui montre bien l'évolution de ce que j'appelle notre "qualité de vie". Pour information, l'espérance de vie au Bangladesh était de 57 ans en 1988.

Dans le même esprit de comparaison que précédemment, comme nous vivons 2 fois plus longtemps en travaillant 2 fois moins, nous devons forcément avoir un peu plus de loisirs qu'eux...
[pour être tout à fait précis, si un "ancien" travaillait 26 ans - on suppose qu'il commence à travailler à 14 ans et décède à 40 - il travaillait donc 81 380 heures, ce que nous n'atteindrons même pas avec 40 ans à 35 heures, qui ne représentent que 65 800 heures !]

Pour finir, mais là cela devient plus technique et donc plus sujet à discussion, on peut comparer notre PNB par habitant (le PNB, Produit National Brut représente "la richesse" de notre pays et donc, par extrapolation, de ses habitants). Bien que la notion de richesse soit toujours très subjective, on peut quand même constater que, de nos jours, pratiquement chaque famille (ce qui représente au minimum 2 personnes) possède une voiture, ce qui était loin d'être le cas en 1950.

Tableau 1 : Evolution du PNB par habitant dans les pays les plus riches (en dollars)


1950

1970

1990

États-Unis

2410

3600

5010

Allemagne

990

2700

3620

France

1060

2500

3440

Royaume-Uni

1400

2220

3230

Japon

410

2130

3360

Tableau 2 : Nombre de voitures pour 1000 habitants dans les pays les plus riches


1950

1970

1990

États-Unis

264

436

504

Allemagne

13

223

485

France

36

254

415

Royaume-Uni

46

210

373

Japon

0,3

85

283

Sans vouloir se noyer dans des chiffres qui ne sont là que pour donner des repères, on ne peut que constater que nos progrès de vie ont été exceptionnels sur les 4 dernières générations. Nous voilà donc face à une grande interrogation : pourquoi notre bonheur n'a pas suivi la même évolution ?

Certains me rétorqueront que tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes, que nous sommes en pleine récession, qu'il y a des millions de chômeurs, que nos retraites sont remisent en cause et que rien ne laisse prévoir une embellie. Et je suis tout à fait d'accord avec eux ! Il serait même facile de rajouter à ces problèmes purement occidentaux, tous ceux qui touchent le reste de la population du globe, et pour être tout à fait complet, finir avec ceux qui vont s'abattre sur notre planète sans distinction géopolitique.

S'il est évident que nous ne vivons encore pas dans un monde parfait, et je milite même activement pour les causes qui me semblent les plus urgentes, mon propos actuel n'est pas là. Sans pour autant vouloir occulter tous ces problèmes, j'aimerais déjà comprendre pourquoi tous ceux qui bénéficient des incroyables avancées que j'ai cité, ne sont pas heureux.

Les méfaits d'une société de consommation.

Si je poursuis ma réflexion, mon interrogation suivante sera donc : pourquoi ne sommes nous pas heureux ? À la base, il était clair que de ne pas avoir d'abri, ou être malade, ne nous permettait pas d'atteindre le bonheur. Pourtant, avoir un logement et pouvoir se soigner ne nous y pas amené non plus...

Le plus paradoxal, c'est que notre sentiment d'insatisfaction grandit en même temps que notre confort ! Cependant, tout semble idyllique. Pour ne parler que de ma génération (et, par extension, des suivantes), notre santé est hyper-protégée dès notre naissance : maternité, vaccination, médecin de famille, médicaments... Nous ne subissons ni le froid, ni la faim, et nous utilisons tellement d'eau pour nos simples besoins corporels, que s'en est insultant vis à vis de ceux qui n'ont pas notre chance. Nos besoins primaires sont donc largement couverts, et nous avons encore suffisamment de ressources pour crouler sous les divertissements !

Malgré tout, ceux-ci ne nous rendent pas heureux...

[Sœur Emmanuelle - "Vivre, à quoi ça sert ?" (Flammarion)]

L'écume ou l'éternité
(Quid est hoc pro aeternitate ? - Qu'est-ce que ceci, au regard de l'éternité ?)

