Butine - Le Blog

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mercredi, 25 janvier 2012

Vicissitudes administratives

Il y a quelques jours, je souhaitais faire un article pour remercier France Télécom, pardon, l'opérateur historique, de nous avoir privé d'ADSL pendant un bon mois et demi simplement parce qu'un technicien a "oublié" de nous rebrancher après le dégroupage.

Mais la vie continue et l'absence d'accès Internet, les appels téléphoniques -dont les portables- devenus payants, deviennent secondaires quand l'administration vous a à la bonne.

Puisque nous nous sommes installés en tant que JA (Jeune Agriculteur), nous avons bénéficié de certains avantages, qui vont d'une subvention à l'installation à des prêts bancaires aidés (les prêts, exclusivement sur du matériel neuf, sont à 1% pour les JA, l'état prenant en charge le complément). Du coup, nous sommes régulièrement contrôlés pour vérifier que nous ne détournons pas l'argent du contribuable, ce que nous comprenons et acceptons.

Après une visite pour vérifier que les bâtiments agricoles que nous avons acquits en achetant la ferme étaient bien là, nous avons donc accueilli un nouveau contrôleur après l'achat des poulaillers.

Dans notre esprit, comme le plan de développement de l'exploitation - que nous avons élaboré avec feu l'ADASEA en 2009 pour défendre notre projet - le prévoyait, nous ne pouvions profiter du prêt bonifié pour les poulaillers qu'en contractant celui-ci en 2010. À cette époque, nous avions déjà tellement de retard sur nos prévisions que nous n'envisagions pas l'installation des poules avant de nombreux mois, mais rater un taux à 1% nous semblait idiot. Nous avons donc acheté le matériel.

Après avoir obtenu notre permis de construire, nous avions quand même, début 2011, attaqué les premières fondations lors de la visite de l'inspecteur, que j'ai donc sereinement guidé vers nos bâtiments en kit, rangés soigneusement sous une grande bâche. Mais l'homme ne se contenta pas de constater que le prêt avait bien servi à l'achat de poulaillers : ceux-ci auraient dû être fonctionnels !

Comme personne dans l'administration n'a été en mesure de nous donner une date butoir, nous avons rapidement mis cet incident de côté et continué à cultiver nos légumes pour essayer de gagner quelque argent...

Comme je l'ai déjà raconté dans l'article Premier poulailler, la construction n'était toujours pas terminée à la fin de l'année. L'administration étant tenace, elle nous a alors demandé de rembourser les intérêts à sa charge. Pour éviter cette perte sèche et essayer de clore le dossier rapidement pour revenir à nos petites occupations quotidiennes, nous avons anticipé le remboursement du prêt, ce qui a mis fin à l'affaire moyennant un petite dizaine de milliers d'euros.

La nouvelle saison commençait bien...

Mais nous avions aussi été contrôlé sur notre installation. Là, l'inspecteur a vérifié que les prêts utilisés pour l'achat du foncier et du bâti sont bien arrivés sur le compte de l'exploitation. Cela semblerait plus judicieux de le demander à la banque, mais bon, nous sommes bonne poire.

Nous devions aussi fournir, parait-il, le compte-rendu de l'audit que nous nous sommes engagé à subir. Comme convenu, nous nous sommes effectivement soumis à la visite d'une personne accréditée pour vérifier l'avancement de notre installation. Nous en étions même demandeur puisque chaque conseil est important lorsque l'on est pas du métier. Malheureusement, nous n'avons jamais eu le dit compte-rendu...

Là encore, il semblerait plus judicieux de demander à l'organisme qui l'a réalisé de le fournir, mais l'administration est ainsi faite. Laurence a donc fouillé nos archives, contacté les uns et les autres, mais nous n'avons pu que fournir la feuille d'émargement prouvant le passage de l'auditeur (en fait, celui-ci n'est plus en fonction et, à ce jour, le compte-rendu est toujours introuvable).

On nous reproche aussi de n'avoir toujours pas de poulets. Et comme nous avons des chèvres qui n'étaient pas dans les prévisions, le doute s'installe. Mais autant nous avions réussi à argumenter, avec notre interlocuteur lors de l'audit, sur le fait que les chèvres n'étaient là que parce qu'elles valorisent beaucoup plus les ronces que les poulets, et que ceux-ci ne pourraient de toute façon pas être installé tant qu'ils n'avaient ni abris ni parcours, autant il n'y a pas eu de discussion avec notre interlocuteur lors du contrôle...

Après remonté des informations à l'administration centrale par le contrôleur, le service concerné de la DDT (Direction Départementale du Territoire) nous a donc assigné aujourd'hui à rembourser les subventions et les intérêts des emprunts concernés, soit la modique somme d'une trentaine de milliers d'euros.

Pour l'heure, nous ne connaissons pas encore les conséquences qui en découleront au niveau de nos emprunts (le taux passera-t-il de 1% au taux du marché ou devrons-nous tout bonnement les rembourser ?) mais est-il besoin de préciser que si cette décision est confirmée, nous serons dans l'obligation d'arrêter notre projet pour chercher un travail plus rémunérateur ?

Quoi qu'il en soit, nous n'avons actuellement plus aucune motivations pour continuer à investir notre temps et notre argent dans cette entreprise qui ressemble de plus en plus au tonneau des danaïdes...

jeudi, 19 janvier 2012

Restructuration

Au mois de novembre, nous avons changé l'emplacement de la chèvrerie, afin de pouvoir curer la précédente, dont nous n'avions pas eu le temps de nous occuper.
Thierry a donc sorti environ 12 tonnes de fumier à la brouette au mois de décembre. Depuis que c'est propre, j'essaye de réaménager afin d'avoir un  peu plus de confort:
La zone de traite sera plus adaptée, avec un accès des chèvres uniquement pour la traite, ce qui évitera une accumulation de fumier devant les cornadis, et assurera une meilleure hygiène de traite. De plus, grâce à l 'aménagement d'une « aire d'attente » , il y aura plus de places pour les installer aux cornadis ( les constructeurs prévoient 33cm par chèvre, soit 6 chèvres sur deux mètres. Je compte ne faire occuper qu'une place sur deux. Elles auront moins tendance à mordre les oreilles de leurs voisines! )  et je ne serai plus obligée de me faufiler entre les biques qui n'hésitent pas à me faire comprendre que je les dérange pendant leur repas!  

aménagements
Avant qu'elles ne rejoignent leurs quartiers d'été avec leurs bébés, nous prévoyons de remettre en état de marche la chaine de curage. Cela représente encore un long travail, mais une fois fait, cela nous gagnera du temps.

Côté santé, je dois batailler depuis plusieurs semaines contre une toux persistante et parfois inquiétante. Enak tousse régulièrement, tandis que Aude, Ikaré, Nefer toussent occasionnellement.
J'ai eu peur que cette toux soit due à une infestation de strongles pulmonaires, mais ce n'est pas le cas. Je penche donc plutôt pour une sensibilité liée à trop de douceur des températures et trop d'humidité! Alors tous les jours, je frictionne les pattes antérieures et le poitrail avec des huiles essentielles: ravintsara, anti-viral, Eucalyptus radié et/ou citronné, anti inflammatoire, romarin et basilic, mucolytiques,... Je pulvérise aussi sur le foin; La toux passe chez l'une, revient chez une autre.... Alternance de découragement et d'espoir.

Au niveau alimentaire, l'équilibre semble assez bon, malgré un excès de sucre dans la « ration »: selon la méthode d'observation OBSALIM, les symptômes d'excès de sucre: crottes sombres, croutes noires aux yeux, comportement légèrement agressif, vives.
Difficile de faire mieux, car j'ai peu d'apports azoté pour rééquilibrer.

Les premières naissances ne devraient pas tarder.
Les gestations se déroulent bien et mes louloutes commencent à être bien dodues! Je crains que deux d'entre elles ne soient pas pleines: Aude et Enda. Pas de rondeurs évidentes, pas encore de mamelles développées.... En plus, Aude (qui va avoir deux ans!)  a l'audace de continuer à téter sa mère, qui la laisse faire! C'est une catastrophe celle-là, mais je l'adore!
La nurserie est presque prête.
Je vais ressortir tout ce qu'il faut pour chauffer le lait, préparer les biberons....

La fromagerie est prête. Tous les joints et raccords sont terminés.
Tout est lavé et prêt à accueillir la nouvelle saison.

dimanche, 8 janvier 2012

L'eau, la terre, la Bresse

La Bresse est une zone d'appellation contrôlée située dans une plaine légèrement vallonnées qui occupe la partie Est du bassin moyen de la Saône. Au niveau géologique, le fossé bressan est constitué de limons, de cailloutis calcaires issus de l’érosion des plateaux calcaires et des terrasses alluviales.

Son sol va du sable à l'argile mais sa caractéristique principale est qu'il est à plusieurs dizaines de mètres de la roche mère. Autrement dit, les rochers sont quasiment inexistants dans cette région. Et comme celle-ci est arrosées par les nombreux cours d'eaux qui la traversent, l'accès à l'eau n'a jamais été un problème. Du coup, l'habitat y est très dispersé et les accès nombreux.

Si ces caractéristiques pédoclimatiques favorisent le maintien d'un paysage campagnard, elles compliquent le maillage du territoire, que cela soit au niveau du réseau routier ou de celui d'Internet. C'est pourquoi nous nous démenons comme de beaux diables depuis quasiment 2 mois pour essayer de rester "branchés". Voilà donc les dernières nouvelles, qui se verront agrémenter de quelques photos quand nous auront récupéré un peu de débit !

Nous avons terminé l'année 2011 sur quelques chantiers de fond.

Le plus urgent concernait le verger, car nous souhaitions profiter de l'automne pour planter quelques arbres. Je me suis donc efforcé de finir de dégager notre "allée-verger" avant la sainte Catherine et nous l'avons complétée avec quelques fruitiers. Si l'on tient compte des pertes que nous avons eu, nous possédons maintenant une douzaine d'arbres, qui vont du pommier au cerisier en passant par le pêcher et le néflier. Nous travaillons toujours dans l'esprit fermier sur de petites échelles (petites par rapport aux agriculteurs qui vendent aux grossistes et qui raisonnent "industriel").

Le chantier suivant, et qui est malheureusement loin d'être terminé, concerne l'irrigation. Si nous souhaitons éviter de passer nos soirées à arroser nos plantations au jet d'eau pour économiser nos faibles réserves, nous devons augmenter celles-ci. Du coup, nous travaillons à la mise en place d'une citerne souple de 30m3, que nous alimenterons en eau de pluie.

Au stade actuel, nous avons défini l'emplacement approprié : en hauteur par rapport à la zone à irriguer, au plus près possible de nos emplacements de récupération d'eau (1 existant et 1 à venir) et pas trop loin d'une source ... d'électricité. Pour finir, cet espace de presque 70m² (7x9m) doit être le plus plat possible pour éviter trop de terrassement.

Bien entendu, cet emplacement était déjà occupé puisque nous y avions placé notre séchoir à maïs. Il a donc fallu finir de vider le crib (Loïc et Quentin nous ont bien manqué mais, du coup, il leur reste quelques dizaines de kilos d'épis à égrainer ;-D !) pour pouvoir le déplacer. Pour faire bonne mesure, et profiter de l'espace ainsi dégagé, j'en ai profité pour abattre le sapin qui commençait à nous donner des sueurs froides les jours de grands vents.

Nous sommes encore loin de remplir la citerne, puisqu'il me faut encore découper et déplacer le tronc avant de pouvoir attaquer le terrassement, mais je dois avouer mon extrême satisfaction d'avoir réussi à préserver les lignes électriques et téléphoniques du hameau !

Au niveau des chantiers extérieurs, je travaille aussi sur les clôtures qui nous séparent de nos voisins. Celles-ci sont bien évidemment au milieu des arbres et des ronces, ce qui ne gêne guère les chèvres mais nettement plus leurs chevriers. Pourtant, cela pourrait s'avérer agréable si, après plus de 2 ans, nous pouvions enfin sortir notre troupeau et le laisser sans surveillance...

Le problème c'est que plus je dégage nos limites, plus les animaux (les nôtres mais aussi ceux du voisin) ont tendance à vagabonder. Il me faut donc faire des clôtures temporaires au fur et à mesure que je nettoie les abords de l'ancienne. L'avancée n'est donc pas rapide, surtout que je ne peux pas utiliser d'engins mécaniques, ni pour le défrichage ni pour la mise en place des poteaux, mais j'espère réussir à faire le plus gros avant la fin de l'hiver. Seule une partie très marécageuse restera sans grillages, uniquement protégée par ce qui m'empêche d'y travailler : son sol spongieux.

Heureusement, nous avons aussi des occupations d'intérieures, puisque plus de 1000m² de bâtiments sont à réapprovisionner en eau et en électricité. Le plus urgent étant de voir clair, Laurence a commencé à ré-électrifier la longère et l'étable.

Nous avons enfin terminer le passage souterrain du câble électrique 5G6 entre le garage et la longère (percement des fondations des bâtiments, tranché-canal à la bressanne), ce qui a permit la pose du tableau électrique qui alimentera tout le secteur. Comme pour le sapin, ce fut un réel bonheur de constater que les 60 mètres de câble en 6mm² qui nous restaient faisaient la jonction entre les 2 tableaux électriques...

À partir de là, Laurence a joué de l'échelle et de la perceuse pour tirer des lignes du tableau jusqu'aux emplacements stratégiques, prévoyant à chaque fois une prise triphasée et des monophasés. Avant la fin 2011, nous avions donc quelques points lumineux pour traverser l'étable sans lampe de poche, mais surtout, nous n'avions plus de rallonges qui traversaient la cour dans tous les sens !

Pour terminer avec une occupation qui est à la limite entre notre vies professionnelle et familiale, quelques nouvelles du plancher. Nous avions donc attaqué en septembre, sous la direction avisée de notre ami François, la pose de bastaings sur les solives pour corriger les 10cm de dénivelée de celui-ci. Dur labeur où il faut positionner les planches avec précision tout en jouant les équilibristes.

Dans la foulée, nous avons isolé avant l'arrivée du froid. Maintenant, nous terminons la pose du plancher proprement dit pour nous permettre de gagner un peu d'espace dans la maison. L'étage ne sera toujours pas à l'abri du froid et de l'humidité, mais si nous nous organisons bien, nous devrions réussir à gagner suffisamment de place au rez-de-chaussée pour délaisser notre caravane et ses nuits froides et bruyantes...

samedi, 31 décembre 2011

2012

2012 sera pour nous une année très particulière...

Tout d'abord en tant que citoyens, puisque toute année d'élection présidentielle est particulière : nous allons à nouveau choisir la personne qui va insuffler le nouvel élan quinquennal à la nation française.

À l'heure où les contraintes systémiques commencent à être ressentis par tous, nous devons nous féliciter de pouvoir encore voter démocratiquement. Combien de temps pourrons-nous continuer à préserver nos acquis devient une question essentielle qui redonne toute son importance au choix du plus haut dignitaire français, même s'il est évident que celui-ci ne pourra pas grand chose contre les lois de la physique car « la maison brûle et nous regardons ailleurs... ».

Et là, c'est le citoyen -militant concerné par la dégradation de son environnement qui voit dans l'année 2012 le vingtième anniversaire du sommet de Rio. 20 ans pendant lesquels les recherches scientifiques n'ont cessé de progresser dans la démonstration que l'humanité détruit de plus en plus vite le seul habitat qu'elle possède, progression inversement proportionnel à celle de l'indignation militante qu'avait réveillé le discours fondateur prononcé à l'époque.

Cette apathie face à une prise de conscience qui devrait être immédiate tellement les faits sont criants me fait souvent penser à la décision qu'a dû prendre mon père en 42 (et oui, déjà 70 ans!) quand il a quitté la protection illusoire de sa maison familiale pour s'enfuir en zone libre.

Seul, il lui a fallut passer la frontière allemande pour rejoindre la France occupée (à cette époque, l'Alsace était annexée, ce qui sous-entend que mon père devait combattre sous l'uniforme allemand), la traverser avant de pouvoir enfin franchir la ligne de démarcation.

Qu'est-ce qui fait que certaines personnes sont capables de bouleverser leur existence dans l'espoir de l'améliorer alors que d'autres préfèrent laisser les choses choisir à leur place ? Cette année, mon père aura 90 ans et ces années difficiles nous semblent bien loin, surtout pour nous qui n'avons connu qu'un monde sécurisé et opulent.

Pourtant, les nuages s'amoncèlent et, comme en 39, il est sûr que nos lendemains seront chahutés. Malheureusement, plus nous restons apathiques, moins nous aurons de chances qu'il y ait un après avec un happy end. La dégradation de notre climat est aussi inéluctable que la disparition de nos réserves d'énergies fossiles et le jour à partir duquel nous n'aurons plus le temps de nous prémunir contre ce changement radical de nos vies est diablement proche.