Tout au long de mon existence, j'ai été séduite par tout ce qui "glisse et fuit d'une fuite éternelle". J'ai été fascinée par tout ce qui, telle l'écume, brille de reflets tentateurs et illusoires. C'est quelque chose, tout de même, que cette formidable énergie que nous déployons pour tenter de remédier au formidable vide, à l'insensé, au manque, en nous livrant corps et âme au flux et reflux du plaisir, dans une fuite perpétuelle hors de nous même ! C'est terrible, parce que c'est vain et voué à l'échec. Telle l'écume, le plaisir disparaît sitôt que son objet est saisi. Ainsi, l'insatisfaction creuse en nous, encore et toujours plus profond, son sillage d'amertume. Tout nous échappe, et nous-même avec, car tous nous allons mourir. Fondamentalement, c'est pour oublier la mort que nous nous divertissons. Nous sommes plongés dans un néant : tout fuit, et nous aussi.

À mon humble avis, le problème vient que nos civilisations occidentales se sont tellement laissées entraîner par leurs compétences techniques, qu'elles ont fini par associer le progrès au bonheur.

Effectivement, toute notre civilisation est fondée sur cette notion d'acquisition. Je ne reviendrais pas sur les idées qui nous ont fait choisir cette direction (il semblerait que la croissance soit apparue après la guerre de 1940, et qu'elle fut la réponse du président Truman au communisme), mais il est clair que le système est parti en boucle. Pourtant, l'idée paraissait séduisante : créer des biens de consommation à la chaîne permettait de mettre ceux-ci à la portée de tous.

Malheureusement, si le concept d'une économie complètement dirigée par l'état a connu la fin que l'on sait, il semble bien que l'attrait du gain ne soit pas un meilleur guide. Dirigée par des règles économiques, notre société se voit obligée de rechercher des marchés pour écouler sa production, et elle n'en a pas trouvé de meilleur que nous. Or, s'il est facile de nous faire acheter l'indispensable, il est beaucoup plus compliqué de nous vendre le superflu, voir l'inutile.

Du coup, une nouvelle science est née : le marketing ! Si son but premier a été d'adapter la production au marché, il ne lui a fallu que peu d'années pour se mettre à chercher à adapter le marché à la production. En effet, quand on souhaite vous inciter à acheter quelque chose qui ne vous apportera fondamentalement rien de plus, les arguments employés peuvent sans risque quitter le rationnel pour investir l'émotionnel. De nos jours, on en arrive carrément à chercher à vous vendre une voiture en vous vantant son lecteur MPEG (nouveau support musical) !

Quand on en arrive à ce stade pour un bien d'une tel coût, il est clair que la mise en valeur des produits de grandes consommations atteint des sommets. Manger des tartines au petit déjeuner ou boire un verre au robinet devient une hérésie que tous les médias dénoncent ! La moindre de nos habitudes est remise en cause, car la nouveauté ne peut être que progrès, et le progrès ne peut être que bénéfique.

Mais que devient notre perception de la vie courante quand, à longueur de journée, on nous vante les avantages de ce qu'on n'a pas (parce que, sinon, cela ne sert à rien d'essayer de nous le vendre !) ? La première réponse qui vient à l'esprit concerne l'humiliation : ne pas pouvoir s'offrir ce que l'on nous décrit comme "courant" ne peut qu'être démoralisant.

Mais le mal ne s'arrête pas là ! Car, pour pouvoir accéder à cette norme, nous nous imposons des contraintes qui ne peuvent qu'aggraver notre mal être. Nous délaissons les "petites" villes - et je ne parle pas des villages ! - pour nous entasser dans des mégapoles sous prétexte qu'elles offrent plus de commodités. Ce faisant, nous limitons notre espace de vie aux 4 murs de notre logement, ce qui nous incite à rechercher des loisirs extérieurs (que ce soit pour les enfants ou pour nous), dépenses qui ne font qu'augmenter notre dépendance à l'argent.

Du coup, l'homme et la femme travaillent, délaissant leurs enfants pour mieux subvenir à leurs besoins. Le plus consternant, dans l'histoire, c'est que, sous l'effet des remords et de la pression des enfants - qui sont, eux aussi, la cible de nos publicistes - nous ne résistons pas à leurs sollicitations, ce qui les conforte dans le schéma bonheur = consommation.