Et c'est pourquoi nous allons, Laurence et moi, continuer à nous investir dans notre projet fermier même si, malgré 2 années extrêmement dures et éprouvantes, celui-ci est encore très loin d'être viable. Nos forces et nos ressources se sont érodées inexorablement au contact de la réalité et nous n'avons plus l'énergie que procure la foi, mais nous avons le soutien des Butineurs...

lundi, 14 novembre 2011

Atelier fromagerie

Ceux qui me connaissent un peu savent que je pourrais être intarissable quand on me lance sur le sujet des chèvres ou de la fromagerie. Alors, c'est avec beaucoup de plaisir que j'ai proposé (sur un suggestion d'Edwige) une découverte de "la fromagerie" aux Amapiens qui le souhaitaient.


tenues

Rendez-vous était donné à 10 heures et les volontaires ont été ponctuels!

Après un petit passage à la chèvrerie, nous nous parons des tenues "règlementaires" .

Lavage soigneux des mains , puis le travail peut commencer.

Démoulage, retournement, moulage,....mes apprentis sont habiles et intéressés.

moulerdémouler

La matinée s'est terminée avec une petite dégustation des fromages.

Un bon moment.....

Et pour les plus jeunes, interro/révision: après démoulage on laisse le fromage à la fromagerie 24h pour que se développe le ...? ;-)

dimanche, 6 novembre 2011

Été indien

Le printemps et l'été ont été rudes, que cela soit au niveau de la météo ou de nos occupations.

Naturellement, au niveau de la ferme, les 2 sont très liés et quand les saisons se détraquent, les travaux ne s'en trouvent pas simplifiés. Mais c'est surtout le défi de notre partenariat avec Les Butineurs qui nous a mis sous pression : fournir chaque semaine des légumes sains et variés à un groupe de famille pendant plus de 6 mois alors que nous sommes loin de maîtriser notre nouveau métier n'est pas une simple gageure.

Du coup, la gestion de l'immédiat ne nous a pas permis de nous investir dans les travaux de fond, comme le défrichage, la pose de nouvelles clôtures, ou tout simplement le curage* de la chévrerie. Et comme les travaux d'automne (seconde coupe de foin, semis de céréales) commençaient à se faire pressant, nous avons décider d'interrompre notre participation au marché du mercredi pour profiter du beau temps du mois de septembre.

N'appréciant pas particulièrement les fenaisons (voir Fenaison 2011), j'ai longtemps hésité à couper le regain, mais nos besoins en fourrage et le beau temps persistant m'ont forcé la main. Je suis donc reparti en quête du matériel (cette fois, Yves m'a carrément proposé de garder sa faneuse et son andaineuse sur la ferme) et j'ai fauché nos 2 parcelles (à celle utilisée pour les foins de mai, et sur laquelle je n'ai pas planté de maïs à cause de la sécheresse, s'ajoute celle où j'avais semé une prairie sous les blés).

trefle

Le bottelage m'a fait beaucoup pesté, car de nombreuses bottes étaient mal ficelées (les ficelles à l'ancienne ne sont pas réputées pour leur homogénéité ni pour leur solidité) et il me fallait repasser le foin à la main, mais je suis quand même venu à bout de l'ouvrage.

Le ramassage s'est fait en effectif réduit, notre benjamine aux commandes du tracteur, Laurence sur la remorque et votre serviteur à ses pieds. Au final, nous avons récolté environ 1 tonne de foin qui permettra à Laurence d'avoir un peu de marge pour cet hiver.

En parallèle, j'ai travaillé la terre de notre troisième parcelle pour réaliser un lit de semences. Sans véritable labour, le résultat n'est pas brillant : bien que les mauvaises herbes aient séché, elles n'ont pas été enseveli et m'ont donc gêné lors du passage des autres outils.

J'ai quand même réussi à semer à peu près correctement mon mélange d'avoine, orge et pois. Il ne reste plus qu'à espérer que les amoncellements provoqués par le passage de la herse ne gêneront pas à la récolte et que je pourrai les enfouir aux prochains labours...

semis à l'ancienne semis

Comme les quelques pluies de septembre n'ont pas rendu le terrain impraticable, j'en ai aussi profité pour défricher une zone pas trop boisée mais difficile d'accès car en contre-bas de notre ferme. L'idée était de parvenir à labourer le terrain avant l'hiver pour que le gel puisse émietter la terre et détruire un maximum de racines.

friche

 friche2

La belle arrière saison m'a été très favorable car le travail de défrichage est plus que long. Il faut commencer par broyer ce qui peut l'être, ce qui se limite aux ronces et aux arbrisseaux avec la puissance de mon tracteur. Ensuite, il faut abattre les arbres à la tronçonneuse, débarder le bois et détruire les branchages.

defrichage

 abattage

Reste les souches à déraciner au tractopelle et les résidus du broyage, qui peut atteindre une bonne dizaine de centimètres d'épaisseur, à pousser en bordure si l'on veut que la charrue puisse pénétrer le sol.

desoucher  nettoyer

Le labour devient alors possible, même si d'innombrables racines obligent des interventions régulières pour dégager les socs.

labourer labour

La surface gagnée avoisine les 20 ares (2000m²) et sera très certainement totalement dédié à la plantation des pommes de terre de garde de la saison prochaine. Elle risque néanmoins d'être insuffisante pour compenser l'augmentation du nombre de familles participant à l'AMAP, à moins que je n'arrive à améliorer mon rendement...

Nous avons profité des travaux de défrichage pour étendre la clôture des chèvres et agrandir leur parcours. À ce stade, notre principal soucis, si l'on omet le problème de la gestion de la pousse de l'herbe sous les fils électriques (en bio, pas de désherbants !), provient des fugues des chèvres quand elles arrivent à nettoyer les limites avec les voisins.

Pour l'heure, nous allons profiter de la trêve hivernale, pendant laquelle les chèvres sortent beaucoup moins, mais le péril demeure. Pour rester sur le sujet des chèvres, notre prochaine priorité consiste à leur aménager, pour cet hiver, un espace temporaire dans l'étable pour nous permettre de nettoyer celui qu'elles utilisent actuellement.

Laurence est à la tâche et je n'interviens que pour l'aider à déplacer les claies et autres barrières, qui font un poids imposant dès qu'elles dépassent les 2 mètres. Quand nous auront dégagé leur enclos permanent, l'idée est de remettre en fonction la chaîne de curage qui équipait la stabulation. Le projet ne sera pas facile car il faut complètement remplacer la chaîne (qui fait 80 mètres de long et qui est loin d'être légère) ainsi que la rampe d'évacuation.

Autrement dit, il faut tout refaire, à part les tranchées en béton, ce qui n'est déjà pas rien. Sans vouloir faire la mauvaise langue, je suis curieux de savoir, entre la chaîne de curage et les poulaillers, quel projet se terminera en premier ;-D !

En attendant, de mon côté et quand la météo le permet, j'essaye d'aménager les abords du maraîchage de manière à pouvoir commencer à mettre en place un système d'irrigation au printemps prochain. Nous avons trop souffert cette année pour ne pas chercher à améliorer la gestion de cette ressource.

Et quand le temps ne le permet pas, je travaille à l'isolation de la maison. L'an dernier, nous nous étions contentés de poser l'isolant sur le plancher du grenier mais depuis que le toit a été refait (tiens, il semblerait que nous n'en avons même pas parlé ?), nous souhaiterions commencer à aménager le dit grenier.

toit1

Malheureusement, la planéité laisse à désirer (plus de 10 cm entre le point haut et le point bas) d'où des travaux quelques peu laborieux : arrachage du vieux plancher, nettoyage de l'espace entre les solives pour y placer l'isolant, fixation des bastaings sur les solives (le bastaing est une planche que l'on accroche sur le flan de la solive de manière à obtenir un nouveau support horizontal), découpe et pose de la laine, le tout en équilibre sur les solives...

grenier1

C'est le prix à payer pour économiser un peu de bois et m'éviter de trop jouer au bucheron. Mais je vais garder les détails de cette autre activité pour un autre article sur le devenir énergétique de notre société ;-)

* curer une étable consiste à enlever la litière qui s'est accumulée au fil des mois sous les animaux.

jeudi, 3 novembre 2011

journée spéciale

Comme je te sais fidèle au blog:

BON ANNIVERSAIRE JOËLLE

fleurs

mardi, 1 novembre 2011

Courges 2011

Cette année, Thierry a défriché et labouré un petit bout du terrain pour faire de la place aux courges à côté du maraichage.

Les plants ont bien pris: 20 plants de potimarron, 20 de potiron et 20 de concombre. Mais les mauvaises herbes se sont bien plu aussi: chénopodes, ronces, liserons et orties, c'est chouette!

avant

Mais après quelques heures d'un travail d'arrache-pied ;-) , on y voit un peu plus clair

après

Et puis quelques semaines plus tard, nous avons effectué la récolte qui nous permettra de fournir l'AMAP tout au long de l'hiver.

récolte

lundi, 26 septembre 2011

Premier poulailler

Au départ, quand nous avons dû construire un plan de développement de l'exploitation - il y a maintenant très très longtemps si nous nous fions à la profusions des événements que nous avons vécus depuis notre changement de vie, à peine 2 ans et demi si nous en croyons le calendrier - nous avons tablé sur la mise en place de 2 productions : le maraîchage et les poulets de chairs.

Comme nous n'avions ni les capacités financières ni les capacités techniques pour espérer acquérir un bien agricole contemporain, j'ai toujours cherché à collecter le plus d'informations possible sur les petits ateliers fermiers. Du coup, j'étais en contact avec la filière des poulets de Bresse - qui fait référence en terme d'élevages avicoles - au moment de notre installation, ce qui me permettait d'imaginer que nous aurions du poulet à vendre pour les fêtes de fin d'année 2009. Comme quoi on peut toujours croire au Père Noël même après la quarantaine.

Dans la vrai vie, c'est au cours de l'été 2010 que nous avons commandé 2 poulaillers pour essayer de respecter nos prévisions de développement. En fait, nous avions déjà fort à faire pour nous occuper de nos chèvres, de nos cultures céréalières et de nos légumes. À l'entrée de la trêve hivernale, pendant laquelle nous avons continué à faire les marchés, nous pensions monter les dits poulaillers.

Las, entre le froid et la boue, nous avions juste réussi à aplanir l'emplacement et à construire les piliers de soutènement d'une des structures à la sortie de l'hiver...

fondations

Emportés par le quotidien, et par la construction de la fromagerie, c'est bien des semaines plus tard que nous avons repris le chantier. Profitant d'une paire de bras supplémentaire - essayer d'assembler les fermes métalliques d'un bâtiment à 2 est tout bonnement impossible - nous avons réussi à mettre en place la structure, fermes et toit, avant que les urgences de la ferme - traites, semis, récoltes, ventes - nous accaparent de nouveau.

poules1 poules2

Pour ne pas abandonner complètement, nous avons décidé, avec des volontaires AMAPiens, de continuer le chantier pendant le premier week-end de septembre. Voilà donc quelques photos de la journée, gaie mais rude, qui a fait progresser notre poulailler et qui nous a mis sur les genoux pour le reste de la semaine (il faut dire que nous n'avons plus beaucoup de réserves).

ensemble

ensemble2

pause

pare vent

ensemble3

Il reste encore pas mal à faire (soubassements, pignons, équipements) avant que des poules puissent y trouver refuge, mais sans le dynamisme et l'expérience de nos amis bricoleurs, le bâtiment servirait encore d'abri aux chèvres.

Et même s'il y a fort à parier que nos activités vont nous entraîner à nouveau vers d'autres travaux, nous aurons quand même apporté une nouvelle pierre à l'édifice...

jeudi, 15 septembre 2011

Histoire de patates

C'est un brave paysan qui a l'honneur d'avoir un énarque comme voisin. Un jour d'été, ce dernier arrive dans la cour de la ferme et entame la conversation avec l'homme de la terre, dans le dessein d'être utile en proposant ses bras.

Jaugeant l'homme de bureau, le fermier décide de s'amuser un peu et désigne un beau tas de fumier en limite de champ : "Ben, vous pourriez pt'être prendre la fourche qu'est là et étaler l'fumier sur la parcelle."

Une demi-heure plus tard, notre brave homme estime que la blague a assez durée et retourne voir son voisin qu'il trouve, à sa grande surprise, en train de terminer son ouvrage.

Ce dernier, tout heureux d'avoir rendu service, souhaite un autre chantier. Un peu penaud, le paysan lui montre un tas de pommes de terre disposé à l'ombre d'un bâtiment : "Pour finir mollo, j'vous propose de trier l'tas d'patates que v'la. Vous en faites un tas d'petites, un tas d'moyennes et un tas d'grosses."

Après avoir vaqué à ses occupations le reste de l'après-midi, le fermier retourne auprès de l'énarque pour voir comment il occupe son temps. Mais cette fois, l'ouvrage n'a pas progressé et il trouve son hôte en pleine réflexion devant un tubercule : "petite ? moyenne ? grosse ?".

"Ben dites-moi, vous les gens de l'administration, quand il s'agit de répandre la merde autour de vous, vous êtes très fort, mais pour ce qui est de prendre une décision...".

Et oui, à chaque fois que je me retrouve à trier nos pommes de terre, je ne peux m'empêcher de penser à cette blague. Mais le pire, c'est que je ne tiens pas le rôle du paysan !

En fait, je ne cherche pas à les classer par tailles mais en fonction de leur avenir : les plus jolies sont réservées à la ventes et les irrécupérables au tas de fumier. Celles qui ont un bon gabarit serviront de semences au printemps prochain et le reste alimentera la famille et les animaux.

Le jeu ne prend toute sa saveur que quand la récolte n'est pas fameuse, comme cette année. Car si vous ne voulez pas tout jeter, vous devez assouplir vos critères de sélection et vous prenez alors le risque de laisser passer des patates qui feront pourrir votre réserve si laborieusement constituée.

tri patates

Car la pomme de terre est un des aliments de base de l'hiver et il faut donc réussir à en conserver une bonne quantité si l'on souhaite fournir quelques familles. D'où la taille des surfaces cultivées et le travail pour les récolter (pour 5 mois d'hiver, à 2,5kg par semaine, il faut une 1/2 tonne de patates pour 10 familles !).

Et cette année a été assez chaotique.

Tout d'abord au niveau climatique, avec un printemps très chaud et très sec pendant la croissance de la plante, suivi d'un mois de juillet très pluvieux qui a détrempé les tubercules.

Ensuite au niveau organisationnel, puisqu'un indélicat à profité de la nuit et des chénopodes (un jour, il faudra que je parle des plantes sarclées "nettoyantes" !) pour commencer à prélever sa part. Du coup, n'ayant pas la force d'aller planquer en bordure de champ (le soir, à 10h, je ronfle), j'ai décidé d'aller dormir sur place dans le camion pour préserver notre récolte le temps que le terrain devienne praticable pour la récolte.

Je vous laisse imaginer l'humeur familiale quand, en plus des 70 heures hebdomadaire, je devais découcher pour nous protéger du vol. Seul le chien était content d'avoir le droit de dormir avec moi ;- D !

Heureusement, 2 familles nous ont prêté main forte. En premier lieu, Marie et Vincent, que nous avons rencontré quelques mois plus tôt et qui, pour soutenir notre projet, nous ont fait don d'une belle remorque en bois à 2 essieux. Souhaitant participer à notre première tentative "d'extraction", ils sont venus avec leurs jeunes enfants et leur bonne humeur pour nous redonner du courage.

guihéneuf

Pressez d'en finir avec cette garde ridicule, nous avons attaqué l'arrachage le plus tôt possible mais le terrain détrempé ne supportait pas le tracteur. Nous avons donc travaillé à la bêche, mais le cœur à beau être vaillant, les rangs sont longs. Au final, même si le travail était à peine entamé, notre sourire était revenu, porté par la joie de vivre de cette fratrie.

Même le moral ne fait pas tout et il nous fallait toujours rentrer nos patates. Aussi, dès que notre emploi du temps et le climat nous le permettait, nous retournions au champ. Et c'est lors d'un de ces épisodes que Caroline et Jean-Philippe sont passés nous rendre visite. Comprenant notre infortune, toute la petite famille s'équipa pour venir nous aider.

bailly

La encore, le chantier ne fut pas terminé, mais l'emploi de l'arracheuse de pommes de terre nous facilita la tâche.

Au final, nous avons mis plusieurs semaines pour tout sortir de terre, certaines zones humides restant réfractaires. Mais cela aura permit d'occuper mon beau-père quelques heures ;-D !

samedi, 20 août 2011

Sous les étoiles

Quand, dans les années 90, nous avons quitté la ville pour nous installer dans un petit village rural, j'ai découvert avec émerveillement que le ciel était rempli d'étoiles !