Je n'ose pas imaginer ce que ressentira un enfant qui ne sera pas capable d'avoir le même niveau de vie que ses parents...

Un choix d'avenir.

Pour résumé, si la société de consommation a permis à l'écrasante majorité d'entre nous de bénéficier des bienfaits de la technique, sa survie passe maintenant par notre aliénation à la recherche du "toujours plus". Or, comme le dit si bien sœur Emmanuelle, cette quête ne peut pas remplir notre vie.

Du coup, tous les petits sacrifices qui pouvaient sembler si anodins, comme la promiscuité, le bruit ou le béton, changent de dimension dès que nous ralentissons notre course folle. Et nous nous retrouvons seul, face à nous même, au milieu d'un monde d'illusions. L'important, finalement, c'est d'exister réellement aux yeux de ses proches, ce qui n'est possible qu'en ayant réussi à tisser des liens profonds avec nos semblables : "S’il te plaît... apprivoise-moi !" disait le renard au petit prince.

Mais ces liens ont besoins de temps pour se mettre en place. Heureusement, comme nous l'avons vu plus haut, nous sommes les premiers à bénéficier d'un capital temps aussi important. À nous, donc, de choisir si nous voulons le convertir en argent, ou en bonheur...

Bien évidemment, imaginer une soirée sans télévision peut donner des frissons à certains d'entre nous, pourtant nos grands-parents y ont survécu ! Sans vouloir revenir à la chandelle, pourquoi ne pas imaginer une soirée lecture, bricolage (maquette, puzzle, ...) ou jeux de société. Quelque soient vos goût, vous vous rendrez vite compte que, non seulement l'absence de publicité et d'information ne vous empêchera pas de dormir, mais qu'en plus, de nouveaux échanges s'installeront dans votre famille.

En fait, à partir du moment où l'on accorde une richesse humaine au temps, vouloir sacrifier celui-ci pour augmenter son pouvoir d'achat apparaît vite comme une absurdité. Qu'est-ce qui vous fait penser que votre enfant trouvera plus de plaisir en faisant un tour de manège seul, plutôt qu'en partant à l'attaque des méchants bandits sur votre dos ? Aura-t-il raté sa vie si vous avez préféré dévaler les prés en luge avec lui, après avoir réalisé un igloo ou un bonhomme de neige, plutôt que de l'envoyer au ski ? Est-il plus agréable de tremper ses pieds en bord de mer, en compagnie de quelques centaines d'autres personnes, ou dans un ruisseau avec des oiseaux et quelques vaches comme uniques voisins ?

Sortir des schémas que nous proposent nos média n'est pas si difficile, surtout qu'ils sont trompeurs ! Pouvez-vous seulement imaginer qu'il n'y a que 10% des français qui partent aux sports d'hivers, alors qu'on en parle à la télé tout l'hiver ? De la même manière, qui se risquerait à dire qu'un français sur 3 ne pars pas du tout en vacances (en fait, nous sommes 38% à ne pas être partis du tout en vacances en 1999 [toutes ces données proviennent de l'INSEE]). Arrêtons donc d'écouter le chant des sirènes et essayons de construire notre vie à notre image.

Naturellement, il est clair que si nous sommes nombreux à nous investir dans ce concept de simplicité volontaire, les fondements même de notre société, basés sur une croissance permanente, risquent de s'écrouler. Du coup, nombreux sont ceux qui vont nous prédire chômage et récession sociale !

Pour ma part, ma première réaction consistera à dire que nous n'avons, de toute façon, pas le choix. Je ne redévelopperais pas ici tous les arguments qui me permettent d'être aussi péremptoire (vous pouvez les retrouver dans notre dossier Apocalypse écologique), mais il est clair que notre planète ne supportera pas la mondialisation. Elle est déjà saignée à blanc par un peu plus d'un milliard d'occidentaux, et ce n'est pas l'arrivée imminente de 2,5 milliards de consommateurs supplémentaires (la Chine et l'Inde) qui va arranger les choses !

Ensuite, je pense que si ce sont les consommateurs qui imposent de nouvelles règles à notre société, il n'y a pas de raison pour que celle-ci n'arrive pas à s'adapter en douceur. Quand on voit sa capacité de réaction aux nouveaux marchés, je ne doute pas qu'elle saura créer des emplois même dans des secteurs qui semblent actuellement non-porteurs.