Depuis, j'apprécie ces moments magiques où, dans la nuit noire, je prends le temps de m’arrêter pour observer le ciel. Être écrasé par la voie Lactée permet de relativiser l'omnipotence de l'Homme et entraine à réfléchir avec humilité...

Inviter les AMAPiens et leurs enfants à venir profiter du spectacle me paraissait tout indiqué et nous avons donc décidé d'organisé un atelier Butine pour la circonstance. La mi-août étant la période où notre ciel offre le plus d'étoiles filantes - suite à la traversé de l'essaim des Perséides par notre belle planète - nous avons arrêté notre choix sur le samedi 13.

Comme il aurait été dommage de ne pas profiter des bras vaillants de nos invités, nous avons pensé ramasser les pommes de terre de garde pour nous éviter un travail toujours assez éreintant (plantation sur 2000m²). Malheureusement, un prédateur à 2 pattes utilisant un 4x4 s'attaqua inopinément à nos tubercules, ce qui nous obligea à prendre des dispositions de sauvegarde qui ne nous facilitèrent pas la tâche mais dont je reparlerai dans un autre article.

Du coup, notre atelier ramassage de pommes de terre se transforma en égrainage de maïs, ce qui permit à chacun d'apprendre quelques mots nouveaux, comme crib ou panouille, mais surtout d'apprécier les bienfaits de la technologie qui évitent bien des ampoules...

egrainage

mécanique

Confortablement installés à l'ombre, nous avons donc remplis quelques sacs de grains, qui nous permettrons d'alimenter nos poules et nos chèvres, avant d'enchainer sur une soirée "patates à la braise/étoiles filantes".

Je ne me permettrais pas de parler à la place des AMAPiens mais, pour ma part, cette soirée m'a pris aux tripes ;-D !


jeudi, 28 juillet 2011

Naissance

Pas de nouvelle mise bas, non!!

Mais juste nos félicitations à la famille désormais plus que grande de ma petite sœur.

Bisous, bécots et poutous  aux trois filles et bienvenue à Gwenlann.

jeudi, 14 juillet 2011

Grosse fatigue....

Bon, je ne savais pas trop comment je nommerai ce "billet", fatigue, lassitude, épuisement, découragement, démoralisation, abattement...Bref, les mots ne manque pas pour traduire notre état physique et psychologique qui fait plutôt le yoyo ces derniers temps, ou plutôt les montagnes russes avec des remontées de plus en plus difficiles.

Certes, notre filles a eu son bac, c'est la bonne nouvelle. Éric n'est pas accepté, faute de place, dans l'école qu'il souhaitait, c'est moins sympa, mais il le supporte assez bien.
Donc ambiance familiale quand même détendue en ce début de vacances scolaires.

Mais le travail de maraichage nous amène à beaucoup de questions. Malgré un travail acharné et des journées qui n'en finissent pas, nous n'avons pas la récompense de nos efforts.

La sécheresse et la chaleur nous ont fait perdre beaucoup de productions ( épinards en graine, navets et salades qui montent, pois stoppés dans leurs croissances, choux raves rachitiques, fèves...). Mais pas seulement. La chaleur écrasante a aussi puisé dans nos réserves d'énergie, parce qu l'on ne peut pas toujours reporter à un moment plus frais le temps de désherbage ou de semis. Si nous voulons des légumes présentables, il faut cueillir "à la fraiche". Seulement, la fraiche des derniers mois se résume à quelques petites heures tôt le matin. Ou tard le soir, heures consacrées à l'arrosage, suivi par la cueillette de haricots.

J'ai repiqué 200 choux fleurs et 200 choux blancs, qui sont censés être notre stock pour l'hiver. Je dois en mettre encore autant. Les betteraves sont jolies, mais ne rencontrent pas un grand succès auprès du public (à part au près de notre ainée ;-) !)

Les courgettes et concombres donnent à profusion, ....au risque de lasser.

Les plants de haricots verts s'épuisent très vite.

Les tomates étaient prometteuses. Afin de palier au aléas climatiques, toutes mes variétés sont réparties sous le tunnel (70 pieds) et en plein air (70 pieds). Mais, après une sécheresse importante, l'apport d'eau brutal des derniers jours ne plait pas beaucoup. Le murissement commence et je jette les tachées très vilaines et immangeables! si les tomates ne donnent pas, je rends mon tablier!

Côté "grande culture", du stress à répétition.

La sécheresse a rendu la prairie (celle où nous avons fait les foins) impossible à travailler, et nous avons pris la décision, face à la pénurie d'eau, de ne pas labourer la parcelle, et de renoncer à planter le maïs.
Conclusion: pas de maïs pour les poules l'année prochaine (et comme il aura mal poussé pour tous les agriculteurs, il sera très cher quand nous en aurons besoin!).
(Et depuis, il pleut régulièrement!!)

Nous espérons faire une deuxième coupe de foin à l'automne. Cela ne suffira pas. J'ai acheté du foin à un éleveur en conversion bio (C2) local. L'année est tellement mauvaise pour tout le monde que j'aurais pu obtenir une dérogation pour acheter du foin en conventionnel, mais j'ai la chance d'en trouver du (bientôt) bio à proximité, et à un prix "convenable" (pour info, 135 euros la tonne, j'en ai acheté 5 tonnes, joli trou dans le budget chèvre!!).

Les féveroles sont récoltées. Petit germe de satisfaction avec un rendement convenable de 19qx/ha. Nous avions planté 0,6 ha, je vous laisse calculer notre stock de féverole. Mais avant le contentement de voir la récolte rentrée, il y a eu la crainte de tout voir anéanti par l'orage alors que le grain était mûr, mais que nous étions dépendants de la personne qui devait moissonner. La pluie que nous attendions tant pour les légumes nous a fait passer une nuit blanche à écouter les trombes d'eau et le vent qui allait tout coucher. Enfin, la catastrophe n'a pas eu lieu.

L'angoisse sera de nouveau au rendez vous dès que le blé sera prêt à être récolté et que là encore, nous attendrons avec tourment la moissonneuse. 

La récolte de pomme de terre est décevante.

Les Belles de Fontenay sont jolies, mais avec 6 kilos pour 30m de plants, cela fait beaucoup de travail pour pas grand chose.
Les cosmos sont jolies et grosses, mais noircissent et ramollissent au bout de quelques jours. Pas vendable, ça!
Les coquines (équivalentes des charlottes) sont de belle grosseur, et bonnes, mais pleines de trous, demandant un épluchage important et donc, pas présentables, pfff.... alors là, il faut le dire, Y'EN A MARRE!!

Pour finir, nos questions:

- Pouvons-nous continuer le marché, prévoir un panier d'hiver pour l'AMAP?  pas de patates qui peuvent tenir la route, des choux on sait pas, des carottes, des navets peut être, des topinambours surement. Les courges et potirons sont beaux, ..pour le moment.

- Est-ce qu'on arrête maintenant pour mieux préparer la saison prochaine: installer système d'arrosage, clôtures fiables, bâtiment d'élevage? Ce serait raisonnable?

Bref, après une année trop mouillée en 2010, une année trop sèche en 2011, pourrons nous compter sur 2012?

Petites annonces familiales: un gros bisou à ma sœurette qui va avoir bientôt son bébé (un garçon après 3 filles!), et pour la première fois, je n'ai pas fait de broderie pour marquer la naissance, et cela m'attriste.
Gros bisous et beaucoup de courage à mon grand frère qui se bat avec détermination contre un cancer et que je ne peux pas aller voir!

mardi, 28 juin 2011

Beaucoup à dire!

Depuis les foins du 8 mai, pas de nouvelles visites de la ferme. Entre les semis, le désherbage, les récoltes de légumes, la traite et la fromagerie, le temps est trop court.

La fromagerie est terminée depuis le mois d'avril. Le travail est très agréable depuis que je suis bien équipée.

av ap1
Je passe une heure à la traite, en général de 6h45 à 7h45, (parfois une interruption de quelques minutes pour vérifier que notre benjamine est prête pour partir à l'école, si Thierry est déjà parti aux patates par exemple, pour le désherbage ou la chasse aux doryphores)  puis une heure en fromagerie, pour démouler et retourner les fromages, mouler le caillé de la veille et emprésurer le lait du jour, et bien-sûr, le moins sympa, faire la vaisselle!!

av2 ap2

Le mercredi, levé à 4h30 pour traire et "fromager" avant de partir au marché. C'est Thierry qui se charge de remplir le camion avec les légumes et les fromages.

Nous avons acheté une vitrine réfrigérée qui nous permet de vendre nos fromages au marché. Au niveau réglementation, ce n'est pas obligatoire, mais je trouve mieux que les fromages ne prennent pas de coups de chaud.