Quoi qu'il en soit, si vous estimez que prendre le temps d'apprécier ce que vous possédez déjà ne nuira, ni à la planète, ni à votre épanouissement, je vous invite à venir rechercher des idées, voir à participer, dans notre dossier sur la Décroissance volontaire que nous mettons en place dans la section Au foyer, rubrique Cercle familial.

TM.

samedi, 3 janvier 2015

Nouvelle étape

Je l'avoue humblement, j'écris de moins en moins souvent ces derniers temps...

Naturellement, je pourrais invoquer de nombreuses excuses - toutes plus vrais les unes que les autres - pour expliquer que notre nouvelle vie est chronophage et que la gestion du vivant, tant animal que végétal, laisse peu de temps aux grandes envolées littéraires.

Mais la vraie raison est plus profonde, et nettement plus alarmante : je vois de moins en moins d'intérêts à témoigner sur des sujets qui sont maintenant bien connus mais inconsciemment occultés.

Si la canicule meurtrière de 2003 m'a bien fait prendre conscience des dérives de notre climat, ce n'est qu'en 2004 que je me suis enfin regardé en face et que j'ai admis que me plaindre ne suffirait pas.

Comme j'ai eu la chance que Laurence se soit rallier à ma vision des choses, nous avons entrepris ensemble les démarches qui devaient nous permettre de transformer le monde. A l'époque, nous estimions que l'inertie du public face aux drames qui s'annoncent n'était due qu'à un manque d'information, et qu'une prise de conscience était imminente !

Le simple fait que le Sommet de la Terre de Rio de Janeiro - qui fait référence ! - se soit déroulé en 1992, soit plus de 10 ans avant notre "réaction" alors que ce n'était pas le premier (voir Sommets de la Terre sur Wikipédia), aurait dû tempérer notre exaltation...

Réflexions sur les dangers qu'engendrent notre civilisation pour notre futur proche, recherches de solutions accessibles pour préserver au mieux nos enfants, choix et construction d'un projet, abandon de nos métiers respectifs et formations agricoles pour Laurence et moi, mise en vente de notre propriété, quête d'une ferme...

Cette première étape nous aura pris 5 ans pour se conclure, en 2009, par notre installation dans une ferme abandonnée depuis plus 18 ans. Toujours porté par notre enthousiasme, nous avons alors baptisé cette ferme "Butine", en référence à la légèreté de l'empreinte écologique que nous voulons lui imposer.

Collision frontale entre notre ancienne vie de famille (déménagement, travaux d'installation, gestion des enfants dans leurs nouvelles écoles) et une exploitation à sortir du néant (achat de matériel, déboisement, rénovation, démarrage des cultures et des élevages, recherche de débouchés, suivi administratif).

5 années de navigation à vue, de gestion de crises, de décisions incertaines quotidiennes. Apprendre un nouveau métier n'est jamais facile, mais quand les productions sont vivantes et qu'elles reposent sur des périodes de travail de plusieurs semaines, voir de plusieurs mois, la moindre erreur est catastrophique.

Avec des investissements importants, sans protection sociale, le rapport au temps et à l'argent se transforme. Et quand on réalise que tous ces efforts ne sont que le préalable à l'acte de vente, qui sera, au final, votre seul gage de réussite, il vaut mieux avoir des ressources...

Après 10 années d'efforts, aucune certitude sur le bien fondé de notre démarche, aucune avancé dans la prise de conscience de nos concitoyens. Juste la satisfaction d'avoir évité l'explosion de notre famille.

Heureusement, notre projet de vie nous a permis de découvrir des hommes et des femmes qui, chacun à sa manière, et avec plus ou moins de réussite, essayent aussi de faire évoluer les choses.

Et puisque nous avons la chance d'être encore en capacité de poursuivre notre projet, qui plus est en étant soutenu par des familles fidèles de l'AMAP Les Butineurs, il me semble important de reprendre un peu plus souvent la plume pour témoigner du combat des Colibris.

Parce que nous le valons bien.

jeudi, 16 octobre 2014

voor Linda ;)

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Pommes de terres cuites en cocotte et choux frisé (à la mode sous le nom de kale), c'est bien bon!

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