Chaussette est maigre! Elle a perdu du tonus et donne moins de lait.
J'ai donc envoyé 7 prélèvements de crottes (de 7 chèvres différentes bien sûr) au laboratoire pour connaitre le niveau de parasitisme des chèvres. Comme je le craignais, il y a infestation par strongles digestifs, et plus gênant, strongles pulmonaires.
Bizarrement, ce ne sont pas les plus atteintes qui laissent apparaitre le plus de symptômes! Chaussette devrait tousser, se moucher, ce qui n'est pas le cas, d'ailleurs, aucune n'a de symptôme de rhume (les strongles pulmonaires s'installent dans les poumons). Je téléphone donc au labo, qui pour tout conseil me dit "il faut traiter!"
BOF! Oui, mais bon, même celle qui sont en pleine forme ?
Sachant qu'un antiparasitaire va détruire toute le "flore" intestinale de mes biques, j'hésite.... Celle qui n'ont pas de symptômes sont peut être en train de se créer une immunité, et le traitement (s'il est chimique) va tout détruire. Mais si je ne soigne pas, et que leur état empire?

C'est décidé, je soigne en chimique Chaussette, car elle est trop atteinte, et elle souffre visiblement. Cela m'oblige à jeter son lait (2 litres par jour qui, en conventionnel, seraient consommés normalement, soit dit en passant!!)
Pour les autres, J'attends, je demande conseil au GIE Zone verte (Groupement de véto homéopathes, entre autre...) et j’investis dans la phytothérapie (c'est cher, mais bon...) pour stimuler les défenses immunitaires et aider à la lutte contre les parasites.

Des événements familiaux pourraient m'amener à quitter la ferme pour plus d'une journée. Thierry s'est donc relancé dans la traite quelques jours pour découvrir mes "rituels". De la distribution du foin à l'arrivée du lait en fromagerie, beaucoup de gestes sont ordonnancés: de la pose du filtre à lait à la place de chaque bique au cornadis, des petits détails importants pour le bon déroulement de la traite.

Le bébé de Fidji est superbe! Il pousse comme un champignon. je dois surveiller son poids, car s'il était lui aussi parasité, ce qui ne devrait pas louper, sa croissance serait ralentie, voir stoppée. Comme il tête toujours sa mère, j'espère qu'il est un peu protégé (grâce aux anticorps, et aussi à l'acidité qui existe dans sa caillette -un des "estomacs" des ruminants- du fait qu'il boit du vrai lait et non pas du lait en poudre).


Toujours à Chalon sur Saône, le marché est un moment sympathique. Surtout depuis que nous avons un peu plus de variétés et de quantité à proposer. C'est l'occasion de rencontres et d'échanges (recettes de cuisine, par exemple, que je devrais noter!), car même s'il peut arriver qu'il y ai une file d'attente, c'est encore rare.
C'est lors d'un marché que nous avons fait connaissance avec Vincent et ses enfants. Nous le remercions chaleureusement pour nous avoir fait cadeau d'une remorque qui nous sera toujours bien utile!

Notre engagement avec l'AMAP des butineurs a bien pris forme. Depuis plus de deux mois nous amenons nos légumes au port. Malgré les problèmes de sècheresse et de chaleur qui entrainent beaucoup de pertes, nous essayons de maintenir la production.
La maturité des légumes est soit précoce, ce qui nous arrange un peu, soit impossible, ce qui est moins bon! Les salades montent, nous devons arracher et jeter des rangs après avoir soigneusement arrosés les semis, repiqués, désherbés, chouchoutés...
Quelques choux ne sont pas vilains, mais les suivant sont assez catastrophiques. Sur 100 choux fleurs semés, j'en aurai peut être 14 qui arriveront à terme. Bof, pas facile! Heureusement que les tomates ne sont pas vilaines!  Et les potirons et potimarrons sont magnifiques.

Des mésanges ont fait leur nid dans un hangar. Au début, j'ai eu du mal à voir le nid, alors que j'entendais sans cesse des piaillements. J'ai tourné un moment avant de voir ceci:
1    2
qui contenait cela:
3
l'envol a eut lieu quelques jours après la photo.

Et pour finir, nous participons, le 10 juillet, à la journée champêtre organisée par Hélène, à la ferme de la Marlière.

J'ai oublié: Thierry a démonté tout seul le réservoir de son tracteur pour le nettoyer!! bravo le mécano, je suis impressionnée, si!si! (dommage, pas de photos!)

Et aussi, il y a quelques temps, les chèvres se sont évadées et j'ai vu des cornes dans les haricots verts! Là, nous sommes passés près du désastre. J'ai pensé: c'est pas possible, je vais me débarrasser de ces biques! nous ne sommes pas prêts! Mais Thierry a décidé de renforcer les clôtures. Je serai incapable de me séparer de mes biques, mais parfois, le désespoir pourrait être assez fort pour me faire lâcher temporairement l'élevage.

vendredi, 17 juin 2011

Gérer le temps

Gérer le temps qu'il fait nous oblige à réorganiser quotidiennement nos travaux, à allonger nos journées pour travailler à la fraiche et arroser le soir, à refaire ce que le vent, le soleil ou la pluie a détruit, à nous adapter pour compenser ce qui est définitivement perdu...

Gérer le temps qui passe nous oblige à courir après les artisans, les administrations, à assister nos enfants pour le passage du bac et la préparation de leurs vacances, à récolter les légumes qui arrivent à maturité et à semer ceux qui nous nourrirons à la fin de l'année, à nettoyer les étables et réaliser les clôtures...

En ce milieu d'année, les différentes facettes de nos petites vies se télescopent en nous submergeant, ce qui ne nous permet plus d'intervenir sur notre site aussi régulièrement que nous le souhaiterions. Aussi, permettez-moi de vous donner quelques nouvelles, déjà "anciennes", en publiant un message adressé aux "Butineurs"...

Message du 27/05 adressé aux membres de l'AMAP les butineurs.

Bonjour à toutes et à tous,

Oui, je sais, il est un peu tard pour indiquer le contenu du panier mais nous avons toujours autant de mal à maîtriser notre temps... Pour me faire pardonner, je vous donne quelques nouvelles de la ferme et vous livre quelques photos !

Pour commencer avec les légumes, je vous rassure tout de suite : vous n'aurez pas de radis cette semaine ! Nous avons enfin un peu de changement grâce à l'arrivée des petits pois et des choux raves. Ce qui donne un panier composé des légumes de base que sont les salades les pommes de terre et les carottes, les petits nouveaux (pois et choux raves) et les fraises en dessert.

Nous finissons cette semaine les récoltes des plantations précoces du tunnel (carottes et pommes de terre). Les carottes de plein champ sont là pour la succession mais il est plus difficile de juger pour les patates qui n'ont pas été arrosées, contrairement au carottes. En tout cas, la chasse aux doryphores a recommencé, comme tous les ans depuis des générations. Heureusement, les bios ont remis en pratique une technique qui nous vient du moyen-âge malgré son nom très moderne : la posture du Do-kc.

Les fèves se font quelque peu attendre, mais ne devraient plus tarder, comme les betteraves rouges. Le manque d'eau et la chaleur nous ont privé des épinards et des navets, et font déjà monter les salades, mais nous faisons notre possible pour limiter les dégâts. Nous essayons de planter régulièrement pour compenser la faiblesse des rendements mais notre eau et notre temps est limité. Quoi qu'il en soit, voilà l'état de notre jardin en cette fin de mai...

Jardin côté routeJardin côté bois

Du côté des grandes cultures, les semis d'hivers (blé et féveroles) profiteraient bien d'un peu d'eau mais s'en sortent pas trop mal (en tout cas, mon œil de débutant n'a détecté ni maladies ni attaques de ravageurs). Le maïs attend un retour des pluies pour être semé car le travail de la terre est trop difficile pour l'instant. Les foins, eux, sont déjà rentrés, comme le montre la photo ci-dessous.

Foins 2011

Malheureusement, cette année sera très difficile au niveau des fourrages et il faudra peut-être que Laurence réduise sont troupeau si nous ne trouvons pas de quoi le nourrir cet hiver. Encore un choix difficile mais qu'il ne faudra pas tarder à prendre. En attendant, nous essayons de leur fournir des parcours herbeux mais nos clôtures sont loin d'être hermétiques et nous redoutons toujours de les retrouver chez les voisins, ou pire, dans notre potager...

Pour le plaisir, une photo de la dernière mise bas...

Mise bas de Fidji

Bonne journée à tous et à ce soir !

samedi, 14 mai 2011

Le dernier né

Notre petite Fidji à mis au monde son bébé ce matin. Il était prévu pour aujourd'hui et l'horloge biologique a été parfaite.

Nous avions fait le choix de garder ce petit dernier si c'était une fille, car ce 14 mai, notre Jeanne fête ses 18 ans et elle serait devenue en quelques sortes sa "marraine".

Quelle déception quand j'ai constaté que le bébé avait ce qu'il faut pour faire un beau mâle!!

Enfin, c'est la vie. La question est: qu'allons nous faire de lui ?

Au fait, il pèse 3150g, il est magnifique, (comme tous les autres!) et Fidji est une maman très attentionnée.

Ajout du 17 mars : Mise bas de Fidji en photos:

Après deux heures de travail durant lesquelles Fidji tourne en rond, bêle, geint, apparition des pattes avants et de la tête:

Tout de suite après la naissance, Fidji dégage le bébé de la poche des eaux et le lèche un long moment pour le sécher.

Depuis hier, le petit fait des cabrioles, se sauve , ce qui met sa maman bien en soucis !! elle pleure dès qu'elle ne le voit plus.

Ça va être dur de lui retirer quand il le faudra!!

mardi, 3 mai 2011

Fenaison 2011

Nous y revoilà !

Et je dois dire que j'apprécie moyennement cette période où il faut réussir à faire coïncider une bonne fenêtre climatique avec une bonne maturité des foins, tout en courant après le matériel nécessaire chez les voisins (au demeurant très gentils mais j'appréhende toujours d'utiliser ce qui n'est pas à moi).

Ceci étant, il faudra bien nourrir les animaux cet hiver et tout ce que nous pourrons produire nous même sera le bien venu. Du coup, voilà le programme...

Demain, mercredi 4, fauchage de la parcelle en fin de journée. Jeudi et vendredi, fanage, autrement dit retournement du foin pour le faire sécher. Vendredi soir ou samedi matin, andainage (rassemblement du foin en ligne) pour pouvoir presser (faire des bottes) samedi en fin de matinée ou début d'après-midi.

À partir de samedi après-midi, nous serons donc heureux ;-) d'accueillir les bonnes volontés qui souhaiteront transpirer un peu sous notre beau soleil pour charger nos petites bottes (quelques kilos) sur la remorque et les empiler à la ferme. Les festivités se poursuivront dimanche, et peut-être lundi !

Mercredi 04/05
13h30 : Récupération de la faneuse 2 toupies chez Yves. Pour faire bonne mesure, celui-ci me prête son D22 (un truc Renault de 22Ch encore plus vieux que mon Massey !), ce qui m'évitera d'atteler le mien : les choses s'annoncent bien...
17h00 : Récupération de la faucheuse chez Christian. Jean-Yves me dégage le tour de la parcelle (il évite très bien les poteaux électrique !) et j'enchaîne sur la suite. Il est 18h30, la moitié du travail est fait quand je m'aperçois que j'ai une fuite d'eau au radiateur...
Le tracteur passera donc la nuit au milieu du foin en attendant qu'on le démonte demain...

Jeudi 05/05
7h15 : Yves et son camion sont déjà dans la cour. Le temps de faire le point et nous partons rejoindre le tracteur...
Après un examen rapide, il s'avère que le tracteur manque d'huile et que son filtre à air est un repère de pluches, d'où la surchauffe : "c'est y pas malheureux d'voir ça !"
Le petit gars de la ville se sent pris en faute comme un gamin mais il est quand même ravi de retrouver son jouet en état de marche. Le foin est coupé dans la foulée.
14h30 : Après un nouveau passage d'Yves venu aux nouvelles, je m'empresse d'aller faner. Il parait que je devrais déjà y être depuis un bout de temps ! Et le désherbage de mes légumes, alors ?
17h00 : le fanage s'est bien passé, avec le D22 qui fait tranquillement teuf-teuf mais "qu'au va bien", et j'ai rendu la faucheuse en bonne état. Je vais quand même avoir encore un peu de temps pour désherber avant d'attaquer la longue séance d'arrosage...

vendredi 06/05
Encore un petit coup de teuf-teuf en fin de matinée, histoire de bien faire sécher, puis andainage à partir de 15h15.
Le travail étant plus long que prévu, il me faut l'interrompre pour aller livrer l'AMAP mais j'ai eu le temps de finir avant la nuit...

samedi 07/05
Nous avons commencé à faire de la place pour accueillir la nouvelle génération de foin et j'ai attaqué le bottelage vers 12h mais j'ai abandonné assez vite car les nœuds ne se faisaient pas correctement...
Nous avons donc passé quelques heures avec le mécano à nous débattre sur le champ mais, ce soir, il y a environ 350 bottes de 4 à 5 kilos à ramasser dimanche.

dimanche 08/05
Quelques gouttes nous font craindre le pire mais les velléités de la pluie en resterons là. Comme il y a quand même peu de foin et que nous attendons des courageux, nous attaquons le ramassage en toute fin de matinée...
La première charrette est faites à 3, Chantal au volant, mon frère à l'empilage et votre serviteur à la collecte. Laurence trait les chèvres et les enfants vaquent à leurs occupations...
De retour vers midi, nous sommes là pour accueillir Stéphanie et Boris, Violaine et ses enfants, Arthur et Jeanne. Par manque de place dans le véhicule, Rodolphe a pris le train entre Chalon et Tournus et arrive en vélo une demi-heure plus tard. Un rapide tour de la ferme pour les nouveaux et nous attaquons un repas très convivial !
Nous attaquons le travail vers 14h30, en déchargeant la première charrette,

Les 2 suivantes seront réalisées rapidement, l'entrain des participants étant remarquable (j'espère pouvoir publier quelques photos prochainement ;-) !) et leur nombre important, Jeanne et Mael nous ayant rejoint.

L'énergie étant au rendez-vous, comme le prouve le sprint final de Rodolphe doublant le tracteur en vélo tout en tirant ses 2 enfants, nous avons tout le loisir de finir la journée autour d'une bonne glace.

Au final, je pense que nous avons tous passés une excellente journée tout en dotant la ferme d'un foin de très bonne qualité. En clair, c'était une journée d'exception pour nos 20 ans de mariage...

dimanche, 24 avril 2011

Les Moaï d'Occident

En ce week-end de Pâques, le travail continue comme à l'accoutumé, ce qui ne me laisse plus le temps d'écrire...

Pourtant, derrière ce labeur quotidien qui envahit nos muscles et nos pensées, nous devons préserver nos idéaux et continuer à réfléchir à l'évolution de notre monde. C'est pourquoi je reprends ce texte, que j'ai écrit courant 2005, sur l'île de Pâques. Bien que cette île n'est aucun rapport avec la fête religieuse, je pense que son histoire est à méditer...

Quand une situation inédite, et inquiétante, se profile à l'horizon, il n'est jamais inutile de chercher à savoir si quelqu'un d'autre ne l'a pas déjà rencontrée. Dans le cas d'un dérèglement climatique, il est manifeste que les exemples ne seront pas légions, aussi étudierons-nous avec soins celui qui nous paraît le plus approchant : l'île de Pâques.

Laissez-moi donc vous conter l'histoire édifiante d'une île minuscule, perdue au milieu de l'océan Pacifique. Pour vous mettre en situation, essayez d'imaginer un morceau de terre triangulaire, de 15 km de côté (environ 165 km², ce qui est 4 fois plus petit que le plus petit département français : le Territoire de Belfort !), couvert d'une végétation luxuriante. En tout cas, c'est ainsi que des polynésiens la découvrir dans les années 500 de notre ère.

Même si ceux-ci étaient forcément de très grands marins (ils avaient déjà réussi à coloniser beaucoup d'îles de la Polynésie), ce fût certainement leur plus bel exploit car il leur avait fallut parcourir plusieurs milliers de kilomètres pour atteindre celle-ci (la terre la plus proche, l'île de Pitcairn, située à 2000 km, n'était pas encore habitée à l'époque). Quoi qu'il en soit, ils furent certainement très heureux d'aborder ce monde, même s'ils n'y trouvèrent aucune source d'eau douce. Heureusement, la pluie y a toujours été abondante, puisqu'il y pleut plus d'un jour sur deux.

Ceci dit, même si les premiers colons l'ont très certainement trouvée paradisiaque, il est indéniable qu'il leurs fallait tenir compte immédiatement de ces ressources limitées (rappelons-nous que l'on peut la parcourir à pied en moins d'une journée !). Heureusement, les nouveaux habitants apportaient aussi avec eux une structure sociale très hiérarchisée, ce qui leur a permit d'y vivre et de s'y développer pendant plus d'un millier d'années sans problèmes. Ils sont même parvenu, selon les estimations, à atteindre les 20000 habitants, ce qui représente une densité de plus de 120 personnes au km2, contre 96 pour la France en 2004 !

Et qui plus est, dans un équilibre stable d'après les archéologues, puisque l'étude des squelettes de l'époque prouve que les indigènes étaient en bien meilleure santé que leurs contemporains continentaux. Sans vouloir entrer dans les détails, leur civilisation était construite autour d'un roi et d'un clergé, la population étant regroupée en plusieurs tribus. Cette centralisation du pouvoir permettait d'orienter les choix et de contrôler la distributions de la nourriture. Leur religion, quant à elle, était axée sur la vénération des ancêtres, dont ils représentaient les plus prestigieux par des statues géantes : les Moaï.

Sur le principe, ces statues sont similaires aux totems indiens, et sont donc là pour protéger le village. Évidemment, quand on dispose d'une carrière à proximité, il semble naturel de chercher à faire une statue en pierre, plutôt qu'en bois, et quand l'incertitude ne peut provenir que du grand large, on aura aussi tendance à la placer entre le village et le rivage, plutôt qu'au centre des habitations.

Quoi qu'il en soit, cette coutume n'aurait certainement pas tant marqué les esprits (qui ne connaît les statues de l'île de Pâques !) si, quand les premiers navigateurs occidentaux ont découvert cette île (des néerlandais en 1722), celle-ci était devenue un rocher nu où pratiquement toute végétation avait disparu ! Trouver quelques indigènes, survivant misérablement au milieu de statues gigantesques (le plus grand atteint les 300 tonnes, pour 21 mètres de long), alors qu'ils ne disposaient ni de madriers ni de cordes dignes de ce nom, a effectivement de quoi frapper les esprits. Qui plus est, la grande majorité de ces Moaï était jetée à terre, comme si un épisode d'une extrême violence avait dévasté l'île.

C'est à partir de ces constations, naturellement, que bien des hypothèses ont vu le jour pour expliquer cette situation. S'il est maintenant clairement établi que ce sont bien les indigènes qui ont taillé ces statuts, puisque les études des pollens et des restes de repas ont démontré que pendant pratiquement 1000 ans la végétation était florissante, ce qui mettait à la disposition du peuple de l'île les ressources nécessaires à ces travaux, on s'interroge toujours sur le brusque dépérissement de cette civilisation, qui correspond de manière si étrange, au renversement des Moaï.

L'hypothèse la plus souvent énoncée part du principe que la disparition des forêts serait l'oeuvre des indigènes qui se seraient lancés dans des guerres à outrance, contre des envahisseurs ou pour des raisons religieuses (il est effectivement à noter que la taille des Moaï s'est accru subitement pendant cette période), ce qui aurait causé une déforestation massive, cause de la mort ultérieure de la grande majorité des habitants...

Bien que l'hypothèse suivante me paraisse encore plus vraisemblable, on peut déjà remarquer que, quelqu'en soit la cause, le déséquilibre écologique qu'ils ont vécu a eu des conséquences dramatiques. Or, nous devons garder à l'esprit que, bien que nous ne parlions plus d'une île mais d'une planète toute entière, nous sommes en train de reproduire le même scénario en perturbant notre climat.

Mais revenons à la seconde hypothèse. Les scientifiques, qui étudient depuis de nombreuses années cette île, n'accordent pas beaucoup de crédit à la thèse d'une guerre de possession. Pourquoi les indigènes, qui vivaient en parfaite autarcie depuis un millier d'années, auraient été subitement pris d'un coup de folie et se seraient mis à s'entre tuer ? Dans le cadre d'une attaque extérieure, il aurait fallu que les envahisseurs arrivent en masse, ce qui n'a peu de sens, puisque l'île ne pouvait être découverte que par hasard (qui préméditerait une attaque à plus de 2000 km de chez lui, simplement pour le plaisir de conquérir 165 km² ?).

Ils se sont donc tournés du côté des catastrophes naturelles, ce qui aurait aussi eu le mérite d'expliquer la mise à bas des Moaï. Malheureusement, aucune traces de séisme, d'irruption ou de raz-de-marée. La seule explication rationnelle reste donc une sécheresse dévastatrice (résultant d'une perturbation temporaire du climat, de type El Nino) qui aurait mise à mal la végétation. Effectivement, bien que les terrains volcaniques soient très fertiles, une fois qu'ils sont mis à nu, les vents très violents et la porosité des roches n'aident pas au reboisement (en tout cas, 500 ans plus tard, la végétation n'est toujours pas revenue !).

Certains scientifiques pensent donc que les conditions de vie se sont brusquement détériorées du fait de la déforestation. Les études montrent que, parallèlement à la disparition de l'utilisation du bois dans la cuisson des aliments, les zones de cultures se sont répandues dans des espaces de moins en moins propices, signe d'un besoin impérieux en terme de nourriture. Parallèlement à cette évolution, les indigènes se sont mis à sculpter des Moaï de plus en plus imposants, certainement en quête d'un soutien conséquent de la part de leurs ancêtres.

On peut donc imaginer la situation suivante. Quelques années de dérèglement climatique perturbent la faune et la flore de l'île, entraînant des famines importantes. Pour essayer de faire face aux évènements, la classe dirigeante, qui n'appréhende le monde qu'au travers de sa foi, fait entreprendre les travaux des Moaï géants.

À l'évidence, il est arrivé un moment où les gens du peuple, exténués par ces travaux titanesques alors qu'ils éprouvaient de plus en plus de difficulté à nourrir leur famille, ainsi que la classe dirigeante, finirent par comprendre que les choix qu'on leur imposait n'amenaient qu'à une impasse. Le soulèvement qui s'en suivi ne cherchait donc pas qu'à accéder aux réserves de nourriture, mais surtout à mettre à bas l'ordre établit.

Ce qui me frappe le plus, dans cette seconde hypothèse, c'est toujours cette similitude avec notre époque actuelle. Nous sommes, nous aussi, tout à fait conscient que notre monde est limité, et nous savons pertinemment que nous le dégradons de manière irrémédiable. Nous sommes aussi totalement conscient que nous avons enclenchés un dérèglement climatique, et que la fin des énergies bon marchées (sous 15 ans au mieux) ne va pas nous aider à y faire face. Et pourtant, nous continuons à vénérer nos Moaï dans l'espoir de jours meilleurs !

Malheureusement, nous aurons beau les faire à l'échelle de la planète, ce n'est ni la déesse Croissance, ni la déesse Technologie, qui nous sauveront...

mardi, 5 avril 2011

Difficile séparation

Dimanche, j'ai donné le fils d'Aude, ainsi que les filles de chaussette à un jeune couple d'éleveur.

Il est clair que financièrement parlant, un don, ce n'est pas ce qu'il y a de mieux pour "les affaires". Mais je suis contente que le petit devienne un futur père, de savoir que les filles seront bien soignées;

Le plus douloureux pour moi a été de me séparer de Café et de sa fille, la petite crevette.

Je devais faire un choix, et je ne pouvais pas garder tout le monde.
Ma Crecre,qui a bien rattrapé son retard,  a donc retrouvé sa maman et tout le monde est parti à une heure de route d'ici.

Aux dernières nouvelles, le voyage s'est bien passé, ma Café est affectueuse et docile avec sa nouvelle maitresse et les petits se sentent bien dans leur nouveau chez eux. Ça console un peu.

vendredi, 25 mars 2011

Tout un fromage...

Il est 9h00.

J'ai emprésuré le lait de ce matin, quand même presque 7 litres !!

Je suis assez fière de mes biques.

Et je viens de finir le moulage de mes tous premiers fromages de la saison. Le caillé est beau, a une belle texture bien lisse, et en plus bon au goût. Pas tout à fait assez acide cependant et c'est ce qui risque de mener à l'échec.

L'année dernière, j'en ai jeté beaucoup, mais là, j'aimerai quand même faire un meilleur départ.

La fromagerie n'est pas encore finie, alors pour le moment, la transformation se fait dans la cuisine et le bureau. Je risque d'être rapidement envahie de seaux de lait et de grilles d'égouttage :-/.

Donc je vais retourner au boulot. Thierry a fini la plomberie pour le lavabo et l'installation du chauffe eau. Je peux prendre le relais pour l'électricité et le revêtement mural. Yapluka!

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